Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Yaoi, j’en ai peur ^_^’’

 

 

 

Run away

 

 

 

Chapitre 10 : Jour J + 14 Partie 1

 

Sortant de son bureau, David reprit le chemin de la cuisine. Comme il s’y attendait, Mel s’était enfin réveillé. Un vrai petit loir dans son genre. Deux tartines grillées sur la table lui confirmaient qu’il s’apprêtait à prendre son petit déjeuné. Restant en retrait, David décida de l’observer avec attention. Le jeune homme se servait à présent du café dans la tasse laissée à cet effet sur la table. Une fois assit, comme la veille, l’avant veille et tous les autres jours, ce fut trois sucres que Mel, encore un peu endormit, laissa tomber dans sa tasse. Or aujourd’hui, David avait consciemment changé le modèle en un beaucoup plus grand afin de s’assurer d’une information.

 

Quand Mel but sa première gorgée, il laissa échapper une petite grimace et sans plus attendre, ajouta un sucre avant de tourner de nouveau sa cuillère dans le liquide noir.

De cette réaction, David pouvait en conclure deux choses. Le dépôt de trois sucres dans une tasse standard prouvait qu’il s’agissait-là d’un geste habituel pour le garçon. Sa seconde réaction démontrait qu’il aimait réellement son café aussi sucré. Preuve en était l’adjonction d’un énième morceau dans cette tasse plus grande.

Hors il était une certitude que les patients d’un service psychiatrique quel qu’il soit, ne pouvait obtenir en aucun cas du café et plus encore de manière régulière.

Conclusion, il n’avait pas été enfermé plus de quelques semaines, un ou deux mois tout au plus.

Cette réflexion concordait parfaitement avec le constat de sa finalement très faible dépendance aux drogues dures. Après tout, quelques jours avaient largement suffis pour que son corps n’en réclame plus, son stress perpétuel n’étant du qu’à un manque de nicotine. Il avait suffit qu’il fume une ou deux cigarettes chaque soir pour qu’il retrouve tout son calme. Hors une fois encore, aucun patient n’avait la possibilité de fumer régulièrement dans un lieu hospitalier.

 

Ayant quitté le couloir pour s’asseoir sur la balancelle à l’entrée de la maison, David laissa son regard errer vers la silhouette fine de Jessy jouant près du lac.

 

Pourquoi Mel avait-il été interné ?

Et plus important, pour quelles raisons avait-on agit aussi violemment avec lui ?

L’utilisation des électrochocs avait été stoppée à la fin des années 70. Avec les guerres, les défenseurs des droits de l’homme avaient compris que cet acte médical sur patient conscient n’était rien de plus qu’une torture. Au même titre que la bonne vieille dynamo utilisée pour faire céder les prisonniers au Vietnam ou en Algérie. L’opinion publique s’était alors soulevé et les pays assez riches pour se préoccuper de leurs déficient mentaux avaient rendu interdite cette pratique.

Aujourd’hui, les médecins savaient parfaitement et de manière scientifique que cela ne donnait aucun effet sur les maladies mentales. Et à fortiori, d’autant plus dans ce cas précis, puisque Mel n’était pas aliéné.

Mais peut-être que l’acte n’était pas une erreur. Qu’il avait certes été utilisé dans un lieu confiné issu d’un centre psychiatrique mais qu’il n’en était pas moins réalisée pour de toutes autres objectifs que soigner le jeune homme.

 

Continuant sa réflexion, David n’entendit pas la double porte s’ouvrir tout doucement.

 

Il savait que bon nombre d’amnésique, s’ils ignoraient tout de leur passé, gardaient présent en eux un fort instinct de protection. Ils ne prenaient pas le volant d’une voiture s’ils n’avaient jamais su conduire, ne plongeaient pas dans l’eau s’ils ne savaient pas nager. Ou plus anodin, ils n’achetaient pas d’eux même ce qu’ils ne mangeaient pas avant leur perte de mémoire. Toutes les études prouvaient que si l’esprit avait perdu ses souvenirs, le reste de la personne restait comme ancré dans une sorte de « mode automatique » basé sur une mémoire physique à défaut de psychique.

Si Mel avait en lui ce besoin constant de fuir quand il les avait trouvé, c’est qu’avant sa perte de mémoire, il cherchait déjà par tous les moyens d’échapper à quelque chose ou quelqu’un. Une personne qui le torturait non pas pour le tuer mais pour le faire céder… Afin qu’il agisse contre son grès, voir qu’il parle… Oui qu’il avoue une information.

C’était évident !

Qu’elle meilleure réaction d’autodéfense pouvait avoir un corps blessé pour se protéger contre des attaques vouées à le faire parler !

L’amnésie psychosomatique !

David en était persuadé.

Ce n’était pas l’électricité qui lui avait fait perdre la mémoire. Mais un choc psychique donné comme réponse à une persécution d’ordre mentale et physique.

 

Alors quoi ? D’un fou évadé d’un hôpital psychiatrique, Mel passait au statut de mafiosi poursuivit par ses patrons ou un gang ennemi qui espérait lui sous-tirer quelques informations capitales ? Il n’était pourtant pas réputé que de tels hommes s’affichent dans les terres reculées d’Ecosse. Mais bon, cela ne voulait rien dire. Un simple médecin d’une clinique privée pouvait bien ignorer ce genre de choses. Et puis, il y avait bien actuellement un grand procès les concernant à la capitale…

 

- David ?

- hm ?

- Je peux ?

- Bien sur.

 

Souriant à son amant qui l’observait depuis de nombreuses minutes sans qu’il n’en prenne conscience, David se décala pour laisser une place à Mel sur la balancelle.

 

- A quoi tu pensais ?

- A toi.

- Oh.

 

Face à cette réponse, Mel se sentit rougir. Y’avait pas idée d’être aussi franc.

 

- Ne fais pas cette tête. Ce n’était pas ce à quoi tu sembles toi penser.

- Mais je ne pense à rien.

 

Amusé de sa réaction, David se contenta d’un nouveau sourire.

 

- C’était ton oncle au téléphone ?

- Oui. A force que je l’oublie le soir, il a décidé de m’appeler le matin à présent.

- Des nouvelles ?

- Toujours rien qui ne puisse coller avec toi. Désolé.

- C’est moi qui le suis. J’ai la sensation de ne servir à rien. Je reste là, à profiter de toi. Au lieu de repartir en ville et me présenter à un poste de police.

- Je croyais que tu n’avais pas confiance en eux ?

- C’est toujours le cas. Mais à quoi bon. Je ne vais pas rester ici toute ma vie. D’autant plus si je suis un dangereux psychopathe.

- Ne dit pas ça. J’étais justement en train de penser à une théorie te concernant.

- Tu me la présentes ?

- Pas sûr qu’elle te plaise.

- Bah, au point où j’en suis. Tu m’en apprendras toujours un peu plus sur moi.

- Comme tu veux.

 

Alors sans plus attendre, David lui expliqua ses derniers raisonnements.

 

- Tu en penses quoi ?

- Que quelle que soit la vérité, je ne suis pas une personne qu’il faut approcher.

- Bien sur que non.

- Comment peux-tu dire ça avec tant d’assurance ?

- Un tueur même amnésique aurait chargé son pistolet. Un vagabond sans passé ne connaîtrait pas les gestes de premiers secours. Un drogué ne serait pas calmé avec une simple et unique cigarette. Tu veux que je continue ?

 

Que répondre à cela ?

Fatigué mentalement de tourner sans cesse autour de sa vie sans jamais l’atteindre, Mel posa sa tête lourde contre l’épaule de son sauveur.

 

- Alors quoi ? Je suis qui moi ?

- On va trouver. Fais-moi confiance. Ca ne va pas assez vite pour toi, mais nous progressons dans nos déductions. Et tes souvenirs commencent à revenir d’eux même, non ?

- hum…

 

Le voyant toujours aussi défaitiste, David glissa son bras sur ses épaules, lui caressant doucement les cheveux tombant sur sa nuque. Ca faisait mal de ne pas pouvoir lui offrir ce qu’il attendait, lui rendre son identité.

 

- Mel. J’aimerais vérifier quelque chose avec la police. Mais d’ici cela me sera impossible. Je dois voir quelqu’un en personne. Ils ne me parleront jamais au téléphone et Alfred a beau être génial, il ne te connaît pas encore en personne. Il y a des indices qui lui ont peut-être échappé à cause de ça.

- Pourquoi ce n’est pas moi qui m’y rendrais ?

- Ils pourraient te garder. En revanche, ils n’auront rien leur permettant de me porter préjudice. C’est plus prudent comme ça.

- Tu penses à quoi ?

- Je préférerais m’en assurer avant de te donner de faux espoirs... ou quelques craintes inutiles.

- Alors tu vas repartir ?

- Une matinée seulement. La journée tout au plus.

- Que va en dire Jessy ?

- Crois-moi, elle ne sera pas contre.

- Je n’en suis pas si sûr…

- Si je lui propose d’être à son entière disposition toute cette journée, elle cédera pour demain. Qu’est-ce que tu en penses ?

- J’en pense qu’elle va finalement y arriver alors.

- De quoi tu parles ?

- A t’entraîner dans l’antre de la princesse déchue.

- C’est quoi ça ?

- Le ponton ou Elisabeth Mac-Leor s’est noyée. Tu peux être sûr et certain que le jour où tu l’as perdu de vue, tu l’y retrouveras.

- Je vois que les souris dansent quand le chat n’est pas là. J’avais pourtant donné des consignes pour qu’elle ne s’aventure pas là-bas. C’est dangereux. Ce fichu ponton est bouffé par les termites.

- T’aurais pu me le dire plus-tôt. Je ne suis pas devin moi. Dire qu’on n’y a posé nos fesses des jours durant.

 

Amusé par le dégoût prononcé de Mel à l’idée de s’être assit sur des termites, David en ria de bon cœur. Mais le regard rendu par le jeune homme le ravisa aussitôt. Il s’y trouvait une lueur peu engageante pour son cas personnel.

 

- Ceci étant, qui te dit que ce sont nous les souries ?

 

Avant que David ne puisse réagir à cette remarque, il se sentit plaqué contre l’accoudoir de la balancelle, totalement dominé par le corps de Mel. Une situation des plus grisantes.

Loin de jouer les effarouchés, il plaqua un peu plus les hanches du châtain contre son aine, en un mouvement guère équivoque. Leurs lèvres se laissaient happées en des baisers pleins de promesse mais très vite, trop vite, à leur goût, du bruit se fit entendre dans la cuisine. Jessy n’allait plus tarder à venir les rejoindre.

Gémissant de frustration, les deux hommes se séparèrent juste à temps.

 

- Vous êtes tout débraillé Sensei.

- C’est le début de la fin.

- Quoi ?

- Rien, rien.

 

N’ayant lui, aucun sweet pour camoufler un désir inaboutis, Mel décida de rebrousser chemin.

 

- Je vais prendre ma douche.

- Tu ne l’as pas déjà prise ?

- T’as du rêver Jessy.

 

Sceptique pour le coup, Jessica ne releva pas l’information. Elle n’était plus sûre de savoir si c’était lui ou Sensei qu’elle avait entendu en se réveillant.

 

Se sentant traîtreusement trahis et abandonné par Mel, David n’en oublia pas qu’il devait informer Jessy de son futur retour à Glasgow.

La voyant le nez en l’air, il prit sur lui pour passer outre ses pulsions d’un autre age et lui parler sérieusement.

 

- Jessica.

- Je n’aime pas quand vous dites mon nom comme ça.

- Je dois te parler.

 

A suivre

 

Un chapitre court car en deux parties. Pardonnez cette taille ridicule u_u

La suite la semaine prochaine sur ce site ou dimanche soir sur fictionpress.

 

mimi yuy