Auteur : mimi yuy

Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Yaoi, j’en ai peur ^_^’’

 

 

 

Run away

 

 

 

Chapitre 7 : Jour : J + 10

 

Quatre jours.

Quatre jours de plus à ceux déjà écoulés et toujours rien.

C’était à en mourir de frustration.

A croire qu’il les accumulait toute.

 

Mel fumait ce soir-là encore sa cigarette sur le pas de la porte, observant sans s’en cacher l’homme assit face à lui. Il y avait des choses dans la vie d’un homme qui était difficile à expliquer. Et ce qui lui arrivait depuis quelques jours en faisait indéniablement partit.

Qu’est-ce qui lui prenait ?

Etait-ce son soi profond qui hurlait pour s’extraire de sa coquille d’amnésique ?

Le pire, c’est que ce qui le gênait le plus n’était pas ce sentiment croissant de désir qui s’agitait en lui mais le fait que son expression puisse choquer un homme qui avait été jusqu’ici si bon et si altruiste à son égard.

 

Rageant contre lui-même, Mel termina sa cigarette qu’il écrasa consciencieusement dans un cendrier. Un détail pour que Jessica ne lui arrache pas les yeux le matin venu pour cause de pollution passive.

Sachant qu’il souffrait assez du sevrage des drogues et du stress de sa mémoire perdue, David lui en avait racheté quelques paquets. En tant que médecin, il n’appréciait pas plus que ça de le voir fumer. Mais le châtain n’en consommant qu’une chaque soir, deux tout au plus, il avait jugé inutile de l’en priver aux vues des bienfaits moraux et mentaux que la nicotine lui apportait. Une décision dont Mel le remerciait infiniment.

 

Assit sur l’escalier en bois, David semblait perdu dans la contemplation du lac. La lune presque pleine s’y reflétait en un spectacle digne d’une toile de maître.

S’installant à ses cotés, Mel l’observa encore avec détails. Déjà tant de jours qu’il était là.

 

Se rapprochant doucement du visage étonnement exempt de tout sentiment, il croisa enfin les yeux de David.

Bien qu’ils soient interrogateurs, Mel s’abstient de toute réponse. En échange, il déposa finalement ses lèvres sur celles du médecin. Un court baiser, rien qu’une caresse échangée sans qu’aucun d’eux ne détourne le regard de l’autre. Pourtant, une fois terminé, Mel ferma ses paupières pour ancrer quelque part dans sa tête cet instant étrange et grisant. Rouvrant ses yeux, le châtain fut surpris de n’obtenir aucune réaction à son geste.

 

- Je suis désolé. Je ne sais pas ce qui m’a pris.

- Je t’ai déjà dit de cesser de t’excuser. Tu as besoin de te faire de nouvelles expériences pour retrouver ta mémoire. Je le sais très bien. Alors ne t’inquiètes pas. Ca n’a aucune importance.

 

Sauf qu’à cet instant, Mel se moquait bien de sa mémoire. Il avait réellement ressenti l’envie d’embrasser cet homme. Cela signifiait-il qu’il était gay ? Cette possibilité ne le choquait pas plus que cela, mais il n’aurait pu en jurer. En revanche, elle entraînait une question bien plus importante et à laquelle il n’avait pas pensé jusqu’ici. Vivait-il seul ? Avait-il une ou un petit ami inquiet qui l’attendait quelque part ?

 

- Quelles sont les nouvelles aujourd’hui ? Ton oncle a vu les journaux ? On parle d’une évasion ou d’une personne disparue en ville ?

- Non, toujours pas. Mais ne t’inquiètes pas. C’est une question de temps. Il faut être patient. Nous allons trouver. Le problème majeur est qu’un grand procès mêlant deux groupes mafieux s’apprête à débuter dans les jours à venir. Il semble que toutes les forces de police soient recrutées pour mettre en place l’évènement. Tous comme les journaux et autres médias y mobilisent leurs gros titres. Les faits divers ayant déjà habituellement peu de place dans leurs colonnes…ça complique nos recherches.

- Cela fait pourtant déjà dix jours.

 

Il était las d’attendre des nouvelles qui ne venaient pas.

Suite à une mûre réflexion, il s’était décidé à sortir de son trou au plus tard, le mois de vacances de David et Jessy écoulés. Après sa retraite, éloigné de l’agitation et violence de la vie, si l’oncle de David n’avait toujours rien trouvé, il se présenterait de son propre chef à un commissariat de police. Après quoi, il ignorait ce qui se passerait.

 

En attendant, l’heure étant bien avancée et la discussion trop bloquée par son geste inattendu, Mel s’arracha au spectacle reposant des lueurs de la lune pour se relever et rentrer dans la maison. Il avait besoin d’être un peu seul.

 

Resté assit sur les marches, David ne pouvait que s’en vouloir. Ils n’arrivaient à rien. Alfred ne trouvait rien sur un possible disparu répondant au signalement de Mel et le temps passant, lui ne cessait de s’imaginer qu’ils puissent partager un peu plus qu’une simple amitié polie. Face à cela, il l’avait laissé l’embrasser. De quoi ajouter la douloureuse difficulté à ne pas participer au baiser. Il s’en serait briser les doigts à trop serrer ses poings quand il l’avait vu s’approcher. L’instant avait été si douloureusement… excitant. Il n’était qu’un pervers, un obsédé qui ne savait comment faire face à la simple idée qu’il devrait continuer à vivre à ses cotés après ca. Une torture. Cet homme lui faisait vivre une torture…

 

*-*-*-*

 

Rentrant à son tour, se fut fidèle à ses habitudes que David alla voir Jessy pour s’assurer que tout allait pour le mieux pour elle. Suite à quoi, il tourna en rond dans sa chambre.

Il avait une sensation de non fin.

Ca n’allait pas.

Les choses n’allaient pas.

 

Fuyant sa timidité, il repartit voir Mel.

Ce denier était partit trop vite !

Une personne amnésique ayant un tel comportement envers un étranger ne pouvait pas, ne pas être travaillé par son geste. Aussi décida-t-il de jeter un coup d’œil dans la chambre d’amis. Juste quelques secondes, pour s’assurer que tout allait bien pour lui aussi.

 

Quand il ouvrit tout doucement la porte, il ne s’attendait pas à le voir assit au sol dans un recoin à fumer une nouvelle cigarette.

 

- Je croyais que tu n’en fumais pas plus de deux par soir.

- David ?

 

Surpris de le voir apparaître devant lui, Mel prit d’un sursaut, se pressa d’éteindre la cigarette. Le médecin ne devait pas apprécier son geste sachant qu’une enfant malade vivait dans la chambre mitoyenne à la sienne.

N’étant pas dupe de son embarras, David s’agenouilla devant lui.

 

- Ce n’est rien.

- …

- Tu te sens mal ?

- Non, non. Ca va passer.

 

Mais aux vues des tremblements de ses mains, il n’en était rien.

 

- Ce n’est pas l’idée que tu en donnes.

- Ce n’est pas ce que tu crois.

- Alors c’est quoi ?

 

Voir David à quelques centimètres seulement de lui était une vraie torture.

Mais loin d’être aussi naïf que le pensait Mel, ce dernier s’approcha un peu plus encore, tant et si bien que leurs lèvres se frôlèrent avant qu’à son tour, il l’embrasse, tout simplement.

 

- Et comme ça ? Tu te sens mieux ?

 

A la moue mi-timide mi-surprise du châtain, il sembla que la réponse était oui.

N’en espérant pas plus, David l’intima de nouveau au silence.

Et d’un baiser léger renouvelé, l’échange se fit plus profond, plus intense.

 

David n’était pas dupe. Au regard rendu par Mel, il était clair que ce dernier n’avait aucune envie d’en rester là.

Etant tous deux adultes et à l’évidence consentant, il n’y avait aucune raison qu’ils se frustrent à repousser plus longtemps leurs désirs. Alors sans plus attendre, il se releva, pris la main de son futur partenaire et l’entraîna à sa suite.

Etonnement silencieux, Mel se contenta de suivre le mouvement sans objection.

Perdu dans un brouillard mental, il appréciait que son bienfaiteur prenne les choses en mains.

 

Un passage rapide dans la salle de bain pour s’y procurer une boite hors de portée de Jessy et David l’entraîna jusqu’à sa chambre.

 

Un simple regard croisé pour s’assurer qu’aucun d’eux n’avait changé d’avis et les deux hommes se collèrent l’un à l’autre. De simples baisers, leurs lèvres semblèrent prêtes à s’entredévorer tandis que leur corps trouvèrent aussi vite les abords du lit.

 

Repoussant sans ménagement Mel dans les coussins, David l’aida avec empressement à enlever ses vêtements. Dix jours qu’il en avait envie. Dix jours de frustration qui prenaient fin dans une scène aussi nébuleuse qu’un rêve. Avec sa chance, il se réveillerait dans quelques minutes, chutant de son lit à force d’agitations nocturnes.

Cette scène n’étant toutefois pas encore d’actualité, c’est avec une ardeur sans égale qu’il découvrit enfin d’une manière non médical le corps de son amant. Il s’attardait déjà à goûter cette peau pâle, impatient de l’embrasser de toute part quand approchant du sexe tendu de Mel, il se sentit repousser avec force.

 

- Attend.

 

Bien que quelque peu passif en ces préliminaires, Mel avait réussi non sans mal à conserver près d’eux la boite de préservatifs apportée, pour en sortir la protection indispensable à tout rapport.

Il avait beau avoir perdu la mémoire, il lui restait des habitudes immuablement inscrites en lui. Faire du vélo, cuire des pâtes et que son probable passage dans un hôpital et absence de tous souvenirs précis sur son passé voulaient qu’ils ne prennent absolument aucun risque.

 

David ayant supposé un court instant que Mel avait changé d’avis, comprit bien vite qu’il n’en était rien. Tout comme il pu s’accuser lui-même de se laisser quelque peu entraîner par son désir au mépris de toute prudence.

Remerciant la présence d’esprit de son cadet, le blond prit grand plaisir à placer lui-même la protection sur Mel avant de reprendre son office sur un sexe toujours aussi ferme et désirable.

 

Ne désirant toutefois pas aller plus loin que ne le souhaitait son amant, David ne brûla aucune étape, lui laissant de nombreuses chances de tout stopper. Occasion que Mel rejeta à chaque fois. Alors dans un même sentiment d’impatience et de besoin, les deux hommes s’étaient finalement liés l’un à l’autre. Une fusion physique qui leur fit perdre pied au-delà de la raison.

 

*-*-*-*

 

Adossé au torse de son médecin très personnel, Mel semblait toujours aussi stressé qu’un peu avant.

Sortant de sa somnolence, David tenta de trouver l’origine du problème.

 

- Tu veux que j’aille te chercher les cigarettes ?

 

Un simple mouvement de tête lui répondit par la négation.

 

- Tu peux fumer si ça te démange à ce point. Je peux comprendre que tu en ressentes le besoin. Surtout après ce qu’on vient de faire.

- Pas envie.

- Alors pourquoi tu ne dors pas ?

- Je…

 

Le sentant se crisper, David redouta l’annonce d’un rejet malheureux.

 

- Tu regrettes ce qui s’est passé ? Tu te sens sale d’avoir répondu à mes avances ?

- Non.

- Alors quoi ? Dis-moi ?

 

Devant le silence, David insista, non sans difficulté.

 

- Si je t’ai amené ici…Si je n’ai pas voulu qu’on reste dans ta chambre, tout à l’heure, c’est justement pour que tu puisses y retourner si tel était ton désir. J’aurais pu faire l’inverse. Mais je veux que cette pièce soit à toi. Que tu t’y sentes plus qu’ailleurs en sécurité. Un seul mot de ta part et je t’y ramène.

 

- Non.

 

Confirmant son désir de rester avec lui, Mel se blottit un peu plus contre son corps chaud. Tachant par cette présence de stopper de subits tremblements.

 

- C’est juste que je… Je crois que j’ai peur.

- Mel

 

Obligeant le visage du châtain à lui faire face, David lui caressa tout doucement la peau fine de son visage, dévoilant doucement les marques de brûlures cachées par ses cheveux. Comment pouvait-il faire pour le convaincre qu’il était à l’abri de ses persécuteurs à ses cotés ? Ca faisait mal de le voir si perdu.

 

- Tu ne crains rien ici. Je te le promets.

 

Embrassant le front encore en sueur, David se repoussa pour inciter Mel à se retourner entièrement qu’ils puissent ainsi être face à face.

 

- Tu ne comprends pas.

- Alors explique-moi.

 

D’une nouvelle caresse, d’un simple baiser sur la tempe, David l’incita à se confier.

 

- Je… je commence à retrouver des lambeaux de mémoire.

- Tu ne me l’avais pas dis. C’est encourageant. De quoi te souviens-tu ?

- C’est encore très vague. Juste des sensations, des flash sans importance. Je ne connais toujours pas mon nom, ma profession, où j’habite et surtout… Je ne suis pas sûr que…

- …Tu puisses aimer les hommes ?

- Non. Enfin… Là non plus je ne suis sûr de rien. Mais j’ai l’intime conviction malgré tout que ce n’était pas une première fois pour moi. Tout comme des souvenirs très clairs de l’avoir fait avec des femmes me sont revenus en tête tout à l’heure.

- On peut en conclure que tu serais bi ?

- Peut-être.

- Donc ce n’est pas cette question qui te pose problème ?

- Non. Ce n’est pas ça.

- …

 

Ne sachant vraiment pas où voulait en venir son compagnon, David le laissa terminer sa si douloureuse confidence.

 

- Simplement… Et si jamais j’étais avec quelqu’un ?

- Dans ce cas, il semble presque évident que ta mémoire revenue, tu repartiras vivre avec elle.

- Tu n’essayerais pas de me retenir ?

- Peut-être. Tout dépend de ce que tu ressentirais alors pour moi. Je ne suis pas du genre à m’imposer dans la vie des autres. Si une telle situation devait arriver, tu serais le seul en droit de choisir ce que tu désirs.

- Et si moi, je ne voulais pas te voir partir ?

- Alors je tenterais sûrement ma chance pour t’avoir rien qu’à moi.

- Mais…

- Chut… Ne pense pas à tout ça. On verra quand les choses se présenteront. Tu te creuses trop la tête pour ton propre bien. Pour l’instant le mieux pour toi est de dormir un peu. Tu en as besoin.

 

David voyait les cernes sur le visage de son compagnon. Raison pour laquelle, il insista sur cette dernière demande. Et pour s’assurer que Mel y réponde, il l’embrassa doucement sur chacune de ses paupières avant de descendre sur sa gorge, ses épaules…

 

Puis doucement, délicatement, il frôla et caressa les fines marques de brûlures toujours présentes sur sa poitrine. Si elles ne le faisaient plus souffrir, David ne restait pas moins tendre envers cette peau maltraitée par des sévices d’un autre age. 

Sentant les mains de Mel le pousser à revenir l’embrasser sur les lèvres, David comprit qu’il avait encore eu tout faux. Loin d’être raisonnable, par son acte il venait d’empêcher qu’ils s’endorment avant encore quelques temps.

 

 

A suivre

 

Je comprends que ce chapitre puisse vous sembler étrange et mal venue dans l’intrigue globale. Mais c’est ainsi. Il était décidé dés le départ dans ma tête que je n’allais pas relater chaque journée, et qu’il y aurait de petits sauts temporels. D’où l’importance des titres de chapitre qui vous permettent de bien suivre l’avancement du temps. Mis à part cela, je pressens que certain seront déçus de la manière dont j’ai amené le sujet de ce chapitre-ci. Mais j'espère que le prochain vous permettra de mieux comprendre le pourquoi du comment de ce subit passage à l'acte ;).

A la semaine prochaine

 

mimi yuy