Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent,
merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.
Genre :
Yaoi, j’en ai peur ^_^’’
Parce
que finalement quand vous faites des heures sup au taff, c’est aussi pour attendre inlassablement que vos
fichus programmes soit livrés, vous bloquant du coup sur les autres taches.
Parce que quand on a plus besoin de bosser une nuit blanche pour des scantrad terminés par une autre que vous, vous vous
retrouvé esseulé à ne plus savoir que faire. Parce que comme dit sur un forum,
finalement ce n’est pas si facile de dire au revoir à ses persos qui vous ont
accompagné un bout de votre vie. Parce que tout ça et plus encore, de suite et
sans plus attendre petit extra faisant suite à ma fic Run
Away. Rien de plus à l’intrigue initiale, rien de
bien intéressant, mais Dieu que ça rend l’auteur heureux et satisfait ^_^’’
D’avance,
oui, j’ai mélangé cette fois-ci le prénom de Mel et
Jordan. Parce qu’au jour de cette fic, les deux entités de cette même personne
cohabitent avec bonheur. Aussi, à chacune de leur présence, l’auteur
(moi en l’occurrence) en a décidé ainsi et de manière qu’elle jugera arbitraire
à défaut de pouvoir vous expliquer convenablement sa logique pourtant présente lol ;p Bonne lecture à
vous ;))
RUN AWAY
L’Extra
Comme
chaque matin depuis des semaines, c’est une fine pluie qui tombait sur le
macadam. Soupirant à ce spectacle peu engageant, Jordan ouvrit son parapluie le
temps d’arriver jusqu’à la bouche de métro.
Une
certaine personne de sa connaissance ne cessait de lui conseiller de prendre
une voiture, mais lui refusait toujours. A quoi bon ? Un trajet sur trois,
ils le faisaient ensemble. Il pouvait bien pour les autres se contenter des
transports en communs. David ne réalisait pas le coût qu’engendrait la
possession de deux véhicules.
Réalisait-il
seulement le coût de la vie en ordres général…
*-*-*-*
-Flash
back-
Après
avoir passé un week-end chargé en ménage pour remettre son appartement en état
afin de le rendre à son propriétaire, Mel avait eu la
bonne surprise d’apprendre que David avait aussi posé son lundi pour
l’accompagner faire la tournée des banques et autres lieux administratifs dans
l’optique de lui redonner officiellement vie. Ceci fait, il avait terminé la
journée par un entretien assez formel avec le directeur de la clinique.
Mel
n’avait eu besoin que de lui présenter ses diplômes et sa lettre de
recommandation cachetée du professeur Carpentier, l’oncle de David, pour se
voir attribuer un contrat de travail évolutif. Dans le cadre d’un fort manque
de personnel hospitalier, l’établissement se portait même caution et financeur
de ses études d’infirmier jusqu’à son passage à l’examen.
Si
jusqu’alors il s’était toujours débrouiller seul avec quelques cours pris par
correspondance, on lui imposait-là un travail à mi-temps associé à des cours
dans une faculté privée de la capitale.
-
Alors ?
Mel
était à peine sortit du bureau du directeur ses papiers dûment signés que David
s’approchait inquiet.
-
Ca s’est bien passé ? Ils t’ont proposé quelque chose de correct ?
-
Je crois….
-
Bien.
-
En fait, je crois n’avoir jamais eu un contrat aussi avantageux pour moi de
toute ma vie.
Heureux
de cette confidence, David l’entraîna aussitôt pour fêter cela dans un
restaurant de la ville.
Si
le médecin reprenait le travail le lendemain après-midi par deux gardes
successives, Mel ne commencerait sa formation que
trois mois plus tard en début de cycle. D’ici-là, ses premiers pas d’aide
soignant dans la clinique auraient lieu deux jours plus tard.
Finalement
allongé sur le lit défait, dévoilant tous deux et sans état d’âme une partie de
leur nudité, Mel se laissa aller à la réflexion. Cela
lui faisait encore un peu bizarre d’être dans cette situation auprès d’un
homme.
Quelques
jours avant il ignorait tout de sa vie et à présent qu’il s’en souvenait dans
les moindres détails, elle se trouvait transformée comme jamais.
-
C’est étrange.
-
Quoi ?
-
D’être ici. Avec toi. Ne te vexe pas, mais jusqu’ici je ne m’étais jamais
imaginé vivre un jour en compagnie d’un homme autrement que par l’intermédiaire
d’une collocation forcée.
-
Tu regrettes déjà.
-
Je vais devoir te rassurer sur ma volonté de rester ici à chaque fois que
j’emmétrais une pensée ?
-
Non. Fais comme si je n’avais rien dis.
-
Maintenant que c’est fait et assumé, va falloir que nous mettions au point
certains détails de la vie pratique.
Mel
se redressant légèrement en disant cela, David n’eut d’autre choix que de
rouvrir des paupières jusqu’alors closes.
-
Quel genre de détails ?
-
D’ordre financier.
-
Ca va être rapide alors.
-
Je ne crois pas non. Parce qu’il est hors de question que je ne participe pas
au frais classique. Alors déjà combien paies-tu pour cet appartement ? J’espère
que ce n’est pas toute ma paie ou ça promet des fins de mois difficiles.
-
Je suis propriétaire, je n’ai pas de loyer.
-
Ok. Tu rembourses bien un emprunt. Il te coûte combien ?
- Mel. Cet appartement, je l’ai acheté comptant. Je ne
rembourse rien.
-
Et la maison des Highlands ?
-
Même combat. Je te l’ai dit là-bas. J’ai acheté tout cela grâce à un héritage
perçu très jeune.
-
Et tu fais quoi de ton argent ?
-
Et bien… J’ai les frais d’entretiens de la voiture ainsi que de la maison, les
charges de l’immeuble, une femme de ménage et enfin… je dirais le budget
alimentaire et vestimentaire. Alors si vraiment tu y tiens, tu paieras les
courses une fois sur deux et ton cota de chemise à repasser.
-
Ben aux vues de ton frigo, on ne va pas mourir pauvres mais affamés.
Se
laissant de nouveau aller dans les draps, Mel se
laissa vagabonder dans ses pensées.
Lui
qui voulait participer aux frais de gestion, ça n’allait pas être si simple.
Définitivement
réveillé par le cours de la conversation, David se redressa à son tour.
-
T’as l’air ennuyé.
-
C’est que je n’ai pas l’habitude.
-
Pourquoi tu laisserais pas, tout simplement, tomber cette histoire ?
Profites-en et puis c’est tout.
-
Justement non. Je n’ai aucune envie de laisser tomber. Je ne suis pas une femme
qu’on entretien.
-
C’est ça le problème ? Ton honneur de mâle en prend un coup que tu vives
chez moi ? C’est quand même pas ma faute si je suis propriétaire ! Tu
serais bien le premier à me le reprocher.
-
Tu ne comprends pas.
Réalisant
avoir vexé David qui se recouchait en lui tournant le dos, Mel
se glissa derrière lui pour embrasser sa nuque et le forcer à l’écouter.
-
Jusqu’ici, je ne suis sortit qu’avec des femmes qui, si elles ne refusaient pas
de faire addition séparée, n’en convenaient pas moins que c’était à moi de
payer. N’ayant, de plus, jamais eu une grande aisance financière, il va falloir
que je me fasse à l’idée qu’à présent, toi tu peux payer ta note seul.
-
Ainsi que la tienne.
-
Ca n’y compte pas trop souvent. Je refuse de me faire entretenir.
Ceci
étant établit, ce fut David qui à son tour repensa aux paroles de son
compagnon.
-
Ces femmes dont tu parles ?
-
hum ?
-
Tu… Tu n’es donc jamais sortie avec un homme.
-
Mis à part cette expérience dont je t’ai déjà parlé dans un vestiaire de sport
une fin de 3ème mi-temps trop arrosée, non.
- …
-
Ca pose problème ?
Mel
ayant déjà insisté pour qu’il lui fasse un minimum confiance quant à l’estime
qu’il lui portait et aux sentiments qu’il ressentait réellement à son égard,
David n’en dit pas plus.
-
Non. Aucun.
N’étant
pas dupe de ses inquiétudes, Mel renouvela son
étreinte sur le corps tendu de son amant.
Il
pouvait comprendre que cela lui fasse bizarre qu’un homme aux nombreuses
conquêtes féminines finisse par emménager chez lui. Mais à sa défense, le fait
de l’avoir rencontré amnésique avait en partie annihiler
ses idées préconçues sur la question.
Ne
sachant plus vers où et qui allait ses préférences, il s’était laissé porté par
ce sentiment de gratitude et d’affection qui était né de leur rencontre. Et puis
finalement, il fallait croire que sa stature commune et sa gentillesse à toute
épreuve l’avaient ensorcelé. Au point qu’à présent, un simple regard vers lui,
suffisait à l’exciter dans tous les sens du terme.
-
David ?
-
Hum.
-
Envie…
-
Quoi ?
Ne
comprenant pas bien de quoi Mel avait si soudainement
envie, David se retourna pour faire face au visage carnassier de son compagnon.
S’il ressentait des inquiétudes quant à la possibilité que son cadet puisse
être réellement attaché à sa personne, ce genre de scène avait de quoi effacer
tous ces doutes.
-
Ne me dis pas que tu veux ENCORE… le faire ?
-
Moi ? Toujours…
C’est
aussi à ces instants qu’il réalisait que cinq ans ce n’était certes pas abyssal
mais bien réel comme différence d’age !
- Mel…
D’autant
plus maintenant que son compagnon avait éprouvé et intégré toutes les facettes
possibles de leur relation physique. S’il était resté attentif et peu novateur
les premières fois, trop à l’écoute de ses découvertes pour s’imposer. Il n’en
était plus question à présent.
Mel
pouvait bien se plaindre à jouer la femme en matière d’économie, tiens !
Car sur cet autre point, il avait prouvé avant-même le retour de sa mémoire
qu’il était loin d’être dominé.
-
David ?
-
Hum ?
Empêtrés
dans les draps suite à quelques renversements, Mel
eut en cette situation l’occasion de le pénétrer avec douceur mais non sans
vigueur.
- Aaah.
Se
fixant dans les yeux, Mel prit volontairement tout
son temps. Il voulait qu’il sente sa présence, qu’il tremble de tout son être
dans un mélange de frustration et de jouissance.
David
détestait qu’il agisse de la sorte. Si seulement cela n’en rendait pas l’acte
plus puissant, il lui aurait depuis longtemps interdit de renouveler cette
pratique. Mais il devait être maso, car plus qu’aucune autre, c’est bien cela
qu’il attendait de sa part. Et Mel n’avait pas mit
longtemps à le comprendre.
-
Quand je me suis réveillé dans ce lit dans ta maison…
- Aaahhh
-
J’ai compris que tu n’étais pas une personne ordinaire… Tu m’as fait confiance...
Tu as cru en moi…
Maintenant
son rythme lent et insidieux, Mel continua de parler,
tout en mordillant avec maîtrise les lobes de son compagnon, autre point
sensible découvert des semaines plus tôt.
-
Et puis… tu m’as aidé… tu m’as écouté…. Tu t’es confié à moi….
- Meeeel…
-
hm…
- Aaaaah
-
Je t’ai fais confiance… dés le premier jour... Je te respecte plus qu’aucun
autre. Et… je… AH !!
-
Encore !
Renouvelant
le même coup de butoir à l’endroit exact ou tous deux avaient frôlé l’extase
suprême, Mel termina sa déclaration.
-
Je tiens vraiment à toi ! Alors je t’en prie,..
Retourne-moi un peu de cette confiance… que je te porte…
David
n’eut pas l’occasion de répondre à sa prière. Perdu dans un monde euphorique,
il intima son cadet à se taire une bonne fois pour tout en s’emparant de ses
lèvres. Tandis que d’un mouvement guère viril, il l’incitait à se mouvoir plus
vite, soulevant ses hanches dans l’espoir qu’il s’insinue toujours plus
profondément en lui.
Ils
auraient bien tout le temps de discuter de tout cela APRES...
-Fin flash back-
*-*-*-*
Debout
devant les grandes fenêtres de la salle de repos, un mug
de café à la main, David soupira.
Avec
cette pluie qui tombait sans discontinuer Mel serait
trempé à son arrivé. Dieu qu’il pouvait être têtu.
Des
années qu’il tentait sans succès de le convaincre d’avoir sa propre voiture,
des années que sa proposition était repoussée avec force.
Si
seulement…
Soupirant
à nouveau, David se souvint avec amertume de ce qui était arrivé cinq ans
auparavant. Face aux perpétuels problèmes de transport subits par le pays tout
entier suite à de lourdes grèves, il ne supportait plus que Mel
rentre aussi tard les soirs où ils n’avaient pas les mêmes horaires.
Pour
y remédier et lui montrer par ce biais une part de cet amour qu’il lui portait,
David avait voulu lui offrir une voiture. Un présent certes d’importance. Mais
pour son salaire et étant déjà propriétaire de leur demeure, la dépense lui
avait semblé raisonnable.
Il
avait faillit devenir fou d’impatience les semaines précédents le jour J. Il
voulait tant découvrir sa réaction quand il lui offrirait le petit coffret en
bois contenant le trousseau de clef.
Pour
lui avoir de nombreuses fois prêté son 4x4, il savait
que Mel avait le permis et conduisait parfaitement.
Mais contre toute attente, son offrande faite à l’occasion de l’anniversaire de
son compagnon n’avait pas été aussi bien perçue qu’il l’avait espéré.
*-*-*-*
-Flash
back-
Ils
étaient encore assis autour de la table du salon, leur dessert tout juste
terminé, quand Mel ouvrit enfin son présent. Sortant
les quelques clés présentes dans le coffret, son visage semblait hésiter entre
deux sentiments.
-
Qu’est-ce que c’est… ?
-
Tu ne devines pas ?
-
Tu n’as pas osé ?
Fou
de joie de pouvoir enfin l’avouer, David se leva de sa chaise pour prendre son
compagnon par la main. Totalement absent, ce dernier le suivit sans un mot
jusqu’aux fenêtres donnant sur la rue.
-
C’est le cabriolet noir garé derrière juste devant.
-
C’est une blague ?
-
Bien sur que non. Ca te fait plaisir ?
Si
David s’attendait à ce qu’il ne le croit pas, trop
stupéfait par son idée, la suite n’avait jamais fait partie de ses espoirs.
-
Je refuse.
-
Quoi ! Pourquoi ? Ne sois pas bête, elle est pour toi.
-
Je n’en veux pas. Je n’en reviens pas que tu l’ais acheté sans me demander.
-
C’était une surprise.
-
Et bien elle est ratée.
- Mel. Si c’est le modèle qui te pose problème, on peut la
changer. Je la trouvais sobre mais si c’est encore trop pour toi, il te suffit
d’en choisir une autre. C’est la voiture qui compte, pas le modèle.
-
Le modèle. Mais t’es fou ou quoi ? T’as bien conscience du prix qu’elle
coûte cette voiture !
-
Justement. Puisque tu ne pouvais t’en payer une, je pensais te faire plaisir
en…
-
T’as toujours rien compris ! Je ne suis pas une call girl que l’on
rétribue pour ses parties de jambes en l’ai…
La
gifle partit toute seule.
David
n’y croyait pas lui-même…
Jamais
dans sa vie, il n’avait frappé l’un de ses amants. Et pourtant, cette gifle, il
l’avait donné par réflexe. Le pire à ses yeux, c’est que loin de le lui
reprocher, Mel l’observait avec une telle absence de
sentiment que s’en fut trop pour lui.
Qu’il
lui offre une voiture était un problème. Mais qu’il le gifle n’était pas même
digne qu’il se mette en colère ! C’était quoi son mode de pensé à la
fin ?!
Aussitôt
partit s’isoler dans leur chambre pour ne pas que cela dégénère plus, David
n’eut pas à attendre longtemps pour que Mel l’y
rejoigne.
L’entendant
pénétrer dans leur antre, David le voyait déjà venir faire ses valises pour
partir.
Quoi
d’étonnant après ce qu’il avait fait ?
C’était
déjà trop beau que cela ait tenu si longtemps. Cinq ans qu’ils vivaient
ensembles. Et s’ils avaient des disputes comme pour tous les couples, celle-ci,
lui ne la comprenait pas.
Il
était réussit cet anniversaire…
-
Je suis désolé David.
-
C’est moi qui te frappe et c’est toi qui t’excuses ?
-
Je ne voulais pas te blesser.
David
n’y comprenait toujours rien. Mais le ton et les mots dits par cette voix
redevenue douce, lui suffisaient amplement pour accepter ces excuses.
-
C’est moi qui m’excuse. Je ne voulais pas te gêner avec un cadeau trop
important.
-
Le cadeau n’y ait pour rien dans l’affaire, c’est ta manière d’agir qui
m’agace.
-
Alors explique-moi car je ne vois pas en quoi vouloir te faire plaisir peu
t’énerver à ce point.
-
C’est bien ce que je te reproche. De ne jamais voir plus loin que le bout de
ton nez quand ça me concerne.
Soupirant
pour la forme, Jordan s’assit à ses cotés sur le sol, adossé au pied du lit.
-
Tu as de l’argent et ça, ça m’agace. Parce que je ne veux pas que tu t’imagines
que je reste avec toi pour ce genre de faveur. Je refuse que cela marche ainsi.
-
Depuis le temps que nous sommes ensemble, je n’ai jamais pensé ça de toi.
-
Je suis pourtant persuadé que tu reproches à tous tes anciens mecs d’avoir
profité de toi ! Mais ce que tu n’as pas compris, c’est que tu es aussi
responsable de cet état de fait. Tu donnes sans compter David. Tu as de
l’aisance financière et aucune famille à qui l’offrir, du coup tu les as trop
gâtés comme tu ne cesses de le faire avec moi.
-
Je ne te gâte pas trop. Pour preuve, le moindre cadeau, je dois lutter pour que
tu l’accepte.
-
C’est adorable et plus que gentils de ta part d’agir de la sorte. Mais c’est
moi qui est raison sur ce point. Tu m’offrirais sans
cesse plus si je n’étais pas vigilant. Et cette voiture, c’est sans aucun doute
le cadeau de trop. Celui qui me prouve que tu ne trouveras jamais la juste mesure de toi-même !
Réalisant
ce qu’il venait de dire, David acquiesça enfin une partie du reproche.
-
Ok, je t’en ferais moins à l’avenir.
-
N’en fait plus tout court.
-
Mais si ça me fait plaisir.
-
Tu t’abstiens et puis c’est tout.
- Mel…
Sachant
ne pouvoir tout obtenir d’un seul coup, Mel lui
accorda un compromit.
-
Pas plus d’un par semestre si tu restes raisonnable sur Noël et l’anniversaire.
-
Puisque je n’ai pas le choix. Et pour la voiture ?
-
Tu la rends.
- Mel, tu en as besoin.
-
Ca, c’est toi qui le crois. Je m’en suis bien passé jusqu’ici.
-
Mais…
-
De toute façon, je voulais autre chose de ta part.
Intéressé
par cette remarque, David se redressa aussitôt, en attente d’une information
qui puisse le satisfaire.
Sachant
avoir toute son attention, Mel décida de jouer un peu
avec lui.
-
C’est que j’aspirais à découvrir un tout autre objet dans la boite.
-
Lequel ?
-
J’aurais aimé que tu trouves seul.
-
Ca ne va pas être facile là, alors aide-moi.
-
On verra si tu es sage. En attendant, je veux mon cadeau d’anniversaire.
-
Comment veux-tu que je réponde à cette demande si tu refuses ce que je viens de
t’offrir sans me dire pour autant ce que tu désirerais à la place ?
-
Ce que je veux tout de suite, c’est toi triple idiot…
Il
n’en avait pas fallu plus pour que les deux hommes terminent l’après midi dans
les draps du lit.
Finalement
allongés sur ce dernier, profitant d’un vent frais parvenant à travers les
rideaux de la fenêtre ouverte, ils appréciaient et profitaient de cet instant
de calme où tous leurs soucis étaient un temps oubliés. Pourtant, David ne put
rester silencieux plus longtemps sur la question de leur dernière dispute.
-
Excuse-moi.
-
Pour ?
-
La gifle. Le cadeau de trop. Mon comportement en règle général. J’ai parfois la
sensation que je t’étouffe tant qu’il suffirait d’un rien comme ceux-là pour
que tu t’enfuies d’ici en courant. Je sais que tu vas me dire que j’exagère
toujours tout et que je devrais avoir plus confiance en toi. Mais c’est comme
ça. Je crève de jalousie dés qu’une personne t’approche. Les collègues du
boulot ont beau tous savoir que nous sommes ensemble, j’aimerais que ce soit
écris dans la pierre qu’aucun n’ose s’approcher de trop près. Je suis devenu
tellement accro de ta présence, de ta peau sur la mienne, de tes lèvres, tes
bras, que je serais capable de tout pour te garder à mes cotés. Et pourtant
c’est bien ce « tout » qui tue à petit feu notre relation.
Dépité
de se savoir responsable de tous leurs maux, David reposa doucement sa tête sur
l’un des oreillers. Mel était bien patient pour le
supporter depuis si longtemps.
Soupirant
pour la forme, Jordan prit enfin sa décision. A quoi bon attendre d’avantage.
David ne lui demanderait jamais ce qui pouvait pourtant éradiquer nombre de ses
inquiétudes. Il espérait mettre fin une bonne fois pour toute à ses angoisses
en agissant de la sorte. Après tout, il était foncièrement injuste de laisser
croire au blond que son comportement l’agaçait. Passé quelques extravagances
bien à lui en matière d’offrande, il ne pouvait vraiment rien lui reprocher
quant à son comportement possessif. Bien au contraire. Ca faisait du bien au
cœur et au moral de savoir que l’être aimé tenait à ce point à vous. D’autant
que David ne lui faisait jamais de crise de jalousie, gardant toujours ses
craintes et souffrances pour lui seul.
-
Je ne suis pas aveugle David. Je sais bien que tu souffres de tout ça. C’est
bien pour cette raison, que j’attendais tout autre chose de ta part tout à
l’heure. Mais comme toujours ton esprit, de peur de se faire rejeter, n’a
jamais du y songer une seule fois…
-
Alors dis-moi.
-
Il s’agissait d’un objet qui puisse être en rapport avec…
S’extirpant
quelque peu du lit, Jordan tendit le bras pour atteindre non sans mal sa table
de chevet. De son tiroir il sortit une petite boite d’allumette, vieux vestige
de son ancienne vie de fumeur. L’ouvrant délicatement, il en sortit un objet
qu’il garda au creux de son poing pour le ramener avec lui dans le lit. Prenant
alors la main gauche du médecin, il y glissa le long d’un doigt l’objet en
question :
-
.. .Ceci.
Un
simple anneau en or blanc.
-
La mienne ne te coûtera pas aussi cher que la voiture. Mais si ça peut te faire
plaisir, je te laisserais payer tous les frais annexés à la chose…
-
C’est une blague ? Tu me demandes un pacte civil ?
-
Tu trouves que j’ai l’air de blaguer ?
-
Tu refuses la voiture mais accepterais ça ?
-
Accompagné d’un contrat bien établit comme quoi à la moindre rupture, tu repars
avec tout ton argent.
- A
quoi ça t’avance d’agir ainsi ?
S’abaissant
vers lui pour frôler ses lèvres entrouvertes, Jordan lui répondit sans dépasser
cette distance.
-
Je te prouve par cet acte que jamais je ne resterais avec toi pour ton fric.
-
Mais je n’ai jamais cru…
Le
faisant taire d’un baiser, le châtain reprit la parole.
-
Que tu le veuilles ou non, faudra t’y faire. Je ne serais jamais un gigolo que
t’entretien, un simple petit ami qui referait son bas de laine à tes cotés ou
que sais-je encore d’être intéressé. Ceci étant établit et parce que je t’aime
vraiment, il n’en faudra pas moins que tu me supportes pour pas mal d’autres
années à venir.
-
Alors pourquoi passer devant le maire ?
-
Pour ma déclaration d’impôt voyons…
A
cette réponse, sans aucun doute réellement pensé, David se dit que cet idiot
était définitivement irrécupérable. Sans compter que le connaissant parfaitement,
il savait qu’il n’aurait aucune chance de le faire changer sur tous ces points.
Mais n’était-ce pas pour cela qu’il l’aimait comme un fou ?
Oh
oui il l’aimait cet énergumène qui n’avait toujours pas accepté l’idée même
qu’il puisse aimer les hommes. « Juste toi » qu’il disait. C’était
flatteur et inquiétant à la fois. Mais tellement naturel de sa part.
Se
laissant re-entraîner au fin fond de leur draps par un corps n’en demandant que
toujours plus, David rappela un détail de poids.
-
Je suis trop vieux pour tout ça.
-
Justement. Et puisque t’en parle, il serait temps que tu couches le jeunot que
je suis sur ton testament papy.
Repoussant
quelques secondes le visage qui lui dévorait la gorge, David maintient son
petit ami à distance, de sorte à ce que leurs regards ne se quittent plus.
-
Sérieusement Mel. Je ne vois pas pourquoi tu restes
avec moi…
-
Le sexe, rien que pour le sexe
Et
afin de confirmer cette vérité qui n’en était pas une, Mel
l’entraîna définitivement dans son activité favorite.
-Fin flash back-
*-*-*-*
Au
souvenir de ce qui avait suivit, David ne put réprimer un énième soupir. Mel avait définitivement prit son parti de profiter de ce
que la vie avec un homme pouvait lui procurer en matière de plaisir. Mais
jusqu’à quand ? Ne se lasserait-il jamais de ne plus vivre auprès d’une
femme ?
-
Ca fait trois.
-
Quoi ?
-
Tu ne cesses de soupirer en regardant le portail de l’entrée. Tu attends
quelqu’un peut-être ?
-
Non. Bien sur que non.
Peu
dupe de cette réponse, le professeur Alfred Carpentier, Oncle Al de son petit
nom, observa à son tour la fenêtre. Arrivait enfin un jeune infirmier plein de
talent et passionné sous un parapluie noir de bel
facture.
David
avait beau s’inquiéter pour la santé de son homme, ce dernier n’en était pas
moins censé pour autant.
Il
était heureux qu’ils se soient rencontrés. Même si les circonstances avaient
été bien singulières et que le couple qu’ils formaient n’était pas spécialement
ce à quoi avait du aspirer Jordan pour sa vie, cela n’avait été que bénéfique
pour eux deux.
-
J’y retourne Al. A plus tard.
-
Bon courage.
Déposant
son mug finalement vide dans l’évier, David repartit
voir ses patients. Il avait beau être resté aux aguets durant sa pause devant
la fenêtre, il avait réussi à rater l’arrivé de son compagnon. Amusé, par ce
mauvais jeu du sort, son oncle repartit lui aussi à ses taches journalières.
*-*-*-*-*
Temps
de chien !
S’ébrouant
tel un caniche en sortie de plongeons, Jordan déposa son parapluie dans le
sceau réservé à cet usage pour le personnel des lieux. Un tour rapide dans la
pièce consacrée aux infirmières et il s’enquit de se changer avant de rejoindre
ses collègues.
Comme
dans tous les hôpitaux, le service était essentiellement féminin avec une
moyenne d’un homme pour six ou sept femmes. Au grand damne de David qui le
sachant attirable par tout à chacun, redoutait sans cesse qu’il l’abandonne
pour l’un ou l’autre qu’il jugerait plus beau et plus jeune que lui.
Si
ses craintes l’avaient exaspéré au début de leur relation, il pouvait avouer
qu’à présent, il les prenait un peu plus à la légère. Après tout, on ne vivait
pas tant d’année l’un près de l’autre sans avoir ressentit une seule fois le
besoin ou l’envie de s’en défaire pour que cela change subitement du jour au
lendemain. Jordan avait confiance en lui-même. Il se connaissait bien et
n’avait jamais été du genre volage. Alors si cela devait vraiment arriver un
jour, il s’était depuis longtemps promis d’en parler avec David avant toute
chose. Cela pouvait sembler étrange comme idée. Mais il avait toujours agit de
la sorte sans s’encombrer des usages.
Après
avoir rapidement été se changer et dire bonjour à ses collègues de services
arrivées avant lui, Jordan n’attendit pas plus longtemps pour s’enquérir de la
liste de ses taches du jour. Malheureusement, à peine venait-il de s’en saisir
que la jolie Myriam l’interrompait dans sa lecture.
-
Jordan ! Mon mignon, mon adoré, mon ange, devine quoi ! Tu ne vas pas
le croire !
De
tous ses boulots et collègues qu’il avait pu croiser dans sa vie, cette
fille-là gagnait le grand prix de la plus bavarde. Un ange blond aux yeux
clairs, venue de l’étranger pour suivre le grand amour de sa vie. Un homme
qu’il plaignait à devoir supporter une telle pile électrique. Tachant de garder
son sérieux, en proie au rire devant son agitation perpétuelle, Jordan devait
pourtant admettre que cette fille-là était une pro, révélant un visage doux et
attentif lors de ses soins.
Non
loin d’eux, David enrageait. Trois jours qu’ils ne faisaient que se croiser à
l’appartement et dans les couloirs de la clinique et pour une fois qu’il aurait
pu le retrouver pour échanger quelques mots avec lui, voir se soustraire à leur
devoir quelques minutes dans l’isolement d’une chambre vide, il fallait que ce
patient le stoppe à quelques mètres à peine de son objectif pour lui demander
de plus amples informations sur son opération bénigne.
Si
seulement, il ne voyait pas au même instant son compagnon riant auprès de cette
Myriam…
Le
plus agaçant était sans aucun doute sa subite manie de jouer avec ses cheveux
fins.
En
quoi une relation amicale entraînait-elle de titiller les mèches de
l’autre ?
David
aurait voulu écourter sa discussion pour les rejoindre mais bien évidemment, le
patient n’y comprenait toujours rien. Peut-être qu’en se concentrant un peu
plus sur lui que sur son amant, il trouverait des mots plus adaptés.
A
l’autre bout du couloir, Mel pouvait bien l’avouer,
avoir repérer David et jouer avec Myriam pour l’enrager n’était peut-être pas
une bonne idée. Mais c’était si facile de le faire marcher. Comment pouvait-il
seulement redouter quoique ce soit quand on connaissait le caractère expansif
et si fidèle de leur moulin à parole. Sans compter que ses yeux noirs de
jalousie n’étaient pas une belle preuve de sa confiance en lui. Enfin… Ne le
voyant plus attentif à leur jolie couple, le jeune homme cessa-là ses
enfantillages. Il était grand temps pour lui de prendre son service.
-
Pas tout ça Myriam, mais j’ai du boulot qui m’attend.
-
Et plus que tu ne le crois ! Essai de ne pas oublier qu’on fête les 55 ans
de Michaëla vers 15h dans la salle de pause des infirmières.
-
Ca marche. A tout à l’heure.
Enfin
libre, Jordan pu jeter un coup d’œil sur sa feuille. Il comprit aussitôt la
remarque de son amie. A voir les nombreux ajouts fait au stylo sur son
programme initial, il pouvait en conclure que l’un d’entre eux n’avait pu venir
travailler, gonflant par conséquent tous les plannings.
La journée allait s’avérer longue…
Ne
perdant pas plus de temps à la réflexion, le jeune homme entra avec entrain
dans la chambre de son premier patient.
-
Bonjour, Monsieur Jenkins. Je m’appelle Jordan Parker
et serais votre infirmier privilégié pour la semaine à venir. Si vous avez
besoin de quoique ce soit, surtout n’hésitez jamais à nous appeler. Moi ou
l’une de mes collègues fera en sorte de venir vous rejoindre au plus vite.
-
Merci.
Préparant
le matériel nécessaire aux soins à apporter, Jordan allait débuter la pose
d’une solution saline sur le bras fatigué du vieil homme quand une voix calme
mais autoritaire se fit entendre derrière lui.
-
Pardonnez-moi… Mel, je peux te parler une minute ?
Se retournant vers la porte d’entrée où se trouvait David, Mel refusa d’un signe de tête. Il travaillait-là. Et ses taches n’étant pas sans inconfort pour les patients, il n’avait aucune envie de prendre du retard et ainsi ne pas pouvoir se donner à fond dans chacun des actes médicaux qu’il devrait réaliser par la suite.
Ca
commençait à bien faire son harcèlement de mari jaloux !
-
Plus tard Dr. Leblanc.
- Mel…
-
Je dois préparer M. Jenkins pour ses soins et il ne
saurait supporter de retard. Alors si vous voulez bien patienter que je termine
les actes urgents, nous pourrons discuter plus tard dans la journée.
Sachant
pertinemment que son compagnon avait raison de faire passer son travail avant
leurs problèmes conjugaux, et plus précisément ses envies de le voir un peu
sans raison importante, David n’insista pas plus et referma la porte sans un
bruit. Ce qui l’agaçait malgré tout c’est que pour la jolie blonde du service, Mel avait trouvé le temps de rire et parler longuement avec
elle.
A
cette pensée, David s’auto fustigea. Il fallait vraiment qu’il se repose un peu
plus pour cesser de se prendre la tête de la sorte.
-
Dites-moi jeune homme.
-
Oui ?
S’occupant
avec minutie à brancher la poche de solution saline sur le pied métallique,
Jordan, n’en écouta pas moins son patient avec une grande attention.
-
Vous ne m’aviez pas dit que vous vous nommiez Jordan ?
-
C’est bien le cas.
Pour
le confirmer, le châtain se baissa au niveau du vieil homme pour lui faire voir
le badge qu’il portait sur sa blouse bleu pastel.
-
Dans ce cas, pourquoi ce médecin vient-il de vous appeler Mel ?
-
Oh ca… C’est un surnom.
-
Il n’a pourtant rien à voir avec votre prénom.
-
C’est un peu compliqué à expliquer…
*-*-*-*
Alors
que la pluie fine du matin se transformait doucement mais sûrement en orage,
les tensions habitant la clinique n’étaient pas moins électriques. La journée
durant, David avait tenté à plusieurs reprise de pouvoir parler avec son
compagnon. Juste l’étreindre une petite seconde. Lui dire un simple bonjour
devant une tasse de café. N’importe quoi qui puisse couper leur routine
détestable. Mais le sort s’acharnait à l’en empêcher. Toute la journée le
châtain n’avait cessé de courir d’un poste à l’autre, consacrant toute sa pause
à une fichue fête entre infirmiers et infirmières où les médecins avait été
très gentiment interdit d’entrée, « question de principes, qu’elles
disaient toutes ».
Et
le seul instant ou Mel avait enfin fait un pas vers
lui, venant jusqu’au cœur de son service, il avait fallu que ce soit Margaret
qui le reçoivent, lui étant occupé au bloc opératoire.
David
se sentait devenir fou.
Etait-ce
donc trop demander que de vouloir croiser UNE fois son homme pour lui dire deux
mots d’amour ?!
Las,
David était finalement partit, sa journée terminée, sans avoir obtenu une seule
seconde de son attention.
.
Un
peu plus tard, pour Jordan aussi la journée se terminait enfin. Heureux qu’il
en soit ainsi, le jeune homme avait reprit son parapluie, direction
l’extérieur. Pire qu’au matin, le ciel laissait tomber un rideau de pluie si
dense qu’il n’était guère possible d’y voir à plus d’un mètre devant soi. Un
éclair zébrant au même instant les nuages noirs, il ne doutait pas que l’orage
durerait la nuit entière
Le
pays était parfois vraiment digne de sa réputation.
Enfin,
il devait être maso pour apprécier pareilles habitudes sans plus de
difficultés.
Jordan
avançait finalement à son rythme dans le dédale du parking extérieur, tachant
d’éviter les grandes flaques d’eau, quand il repéra sans mal le 4x4 de David.
Que
faisait-il encore là, lui ?
Son
compagnon devait pourtant terminer sa garde deux bonnes heures plus tôt. Or, à
la condensation présente sur les vitres qu’il pouvait apercevoir en
s’approchant, il ne doutait plus que cet idiot l’attendait depuis lors dans
l’habitacle de la voiture. Heureusement qu’il passait toujours par le parking
et non les sorties arrière. Sans quoi, il serait rentré sans l’avoir vu.
Ne
le faisant pas plus attendre, Mel s’engouffra
rapidement à la place du passager.
-
Dis-moi. Tu ne devais pas terminer ton service depuis plus de deux
heures ?
- Bonjour
à toi aussi. Il me restait de la paperasse à finir. Je viens de sortir.
-
Hum…
Peu
dupe, le châtain soupçonnait plutôt qu’il l’ait volontairement attendu. Il
refusait pour le propre bien de David que ce genre de comportement devienne une
habitude. Mais de temps à autre, cela avait du bon de pouvoir se faire raccompagner.
D’autant plus quand ça vous évitait de jouer les grenouilles une heure durant
entre métro et marche à pied.
Le
boulot étant terminé et bien derrière eux, c’est avec plaisir et non moins
d’envie que Mel se dirigea droit sur son amant pour l’embrasser
aussitôt avec force. Une manière à lui, de lui dire
enfin « bonjour ».
S’ils
appréciaient la tendresse de leur relation, un peu de vivacité dans leur geste
n’était pas pour leur déplaire.
Et
pour avoir été insupportable la journée durant, Mel
considérait pouvoir faire des efforts à son tour. A cet instant, il dut même
reconnaître que la buée était un avantage non négligeable pour ne pas
s’afficher devant tout le personnel sortant à la même heure que lui.
Sentant
David fatigué après ces deux tours de gardes consécutifs, c’est avec plus de
délicatesse qu’il lui caressa les cheveux, restant quelques instants dans ses
bras, malgré la présence désagréable du levier de vitesse qui lui rentrait dans
la jambe droite.
-
Tu veux que je conduise ?
-
Hm.
-
Ca veut dire quoi ça ? Oui, je suis crevé ou non tu me fais chier ?
-
Non tu t’assumes. Tu ne veux pas de voiture, alors tu ne conduis pas si je ne
veux pas.
-
C’est toi qui vois.
Amusé par cette remarque qui laissait transparaître que cette histoire de voiture refusée n’était jamais passée pour David malgré les années écoulées, Mel se rassit convenablement pour boucler sa ceinture de sécurité. Il aurait bien aimé lui demander la raison qui l’avait poussé à l’interrompre toute la journée, sans grand succès d’ailleurs. Mais craignant de le rendre de plus mauvaise humeur, il s’en abstient pour un sujet plus banal et moins dangereux.
- On mange quoi ce soir ?
-
Le frigo est vide.
Une
évidence quand c’était la semaine de David pour se charger des courses.
-
On s’arrête au chinois ?
-
hum.
Il
avait beau bougonner dans son coin, Mel savait pertinemment que cette proposition serait
acceptée par un médecin qui ne savait absolument pas résister aux mets
asiatiques.
*-*-*-*
Ils
étaient finalement avachis devant la télévision, comme à leur habitude, devant
un match quelconque - avantage non négligeable de partager sa vie avec un autre
homme non adepte des films à l’eau de roses et autres trucs de
« fille » - quand habité par une toute autre faim, Jordan commença à
glisser ses mains baladeuses vers une fermeture éclair ne lui appartenant pas.
- A
quoi tu joues là ?
- A
ton avis…
N’étant
pas d’humeur, David repoussa les dites mains. Mais tel un jeu savamment
orchestré, ces dernières se ruèrent tout aussitôt vers la zone interdite.
-
Si tu crois t’en sortir aussi facilement, tu te trompes lourdement, Jordan
Parker.
Souriant
à ce nom si peu souvent usité par les lèvres de son compagnon, Mel n’en renouvela pas moins ses tentatives d’avancé.
-
Qu’ai-je donc encore fait ?
-
Tu n’as cessé de venir me narguer de toute la journée, refusant le peu de
seconde que je voulais pour rester des heures avec d’autres. Cela mérite bien
une punition.
-
Pourquoi tu passerais en premier alors que toi, je te vois tous les soirs.
-
C’est comme ça que tu vois les choses ?
-
Pourquoi pas ?
Ayant
du mal à cacher l’excitation que cette conversation faisait naître en lui, Mel tenta à nouveau de capturer sans succès les lèvres aimées.
Au
lieu de cela, il se sentit violement repoussé sur le canapé. Il se débattit bien
avec force pour reprendre l’ascendance mais ce n’était pas chose aisé face à la
stature un peu plus large de son médecin. Bloqué par son aîné, incapable de
bouger, Mel attendit avec cette douleur au fond de
l’estomac qui s’amplifiait à ne plus finir de frustration.
A
chaque fois que David s’abaissait pour lui présenter ses lèvres, il reculait
pour mieux le narguer.
-
Que crois-tu que j’ai ressenti toute la journée ? Toujours si prêt et
pourtant si loin de moi... Tu es une torture incarnée…
-
Approche.
-
Pas encore.
Bloquant
toujours les deux poignets d’une de ses mains, David entreprit de remonter
lentement le Tee-shirt de son compagnon, griffant au passage son ventre
arrondi. Il faudrait limiter les repas au resto où son ange allait finir par
grossir.
-
De quoi tu te plains au juste ? Je t’ai même offert un super dîner pour m’excuser.
- Ne
crois pas pouvoir t’en tirer avec trois nems et des nouilles sautées.
Croisant
leurs regards gorgés de désir, David ne le fit pas plus attendre. Descendant
enfin sur son homme, il s’acharna avec rudesse sur ses lèvres consentantes
avant de le plaquer de ses deux mains en une position de soumission total.
A
peine sa peau était-elle enfin effleurée que Mel
était au bord de l’orgasme.
Si
David pouvait être alanguie sous ses caresses, il savait passer de l’autre coté
du miroir et devenir effréné entre ses cuisses. Et Dieu qu’il aimait ses deux
facettes dans leur vie amoureuse !
Tant
qu’à partager sa vie avec un homme, Mel voulait aussi
profiter de ce plaisir découvert des années plus tôt à être étreint avec force.
Une virilité puissamment utilisée à son escient. Comme ce jour où il l’avait
prit pour la première fois contre un arbre dans la forêt des Highlands. Rapport
bestiale et intense qui n’en demeurait pas pour autant exempt de tendresse et
d’amour mêlé. Se laissant retourner mieux être conquit de cette force brutale
qu’il défiait, Mel laissait apparaître toute son
attente et son désir d’être punis comme il le méritait. Sentence que David prenait
plus que plaisir à donner.
Alors
que la chaleur s’amplifiait sans cesse dans leur corps, alors que leurs cris
s’amplifiaient à ne plus finir, Mel se sentit venir
un plus fort encore qu’à l’habitude. Dieu qu’il aimait ça…
S’affalant
sur le canapé qui en avait vu bien d’autre, les deux hommes reprenaient leur
souffle entre deux rires.
Il
leur était bien difficile de rester en colère l’un après l’autre après pareille
partage.
-
Rappel-moi d’exciter ta jalousie la prochaine fois que je veux un orgasme pareil.
-
Tache déjà de survivre à la nuit qui t’attend avant d’en redemander.
Ne
pouvant que sourire à la débauche de sexe qui lui était promis, Mel se redressa juste assez pour voler un baiser qu’il
jugeait mériter. Se laissant retomber sur les coussins écrasés du canapé, il se
surprit à se trouver tout simplement heureux. Un boulot qui lui plaisait, un
homme qui n’était définitivement pas ce à quoi il s’attendait à avoir pour
partenaire dans la vie, des amis, un nano famille soudée. Que demander de
plus ? Non, pour rien au monde il n’aurait échangé sa place avec un autre.
Et même si David le lui chuchotait chaque soir avant de s’endormir, il aurait
pu jurer à sa place à la simple lecture de ses yeux pétillants qu’il en était
de même pour lui.
*-*-*-*-*
Les
lueurs du soleil ne traversaient aucunement les nuages noirs du petit matin
quand deux corps alanguis se réveillèrent peu à peu. La soirée avait été âprement
amoureuse, l’aube reposante et cette matinée serait
sans aucun doute consacrée au repos des guerriers. D’autant que la pluie tapant
toujours contre les carreaux ne donnaient guère envie de sortir de dessous la
couette.
Alors
que les deux cops ensommeillés échangeaient quelques baisers offerts dans un
demi-sommeil, que quelques caresses abandonnées par des mains perdues se
rencontraient avec hasard, des mots doux murmurés à une oreille suffirent à
sortir pleinement l’un des deux hommes de sa douce torpeur.
Se redressant
en forme comme jamais, Mel décida que ce matin, il préparerait
un bon petit déjeuner à sa marmotte refusant à l’évidence de soulever le
moindre cil.
Contrairement
à David, lui avait eu des horaires décents toute la semaine et les activités de
la nuit n’avait pas aidé à remettre un corps déjà fatigué par son vieil age,
dixit le concerné en question.
Passant
par le salon pour atteindre la cuisine, un coup d’œil à la fenêtre lui appris
qu’il n’aurait aucun regret à passer une journée cocooning dans le loft. De
quoi remercier le ciel d’avoir pour une fois le week-end entier en commun.
Jordan
ouvrait finalement rapidement le courrier remonté la veille, le temps que le
café passe et sans trop se méfier du nom des destinataires sur chaque enveloppe
quand il découvrit l’impensable sous la forme d’une carte postale.
- Je
n’y crois pas ! Non mais quel crétin !!
Il
était vraiment nul quand il s’y mettait. David devait s’en être souvenu la
veille, raison de sa volonté à vouloir lui parler, certainement pour organiser
le programme de la journée à venir. Et lui comme un idiot, il l’avait complètement
oublié, s’amusant même à le narguer au lieu de partager avec lui l’élaboration
du jour J.
- Shit, shit, shit.
Motivé
pour transformer son petit déjeuner fait à la va vite en un plateau de Roi, Mel mit le turbo pour que son absence ne soit pas plus suspecte
pour autant.
Au
même instant dans la chambre à coucher, David maudissait cet instrument de
malheur qu’était le téléphone portable. Certainement trop fatigué la veille au
soir pour le mettre à charger dans le salon, Mel avait
laissé sa possession allumée et qui plus est dans sa poche de jeans au pied du
lit. Fichue mauvaises habitudes.
Voulant
faire passer l’objet par la fenêtre, histoire de pouvoir replonger dans son
sommeil réparateur, David fut stoppé dans son élan par le nom affiché sur le
portable. Pourquoi lui envoyait-elle un sms ?
Inquiet
qu’il puisse s’agir-là d’un appel d’urgence, il prit la peine de faire marcher
l’appareil pour lire le message. Ce qu’il y lu, le couvrit d’effroi.
Comment ?
Comment, avait-il pu oublier ça !?
Il
était vraiment pathétique si quelques années suffisaient pour qu’il oublie ce
genre d’événement ! Bougonnant dans son coin, il trouva une sortie de
secours à son dilemme en l’objet d’une paire de billet de train, pour un
week-end en amoureux acheté dans le cadre de ses deux surprises annuelles
autorisées. Lui qui ne savait pas comment abordé leur sujet pour le mois à
venir, c’était sa chance de les passer sans heurt. Finalement satisfait de sa
bonne fortune, David replongea sous la couette à l’instant où il découvrit Mel entrer un plateau gargantuesque dans les mains.
C’était
un cœur. Lui s’en était rappelé !
Pour
preuve, cette attention qu’il prenait plaisir à lui offrir pour marquer ce
genre d’évènement.
-
Merci.
-
Oh mais de rien.
Un
baiser tendre et ils profitèrent du petit déjeuner comme il se devait.
Suite
à quoi, ce dernier abandonné au pied du lit, chacun attendit l’instant propice
pour s’exprimer.
Finalement
ce fut Mel le plus rapide.
-
Dis ?
-
Hum… ?
-
Tu sais quel jour on est ?
-
Samedi ?
- …
-
Aille ! Ca va pas Mel ?
-
C’est pour ta réponse.
Jouant
le jeu de l’amant offusqué, Mel boudait dans sa
partie du lit quand une enveloppe se matérialisa devant lui, accompagnée d’un
baiser dans le cou.
-
Bon anniversaire.
Finalement
agacé et bien malgré lui ému que David s’en soit souvenu sans aucune aide,
puisqu’il n’avait pas encore lu la carte lui étant destinée, Mel lui sauta littéralement au cou. Quel que soit son
cadeau, il n’y ferait aucun reproche. Il se sentait bien trop coupable pour ça…
-
Bon anniversaire.
David
se sentait pathétique. Sans le sms dont Mel n’avait pas eu besoin, il aurait oublié ce jour si
particulier.
Pour
se rattraper ce fut non sans amour et avec une infinie tendresse qu’il
s’attaqua ce matin-là au corps de son compagnon.
Repus
de fatigue, ce fut sous le bruit de tonnerre d’un ciel déchaîné que deux âmes
s’endormirent à nouveau, apaisée et confortablement blotties l’une contre
l’autre.
C’était
une journée parfaite pour prendre enfin le temps de se cajoler mutuellement.
.
Sur
l’écran d’un portable lâchement abandonné sous le lit, un sms
encore lisible dictait quelques mots incompréhensibles : « 5an Pcs, t oubli, t mor – J ».
Non
loin de là, sur la table de la cuisine, se trouvait une carte postale de Sydney
envoyée par une jeune femme y terminant ses études de chirurgie en
traumatologie cérébrale auprès du plus grand spécialiste de la profession.
« Seinsei,
Je
tiens à vous rappeler que cinq ans se sont les noces de bois.
Bien
sûr, vous pouvez partir sur les dix ans de votre première rencontre, sur ce
talus des Highlands.
Auquel
cas, il vous faudra trouver un attrape poussière en étain.
Une
bouteille de vin Français, pourra toujours faire l’affaire pour répondre
aux deux cumules ;p (1)
En
attendant, pensez bien à moi !
Et
n’exagérez pas trop pour le sport en chambre (Vous n’êtes plus si jeune pour
vous le permettre)
Jessy,
qui attend son invitation pour ses vacances à la montagne !!!
PS :
Si vous pouviez passer à la technologie moderne, ça nous faciliterait à tous,
la vie -__- »
Le
petit cœur présent sur le J en guise de point, ne laissait aucun doute quant à
l’identité de leur petite conscience.
FIN.
(1) Les bonnes bouteille de
chez nous ont un bouchon en liège et un goulot entouré d’étain ;p
Juste une petite one shot pour montrer que tout n’est jamais parfait dans une
vie de couple. Que tout le monde a ses défauts. Mais que cela n’enlève en rien
l’affection que l’on porte à l’autre ^_- Un petit OS pour vous affirmer que
oui, malgré les difficultés, ils vivront heureux et que Jessy loin d’être six
pieds sous terre, a su vivre avec sa maladie, tous en faisant partie intégrante
de leur vie et en entreprenant une carrière de médecin sur les traces de son seinsei. Et pis pour le mot de la fin, oui, c’est un happy end bourré de fleur bleue et de mamour.
Et bah j’assume et m’en vais même continuer à compter fleurette avec d’autres
de mes fics et fanfics, car comme qui dirait :
Y’a pas de mal à se faire du bien ;p
@ bientôt.
mimi yuy