Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Yaoi, j’en ai peur ^_^’’

 

 

 

RUN AWAY

 

 

 

Chapitre 11 : Jour J + 16.

 

La nuit avait été courte.

Baillant, David entra sans un bruit dans la petite chambre d’enfant de la clinique privée où il travaillait.

Assise, contre le dossier de son lit, Jessica ne dormait déjà plus.

A son entrée, la petite tourna son visage exempt de toute expression.

 

- Je suis désolé Jessy. Il fallait qu’on rentre.

- Je comprends.

 

Soupirant, David s’approcha enfin. Il ne pouvait pas rester longtemps. Mais avant de partir, il fallait qu’elle lui raconte une nouvelle fois tout ce qu’elle savait. Le choc étant passé, il espérait pouvoir récolter ainsi quelques précieux indices pour venir en aide à Mel.

Jouant le jeu, Jessica lui raconta à nouveau tous les évènements ayant suivis son départ du chalet.

 

Au cours de son histoire, David réalisait comme ils avaient été fou. Fou de faire venir et d’accepter si facilement un parfait inconnu dans sa demeure. Le pire, était que contrairement à ses dires, si Jessy lui avait demandé de ne pas l’accueillir pour respecter sa promesse de rester seul avec elle le mois durant, il n’aurait pas moins agit de la même manière.

Etait-il à ce point irresponsable ?

Pourtant, ce n’était pas l’attrait physique mais bien l’envie de venir au secours d’une personne en détresse qui était à l’origine de sa décision.

Jessica l’avait-elle compris ?

Il le lui avait bien dit par le passé, quand elle avait évoqué l’idée de vivre avec lui.

Il ne changerait jamais rien à sa vie ou à sa manière de vivre pour elle.

Non seulement, il n’y était pas prêt. Mais aussi choquant que cela puisse être, il n’en avait aucune envie.

S’occuper d’une gamine qu’il aimait énormément pendant un mois : Oui. Mais durant toute une vie : il en était hors de question.

 

Jessica ayant terminé son récit de sa voix froide et monocorde qu’il lui connaissait quand elle n’était pas entièrement satisfaite du court des évènements, David l’embrassa sur le front en accompagnant son geste à des paroles de réconforts. Une manière comme une autre de se convaincre lui-même que tout irait bien.

 

- Je dois y aller. Tu ne crains rien ici. Ok ?

- hum.

 

Sachant pertinemment que la petite fille ne lui rendrait pas la tache facile, David n’insista pas plus.

Sortant de sa chambre, il informa une infirmière de son départ et rejoignit sans plus attendre son oncle sur le parking de l’établissement.

 

*-*-*-*

 

L’effervescence du commissariat central commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs.

Deux heures qu’ils attendaient assit sur des bancs en bois, entourés de grands-mères perdues, de bébés en pleure et autres voyous en attente de leur rendez-vous de conditionnelle.

 

- Calme-toi David.

- Comment veux-tu que je me calme alors qu’on ignore tout ce qui peut lui arriver à cet instant précis. Si tu savais comme ça me rend fou !

- David…

 

Soupirant devant son impuissance, le blond accepta la main calme et réconfortante de son oncle sur les siennes.

 

L’homme âgé d’une cinquantaine d’année, à la barbe fine fraîchement taillée avait insisté pour l’accompagner.

Si son vieil ami dans la police n’était pas en ville ce jour-là, il n’en voulait pas moins soutenir son neveu de sa présence. Avec de la chance son statut de grand professeur connu et reconnu dans le pays, jouerait peut-être en leur faveur.

 

Après son coup de fil éclair et sans dialogue de la veille, David l’avait rappelé quelques heures plus tard pour l’informer qu’ils étaient sur le chemin du retour. Un événement inattendu venait de subvenir l’obligeant à ramener Jessica chez elle. L’homme avait eu peur en l’écoutant lui résumer la situation. Un enlèvement, des hommes armés, sa maison saccagée… Tout cela laissait à penser que Mel était plongé dans une affaire bien peu conventionnelle. Mettant de cotés ses propres sentiments sur la question, il s’était aussitôt proposé pour se rendre au chalet y remettre de l’ordre et y faire venir la police. Mais David avait refusé. Pour lui, cela n’avait rien d’urgent pour l’instant. Alors ce matin, il avait mis en stand by ses obligations médicales pour l’accompagner dans ses démarches. Même si ce n’était pas grand-chose, il voulait l’aider de son mieux. Sa famille était sacrée à ses yeux. Et plus que tout, il tenait à être présent auprès de ses proches dans les moments difficiles comme dans les joyeux.

 

Finalement prit en charge par un agent, l’atmosphère et l’humeur de David ne s’apaisait pas le moins du monde.

 

- Ecoutez monsieur. Comment voulez-vous que l’on organise une enquête pour disparition, enlèvement et séquestration alors que vous ignorez jusqu’au nom de la possible victime ? Cette histoire est ridicule.

 

N’ayant toutefois aucun droit de refuser de prendre une plainte, l’homme s’exécuta en silence, affichant bien sa récalcitrance. La déposition tapée, il la tendit à David pour qu’il confirme les faits de sa signature. 

 

- Voilà. Nous vous préviendrons quand nous auront des nouvelles. Au suivant !

- Attendez ! Vous comptez réellement faire une enquête ou laisser cette plainte dans un tas de papier ?

- Ecoutez monsieur, nous en accumulons mille par jour. Hors nous ne sommes pas des surhommes ! Ces piles de feuilles que vous voyez-là seront classées et triées par ordre d’importance puis traiter par nos inspecteurs. Maintenant cessez de bloquer le passage et partez.

 

Bouillant de rage, David laissa passer une femme au visage gonflé, victime à l’évidence d’une agression.

 

- Calme-toi David. Mon ami sera de retour demain. Nous aurons alors des passes droits et …

- Et rien du tout. Si ce n’est déjà fait, Mel sera peut-être mort demain ! Et merde ! Si ça se trouve son affaire n’est même pas liée à Walters mais à des histoires de mafia ou je ne sais quoi et tout le monde s’en fou complètement ici !!!

 

Agacé de cet immobilisme total, David descendait les grands escaliers affichant et criant son humeur. Si ça ne changeait rien aux événements, cela avait au moins le mérite de lui permettre d’extérioriser toute sa colère.

 

- Excusez-moi monsieur

- Oui, ça va ! Nous sortons !

 

Le jeune homme au costume classiquement porté par les inspecteurs en civil l’ayant abordé, lui bloqua le passage.

 

- Je préférerais que vous me suiviez dans mon bureau.

- Quoi encore ? On n’a plus le droit de se plaindre dans ce pays ? Le moindre haussement de voix doit être suivi d’une arrestation ? Vous feriez mieux de vous occuper des vrais dossiers au lieu de…

- Comme le votre ?

- Quoi ?

- Vous préféreriez que je me charge de votre dossier ? J’ai cru vous entendre parler de Walters ?

- Exact.

- Et d’un ami disparu. C’est cela ?

- Une personne de ma connaissance a effectivement disparu.

- Mais ?

- Mais je suis dans l’incapacité de vous donner son identité exacte.

- Je vois. Permettez moi de me présenter. Inspecteur Kalagan.

 

Tendant sa main en signe de présentation, l’inspecteur fut heureux de voir les deux hommes lui faisant face la lui prendre pour deux poignes fermes.

 

- David Leblanc. Et voici mon oncle, Alfred Carpentier.

- Suivez-moi, s’il vous plait. Je pense que nous avons des choses à nous dire.

 

Ne laissant pas cette chance passer, David et Alfred suivirent l’inspecteur de police.

Une fois tous trois installés autour d’une petite table perdue au milieu d’un open space bruyant, l’inspecteur Thomas Kalagan, entra aussitôt dans le vif du sujet.

 

- Je vais être clair. A ce que j’ai pu entendre, votre affaire m’intéresse. Mais rien ne me prouve encore qu’elle soit liée à celle dont je m’occupe. Pourriez-vous commencer par me dire qui a disparu ?

- Comme je le disais à l’instant, je suis incapable de vous donner son nom.

- Pourquoi ? Il est concerné par une autre affaire ? Vous redoutez qu’il ne soit arrêté après qu’on l’ait retrouvé.

- Ca na rien à voir. Mel était…

- Mel ?

- C’est le nom que nous lui avons donné, faute de mieux.

- Un amnésique ?

- C’est ça.

 

Ne pouvant plus reculer, David commença à relater toute son histoire. Celle débutant par un départ en vacances et se terminant par un enlèvement et le traumatisme d’une petite fille. Tout y passa, mis à part le type de relation finalement entretenue par lui et son inattendu invité.

 

- Pourquoi n’êtes vous pas venu voir la police plus tôt ? C’est complètement inconscient de votre part d’avoir réagit ainsi. Il aurait très bien pu s’agir de n’importe qui. Un homme avec vos responsabilités n’aurait jamais du rester sans réagir aussi longtemps !

- Ce qui est fait est fait. Pensez-vous pouvoir nous aider ?

- Peut-être. Ce serait un hasard incroyable de vous avoir trouvé-là dans cet escalier. Mais cette relation qui semble exister antre Mel et Walters est si énorme que cela pourrait être la clef de tout. Si bien que si je ne me trompe pas. Je pense que je serais à même de découvrir l’identité de votre ami.

 

Sachant avoir par ces paroles, toute l’attention des deux hommes, l’inspecteur poursuivit en ouvrant sur son bureau un épais dossier.

 

- L’un des commissariats de la ville a reçu déposé dans sa boite au lettre, une enveloppe il y a deux mois. Elle contenait de nombreuses informations capitales pour l’une de nos plus longues enquêtes. Ce sont des documents confidentiels que nous avons eu ordre de ne pas révéler à la presse. Seuls quelques rares personnes sont au courant de leur existence ici même. Le commissaire, moi-même et le procureur de l’état…

- De quoi s’agit-il ?

- Cela ne vous concerne pas. Tout ce que je peux vous dire, c’est que l’établissement psychiatrique Walters est fortement impliqué dans tout cela.

- Laissez-moi deviner. Cette somme de précaution que vous prenez, l’importance de ces papiers dont vous n’avez certainement qu’une maigre partie en copie dans votre dossier… Tout cela concerne l’un des procès en cours ?

- Peut-être.

 

Ayant bien comprit que l’homme ne pouvait en dire plus, sans trahir le secret professionnel, David n’insista pas. Lui aussi devait tenir ce genre de serment dans le cadre de son travail. Aussi pouvait-il parfaitement le comprendre.

 

- Vous pensez que ce sont les gens ou l’organisation que vous traquez qui ont enlevé Mel ?

- Ce serait pure extrapolation fantasque de le croire. Mais imaginez qu’il soit bien à l’origine de ce dépôt anonyme ? Qui qu’elle soit, la personne nous ayant fournis ces documents sera la cause d’un renversement de situation gigantesque quand ces informations seront mises à jour. Si nous ne l’avons toujours pas fait jusqu’ici ce n’est pas sans raison. L’une d’entre elle est que notre silence est la seule garantie quant à la survit de cet improbable indic.

- Je ne comprends pas.

 

Passionné depuis l’enfance par la chirurgie, l’oncle de David n’avait pas spécialement connu l’école des romans de gares. Pour l’éclairer, Kalagan, s’expliqua un peu plus.

 

- Tant que personne ne sait que nous avons entre nos mains les documents, ceux qui auraient découvert leur disparition, voudront avant tout les retrouver. Et pour cela, elles feront tout pour garder en vie, la seule personne pouvant leur indiquer le lieu où ils se cachent.

- Et dans le cas contraire…

- Le traître n’aurait plus de raison de vivre. La sentence pour trahison serait la mort sans autre forme de procès.

 

Resté en retrait, David reprit alors seulement la parole.

 

- Dans ce cas, pourquoi prendre le risque de nous avouer tout votre plan aussi facilement, alors que vous ne connaissez finalement rien de nous. Vous vous exposez à ce que l’on dévoile vos secrets à la presse ! Nous pourrions même agir à la solde de ceux que vous poursuivez ! Nous confirmant de la sorte que nous pouvons éliminer notre oiseau enfin retrouvé.

- Je sais que je ne me trompe pas. Vous ne faites en aucun cas partis de ceux après qui je cours depuis des années. J’ai intégré leur bastion plus que je ne l’aurais voulu. De plus, quelque chose me dit que vous tenez sincèrement à la survie de votre ami disparu.

 

Se regardant longuement dans les yeux, les deux jeunes hommes se comprirent parfaitement.

 

- Bien. Alors vous pensez que Mel serait retenu où à présent ?

- Ca nous l’ignorons. Mais tout porte à croire qu’il ne peut s’agir que de Walters.

- Alors il vous suffit d’aller y perquisitionner pour le faire sortir de là. S’il ne craint plus rien, il ne vous sera plus utile de garder au silence vos preuves incriminant ce centre psychiatrique.

- C’est malheureusement bien plus compliqué que ça en à l’air. Nous ne pourrons pas agir avant cinq jours.

- QUOI !

- Je vous en prie. Calmez-vous.

- Vous réalisez que cela signifierait si toutes ces suppositions sont exactes que Mel devrait subir la mise à la question durant près d’une semaine !

- Nous n’avons pas le choix. JE n’ai pas le choix. Le moindre écart, nous serait fatal ! La police nationale n’a aucun droit d’agir en dehors des règles dictées par les services juridictionnels. Nous ne pouvons faire de perquisition sans mandat, ni émettre de mandat sans dévoiler nos cartes. Impossible d’aller le sortir de là tant que…

- Le procès dont vous ne pouvez nous parler n’est pas arrivé à son terme ?

- Nous agirons aussitôt que nous le pourrons. Vous avez ma promesse. En attendant, je préfère un témoin blessé qu’un témoin mort. Vous devrez donc faire preuve de patience.

- Et si je n’en ai pas ?

- Trouver à vous occuper comme vous le pourrez.

 

Peu satisfait de cette réponse, David du s’en contenter.

Leur temps à tous étant précieux, c’est sur ces mots qu’ils se séparèrent, non sans échanger leur carte de visite respective.

 

Sortant du commissariat, David enrageait toujours mais pour de toutes autres raisons.

 

- Tu ne peux pas lui en vouloir David. Il est pieds et poings liés dans cette affaire.

- Je ne lui en veux pas. Je serais à sa place, je réagirais certainement de la même manière.

- Alors que comptes-tu faire à présents ? Nous ne pouvons pas attendre les bras croisés que ton ami se fasse massacrer.

 

Réfléchissant à mille et une chose à la fois, David s’arrêta juste devant la portière de sa voiture. Non loin d’eux, un homme en fauteuil roulant avançait tranquillement en discutant avec une jeune femme marchant à ses cotés. Cette vision combla ce qui lui manquait.

 

- Dis-moi Al. Tu t’es rendu combien de fois à Walters ?

- Plus que tu ne l’imagines. J’ai du inventer que nous avions un surplus de cas psychiatriques que nous ne pouvions plus gérer à la clinique pour expliquer mes visites si fréquentes. Ils s’imaginent à présent que nous leur enverrons des clients dans l’avenir.

- C’est parfait. Nous allons nous y rendre et en sortir Mel s’il si trouve.

- Ne te fais pas d’illusion. C’est une véritable forteresse. Si l’on peut visiter les lieux accompagnés, il te sera impossible de véhiculer dans la maison sans garde chioume.

- Moi je vais y arriver. Et tu vas m’y aider.

 

*-*-*-*

 

L’ambulance se gara sans un bruit juste devant la grande porte vitrée du plus grand centre de soins psychiatriques de la région. De la porte arrière, un homme d’age mûr aux cheveux poivre et sel coupés courts, sortit un fauteuil roulant qu’il poussa avec précaution jusqu’aux portes à ouverture automatique.

Se dirigeant naturellement au bureau d’accueil, il sourit à la secrétaire médicale toujours aussi joliment coiffée.

 

- Professeur Carpentier. Pour quelle raison venez-vous nous voir aujourd’hui ?

- J’aimerais faire interner l’un de mes patients.

- Oh.

- Oui, j’ai appelé l’un des médecins en début d’après-midi.

 

Observant son planning, la jeune femme y vit bien inscrit l’arrivé d’un nouveau patient.

 

- C’est exact. Un patient atteint d’une phobie dégénératrice, c’est cela ?

- Oui.

- Dans ce cas, je vous demande une petite minute.

 

Ayant appelé sans attendre le médecin devant se charger du patient, ce dernier les rejoignit presque aussitôt.

 

- Professeur Coburn.

- Professeur Carpentier ! Qui nous amenez-vous là ?

- Un cas malheureusement assez classique. Nous avons eu beaucoup de mal à le calmer. Alors je les mis sous oxycodon, ce qui explique son attitude quelque peu… absente.

 

Observant enfin l’individu assit sur le fauteuil roulant, la femme n’y vit qu’un légume humain dont la bave s’écoulait tout doucement de ses lèvres. Trouvant l’image répugnante, elle se força à sourire aux deux hommes bien mieux portant. Avec ce patient-là, ils n’auraient pas besoin de gros bras pour le maîtriser.

 

- Si vous voulez bien signez ses formulaires, nous pourrons l’emmener sans plus attendre dans l’une de nos chambres.

- Etant donné la dose que nous avons du lui injecter, il ne se réveillera au plus tôt que demain en fin de matinée. Après quoi, je vous laisse le soin de lui prescrire ce que vous jugerez le plus approprié à son cas.

- Nous en prendrons soin.

- Oui… Je… Je dois aussi vous demander. Serait-il possible que son entrée ici reste discrète ? Pour tout vous dire il s’agit-là de mon neveu. Un médecin à la réputation sans tache. Je ne voudrais pas que cette surdose de travail et de stress ne viennent à se savoir et entache une carrière déjà admirable.

- Cela va sans dire. Il ne sera fait état d’aucun patient de son nom sur nos fichiers. Cela vous conviendrait-il ?

- Ce sera parfait. Je vous remercie.

 

Une poignée de main pour tout au revoir et l’homme quitta les lieux, donnant l’image d’un parent au cœur plus léger.

 

La journée étant terminée, la jeune femme partit fermer les portes d’entrée tandis que le médecin poussait le fauteuil jusque dans le service adapté avant d’appeler un infirmier.

 

- Hé John ! Met le dans la chambre 410.

- Attaché ?

- Franchement. Vu son état, ce ne sera pas très utile. Je viendrais le voir demain à la première heure.

- Ca marche

 

Quelques heures plus tard, David rouvrait enfin ses yeux sur un mur d’une blancheur impeccable. D’après les derniers bruits entendus et l’obscurité passant au travers des fenêtres à barreaux, le service avait prit son rythme de nuit. Se levant sans mal de son lit, il du admettre que pour l’instant, les choses ne se déroulaient pas si mal. C’était même peut-être un peu trop simple. Ceci étant, il n’allait pas s’en plaindre.

 

Sortant de la chambre, il attendit un long moment pour s’assurer qu’il n’y avait aucune ronde. Prenant finalement le risque, il s’éloigna enfin. Il avait à présent une courte nuit pour fouiller les lieux et retrouver Mel.

 

Cette recherche ne se fit pas sans mal. Suivant le plan fait par son oncle sur un bout de papier camouflé dans la doublure de sa veste de pyjama, David rechercha les couloirs ne pouvant pas être traversé en journée par les visiteurs. S’ils séquestraient quelqu’un dans cet établissement, cela ne pouvait être que dans les services des cas les plus violents ou dans un sous sols supplémentaire non dévoilé sur le cadastre.

Ne croyant pas trop aux films tordus avec cave secrète et portes dérobées, David rechercha surtout le service classé noir dans l’échelle de mesure des cas psychiatriques acceptés en ces lieux.

 

Ouvrant toutes les portes des chambres vides, des sales de soins et observant chaque lucarne des chambres tapissées habitées, il ne trouvait toujours rien. Pourtant, ce fut au bout d’un couloir qu’il pressentit approcher du but. Quand il ouvrit les portes battantes, il ne distingua tout d’abord dans la pénombre qu’une table d’opération entourée d’un grand nombre d’instrument de toute sorte. S’en approchant un peu plus, il le vit enfin.

 

*-*-*-*

 

Allongé sur une table en fer, Mel était plus livide que jamais. Les électrodes encore présentes sur son torse et ses tempes prouvaient qu’ils lui avaient de nouveau fait nombre d’électrochoc. Ravalant sa salive de douleur, David se pressa de le détacher.

Alors seulement il prit conscience de par ses gémissants que Mel était encore conscient.

Si bien que lorsqu’il fut libre, ce dernier chuta de la table pour s’éloigner au plus vite de ses nouveaux bourreaux

Un bruit sourd qui certes sonore venait sûrement d’ajouter nombre de bleus supplémentaires à la peau déjà tant maltraitée.

 

- Arrêtez, je veux plus… non…

 

Le repoussant de ses maigres forces, Mel semblait en état de choc. Réaction plus que compréhensible après ce qu’il avait vécu.

 

- Chuttttt… calme-toi. C’est moi... David.

- Je ne vois rien !

 

Observant avec attention les yeux rouges et pleurant, avec une petite lampe torche trouvé au grés de sa fouille dans une salle de soin, David vit que ces pupilles dilatées réagissaient à un produit déposé sur le fond de l’oeil

 

- Ca ne semble pas très grave. Aucun tissu n’est brûlé et les pupilles réagissent à la lumière. Ils ont du déposer un produit à action temporaire. Ca va passer.

 

A la voix qu’il reconnaissait bel et bien, le châtain cessa enfin ses mouvements de rejets.

Perdu dans ses drogues, il ne percevait plus le haut du bas. Aveuglé par ce liquide brûlant qu’ils lui déposaient chaque jour sur les yeux, il ne voulait pourtant pas se faire de fausses joies. Se pouvait-il qu’il entende des voix ? Avait-il la capacité de prendre ses espoirs pour la réalité ? Il devait être sûr ! Car s’il se trompait le retour à la réalité n’en serait que plus violent !

 

- Comment ? Comment serais-tu-là ?

- Je suis venu te chercher. Alors fait moi confiance.

 

Pressant avec force Mel tout contre lui, pour l’aider par ce contact physique à reprendre ses repères dans l’espace, David se rendit vite compte que ses jambes semblaient paralysées. Elles ne répondaient à aucun de ses stimuli.

 

- Tu crois que tu vas pouvoir te lever ?

 

Tachant de répondre à la demande, Mel suivit le mouvement de David. Avec son aide, ils réussirent à le remettre debout. Mais à l’évidence, le jeune homme ne pouvait tenir la position plus de quelques secondes sans aide et encore moins bouger de lui-même.

David était fou de rage.

Mel était trop faible.

Tout comme il commençait à délirer, mettant finalement sa présence sur le compte de ses fantasmes.

N’ayant d’autre choix, aux vues de l’heure avancée affichée sur la pendule murale de la pièce, David porta son compagnon sur le dos. Il devait se presser de retrouver au plus vite la chaise roulante avec laquelle il était arrivé. Il ne devait subsister aucune preuve de sa présence en ce lieu.

Dans cet optique, son oncle avait remplis tous les papiers à l’accueil avec son propre stylo. L’un de ces gadgets pour enfants que l’on trouvait dans toutes les boutiques de farces attrapes, et dont l’encre disparaissait une heure après son utilisation.

 

Soulagé d’avoir pu retourner jusqu’à sa chambre, sans se faire repérer, David reposa délicatement Mel sur le fauteuil. S’agenouillant face à lui, il tenta de lui faire reprendre connaissance de quelques gifles légères. Mais rien n’y fit. Il avait sombré dans l’inconscience. Cela aurait pu le rassurer si seulement Mel ne tremblait pas de tout son corps en réaction à il ne savait qu’elle nouveau cocktail de drogues en tout genre. Serrant les poings d’une colère sourde, David tenta de se reprendre pour ne pas perdre plus de temps.

 

L’installant de son mieux sur la chaise, il le recouvrit de la couverture aussi apportée avec eux. Suite à quoi, il poussa Mel dans les couloirs. L’aube approchant, la première équipe de jour n’allait plus tarder. Ce n’était certainement plus qu’une question de minutes. Evitant le poste de garde grâce à une pause café fortuite, il atteignait finalement le hall d’entrer quand un homme de la sécurité l’apostropha.

 

- Qu’est-ce que vous faites là ! ?

 

Définitivement repéré, il allait devoir jouer serrer. D’autant qu’il leur restait le plus dur à franchir.

N’ayant plus beaucoup de choix à son actif, David profita de l’éloignement de l’homme pour courir comme un fou jusqu’aux portes fenêtres. Dans la panique, il ne devait surtout pas se tromper de panneau. L’un d’entre eux ayant été pré-ciselé par un diamant de vitrifier durant la nuit. Ignorant les cris du gardien, il lança une poubelle cendrier dans la baie vitrée prédéterminée par son oncle et lui, avant de reprendre le fauteuil et pousser au plus vite Mel devant lui. Serrant les dents au passage de ses pieds nus sur le verre tranchant, David poursuivit sa course.

 

Ils allaient être finalement rattrapé quand un van sans immatriculation se positionna entre eux et leur poursuivant. La porte coulissante située de l’autre coté s’ouvrit alors, tandis qu’une paire de bras les happait sans ménagement dans le véhicule.

L’agent de la sécurité hurlait dans son talkie walkie quand le camion partit dans un crissement de pneu

 

Ayant perdu son souffle dans la dernière ligne droite, David respirait laborieusement allongé de tout son long dans le van. Sur lui, le corps toujours inconscient de Mel qu’il serrait avec force pour qu’il ne lui échappe plus. A ses cotés, son oncle au sourire vainqueur félicitait le redémarrage impeccable du conducteur.

 

- C’était parfait chérie. Tu vois que ta tante sait y faire quand il le faut.

- Je n’ose imaginer comment tu as appris ça…

- Nous les femmes ne dévoilons jamais nos secrets.

 

Riant tous de leurs bonnes aventures, David remercia le ciel d’avoir une famille aussi aveugle que la sienne. Ils venaient de violer un nombre incroyable de loi et ils s’en félicitaient !

 

A présent, il ne leur restait plus qu’à mettre une bonne fois pour toute Mel à l’abri de ses tortionnaires. Quelque serait par la suite les révélations le concernant, lui avait fait son choix. Il assumerait son passé et l’aiderait de son mieux à construire un avenir plus heureux.

 

 

A suivre.

 

Si vous croyez avoir tout compris sur tout, vous avez peut-être tort ;p La vérité vraie ne sera dévoilée (et en son entier) que dans le prochain chapitre. Ce sera l’occasion de voir si les suppositions de chacune et chacun (qu’il s’agisse des lecteurs ou personnages ;p) se révéleront vraies.

Pas sur de finir le dit chapitre pour la semaine prochaine, alors à bientôt seulement et un gros, big géant remerciement à tous ceux qui m’ont laissé un retour pour les derniers chapitres. Avec aussi un gros pardon pour ne pas avoir eu le temps de vous répondre à tous de manière individuelle par manque de temps ;((

 

mimi yuy