Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Yaoi, j’en ai peur ^_^’’

 

Juste avant de débuter, un gros pardon pour le « retard ». Même si j’avais prévenu au tout début de cette histoire que je ne serais pas capable d’être régulière malgré mon envie, je sais pertinemment que lorsqu’on lit une fic, aussi banale soit-elle, on apprécie de pouvoir la suivre à intervalle régulier. Mais bon, ce chapitre fut dur à pondre pour un simple et déprimant (car perpétuel) manque de temps ;(( En plus comme il est super mega long il vaut presque 3 chapitres pour cette histoire-ci ^_^’’

 

 

 

RUN AWAY

 

 

Chapitre 12 : Jour J - 45 jours [1]

 

Comme tous les deux jours, Jordan se leva une heure plus tôt pour sortir faire son footing matinal. Il aurait bien aimé dormir un peu plus mais c’était le seul moment de la journée où il pouvait faire un peu de sport.

Et dans son métier, avoir une bonne condition physique n’était pas inutile.

 

Rentrant en sueur après avoir monté ses trop nombreux étages par l’escalier, il se pressa de prendre sa douche.

Un petit déjeuné rapide composé uniquement d’un café riche en sucre et de deux tartines beurrée, et il partit à nouveau au pas de courses, jusqu’à la gare.

En arrivant sur le quai, il était largement à l’heure ce matin-là. Mais à voir le nombre de personne y patientant, il comprit très vite que sa  « bonne journée » venait de s’arrêter à cet instant.

 

Finalement, pour ne pas changer, il était encore en retard. A en maudire les transports en communs. Un jour, ce ne serait pas les terroristes mais les usagers excédés qui mettraient à feu et à sang ces moyens de transport. Essoufflé, il passa enfin sous le grand portique menant à l’entrée du bâtiment principal du plus grand centre psychiatrique de la région.

 

- Vous êtes en retard Parker !

- Je sais.

- Alors pourquoi cela se renouvelle-t-il chaque jour ? Vous pouvez dire adieux à votre prime de fin d’année si vous poursuivez dans cette voie !

 

Bien que l’envie lui brûlait les lèvres, il s’abstient de préciser qu’il n’en travaillait pas moins son cota d’heure. Pour chaque minute de retards, c’est du double de temps qu’il restait en plus chaque soir. Mais ça, cette vieille bonne femme acariâtre, archétype même de l’infirmière de tous vos cauchemars et accessoirement chef de son service, n’y pensait jamais quant elle le sermonait !

Enfin…

 

- Bonjour.

 

Ah… Un joli sourire de la part de la petite nouvelle, fraîche et adorable, voilà ce qu’il fallait pour reprendre la journée du bon pied !

 

- Salut Marianne ! Comment vas-tu depuis hier ?

- Tu ne vas pas le croire, mon petit ami m’a emmené au ciné hier soir et…

 

Ca faisait plaisir à voir tant de bonheur sur un si joli visage entouré de boucles d’or.

Laissant la miss lui compter ses prémices amoureux avec l’élu de son cœur, ils se dirigèrent tous deux jusqu’à leurs vestiaires s’y changer et enfiler leur blouse bleu pâle d’aide soignant. Un statut les mettant sous les ordres des infirmières et infirmiers pas toujours conciliant avec eux, allez savoir pourquoi… [2]

 

Prêt pour sa dure journée de travail, il partit aussitôt faire la tournée des chambres.

 

Comme chaque matin, c’est vers celle des hommes qu’il irait en premier. Etant le seul homme du service, c’est à lui qu’incombait de faire la toilette matinale de tous leurs pensionnaires mâles. Ces messieurs d’un certain âge, loin des images de pervers qui s’associait parfois sur leur tête, appréciaient grandement que ce soit un homme qui les aide dans cette tache des plus intimes.

 

Une requête qu’il leur accordait volontiers. Lui-même espérait que cela serait ainsi le jour hypothétique où il serait hospitalisé.

 

Ces pauvres âmes étaient déjà bien assez malmenées par leur famille pour qu’ils en rajoutent durant les soins.

Assigné depuis son arrivé à Walters au service de l’hospice gériatrique, il devait admettre s’être vite prit d’affection pour ces personnes âgées, familièrement nommés vieillards et abandonnées-là par des familles n’ayant aucune envie d’être encombrés par leur présence. Si le lieu était réputé et hors de prix, ces personnes n’en restaient pas moins oubliées par leurs proches. Même si nombre d’entre elles avaient perdu tout repère et souvenirs des leurs, l’absence de toute visite n’était pas moins vécu douloureusement.

 

C’était un peu le retour des choses quand les gens vivaient depuis longtemps seuls et sans plus aucun lien avec leur famille. Un peu comme lui en fait…

Une fois invalide ou l’esprit perdu, leur descendant se pressaient finalement de les placer avant de reprendre leur vie normale. Les médecins et infirmiers étant sans cesse pressés par le temps, c’était alors vers eux, aides-soignants, que les patients se raccrochaient de toutes leurs forces.

 

La journée se déroulait finalement comme à son habitude.

 

En binôme pour l’après-midi avec la jeune Marianne, ils apportaient de la gelée d’eau aux patients placés dans la salle commune, manière comme une autre de les faire boire, quand un bruit de sirène les alerta tous.

Etant nouvelle, Marianne elle-même ne savait à quoi cela correspondait.

 

- Qu’est-ce que c’est ?

- Le bruit restant confiné, je dirais que cela vient du service des aliénés agressifs.

- Les fous violents ?

- hum…

- C’est dangereux ?

- Bien sur que non Madame Speaker ! Si cela peut vous rassurer, il n’y a même aucun lien entre eux et nous. Nous sommes dans l’aile la plus opposée. Impossible qu’un de ces patients parviennent jusqu’ici.

- Ah bon.

 

Tout le monde semblant rassuré, ils purent continuer leur distribution.

 

Loin d’eux, dans le troisième bloc du service psychiatrique des cas jugés comme les plus dangereux, un homme tentait de s’évader. Dans la force de l’âge, c’est avec violence qu’il s’échappa de la prise pourtant ferme de ses geôliers. Abattant ses coups, il réussit à prendre en main une lame de scalpel, avec laquelle il n’hésita pas un instant à trancher dans le vif.

 

Les hommes profondément coupés ne réussissaient toujours pas à le maîtriser quand un médecin s’approcha dos au patient pour lui administrer une solution paralysante foudroyante d’une piqûre à la nuque.

Quelques secondes seulement suffirent pour que l’homme s’écroule sans force sur le sol carrelé, le scalpel échouant loin de lui au pied d’un fauteuil roulant.

 

- Ramenez-le dans une chambre. Nous allons faire en sorte que cela n’arrive plus jamais.

 

Le dernier homme valide emportant ce qui n’était plus qu’un légume sans vie ni force, le médecin fit face à pas moins de quatre personnes ensanglantées à terre.

 

- Bande d’incapables.

 

Sans plus un mot à leur encontre, il partit aussitôt prévenir le directeur. Ils allaient avoir un sérieux soucis s’ils ne trouvaient pas très vite d’autres personnes pour finir le service de jour.

 

*-*-*-*-*

 

Une heure à peine après que la sonnerie ait retentit dans les locaux du centre Walters, la chef d’équipe vint chercher Jordan.

 

- Parker ! Le directeur vous demande dans son bureau.

 

Il n’en revenait pas ! Cette vieille bique ne l’avait quand même pas fait virer pour ses retards répétés ?

Ce n’était vraiment pas le moment, avec les examens qui approchaient !

Espérant que cela ne soit pas le cas, il s’y rendit sans grande motivation pour découvrir une vérité plus facile mais guère plus attrayante.

 

- Vous voulez que je bosse dans le service des aliénés agressifs ?!!

- Ce ne sera l’affaire que de quelques jours. Trois tout au plus. Nous avons eu un incident cette après midi ayant mis hors services plusieurs de nos gardes malades.

 

Molosse aurait été plus adapté comme terme.

 

- Et pourquoi moi ?

- A votre avis ? Nous n’allons pas demander à des femmes âgées ou jeunes mamans de les remplacer. Nous avons demandé l’aide de tous les hommes des autres services.

 

Soit six personnes tout au plus, si par homme il ne refusait pas les bodybuildés gays dans la fleur de l’age.

N’ayant de toute façon guère le choix, Jordan abdiqua sans plus de difficulté.

 

- C’est bon. Je commence quand ?

- Tout de suite. Voici votre badge de sécurité pour entrer dans le service.

- Merci.

 

C’est ainsi qu’il termina la journée dans un service ou toute les rumeurs s’averraient véridiques. Portes blindées, murs capitonnés, caméra de surveillance, personnel uniquement masculin et patients totalement déjantés.

 

Ca promettait…

 

*-*-*-*-*

 

Jour J - 44

 

Si la veille venir travailler dans son nouveau service ne l’enchantait guère, aujourd’hui, Jordan n’en pensait pas différemment. Comment pouvait-on supporter ça ?

Son travail se limitait à assommer de pauvre fous de médicaments si puissant qu’ils s’en trouvaient parfois jusque dans l’incapacité d’avaler leur salive.

 

Dépité, il profita de sa pause déjeuner pour repartir dans son ancien service le temps de manger et fumer une cigarette. Ce n’était pas son habitude de fumer en pleine journée, mais là, le stress aidant, il n’allait pas s ‘en priver.

 

- Regardez qui voilà !

 

Ghislaine, une autre aide-soignante, maman de trois enfants, rousse, la cinquantaine, avec qui il travaillait fréquemment, l’interpella comme à son habitude.

 

- Alors tu nous as abandonné pour d’autres ?

- Pour l’instant. Mais crois-moi, ça ne risque pas de durer.

- Pourquoi ? Je suis sûr que c’est mieux payé. Pis c’est pas comme si t’était avec quelqu’un.

- Je ne vois pas trop le rapport.

 

Marianne qui mangeait sa salade dans son coin fut surprise de l’information.

 

- Comment un beau gosse comme toi peut-il être encore seul ?

- Par faute de temps chérie ! Entre mes examens qui approchent, le ménage...

- Le ménage ? Je t’en prie. Tu n’y penses pas à ce point-là à ton age ? Même Marianne doit s’en moquer !

- Sache Ghislaine que dans un 20m², si tu ne fais pas régulièrement un minimum de rangement et de ménage ça devient vite le souk.

- Prend plus grand !

- Je n’ai pas de compagne capable de payer la moitié de mon loyer... moi !

- Rabat joie ! Avec vous les célibataires, tous les couples du monde devraient se sentir coupable que vous soyez seuls et pas nous.

- Je n’ai pas dit ça. Je parlais juste du ménage.

 

Lasse de cette conversation où quoiqu’il dise, il aurait toujours tort, Mel réduisit sa pause pour repartir sans plus attendre à son poste.

 

C’était agaçant à la fin. Quoiqu’il fasse, quelque soit ses choix, il avait toujours la sensation de n’être à sa place nul part. Serait-il un jour seulement comprit ?

 

Retraversant les zones de contrôle de son nouveau service, il repartit s’occuper des soins d’un patient peu agité.

D’une bonne cinquantaine d’année, il cherchait la raison ayant pu entraîner son internement dans ce service.

Si son silence ne permettait pas de juger de la démence ou non de ses propos, l’homme ne semblait absolument pas violent entre deux prises de psychotropes.

 

Incapable de marcher seul, c’est sur un fauteuil roulant qu’il le poussait d’une pièce à l’autre.

Comme pour ses petits vieux, les patients de ce service avaient aussi besoin de passer à la douche.

 

- Comment vous sentez-vous aujourd’hui, monsieur Capitello ?

- On ne parle pas au patient ici !

 

Se retournant vers le médecin venant de lui donner cet ordre, Jordan vint à penser qu’il n’y avait pas que les patients qui étaient dérangés, ici. Raison pour laquelle loin d’y répondre, il se contenta de baisser sa voix et murmurer à l’homme qu’il poussait jusqu’à la douche.

 

- Sont décidemment pas commodes ici.

- …

 

Bien qu’il n’ait aucune réponse de son patient, il n’en perdit pas moins l’envie de lui parler.

 

- On ne va pas se faire dicter notre manière d’agir par ces médecins, vous n’êtes pas d’accord ? Alors si l’envie vous dit de me parler, n’hésitez pas. En attendant, si vous me promettez de ne pas devenir violent, moi je vous promets que tout se passera avec calme et douceur.

- …

- Maintenant, on va vous décrasser, histoire de rendre toutes les infirmières du coin folle de vous.

- Merci.

 

Ne voyant pas trop où il y avait acte de remerciement, Jordan aida l’homme à se déshabiller, avec une certaine habileté due à des années de pratique. Chaque fois qu’il réalisait ce geste, il était heureux que le patient soit bien vivant et réactif. Sa pire expérience en la matière avait été son passage de deux ans au service de réanimation de la traumatologie d’un hôpital universitaire. Laver des corps dans un coma profond, c’était mille fois plus angoissant comme tache.

 

Dans un coin de la pièce d’eau, il repéra comme la veille une petite caméra.

A l’évidence, ici chaque pièce était filmée à longueur de journée.

 

A aucun instant, alors qu’il branchait l’eau, il ne s’aperçu que l’homme qu’il aidait venait de glisser quelques chose dans sa poche.

 

A peine sortit du lieu, ils furent entourés par deux nouveaux venus.

 

- Excuse-nous… Parker ?

- Oui.

- Nous avons ordre de te remplacer auprès de ce patient.

- Déjà ? Je croyais que je devais rester ici trois jours ?

- Le patron pense que tu parles trop.

- Moi ? Parler trop ? Mais j’ai rien dis !

 

D’un œil appuyé l’un des hommes lui montra l’une des caméras vidéo.

 

- Vous abusez les mecs ! Y’a pas mort d’homme que de créer un peu de lien et de chaleur humaine avec les patients.

- Pas ici Parker.

 

Sursautant à l’approche dans son dos du médecin vu un peu plus tôt, il ne chercha pas à se trouver d’excuses. Si on ne voulait plus de lui ici, il n’allait pas insister.

 

- Ca va. J’ai compris.

 

Ne demandant pas son reste, il sortit du service, rendant au passage son badge d’entrée pour repartir dans l’aile ouest du bâtiment.

 

- Déjà de retour ?

- Je crois que je ne suis pas fait pour eux Marianne.

- T’as frappé un patient ?

- Qu’est-ce que tu vas pas inventer. Non. Je leur ai juste parlé.

- Et… ?

- Ben faut croire que ce n’est pas dans la constitution des lieux.

 

N’ayant aucune envie de parler plus longtemps de cette étrange expérience, Jordan prit en main une serviette éponge et une lotion hydratante. C’était l’heure quotidienne du massage de Madame Peakle, dont il se chargeait habituellement.

 

Entrant dans la petite chambre, il sourit prêt à reprendre ses bonnes vieilles habitudes.

 

- Bonjour mesdames, c’est moi ! Aller. Relevons vos jambes Miss Peakle ! On va débuter le massage lyphatique pour baisser votre rétention d’eau !

 

*-*-*-*-*

 

La journée avait été épuisante. Le comble ayant été que sa très chère infirmière en chef venait de lui reprocher de ne pas avoir réalisé toutes ses taches. A croire qu’elle le faisait exprès en oubliant accessoirement qu’il avait passé la matinée dans un autre service du leur ! Cette femme le rendrait fou.

 

Se rhabillant en civil dans les vestiaires, il fouilla les poches de sa blouse avant de la jeter dans le panier à linge sale quand il y trouva une étrange clef.

 

Qu’est-ce que ça faisait là ? Il l’observait curieux quand Marianne entra à son tour.

 

- On y va ?

- Je veux bien être le seul homme du service, ce n’est pas une raison pour ne pas me laisser mon intimité quand je me change.

- Allons, aucun type des autres services ne se plaignent de nos présences quand on entre par inadvertance ici alors que c’est votre tour.

- Ils sont gays ou coureurs de jupon. Pourquoi tu voudrais que ça les dérange ?

- Et toi t’es dans quelle catégorie ?

 

Soupirant, Jordan mit la clef dans sa poche, ferma son sac puis le prit pour sortir et suivre son amie jusqu’à l’arrêt de bus.

 

- Moi je ne suis qu’un célibataire frustré qu’un homme t’ait déjà pris dans ses filets, ne me laissant ainsi aucune chance !

- Ah ah ah

 

*-*-*-*-*

 

Content d’être rentré tôt, Jordan s’assit aussitôt à sa table de salon pour y ouvrir l’un de ses livres d’exercice. L’anatomie ce n’était vraiment pas sa matière favorite. Mais il n’avait pas le choix. S’il voulait augmenter son salaire, il lui fallait coûte que coûte passer cet examen.

 

Enlevant sa veste, il se plongeait dans ses révisions quand fouillant dans ses poches à la recherche de ses cigarettes, il remit la main sur cette clef trouvée un peu plus tôt dans sa blouse.

 

Peut-être s’y trouvait-elle déjà quand il l’avait enfilé le matin ?

Pourtant, il se souvenait parfaitement, l’avoir prise dans l’armoire du linge propre.

 

- D’où tu viens toi ?

 

Cherchant une origine à cette clef de fer, il vit déjà inscrit sur sa partie arrondie le nom de la gare centrale.

 

A première vue elle devait donc ouvrir une consigne ?

Appartenait-elle alors à une fille du service ou à un patient ?

Ne pas savoir le rongeait de curiosité.

La gare n’était pas bien loin de chez lui et il était encore tôt.

Observant ses livres sans aucune envie de s’y plonger, il regarda ensuite son horloge murale.

Il était à peine 17h. S’il partait maintenant, il serait de retour avant 18h !

Se mordant les lèvres à ne pas savoir quoi choisir entre la raison et ses révisions ou l’aventure avec une escapade à la gare, il trancha finalement pour la gare.

Ne lui restant plus que deux cigarettes dans son paquet, c’était une bonne raison de ressortir.

Il ne serait pas capable de réviser sans avoir de quoi fumer avant et après le dîner de toute façon.

 

Une demi-heure plus tard, il se demandait bien ce qu’il faisait en pleine heure de pointe au milieu des voyageurs de la gare. Soupirant pour la forme de sa bêtise, il se dirigea vers le mur des consignes cherchant du regard le numéro correspondant à la clef qu’il possédait.

 

Derrière lui, une voix fine et doucereuse, informait les voyageurs des horaires et retards des trains.

 

« - Nous vous informons que le train GE0125 à destination d’Edinburgh est retardé en raison d’un dysfonctionnement technique. Je répète, nous vous informons… »

 

Craignant de ne pas agir comme il le fallait si cette clef appartenait bien à l’une de ses collègues, c’est avec une certaine anxiété qu’il se posta devant la consigne n°129 de la gare centrale. Il glissait enfin la clef dans sa serrure quand un bruit assourdissant raisonna dans le hall de gare, le faisant violement sursauter !

Se retournant, il vit un gamin à quelques pas de lui, pleurant d’avoir fait exploser son ballon de baudruche.

Cela avait produit un bruit assourdissant bien semblable à celui d’une détonation.

De quoi lui faire avoir une crise cardiaque.

 

Son cœur battant à tout rompre, il revint à sa consigne pour y découvrir rien de bien extraordinaire. Il ne s’agissait que d’une épaisse enveloppe marron. Un regard autour de lui et se sentant ignoré, il prit l’enveloppe pour l’ouvrir délicatement. Il s’attendait à découvrir des photos de nus d’une des filles se les faisant livrer en toute discrétion par ce biais, ou encore des photos et documents provenant d’un détective privé ayant regroupé des preuves de l’infidélité d’un mari volage. Bref, quelques ragots à se mettre sous la dent mais absolument pas un monceau de papier en tout genre, un carnet à la couverture cartonnée et plus inquiétant encore un passeport Italien ainsi que plusieurs liasses de billet uniquement composé de grosses coupures. Ouvrant le passeport, le visage de l’homme à qui il appartenait le fit passer d’une blague de mauvais goût à une inquiétude sans fond.

 

Ce passeport… Il était à l’effigie du patient sur chaise roulante avec qui il avait discuté le matin même !

Etait-ce donc lui qui lui avait mis la clef dans sa blouse ?

Et si c’était le cas, pour quelle raison aurait-il agit ainsi ?

Il ne lui avait rien dit de plus que « Merci ».

D’ailleurs, c’était un « merci » pour quoi au juste ?

 

Ne sachant que faire sur l’instant avec tout cela, c’est dans un mouvement mécanique et empressé, qu’il referma la consigne, rendit la clef et rentra chez lui.

 

Ce n’est que vers minuit, toujours assit devant sa table de salon face aux éléments contenus dans l’enveloppe que sa raison reprit le pas sur sa peur. Il ne pouvait pas garder tout cela. Ces papiers, ce passeport, ce livre ne contenant que des noms et dates…Ignorant le tenant de leur existence, il ne pouvait gérer toutes ses possessions.

 

Il n’était personne dans la vie...

Juste monsieur tout le monde.

Pas flic, détective ou héros en attente de vie à sauver…

Alors pourquoi le lui avait-on remis ça ?

 

Ne sachant que faire, c’est vers la solution la plus simple, censée et civique que Jordan se reporta.

Il recacheta l’enveloppe et attendit le lendemain pour la déposer tout simplement dans une boite aux lettres. L’adresse du commissariat du quartier pour destination, les quelques timbres qui restaient dans son portefeuille en guise d’affranchissement et la lettre envoyée, il décida d’oublier une bonne fois pour toute cette étrange histoire.

 

Ayant du faire un détour pour envoyer ce courrier très spécial, il arriva une fois de plus en retard d’un petit quart d’heure au centre Walters. Encore perdu dans ses pensées, il ignora totalement les propos exaspérés de sa chef de service, se rendant tel un automate jusqu’à la salle commune.

 

Maintenant, il allait reprendre ses bonnes vielles habitudes.

Ce soir, il finirait le reste de pizza de la veille en reprenant avec application ses révisions. Et demain, il prendrait le temps de faire son footing avant de venir à l’heure à son poste. Quoique non, demain, débutait le week-end et sa pause de deux jours.

 

- Si vous croyez que nous allons laisser ces retards perpétuels passer sans rien dire, vous vous trompez lourdement monsieur Parker !!!

- Salut Jordan ! Dis donc elle rigole pas aujourd’hui la cheftaine.

- Hum.

 

*-*-*-*

 

Jour J - 43

 

Dans le bureau du directeur, la tension était de mise. L’un des infirmiers du service des Aliénés agressifs et un médecin se tenaient raides devant leur supérieur.

 

- Comment as-t-il pu y arriver ?

- Il a profité d’un moment d’égarement des hommes pour se procurer un scalpel lors de la tentative d’évasion du tueur de la 4ème rue. C’est avec ce dernier qu’il s’est ouvert les veines en début de soirée. Ses poignets consciencieusement camouflés par les draps du lit, nous n’avons vu le sang que ce matin. Pour tout vous dire nous n’avons même pas retrouvé dans la chambre ce scalpel qu’il a utilisé.

- Vous n’êtes que des incapables ! Je suppose que vous ne savez même pas où il a mis ce qu’il avait subtilisé.

- Nous n’avions pas eu le temps de l’interroger convenablement. Il n’était pas un cas urgent et avec le manque d’effectif, nous…

- C’est bon, j’ai compris

 

Serrant les dents de rage, l’homme frappa le bureau de ses poings.

 

- Nous avons un autre problème.

- Quoi encore ?

- En visionnant les cassettes de surveillance pour comprendre comment le défunt avait pu trouver le scalpel, nous…

- Vous… ?

- Tout porte à croire qu’il a confié un objet à quelqu’un avant de se donner la mort.

 

Entrant une cassette vidéo qu’il avait apportée avec lui dans le magnétoscope présent dans le bureau, le médecin alluma la télévision pour faire passer un court extrait du film.

 

- Qui est-ce ?

- Un infirmier venu en renfort après la scène de mardi.

- Qu’est-ce qu’il lui donne ?

- D’après les agrandissements de l’image, il s’agirait d’une clef. La qualité n’est pas assez bonne pour en savoir plus sur cette dernière.

- Et aucun de vous n’avait été capable de la détecter sur lui jusqu’ici.

- Il devait la cacher.

- Et où ça ? Non de Dieu ! Vous êtes censés les fouiller au corps avant qu’on ne les fasse entrer dans ce service. Si l’on venait à savoir d’où vienne une partie de nos patients et les raisons de la perte tragique d’un certain nombre d’entre eux, ce serait la prison assurée pour vous tous, si en haut lieu, ils ne décident pas plus simplement de tous nous supprimer pour effacer les preuves !

 

N’étant pas exempt de tout danger, le directeur décida d’agir comme il convenait.

 

- Aller me chercher cet aide-soignant ! Nous allons réparer vos erreurs.

 

Aucun des hommes de mains travaillant pour l’organisation mafieuse sous les ordres directs du directeur du centre Walters, institut de soin psychiatrique utilisé comme paravent dans l’élimination des témoins gênant pour l’organisation, ne vint à préciser que c’était lui qui avait eu l’idée de prendre de vrais aides-soignants pour remplacer quelques jours leurs camarades blessés.

 

- Ce type n’aurait jamais du être en contact avec Capitello ! Vous êtes entièrement responsable docteur

- Mais, je…

- Suffit. Appelez-le-moi tout de suite. Nous allons régler son cas de manière habituelle. Est-ce bien comprit ?

- Oui, monsieur.

 

*-*-*-*-*

 

- Hé ! Tu veux que je t’aide !?!

 

Prit par surprise, le jeune garçon venu rendre visite, à l’évidence de force, à sa grand-mère présente dans le service, reposa aussitôt les ciseaux reposant sur la table de nuit et servant à faire le pansement de la vieille dame.

 

- Ce n’est pas un jouet. Tu comptais faire quoi avec ça ?

- Qu’est-ce que ça peut vous faire ? Y’a pas de quoi tuer un homme.

 

Désespérant de voir comment les jeunes d’aujourd’hui parlaient et pensaient.

 

- En attendant, t’y touche pas sale môme. Alors reste tranquille ou je me fâche.

- Imbécile !

 

Le môme se dégageant d’un geste brusque de sa prise, Jordan allait continuer à lui faire la morale quand son cerbère vint le trouver.

 

- Parker !

 

Au sourire qu’elle rendait, cela ne valait rien de bon pour lui.

 

- Le directeur vous demande dans son bureau.

- Encore.

- Quant on aime, on ne compte pas voyons.

- Ca veut dire quoi ça ?

 

Sortant de la chambre, Jordan passa devant la femme qui ne se priva pas d’ajouter quelques mots.

 

- Autant nous dire au revoir tout de suite Parker.

 

A cette phrase, il comprit qu’elle avait certainement eu gain de cause pour ses retards. Quel sale peau cette femme.

 

- Jordan ?

- Ca ira Marianne. A bientôt peut-être.

- Mais non, ne dis pas ça, tu…

 

Un clin d’oeil complice et il la laissa avec leur patiente pour monter au service administratif.

 

*-*-*-*-*

 

A peine arrivé dans le bureau, il repéra le médecin de la veille. Qu’est-ce qu’il faisait là lui ?

 

- Vous m’avez demandé ?

- Oui. Nous avons une question à vous poser.

- Je vous écoute.

- L’un des patients du service des aliénés agressifs a semble-t-il volé un petit objet à l’un de vos collègues. Vous étant occupé de cet homme, ce dernier espérait que vous puissiez lui dire si le patient vous avait confié l’objet ou si vous-même l’aviez trouvé sur lui durant sa toilette ou dans sa chambre.

- Je…

 

Il devait répondre quoi là ?

Aux vues du contenu de l’enveloppe qu’il venait de poster à la police, cela ne semblait pas bon pour lui.

Quelle idée avait-il eu d’aller voir ce que renfermait cette fichue clef…

 

- Je n’ai trouvé, ni rien eu de sa part.

- En êtes-vous sûr ? Nous avons de forte raison de penser qu’il vous l’aurait confié peu de temps avant votre départ.

- Je vous confirme qu’il ne m’a rien donné en main propre. Mais peut-être se trouve-t-elle dans la blouse que je portais hier ?

- Elle ?

- Non, je… Je veux dire cette chose…

- Pourquoi avez-vous utilisé le féminin ?

- Je ne sais pas, c’est venu tout seul.

- C’est étrange, vous ne trouvez pas ?

 

Aux yeux clairement inquiets et mains tremblantes du jeune homme, il était une certitude que cet aide-soignant savait pertinemment de quoi ils parlaient. Peut-être même avait-il eu accès à ce que camouflait cette clef.

 

- Où se trouve-t-elle ?

- Je ne sais pas de quoi vous parlez.

- Ne faites pas l’idiot. Il vous suffit de nous dire où elle se trouve ou nous confier ce qu’elle renfermait pour que l’on vous laisse partir.

 

Ca n’allait pas. Cet homme lui faisait peur à présent.

Qu’est-ce qui lui certifiait qu’il le laisserait partir s’il parlait ?

Et si tout cet argent qu’il avait trouvé était à lui.

Comment régirait-il, s’il apprenait que tout était partit à la police ?

Risquait-il sa vie ?

 

Il y avait tant de question et aucun moyen de savoir comment agir.

 

- Je ne suis pas très patient monsieur Parker. Alors pour la dernière fois, veuillez me répondre.

- J’ignore de quoi vous parlez.

 

Soupirant, le directeur des lieux fit un geste à l’un de ses hommes, pour qu’il s’approche.

 

- Vous ne me rendez pas la tache facile. Ce serait dommage qu’il vous arrive quelque chose pour la simple raison que vous ne me faite pas confiance.

- Comment voulez-vous que je vous fasse confiance ?

- Vous avez raison. Il n’y a aucune raison à me faire confiance.

 

Se levant, l’homme s’apprêta à les quitter.

 

- Je vous laisse entre de bonnes mains. Tacher de parler si vous ne voulez pas rester ici trop longtemps.

 

Et sans plus de protocole, il les quitta alors que Jordan recevait un premier coup de poing.

 

- Sois gentil et dis-nous tout ce que tu sais au plus vite.

- Ca ne se passera pas comme ça !!!

 

Malgré la porte refermée derrière lui, le directeur entendit le jeune homme hurler de toutes ses forces.

 

- Les gens s’inquiéteront !!! Vous ne pourrez pas me garder ici !!!!

- Ca, c’est ce que tu crois.

 

Allant informer son équipe que l’aide soignant Jordan Parker venait d’être licencié, il s’enquit par la suite de connaître l’évolution de son interrogatoire. Se dirigeant aussitôt dans le service des cas les plus extrêmes où étaient jusqu’alors enfermé tous les témoins gênant et/ou personne à supprimer pour l’organisation, il y retrouva le jeune homme attaché à un lit, le visage déjà quelque peu abîmé par les coups.

 

- Alors ?

- Il ne dit rien. Je propose donc de passer aux drogues.

- Hum. Pourquoi ne pas commencer par lui faire un peu peur. Un petit choc électrique devrait le pousser à vouloir parler.

- Vous voulez rire. Cela n’apportera rien de bon.

- Allons. Je ne vous ai pas dit d’utiliser une forte intensité. Je n’ai aucune envie de lui faire faire une crise cardiaque.

 

Tremblant de peur au peu qu’il entendait, Jordan su qu’il devait absolument se taire. Si ces hommes étaient prêts à agir aussi violement pour retrouver cette clef, il n’avait plus aucun doute. Cette dernière retrouvée, ils n’hésiteraient pas à l’éliminer pour de bon.

 

S’il n’avait pas si mal, il se croirait en plein rêve dans le remake d’un mauvais fil de série B.

 

- Je garde l’idée que les drogues seraient plus efficaces.

- Et bien si ma méthode ne fonctionne pas, nous utiliserons la votre.

 

Un peu paniqué quand il vit deux hommes lui arracher sa chemise, Jordan le fut plus encore quand il comprit ce qui l’attendait.

Un électrochoc de faible envergure plus tard et c’est un hurlement qui ne franchit pas la salle de soin capitonnée où ils se trouvaient qui s’échappa de ses lèvres.

 

*-*-*-*-*

 

Jours J - 5

 

Ouvrant les yeux, il ne pouvait dire où il se trouvait.

La pièce était si sombre.

Malgré cela, il pouvait apercevoir les chiffres phosphorescents d’une horloge murale.

01h30 du matin….

 

Depuis combien de jour se trouvait-il-là ?

Il en avait totalement perdu le compte.

Il ne restait plus dans son esprit que la douleur et un vide complet.

Il ne comprenait même plus ce qu’on lui demandait.

Pourquoi était-il-là au juste ?

Même ça, il ne le savait plus.

 

Ses mains maintenues fermement par des liens en cuirs, il ne pouvait que fermer et ouvrir ses poings. Etrangement, il sentit qu’il y avait aussi un petit trou dans le matelas. Y glissant un doigt par réflexe, une vive douleur s’en suivit.

 

Pourquoi ?

Passant un doigts sur l’autre, il cru déceler du sang.

Il venait de se couper ?!

 

Bien que perdu et l’esprit embrouillé, l’information ne pouvait signifier qu’une chose.

Un objet tranchant se trouvait camouflé dans le matelas, glissé dans l’épaisseur via une simple fente…

Se pouvait-il qu’il s’agisse…

 

Re-glissant prudemment ses doigts dans la fente, il l’élargit suffisamment pour atteindre un manche en fer.

Ce dernier bien en main, il pouvait sectionner ses sangles à l’aide de l’improbable présence de ce scalpel. [3]

 

Il lui fallu pas moins d’une bonne heure pour y parvenir. Sa main et son bras droit enfin libre, il libéra bien plus vite la seconde, puis ses chevilles. Ceci fait, il lui restait à s’enfuir.

Chutant lourdement du lit, il se traîna le long des murs pour fuir les lieux. Marchant à l’aveuglette, il remercia sa bonne fortune qu’il n’y ait pas de garde dans les couloirs.

Comment avait-il seulement fait pour s’extraire un peu plus tôt qu’à l’habitude des effets somnifères des drogues qu’ils lui administraient chaque jour ?

 

Finalement, ce fut dans la salle de blanchisserie qu’il arriva non sans peine.

Inconsciemment, il savait où il voulait aller.

C’était étrange de voir son corps agir sans raison pour son esprit.

 

Déjà épuisé, il se laissa tomber dans l’un des grands bacs à roulettes contenant le linge à envoyer au nettoyage.

Se recouvrant de nombreux draps, il y perdit connaissance tout simplement.

 

Ce fut les mouvements du chariot qui le réveillèrent en sursaut.

Etouffant, il ne bougea pas pour autant, attendant avec angoisse de savoir s’il allait se faire découvrir.

Au mouvement prit par sa cachette ambulante, il comprit qu’il venait d’être chargé dans une camionnette.

 

Il prenait route !

Il avait réussit !

 

Lorsque le camion s’arrêta, il ne s’était toujours pas extrait du chariot.

Il devait encore sortir du véhicule.

Alors peut-être, il aurait une chance de retrouver sa liberté.

 

Comme il le supposait, les chariots furent emmenés dans une grande salle.

 

- Aller ! Au café les gars !

 

Profitant de l’absence du personnel, Jordan sortit enfin de dessous ses draps.

Le pas mal assuré, il chercha une porte de sortie.

Trouvant par hasard le vestiaire du personnel, il en profita pour subtiliser des vêtements et enlever rapidement sa chemise d’hôpital avant de fuir à pied dans la rue.

 

Devant lui : une ville aux rues désertiques, non loin, de larges étendues de forêt et… une voiture qui ne lui disait rien qui vaille. Deux hommes en costumes sombres en sortaient d’un pas pressés.

Se camouflant derrière un mur, Jordan pu entendre une fraction de leur conversation.

 

- Le boss a donné ordre de le retrouver de toute urgence.

- Ces bandes d’idiot ! Ils ont réussi à laisser filer l’un de leur patient. Ah là … On ne peut pas faire confiance à des amateurs. Et après c’est encore à nous de nous coltiner la recherche !

- Calme-toi Flint. Sois déjà content que ces « amateurs » aient un système de surveillance qui nous a montré que ce type s’était échappé via le service du linge sale. Ca t’évitera déjà de courir inutilement dans toute la ville.

- Hum… Le plus simple serait encore qu’il aille à la police. Avec le réseau du boss, on le retrouverait encore plus vite.

 

A ces mots, Jordan décida d’emprunter la voie la moins évidente pour ses poursuivants, à savoir la forêt. Quel fuyard n’irait pas plutôt chercher secours dans un poste de police ou à l’hôpital…

 

*-*-*-*-*

 

Jours J -1

 

Depuis combien de temps courrait-il ?

Sortant comme d’un rêve, il ne savait même plus pourquoi il courrait…

Pourtant son esprit épuisé l’incitait à ne pas s’arrêter !

Il devait même accélérer.

Ses poumons étaient en feu et sa respiration laborieuse.

Quand un grondement puissant le fit se retourner.

C’est à la vue du chien qu’une fraction de souvenir lui revint en mémoire.

Il avait beau courir, il n’arrivait pas à lui échapper. Pour preuve, il entendait encore, le bruit de ses pattes sur les feuilles. Son halètement aussi. Il ne tarderait plus à le rejoindre.

Il avait réussit à stopper son maître et lui subtiliser son arme, mais ce chien…

 

Ses forces l’abandonnant, il su qu’il n’arriverait pas à le fuir cette fois-ci.

A peine le pensa-t-il qu’une gueule béante se jetait sur lui !

Sa cheville mordue au sang, la douleur fut si atroce qu’il en chuta de tout son long. Un coup de pied contre la bête suivit d’un gémissement animal lui permit de libérer sa jambe. Sachant que sa vie en dépendait, il se releva aussitôt. Au premier pas, la douleur irradia dans tout son corps mais il n’avait pas le choix. Quitte à ramper, il devait fuir. Mais au second pas, c’est un élancement plus violent encore qui le parcouru

Se retournant, il vit l’animal se fondre à nouveau sur lui.

 

Tremblant de tout son corps, c’est dans un mouvement de panique qu’il sortit son arme, la tendant inconsciemment face à l’animal dans un geste incertain d’autodéfense.

Alors il fit feu.

Un dernier gémissement et le silence fut total.

 

Il l’avait tué.

Il l’avait tué.

 

Gardant à l’esprit que c’était lui ou cet animal, le jeune homme se releva en serrant les dents.

Il devait poursuivre sa fuite.

Seule sa fuite pouvait lui sauver la vie.

 

Malgré la douleur fusant dans sa cheville, il couru à nouveau encore plus vite, encore plus loin.

 

Mais très vite, il se sentit complètement épuisé.

Il ne savait plus s’il marchait depuis une journée ou deux.

Il avait tellement faim.

Il avait mal.

Et surtout, surtout, il voulait dormir !

Tellement dormir…

Si seulement il pouvait fuir de manière plus rapide.

Une voiture aurait été la solution.

Mais pour en trouver une, il lui fallait déjà retrouver une route.

 

Et la nuit qui tombait encore…

 

*-*-*-*-*

 

Jour J

 

Fichues blessures.

Chaque pas lui provoquait une douleur sourde imprégnant tout son corps.

 

Il n’allait pas pouvoir continuer à avancer plus longtemps dans ces conditions. Et pourtant s’il ne se pressait pas plus, ses poursuivants n’allaient plus tarder à le rattraper de nouveau. Il avait déjà eu tant de mal à se défaire des chiens. L’un de ces fauves lui avait bel et bien déchiré le mollet gauche. N’ayant pour l’instant pas d’autres alternatives, il partit inconsciemment vers la route qu’il apercevait enfin. Avec de la chance, il pourrait peut-être se faire prendre en stop ou mieux encore, voler un véhicule.

 

C’est alors qu’il entendit la voix fluette d’une petite fille.

Etait-il possible que sa chance soit de retour ?

Pressant un peu plus le rythme malgré les pics de douleur transperçant son corps, il l’aperçu enfin.

Une gamine de douze ans, peut-être moins, redescendait sa jupe avant de s’éloigner vers la route.

Oui, il avait enfin une véritable chance devant lui.

 

A suivre

 

[1] Jours J étant la rencontre entre Mel et David.

[2] je n’ai rien contre les infirmière. J’utilise juste le fait que souvent dans un lieu de travail toute raison est bonne pour former deux équipes opposées basées sur des raisons multiples. Là ce sont les Aide-soignant contre les méchantes infirmières. Cela ne transpose donc en aucun cas mon avis sur ce dur métier que je respecte beaucoup !

[3] Ce pauvre petit scalpel aura eu une vie bien mouvementé. J’espère que cette dernière ne vous semblera pas trop ahurissante ;(Il aura fallu tout un mois pour que Jordan se trouve enfin sur le matelas où se trouvait un mois plus tôt Capitello avant son suicide et surtout qu’il y sente la présence du bout de métal. (Et pour ceux qui répondraient, pas possible le matelas serait imbibé de sang et donc bon à jeter, je rappelle que dans un hôpital on met des alaise en plastiques pour justement éviter de changer tous les matelas en cas de fuite en tout genre susceptible d’arriver à tout instant ^_- (et ces alèses en plastique on généralement des bords en coton qui permettent du coup de faire un tit trou pour glisser le dit scalpel dans l’épaisseur du matelat ;p)

 

J’espère que vous n’aurez pas été trop déçus par cette histoire somme toute peu recherchée et biscornue (j’espère déjà ne rien avoir oublié), Il manque juste deux trois derniers petits détails qui seront donnés dans le chapitre suivant ;p En attendant, plus qu’un chapitre difficile à enfanter et la suite et fin arrivera plus vite et plus facilement.

 

mimi yuy