Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Yaoi, j’en ai peur ^_^’’

 

 

 

RUN AWAY

 

 

 

Chapitre 14 : Jour J + 48 [1]

 

Quatre semaines…

 

Cela faisait déjà quatre semaines qu’il était sortit de la clinique, escorté par le jeune inspecteur Thomas Kalagan pour devenir à part entière, l’un des innombrables témoins protégés d’un procès d’importance pour le pays tout entier. Tous les pontes de la mafia nationale étaient concernés de près ou de loin par cette affaire sans précédent.

Pour sa part, Mel [2] avait du témoigner des méfaits ayant eu lieu sur sa personne et des actes répréhensibles dont il avait été témoin au sein de l’institut psychiatrique Walters. Il avait aussi du identifier les éléments contenus dans une enveloppe incriminant de manière formelle quelques personnes travaillant avec lui dans ce lieu servant de couverture à l’élimination de témoins gênant pour l’une des familles mafiosi de la région.

Si les audiences avaient eu lieu un mois durant, arrivé en cours de route, le procès n’avait duré pour lui que deux semaines. Il en avait fallu deux de plus pour obtenir un verdict et s’assurer que toutes les sanctions soient mise en œuvre sur les inculpés. Durant cette période, le jeune homme avait du accepter une surveillance rapprochée intensive, avant que les forces de l’ordre ne décident le relâchement total de leur vigilance.

Si lui n’avait pas été très confiant de ce brutal changement d’attitude, Thomas, lui avait assuré qu’il ne craignait plus rien. Et étrangement cette certitude de la part de l’inspecteur, lui avait suffit. Cela pouvait paraître étrange, mais il lui faisait entièrement confiance. Quelque pat, c’était un peu à chacun son métier.

 

C’est donc finalement revenu au centre ville qu’il avait demandé à la voiture de police devant le raccompagner jusqu’à chez lui, de le laisser devant les portes d’une certaine clinique de sa connaissance.

 

Avec de la chance, il pourrait y revoir David.

Mis à part deux coups de téléphone qu’on lui avait autorisé, il n’avait pas eu de nouvelle du médecin depuis ces quatre dernières semaines. Or il devait bien l’avouer, même s’ils se connaissaient depuis moitié moins de temps, le blond lui avait énormément manqué.

 

Enfin libre de toutes contraintes, c’est d’un pas reposant qu’il avança dans le petit parc aux pelouses verdoyantes situé face à l’entrée principale des lieux. Portant un sac de voyage contenant les affaires confiées par David avant son départ de la clinique, il observait rêveur l’un des platanes longeant le chemin principal quand un prénom crié par une voix fine, lui fit relever la tête.

 

Semblant sortir du bâtiment principal, Jessica venait à l’évidence de le reconnaître. Puisqu’à sa vue, la petite fille courrait avec empressement jusque dans ses bras.

 

- Meeeel !

- Alors ma puce. Ca va bien ?

- Très bien. La visite de contrôle semblait positif merci.

- J’en suis content.

 

Se relevant un peu, Mel vit aux cotés de la petite, une femme d’une bonne trentaine d’année. Les cheveux bruns, maquillée avec parcimonie, elle avait beaucoup de charme.

 

- Madame…

- Bonjour. Je vois que vous connaissez bien Jessy.

- Oui. Nous avons partagé quelques… heu… jours de vacances, il y a un mois.

- Oh. Je vois. C’est vous qui…

 

Devant le regard marqué de Jessica à son égard, la femme n’osa pas en dire plus. Souriante, elle s’éclipsa, tout simplement.

 

- Je vous laisse discuter tranquillement. Je t’attends là bas Jessy, ok ?

- Hum.

 

La femme partie, Mel ne cacha pas sa curiosité, s’agenouillant de nouveau devant sa jeune amie.

 

- Qui est-ce ?

- On m’a placé dans une nouvelle famille d’accueil. Ca sera la dernière si je m’y plait. Amy et son mari sont prêts à m’adopter quand la période d’essai sera passée.

- C’est génial !

- Je n’en suis pas si sûre.

- Tu sais. Je comprends que tu veuilles garder une certaine distance avec David et tout ces gens qui t’entourent. Mais je suis aussi persuadé que tu rates énormément de chose en agissant de la sorte. Même si tu es atteinte d’une maladie qui laisse entrevoir une possibilité que tu meurs précocement, tu n’en est pas pour autant à l’abri des accidents de la route ou… ou de tueurs sanguinaires qui en veulent à ton chat de compagnie. Alors à quoi bon résister ? Jessy, il est important que tu te battes contre ta maladie pour passer outre et vivre comme tu es en droit de le faire. Refuser de créer des liens avec les gens de peur de les rendre triste à ta mort n’est pas un comportement suffisamment combatif pour être acceptable. Alors si tant est que mon opinion ait de l’importance, ouvre toi un peu plus aux autres comme tu la fais si simplement et facilement avec moi. Après tout, qu’ai-je donc de plus qu’eux pour avoir eu droit à un traitement de faveur ?

- T’avais pas l’air en meilleur forme que moi quand on t’a rencontré…

 

A cette réponse, Mel hésita entre éclater de rire ou pleurer devant la douce naïveté de la petite fille à la logique implacable.

 

- Et bien tu vois… Si moi, j’ai réussi à m’en sortir grâce à David. Il n’y a aucune raison qu’il ne fasse pas un aussi bon travail pour toi.

- Mais moi je vais partir d’ici.

- Et alors ? Aussi réfractaire soit-il avec la technologie, je suis sûr qu’il te sera très facile de garder contact avec lui. S’il refuse le net ou les portables, il te restera toujours la poste.

 

Ponctuant ces mots d’un clin d’œil complice, Mel se releva heureux de voir la petite acquiescer sa remarque.

Sans plus attendre, Jessica se mit alors sur la pointe des pieds, pour l’inciter à s’abaisser de nouveau le temps qu’elle l’embrasse sur la joue avant qu’elle ne parte en courant vers sa nouvelle maman. La jeune femme clairement surprise de ce comportement, laissa son visage rayonner de bonheur et de douceur. Nul doute à cette image que la petite aux jolies boucles anglaises, serait heureuse à ses cotés. [3]

 

Alors que Mel observait l’enfant partir aux bras de sa mère, une voix le fit sursauter.

 

- Jordan ?

- David !!

- Désolé de te faire peur. Je t’ai vu de la porte d’entrée parler avec Jessy alors je me suis permis de croire que tu passais me voir.

- Tout bon.

 

Au sourire rendu et à l’absence de toute inquiétude sur le visage un peu fatigué du châtain, le médecin en conclue que les choses c’était bien passé au tribunal. Lui avait suivi avec assiduité toute l’affaire à la télé. Inquiet quant à la finalité du procès, il avait été soulagé de voir les coupables emprisonnés pour de lourdes peines.

Sa garde rapprochée ayant disparu depuis deux courtes semaines, il attendait depuis des nouvelles lui permettant de savoir ce qu’il était advenu de Jordan.

Alors le revoir devant lui en bonne forme et à l’évidence heureux, lui ravivait le cœur. Hélas, sa garde n’était pas encore finie, l’empêchant de profiter pleinement du jeune homme.

 

- Je dois repartir là. Mais si tu as le temps, je finis mon service dans une heure.

- Alors je t’attends ici.

 

Lui indiquant un banc disposé au soleil de cette fin de journée, Mel incita David à retourner travailler.

Après des semaines de calvaire, de courses et de souffrance, il pouvait amplement prendre son temps et profiter du doux vent venu des plaines.

 

- Je reviens au plus vite.

- A tout à l’heure.

 

*-*-*-*

 

Quand David rejoignit enfin Jordan, une heure et demi après et en tenue de ville, il pu voir à ses pieds le sac qu’il lui avait confié pour y ranger toutes ses affaires. A l’évidence, il venait de le rejoindre à peine libéré par la police.

 

- Tu es rentré chez toi depuis le procès ?

 

A la question, Mel réfuta d’un mouvement de tête.

 

- Toujours pas.

- Tu veux que je t’y accompagne ?

- Je ne voudrais pas que tu perdes ton temps avec ça.

- Je préfère t’y accompagner que te voir prendre un taxi ou un bus pour t’y rendre.

 

Mel qui espérait pouvoir passer un peu de temps auprès du médecin, fit de son mieux pour cacher sa déception.

Finalement, toute l’affaire étant terminée et lui ayant retrouvé sa mémoire, David semblait vouloir se débarrasser du poids qu’il devait représenter. Une histoire étouffée dans l’œuf. Mais à quoi devait-il s’attendre ? Ils n’avaient partagé que quinze jours de vacances, pas de quoi bouleverser toute une vie.

Tachant de garder bonne figure, Mel se laissa guider jusqu’au 4x4 de son ancien amant. Un détail lui revenait d’ailleurs en tête à cet instant. Depuis son réveil à la clinique, David ne l’avait plus embrassé sur les lèvres. Le signe évident que tout devait être fini pour lui.

 

*-*-*-*

 

Une bonne demi-heure après leur départ, le véhicule ralentit le long d’un trottoir.

 

- D’après l’adresse nous y sommes.

 

Se penchant sur le volant pour observer la façade du vieil immeuble situé en périphérie de la ville, David le trouva vraiment peu engageant.

 

- C’est bien ici ?

- Oui.

 

Se rappelant avec plus de précision de la nature de son logement, Mel en ressentit une certaine honte. Face à la propriété en bord de lac du médecin, son studio d’aide soignant ne valait pas grand-chose.

 

- Je te remercie de m’avoir raccompagné.

 

Descendant sans plus attendre de la voiture, Mel allait lui dire au revoir quand il vit David descendre à son tour après avoir coupé le contact…

 

Peut-être pour un dernier baiser ?

 

…puis traverser la route.

 

- Tu viens ?

- Je… Oui. Oui.

 

Pour sa plus grande honte, David semblait vouloir le raccompagner jusqu’à sa porte.

Trop troublé par leur imminente séparation, le châtain en oublia alors l’essentiel. Si bien que ce ne fut qu’arrivé devant sa porte d’appartement qu’il réaliser l’évidence sous l’effet d’une sueur froide.

 

Devant l’attente de David, il se sentit pathétique.

 

- J’ai…. j’ai pas les clefs.

- La police ne te les a pas rendu ?

- Rien. Ils n’ont retrouvé aucune de mes affaires au centre psychiatrique.

 

Réfléchissant au problème, David le prit par la main pour redescendre les escaliers. Parce que bien évidemment un immeuble de ce genre ne pouvait être équipé d’un ascenseur.

 

- Qu’est-ce que tu fais ?

- Le gardien doit avoir un double. D’autant que tu es locataire et pas propriétaire, n’est-ce pas ?

- Oui.

 

Arrivés devant la petite loge, Mel fut pris d’un doute.

 

- Il ne va pas apprécier qu’on passe à cette heure là.

 

N’en ayant cure, David frappa quelques coups énergiques.

 

- C’est pour quoi ?

- Bonjour monsieur. Désolé de vous dérager mais…

 

Le concierge ne semblant effectivement ni très alerte, ni patient, David essaya de faire court.

 

- Vous reconnaissez cet homme ? Il est le locataire de l’appartement 708. Il a perdu ses clefs. Aussi nous espérions que vous pourriez nous en confier les doubles.

- Je le reconnais bien, oui. Mais pour les clefs ça ne va pas être possible.

- Vous ne les avez pas ?

- Si. Mais le loyer n’ayant pas été payé depuis trois mois, j’ai ordre du propriétaire de ne pas le laisser rentrer avant qu’il n’ait réglé toute sa note.

 

Soupirant Mel cru qu’il allait craquer. Etait-ce sa faute si depuis ces trois mois, il s’était fait enlevé, torturé avant de devenir amnésique puis de se faire isoler par la police pour sa propre sécurité ?

 

Voyant à cet instant David sortir son portefeuille, Mel devint livide.

 

- Qu’est-ce que tu fais ?

- Je vais le payer.

 

Comme si tout cela était aussi simple ?

 

- T’es pas bien ?

- Tu me rembourseras quand t’auras retrouvé tes papiers. Ce n’est pas si grave.

- Mais si c’est grave ! Je n’ai pas bossé depuis plus de trois mois. Je ne suis pas sur d’avoir tout cet argent sur mon compte ! Je ne me souviens même plus de son numéro.

- Chaque chose en son temps.

 

Se détournant de lui, David s’imposa avec force dans la loge du concierge. S’asseyant à sa table de tri du courrier, il rédigea un chèque du montant demandé.

 

- C’est une grosse somme. Qu’est-ce qui me dit qu’il n’est pas sans provision ce chèque ?

 

Sortant une carte de visite, David la lui ajouta en main.

 

- Je suis médecin dans cette clinique. Au moindre problème venez me voir.

 

Ce sur quoi, il ajouta un billet de cent livres.

 

- Pouvons nous avoir les clefs à présent ?

 

D’un œil avide, l’homme prit le billet qu’il plia avec attention avant de leur rapporter une enveloppe d’où il extirpa un trousseau de trois clefs.

 

- Porte d’entrée, boite aux lettres et porte de l’appartement.

- Merci bien.

 

Alors les deux hommes remontèrent les sept étages avec la pile de courrier se résumant à une suite de factures à régler.

 

Entrant dans l’appartement le premier, Mel se rendit aussitôt au centre de l’unique pièce. David lui chercha un interrupteur finalement surpris que la lampe s’allume.

 

- Tu as encore du courant.

- La facture est semestrielle.

- Ah.

 

Décrochant le téléphone, il eut en revanche le silence.

 

- En revanche, ta ligne est coupée.

- hum.

 

Loin d’être aussi actif que le blond, Mel n’y tenant plus s’assit sur l’une de ses deux chaises.

Ca lui faisait un peu un choc de rentrer là.

Tout était recouvert d’une épaisse couche de poussière

Le bruit du couple de voisins du dessus lui parvenait aux oreilles, tandis qu’une télé traversait l’un des murs mitoyens.

 

De son coté, David entra dans la salle de bain. D’un coup d’œil, il n’y vit rien de plus que ce qu’il possédait déjà chez lui. Mel ayant déjà sa brosse à dent et autre rasoir dans son sac qu’il avait étrangement gardé avec lui, il était inutile de s’encombrer de vieux dentifrice.

 

Ne faisant guère attention à son compagnon, il s’approcha de la kitchenette pour ouvrir chaque placard. Le frigo dégageait une odeur pestilentielle. A l’intérieur, un morceau de fromage attaqué par les vers qui s’étaient par la suite dirigés vers un reste de pizza. Quelques canettes de bière et yaourts périmés complétaient le tout.

 

Revenant finalement dans la pièce à vivre, il comprit que le jeune homme devait dormir sur le canapé lit alors fermé. Du courrier, quelques livres de science ouverts sur la table aux cotés d’une tasse sale et de quelques miettes démontraient que Mel… enfin Jordan était parti comme tous les matins pour son travail sans se douter qu’il ne rentrerait pas ce soir-là.

 

Face à l’unique armoire en tissu présente contre un mur, David l’ouvrit en grand pour observer les vêtements s’y trouvant. Apercevant au dernier niveau, un sac de sport de bonne taille, il le prit en main, bien décidé à le remplir.

 

Alors seulement Mel sembla reprendre conscience. L’observant d’abord en silence, il ne pu se retenir très longtemps de poser la question.

 

- Qu’est-ce que tu fais ?

- Ca ne se voit pas ? Tes valises.

- Mes valises… Pourquoi ? Je n’ai plus besoin d’aller à l’hôtel maintenant que t’as payé le loyer.

 

Se rendant compte de ce qu’il venait de dire, Mel se reprit aussi vite.

 

- Ne te méprend pas hein ! Je compte te rembourser dés demain.

 

Avec de la chance un petit découvert lui serait accepté par la banque.

Dans le pire des cas, il faudrait attendre un mois. En supposant qu’il retrouve une place d’aide soignant au plus vite. Mais vu la pénurie actuelle en personnel hospitalier, cela n’était pas le plus préoccupant.

 

- On s’en fiche de ça. Bon, je pense que j’ai l’essentiel.

 

Décidément perdu par toute cette agitation, alors que David devait théoriquement lui dire bonsoir puis s’enfuir en courant et non lui vider ses armoires, ce fut l’esprit un peu vide qu’il reposa sa question.

 

- Mais qu’est-ce que tu fais ?

- Je te récupère le minimum vital. Je n’ai rien contre le fait que tu portes mes vêtements, mais ils restent pour la plupart une taille trop grands.

 

Fermant le sac, David le prit sur l’épaule, fit un dernier tour d’horizon de son regard brun avant de l’observer avec tendresse.  Face à la main tendue devant lui, Mel releva son regard.

 

- Tu viens ?

- Où tu veux m’emmener ?

- Chez moi. Tu pensais à quoi d’autres ?

- Ca sert à rien. Maintenant que j’ai les clefs, je peux rester ici.

- N’y compte même pas.

 

Devant les yeux un peu perdus de son compagnon, David s’agenouilla devant lui pour être à son niveau.

Posant ses mains sur les genoux du jeune homme, il le força à le regarder dans les yeux.

 

- Cet appart n’est pas en état de recevoir qui que ce soit. On reviendra demain y faire le grand ménage, si tu tiens toujours à y rester. Mais dans le cas contraire, on en profitera pour déposer ton préavis et récupérer le reste de tes affaires. Quoiqu’il en soit, en attendant, tu dormiras cette nuit et les suivantes chez moi.

- Je ne peux pas vivre chez toi.

- Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?

 

Au silence obtenu pour réponse, David frôla d’un geste tendre l’une des joues de celui qui avait été son amant.

 

- Si ça te dérange tant que ça, dis-toi que cela ne durera que le temps de te trouver quelque chose de plus décent.

- Ce n’est pas si mal ici… à la lumière du jour.

- Un appart plus spacieux et dans un quartier moins dangereux serait mieux, tu ne crois pas ?

- Je n’ai pas les moyens pour ça.

- D’où l’intérêt de jouer les pique-assiette chez moi. Ne te méprend pas sur mes intentions Mel… Jordan.

- …

- Ce n’est pas une proposition indécente ou un plan cul. J’ai une chambre d’ami. Venir dans mon appart ne t’oblige à rien d’autre que dormir à l’abri et dans le confort. Je comprends parfaitement que tu puisses être gêné par ce que nous avons fait au chalet. Je ne suis pas dans ta tête. Je ne peux que supposer que tu as compris que finalement, les mecs ça ne te branchait pas des masses. Mais cela ne change rien pour moi. Je veux t’aider. Juste t’aider.

 

A ces mots, Mel se sentit le plus grand des idiots. Il croyait que David le repoussait, qu’il le raccompagnait jusqu’ici pour s’assurer qu’il sorte définitivement de sa vie. Alors qu’il n’en était rien, bien au contraire. Il s’était senti repoussé. Mais l’avait-il lui-même seulement embrassé de sa propre initiative depuis son réveil à la clinique ? Si la souffrance et le retour de sa mémoire lui avait fait penser à de toutes autres choses les premiers temps, il n’avait pas pour autant changé son comportement par la suite. En y réfléchissant bien, David lui avait même fait quelques appels du pied, des caresses offertes et plus qu’appréciées qui par la fatigue et l’inquiétude ne lui avait jamais été rendues. Se trouvant définitivement stupide, Mel n’attendit pas plus pour se jeter au cou de son compagnon.

 

S’étant laissé tout simplement tomber de sa chaise pour étreindre le médecin et l’embrasser avec impatience, dans un but clairement établit de rattraper quelques semaines de manques, David du se résoudre à suivre le mouvement. Ne pouvant supporter plus longtemps le poids de son amant dans sa position actuelle, il se laissa tomber sur les fesses, s’adossant au sac de sport. Refermant avec plaisir ses bras sur ce corps masculin qui l’embrasait littéralement, il répondit avec tout autant de passion au baiser ravageur qui lui était offert. Il lui avait été si douloureux de garder ses distances quand il l’avait revu devant la clinique. Après quatre semaines de séparation, il s’était sans mal imaginé que Jordan ne désirait plus que rester ami avec lui.

 

Se séparant finalement à bout de souffle, David se permit de finir sa phrase, un sourire d’amusement aux lèvres.

 

- Bien sur, si finalement la chambre d’amis n’est pas à ton goût, il reste la mienne.

- Cette option pourrait m’intéresser.

 

Ses bras liés autour du cou de son médecin, Mel quémanda un nouveau baiser. Et encore un….

De sorte que David eut le plus grand mal à le repousser pour qu’ils puissent enfin se relever.

Il n’était pas contre aller plus loin avec lui, bien au contraire. Mais l‘état des lieux ne lui donnaient vraiment aucune envie de rester plus longtemps entre ses murs.

 

Finalement debout, David reprit le grand sac, laissant celui apporté par Mel à ce dernier. Ils sortaient de la pièce quand ils virent un paquet de cigarettes blondes sur la table.

 

- Tu les prends ?

 

Observant le paquet de vingt à peine entamé, Mel nia d’un signe de tête.

 

- Je ne te garantis pas d’y arriver David. Mais tant qu’à refaire une partie de ma vie, je vais essayer d’arrêter.

- Ne te force pas pour moi.

- Non. C’est pour moi. Je n’ai pas envie de gâcher ma vie future pour un truc aussi idiot.

 

Affichant toute sa satisfaction à l’entente de ses paroles, David lui sourit avec amour.

 

- Dans ce cas, je t’aiderais de mon mieux.

- Merci.

 

Un dernier regard vers cet appartement où il avait vécu quelques années et Jordan referma la porte. Il portait en lui le sentiment que ce soir, débutait pour lui, une nouvelle vie.

 

 

A suivre

 

[1] 2 jours de plus à la clinique et 4 semaine de procès ;))

[2] Suite à une petite remarque que l’on m’a fait, je sais que maintenant tout le monde sait que Mel se nomme réellement Jordan. Mais j’ai choisi de continuer et finir cette fic en le nommant toujours Mel dans la narration. Un choix judicieux ou non, je ne saurais le juger ^_^’’ Mais bon, c’est bien volontaire de ma part (même pour la présence de Jordan au lieu de Mel sur la dernière phrase de ce chapitre puisque c’est Jordan qui dit adieux à son ancienne vie ^_-

[3] Remarquez tous que la nouvelle maman, contrairement à David, est elle capable de faire ces boucles anglaises que la petite Jessy voulait tant avoir à ses cheveux dans le premier chapitre ;p

 

Voilà plus qu’un chapitre pour les dernières petites choses à dire sur ces deux là. J’espère que vous n’êtes et ne serez pas déçu par cette fin. En attendant, encore un grand merci à tous pour vos commentaires sur les précédents chapitres. @ très vite.

 

mimi yuy