Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Yaoi, j’en ai peur ^_^’’

 

 

 

Run away

 

 

 

Chapitre 13 : Jour J + 18

 

 

Mel se réveilla avec paresse.

Ce matin encore il pouvait entendre derrière les fenêtres le bruit faible mais régulier des moineaux.

S’étirant, il grinça finalement des dents.

Il avait atrocement mal dans tout son corps et une douleur sourde venait de jaillir de son bras droit.

Une sensation qu’il regrettait de connaître pour la énième fois…

Gémissant à la douleur fusant de plus en plus fort dans ses veines, il regretta finalement de s’être réveiller.

Il avait moins mal dans ses songes.

 

Malgré son chaos intérieur et l’approche évidente d’un début de migraine, il sentit subitement, une main se poser avec douceur sur son front chaud. Loin de tout geste brusque, elle eut le don de l’apaiser.

Curieux d’en connaître la provenance, il se décida enfin à entrouvrir les yeux.

 

- Jordan ?

 

Ce n’était qu’un murmure mais il reconnu la voix avant l’image encore un peu flou rendu par ses pupilles.

 

- David.

 

Au sourire rendu par le médecin, Mel se sentit mieux.

Il devait admettre qu’il y avait pire que de se réveiller d’un long cauchemar avec à ses cotés, un visage connu et aimé qui vous observait non sans douceur et attention.

Il avait eu si peur d’être devenu aveugle pour de bon…

 

A cette réflexion, c’est tout un pan dévoilant les derniers évènements de sa vie qui lui revint en mémoire.

Son travail à Walters, l’alerte donnée dans le service des aliénés dangereux, son immersion éclair dans ce dernier et ce subit bouleversement de son quotidien au départ d’une étrange clef. Un simple petit bout de métal qui avait failli causer sa mort et à défaut des souffrances qu’il ne souhaitait pas à son pire ennemi.

 

Son corps tremblant à la seule pensé de ce qu’il avait subi, Mel voulu inconsciemment se reculer pour fuir une menace fantôme et dangereuse quand les murmures calmes de son compagnon le rassurèrent tout aussitôt. Si David n’était pas paniqué, il ne devait pas y avoir de raison qu’il craigne quoique ce soit. Il l’avait aidé et soigné jusqu’ici. Alors pourquoi en serait-il subitement autrement ?

 

N’y croyant qu’à moitié, Mel tenta de fixer son regard sur le blond. Au même instant, son lit bougea de sorte à le redresser un peu, lui assurant par la-même qu’il ne se trouvait plus dans la maison du médecin.

 

- Où suis-je !!

- Dans la clinique où je travaille. Tu y es en sécurité alors ne t’inquiètes pas. Il y a un policier 24h/24h derrière ta porte et seul moi et mon assistante personnelle avons le droit de venir te voir.

- Mais je…

- Chut. Pas tout de suite. Calme-toi un peu avant.

 

Le lit stoppé en position semi-assise, David le contourna pour décrocher avec soin, une perfusion jusqu’alors planté dans son bras et que ses mouvements brusques venaient de défaire à moitié, causant une petite perte de sang. Essuyant ce dernier, David, pansa la petite coupure avant de repousser le pied maintenant la poche de solution saline presque vide.

Ceci fait, il s’assit à son chevet pour cette fois-ci emplir une seringue d’une solution transparente.

Ne l’ayant pas quitté des yeux, Mel ne pouvait cacher son inquiétude grandissante.

 

- Qu’est-ce que tu… ?

- Ferme les yeux.

 

Voyant les dis yeux plutôt braquer d’une peur mal contenue l’objet de toutes leurs angoisses, David posa avec douceur sa main gauche sur ces derniers. Ainsi camouflé, il fit d’un geste précis et rapide, sa piqûre.

Enlevant finalement sa main, Mel nia toute demande d’un signe de tête.

 

- Je t’en prie. Je ne veux plus de piqûre.

- Trop tard. Mais rassure-toi, c’est la dernière. J’avais espéré pouvoir la faire avant ton réveil.

- Déjà... faite ?

 

Surpris de ne rien avoir sentit, Mel du admettre que tout le monde n’était pas comme ce ou ces fous de médecins qui avaient prit des jours durant un plaisir certain à lui déchirer la peau de leurs aiguilles.

A moins qu’il ne soit complètement désensibilisé face à la douleur qui l’englobait tout entier.

Il suffisait qu’il y pense pour qu’elle s’amplifie à en gémir.

 

- Encore un tout petit peu de patience. Avec ce que je viens de te donner, la douleur va s’estomper totalement d’ici un petit quart d’heure. Excuse-moi. Si j’étais passé plus tôt tu n’aurais pas eu à subir encore tout ça.

 

Reposant de tout son poids contre le lit, Mel n’en revenait pas. Il en aurait la force, il rirait de cette réponse.

Comment David pouvait-il s’imaginer qu’il était responsable de son mal ?

Ce n’était pas lui qui s’était acharné à vouloir le faire parler des jours durant.

 

Voyant finalement le médecin plus clairement qu’à son réveil, attendant certainement qu’il réponde à ses excuses, le châtain ressentit cette envie enfantine d’avouer enfin son grand secret. Il en avait besoin. Il avait trop souffert de ne pouvoir le faire plus tôt !

 

- Tu sais pas quoi ? Je me souviens maintenant.

- Ta mémoire est revenue ?

- Oui. Là bas, quand ils… enfin qu’ils ont…

 

N’arrivant pas encore à le dire, David nia d’un petit signe de tête qu’il était inutile de parler de ça tout de suite.

 

- Je peux enfin te le dire !

- De quoi tu parles exactement ?

- Mon prénom ! Je m’appelle Jordan.

 

Amusé car l’ayant justement appelé par ce prénom quelques minutes avant sans qu’il ne le lui fasse remarquer, David garda un sérieux d’apparence agrémenter d’un sourire confiant. Il était soulagé de le revoir enfin bien vivant devant ses yeux. Et pas à moitié mort et gémissant, perdu dans un cauchemar sans fin comme la veille au soir.

 

Si finalement, il connaissait aujourd’hui une petite partie de sa vie par l’intermédiaire d’une enquête faite par l’inspecteur Kalagan, il savait l’importance que ce soit Jordan seul qui se remémore toute sa vie auparavant perdue. De plus, le faire parler l’empêchait de se braquer sur son examen.

Observant sous une lampe de faible intensité la réaction de ses pupilles, David l’incita à continuer.

 

- Et ton nom de famille Jordan ? Tu t’en souviens ?

- Je… Parker. Jordan Parker.

- Enchanté de te connaître Jordan Parker. Je ne te cache pas que Mel Campbell va me manquer

 

Amusé de cette remarque, Mel oubliant enfin sa douleur, ne cessa plus de parler. Il avait besoin de que ça sorte. S’astreindre à garder un silence complet pour lutter contre sa mise à mort avait quelque chose de terrible en fin de compte. Alors à présent qu’il se sentait en sécurité, il fallait qu’il parle, qu’il parle et qu’il parle encore au fur et à mesure que ses souvenirs refaisaient surface.

 

L’incitant dans cette démarche, David toujours assis sur le bord du lit, agrémentant son discours de question en tout genre, jouait à présent familièrement avec l’une de ses mains pour s’assurer en toute discrétion que ses nerfs y étaient toujours actifs. De la même manière, il glissa ses mains sous les draps pour palper ses jambes inertes. Comme la fois où il s’était réveillé dans sa maison du lac, ces dernières nécessitaient à l’évidence plus de temps pour se remettre de leurs sévices. Voyant Mel l’observer avec crainte de ne pas toujours ressentir ses mains sur son corps, David renouvela sa diversion en reprenant son questionnaire.

 

- Parle-moi un peu de ta famille.

- J’ai une petite sœur qui vit au Canada, non loin de là où nous sommes nés. Nous ne nous voyons plus qu’une à deux fois pas an aujourd’hui. Et encore, si on y pense. Nos parents sont morts assez jeunes d’un bête accident de la route, un jour d’hiver. Une plaque de verglas qu’ils n’ont pas pu éviter. Nous étions déjà majeurs. Penny faisait ses études aux Etats-Unis, tandis que moi je cherchais encore ma voie. Depuis, elle est rentrée au pays alors que je migrais ici. Comme finalement, je ne trouvais rien qui me passionne vraiment, j’ai prit la première branche qui me garantissait du boulot.

- Tu aurais pu rentrer chez toi ? Au Canada. Je suis sûr qu’ils ont tout autant besoin de personnel hospitalier que l’Ecosse ou le reste de l’europe.

- Je crois qu’en fin de compte, j’étais surtout parti pour ne pas trop penser à nos parents. J’étais le seul présent quand leur accident est survenu. Et reconnaître des corps défigurés dans une morgue désuète de la ville ou passer chaque matin devant l’intersection où avait eu lieu le drame, ça ne m’enchantait pas trop. Alors quitte à partir, j’ai voulu voir du pays. L’Ecosse m’avait paru un choix parfait pour se fondre dans l’oubli. Aucune chance qu’il ne m’arrive rien sur ces vieilles terres. Comme quoi on peut toujours se tromper dans la vie.

 

Serrant la main de David avec force au reflux de tous ces souvenirs, passés et présents, Mel se sentit un peu mieux. Comme libéré d’un lourd poids pesant jusqu’alors sur ses épaules. Oui, il était bien, là. Subitement, à la limite de l’euphorie mentale.

 

- A tes yeux, je dirais que la morphine fait son effet.

- Suis en plein tripe… Je vais encore avoir le droit de jouer aux toxico en cure de désintox après ça ?

- Non. Tu peux me faire confiance, dés que ton état le permettra, on passera à quelque chose de moins fort.

- Hum.

- Puisque tu planes et que ta langue est définitivement déliée, tu accepterais de voir quelqu’un ? Une personne attend patiemment depuis ton arrivé ici de pouvoir te parler un peu. Et il faut admettre qu’elle a du courage. Car passer plus de 36h sur l’un des fauteuils élimés du couloirs n’est vraiment pas une sinécure.

- Qui est-ce ?

- Un inspecteur de police.

- Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée…

- Je devine facilement que les gens qui t’ont malmené ont le bras long et certainement des membres de la police dans leur poche. Mais c’est un gars honnête. Je m’en porte garant. Et puis tu n’as pas beaucoup le choix. Avec ton retour précoce, il y a des choses importantes qui dépendent de toi.

- Précoce ? J’ai l’impression d’être resté des mois sur leur table de tortures !

- La première fois, certainement. Mais pour le second round, ça n’a duré que deux jours.

- Seulement ?

- Même si tu te sens mal à cet instant, ton corps n’est pas si blessé. Tu seras physiquement sur pied dans trois autres jours tout au plus.

- Je vois. Et alors comment l’as-tu connu cet inspecteur qui mérite autant d’estime de ta part ?

 

N’étant pas dupe, David comprit que Mel changeait délibérément de sujet.

Il était dur pour quiconque d’accepter que le temps écoulé ne soit pas celui auquel vous pensiez avoir survécu !

 

- Ca c’est une toute autre histoire. Je t’en parlerais un peu plus tard si tu veux bien.

- Ok.

- Bien.

 

Finalement satisfait de son examen, David rouvrit la porte de la petite chambre, faisant signe à un jeune homme d’entrer.

 

- Vous pouvez entrer.

- Merci.

- Mais que cela ne dur pas plus d’une heure !

- D’accord.

- Moi, je repasserais te voir à la fin de mes visites ce soir.

- Bien.

- Pas la peine de faire cette tête Mel… Jordan. Cela ne suppose tout au plus qu’une attente de deux heures.

- Deux heures… ?

 

Mel se sentit rougir comme une collégienne à cette remarque. Avec la lumière claire et agréable du soleil entrant dans sa chambre, il s’était naturellement cru au matin.

 

- Je serais rapide. D’ici mon retour Margaret, mon assistante, devrait aussi passer pour s’assurer que tu ne manques de rien.

- Merci.

 

Un dernier salut et David l’abandonna avec le policier. Ce dernier n’en attendit pas d’avantage pour lui demander d’expliquer par le commencement tous les évènements l’ayant mené jusqu’à sa situation actuelle de témoin principal dans le cadre d’un procès d’assise en grande instance !

 

*-*-*-*

 

Jour J + 17

 

Le surplus d’adrénaline due aux évènements de la nuit blanche qu’il venait de passer s’écoulait encore dans ses veines quand David s’auto félicita une nouvelle fois. De retour à la clinique, il avait pu installer Mel dans une chambre privée et faire un premier diagnostique, si ce n’est encourageant, du moins rassurant quant à l’état de santé de son amant.

 

Si ses tortionnaires savaient comment faire mal. Ils avaient tout autant une maîtrise parfaite de la notion de limite pour conserver leur témoin dans des conditions optimales de sensibilité.

Soupirant de soulagement à l’idée que Mel soit enfin, très loin de ces hommes, il entendit le pas régulier et rapide d’un homme dans le couloir. A la silhouette s’y profilant, l’inspecteur Kalagan qu’il venait d’appeler arrivait enfin.

 

Il allait pouvoir les féliciter d’avoir fait du bon travail.

 

Attendant, une certaine reconnaissance de la part de cet homme de loi, se ne fut pas sans surprise, qu’il vit devant lui un visage noir de colère.

 

- On peut savoir ce qui vous a prit !!? Vous avez perdu la tête !!?

- Qu’est-ce qui vous prends, vous, de réagir comme ça ? J’ai fait votre boulot cette nuit !

- Vous avez failli tout fiche en l’air, Oui ! Sans compter que vous avez mis votre vie et celle de votre ami en péril !

- Parce que Mel ne risquait rien chez ces fous ?!!

- Ne jouez pas au plus fins avec moi. Ce que vous avez fait-là, ça s’appelle du kidnapping ! Et les dirigeants de Walters n’auraient aucun mal à réunir les preuves nécessaires à le prouver devant un tribunal. Si votre ami ne se réveillait pas ou avait été tué lors de votre évasion de pacotille, il leur suffisait de présenter une décharge signée de sa main, explicitant qu’il se laissait à leurs bons soins pour leur donner tous les droits !!

- Avec les procédés qu’ils pratiques ? Vous voulez rire ?

- Inutile de parlementer avec moi monsieur Leblanc. Vous avez eu tort et nous aurons toutes les peines du monde pour venir à bout de votre comportement insensé et irréfléchi !

 

Ne voulant pas en entendre d’avantage, David allait quitter ce merdeux de blanc bèque de flic de pacotille, hypocrite et dénué de tout sens moral quand celui-ci reprit son argumentation.

 

- Vous ne réalisez donc pas qu’ils ont maintenant des preuves pour vous faire condamner et traîner en justice ?! Ou pire qu’ils détiennent à présent votre identité pour venir à n’importe quel moment vous agresser ou se venger de votre action à leur égard ! Si tous les gens travaillant au centre psychiatrique de Walters ne sont pas des criminels, ce lieu reste le point central de l’élimination des témoins gênant pour la plus grande famille de mafiosi du pays ! Qui pensez-vous être face à eux ?! Ils pourraient bien vous écraser à tout instant ! Et si ce n’est physiquement, il pourrait tout autant briser votre carrière en vous accusant d’une manière ou d’une autre de faute professionnel ! Votre diplôme de médecine n’a donc aucune importance à vos yeux qu’il vous fallait aussi entraîner votre famille dans votre déchéance ?!

- Ma vie professionnelle m’importe en tout cas moins que la vie d’un homme. En ce qui concerne les traces que nous aurions pu laisser, conduisant à notre identité, il n’y en a aucune de nous tous ! Nous avons bien prit garde de ne rien laisser ! Même la fiche d’admission c’est fait à un faux nom, signée via une encre délébile.

- De quoi vous me parler là ?

- Comment vous vous imaginez que nous sommes entrés ?

 

Au résumé succin mais complet de leur plan d’attaque, le visage de  Thomas passa par toutes les couleurs. Loin de calmer sa fureur contre l’inconscience de ce médecin, leur épopée le conduisait à réfléchir au plus vite à la mise en place d’une surveillance rapprochée pour tous ce petit monde. Comme s’il n’avait pas déjà assez de travail et de problèmes personnels liés à cette affaire !

 

- Vous êtes vraiment inconscient ! Vous n’avez peut-être rien laissé de matériel sur place. Mais dois-je seulement vous apprendre que ce genre d’établissement est équipé pour chaque pièce de caméra vidéo de surveillance. Ils ont certainement plus d’images de vous que vous n’en aurez jamais via vos films de famille !

- Je…

 

Ne sachant finalement que répondre à ce point qu’il avait effectivement quelque peu occulté lors de la rédaction de son plan d’action, David garda le silence.

 

- Je vais à tous vous attribuer un homme à moi chargé de votre sécurité. Une inspectrice suit déjà de manière discrète la jeune Jessica. Votre oncle et sa femme se verront attribué l’un de mes sergents. Nous laisserons aussi un homme devant la porte de votre ami. Quant à vous ! Je vais me faire un plaisir de vous coller le pire de mes agents à vos basques ! Puis-je vois votre patient, à présent ?

- Il n’est pas conscient pour l’instant.

- Comment va-t-il ?

- Son corps est choqué. Je l’ai plongé dans un sommeil artificiel pour minimiser la douleur. Mais à part des yeux maltraités par un produit que je vais faire analyser, il n’a rien subit de plus que le mois passé

- Bien. Vous pensez qu’il se réveillera bientôt ?

- C’est assez incertain. De toute façon, ne vous faite pas d’illusion. Vous devrez attendre mon consentement de médecin avant de pouvoir ne serait-ce que mettre un pied dans cette chambre.

 

Soupirant devant le ton butté du blond, Thomas se dit qu’il allait devoir faire acte d’une très grande patience. S’il ne pouvait accepter le comportement irraisonné de ce médecin, il pouvait en revanche parfaitement comprendre les raisons l’ayant poussé à agir de la sorte et à protéger avec tant d’application son jeune patient.

 

- Dans ce cas, vous ne verrez pas d’inconvénients à me remettre ses empruntes et de prendre une photo numérique de son visage et des sévices subits par son corps. J’ai besoin de ces informations au plus vites. Les premières pour retrouver l’identité de ce garçon et les suivantes pour monter à son nom, un dossier de plainte à l’encontre de Walters.

 

Tendant une fiche cartonnée de prise d’empruntes et un petit appareil photo numérique, Thomas patienta quelques secondes avant de voir ses objets saisis par David.

 

- J’accepte.

- Bien.

 

Sortant un portable de sa poche, il demanda implicitement le droit de l’utiliser.

 

- Je vais faire venir un homme pour ramener ses preuves au commissariat.  Si vous le permettez, je resterais ici, jusqu’à ce qu’il me soit possible de lui parler. 

- Je vous en prie. Ces fauteuils sont à votre disposition.

 

Désignant la ranger de chaise quelque peu matelassée présente tout le long du couloir, David se fit un plaisir de laisser-là cet inspecteur pour rentrer dans la petite chambre.

Si l’heure prévoyait une journée ensoleillée et chargée de travail, lui ne quitterait pas cette pièce avant d’avoir la certitude que son occupant soit enfin plongé dans un simple sommeil réparateur.

 

*-*-*-*-*

 

Jour J + 18

 

Comme convenu un peu plus tôt, David frappa doucement à la porte avant de s’engouffrer dans la petite pièce.

 

- Comment te sens-tu ?

- Ca va.

- Tu as faim ?

- Ton assistante Margaret est passée me donner un repas.

 

Observant le restant du plateau posé sur une petite table près du lit, David fut satisfait. Si tout n’était pas mangé, le principal n’était plus là. Chipant au passage un morceau de pain pour caller sa propre faim, il revint au bord du lit de son compagnon.

 

- C’était bon ?

- Hum.

 

Amusé par ses réponses évasives, David du malheureusement re-commencer ses actes pénibles pour Mel. Une nouvelle auscultation suivie des soins impératifs à son bon rétablissement.

 

- Je sais que cela ne va pas te faire plaisir, mais aux rougeurs que je vois autour de tes yeux, il serait recommandé qu’on les hydrate un peu.

- Ce qui signifie ?

 

Pour toute réponse, David présenta une petite fiole de collyre.

 

- C’est obligé ?

- Si on n’agit pas maintenant, tu seras encore plus irrité et l’effet de brûlure reviendra en force avant minuit.

 

Voyant Mel redouter ce soin plus que la seringue quelques heures plus tôt, David tenta dans un premier temps de le convaincre par la raison.

 

- Je sais que cela doit te rappeler des souvenirs douloureux, mais ce n’est que de l’eau purifiée ajoutée à une solution apaisante. Cela ne te fera pas mal. C’est juste pour apaiser tes yeux d’une irritation du au restant du produit qu’ils t’ont appliqué durant ces deux jours.

- Mais…

- Si vraiment tu penses que c’est insurmontable, je le ferais cette nuit durant ton sommeil.

- Je…

 

Bien qu’il n’ait absolument aucune envie de sentir le moindre fluide en contact avec ses yeux, Mel se força à faire face à cette dernière épreuve. Si la peur n’en était pas moins présente, il faisait confiance à David. Aussi décida-t-il d’affronter son appréhension de face.

 

- Tu es sur.

- Ai-je seulement le choix ?

- Ca va te faire du bien, je te le promets.

 

Une petite minute plus tard et le produit était posé et les larmes s’en écoulant doucement essuyé.

 

- Alors ?

- Ca va.

- Tu sembles épuisé. Pourquoi ne pas dormir maintenant. Je pourrais continuer sans plus te traumatiser.

- Pas trop envie de me retrouver dans le noir. Aussi doux sois-tu, j’ai assez senti des mains invisibles jouer avec mon corps.

- Je comprends. Je vais faire vite alors. Mais c’est aussi à toi de m’aider. Ressens-tu une pointe de douleur à un endroit précis ? Mise à part l’emplacement des brûlures apparentes...

 

Se laissant quelques instants aller aux bons soins des mains déposant le baume apaisant sur ces nouvelles brûlures, Mel ne pu toutefois réprimer certains râles de douleur.

 

- …Oui.

- Où exactement ?

- Je…

- Vas-y dis-moi.

- Le bas du dos.

- La colonne vertébrale ou les reins ?

- Les reins.

- Ailleurs ?

- Non.

- Ok.

 

Enlevant sa blouse et son pull, c’est en petite chemisette que David s’approcha de nouveau de lui. Dégageant le drap, il poussa Mel à se coucher sur le coté pour glisser ses mains, réchauffées par un vif frottement, sur la zone indiquée et y débuter un léger massage.

 

L’acte semblant salvateur, David délaissa finalement son amant quelques secondes pour le rejoindre dans le lit et accoler le dos douloureux contre son torse. Ses mains caressant à présent l’aine, un petit soupire s’échappa cette fois-ci des lèvres du châtain.

 

- Ca, c’est une drôle de manière de soigner docteur.

- La plus efficace…

- Vous l’avez souvent mise en pratique ?

- Pour être honnête, c’est une première pour moi aussi. Jusqu’ici je n’avais testé les lits de cette clinique qu’à l’occasion de courtes siestes faites durant mes gardes de nuits.

                                                                                                                                  

Riant de l’instant, les deux hommes se calmèrent assez vite, baignant dans une atmosphère calme et adoucie.

 

- Dis ? Tu restes un peu là ?

- Comme hier, je crains que tu ne doives me supporter toute la nuit.

- Merci.

 

Apaisé à cette certitude que David ne le quitterait pas, Mel ferma enfin les yeux, gardant serrer contre sa taille les mains mutines de son amant. Il avait besoin de cette présence réconfortante pour ne pas se retrouver dans son lit de torture. Jusqu’ici son amnésie avait eu l’effet bénéfique de lui faire oublier les sévices vécus. Une manière comme une autre qu’avait du trouver son corps pour répondre à l’incapacité de faire face à tout cela. Mais à présent, les souvenirs étaient bien présents et tous associés à une douleur bien réelle.

 

*-*-*-*-*

 

Au matin, Mel se réveilla avec une facilité retrouvée.

 

- Bien dormi ?

 

Ouvrant un peu plus les paupières, il constata que son médecin personnel était déjà levé. D’ailleurs en y regardant bien, il s’était changé par rapport à la veille et rasé de près.

 

- Il est quelle heure ?

- 10h30. A croire que tu pressens mes visites à l’avance pour si bien te paramétrer.

- humm.

- Puisque tu es réveillé, je vais appeler Margaret pour qu’elle t’aide à la toilette et te donne le petit déjeuner. Je serais content si tu pouvais tout manger cette fois-ci.

- Pas très faim.

- Ca va revenir. Ce sont les drogues dures qui coupent l’appétit.

- Et… ?

- Et on les arrête aujourd’hui. Mais sois rassuré, on a une batterie d’autres molécules pour calmer tes douleurs et les sensations de brûlures.

 

Un clin d’œil complice suivi d’une douce caresse sur son bras et David sortait avec énergie.

 

Finalement seul, Mel baillait à s’en décrocher la mâchoire quand la porte s’ouvrit de nouveau.

Au regard de malice de la jeune femme aux cheveux roux le rejoignant, il regretta finalement le départ de son compagnon. Ce dernier aurait pu faire l’effort de l’aider à se laver au lieu de le mettre dans les mains d’une femme qu’il ne connaissait que de la veille. Aussi jolie soit-elle. D’ailleurs, là était certainement le principal problème. Finalement réveillé, il allait avoir du mal à ne pas cacher sa gène face à un tel brin de fille.

 

A suivre.

 

Je sais qu’il manque encore quelques petites choses pour combler toute votre curiosité, mais ça va arriver ;p. A part ça, je vous confirme qu’il ne reste plus que deux chapitres avant de conclure cette petite histoire. Voilou. Un gros merci à vous tous pour tous les retours reçus sur le précédent chapitre. Je suis vraiment soulagée qu’il ait été si bien accueillit par tout le monde. Encore merci et à la semaine prochaine (au plus tard ;D)

 

mimi yuy