Auteur : mimi yuy

Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Yaoi, j’en ai peur ^_^’’

 

Ce chapitre est d'une certaine manière dédié à Val-Rafale dont les persos mourront tous d’un cancer du poumon vu comme ils fument ;p

 

 

Run away

 

 

 

Chapitre 6 : Jour : J + 6

 

Encore une nouvelle journée qui débutait et toujours aucune trace de son existence renvoyée par l’oncle de David. L’homme appelait chaque soir pour rendre compte de ses recherches de la journée. Mais pour l’instant, elles ne menaient à rien.

 

Personne correspondant à son signalement n’était recherché par la police. Il n’y avait aucune annonce de particulier relatant de possible disparition dans les pages spécialisées des journaux. Tout comme aucune once de disfonctionnement ne filtrait du centre psychiatrique Walters dont il semblait associé. Concernant ce dernier, une visite des lieux par le médecin tendait à prouver qu’il était à la pointe de la technologie. Bien loin des pratiques dont lui avait été victime. S’il ne portait pas encore les marques de ses sévices, on aurait pu croire qu’il fabulait.

 

Lasse de ne pas savoir, Mel ne cessait plus de tourner en rond depuis des jours. Malgré l’absorption régulière mais de plus en plus espacée de méthadone, lui permettant de ne plus souffrir sans effet de dépendance, il ressentait toujours au fond de lui un désir inassouvi. Il avait besoin de quelque chose mais ne savait pas encore donner un nom à l’origine de ce manque. Et cette situation l’exaspérait plus que tout autre.

 

En partie pour cette raison et plus certainement pour faire plaisir à Jessica, ce jour était devenu un jour particulier et important pour les habitants du chalet. Aujourd’hui tous trois partaient faire du tourisme.

 

Le soleil pénétrait avec éclat dans le salon quand Mel descendit enfin les escaliers. Cela pouvait sembler banal au prime abord mais en tant que probable évadé amnésique, le jeune homme cherchait encore les raisons l’ayant poussé à accepter l’offre de David. Mais avait-il seulement eu le choix ?

 

- Meeeeeel !!!!

- Oui, oui, j’arrive.

 

Enfilant au plus vite ses chaussures, il n’eut pas le temps de sortir de la maison que David l’appelait à son tour.

 

Faisant les cents devant les portes ouvertes du 4X4, Jessica exprimait toute son impatience à partir vers leur destination finale. Un château qu’elle rêvait de découvrir en vrai depuis de nombreux mois !

Dans le salon, il pouvait voir par la baie vitrée, David jouer avec sa petite patiente en l’empêchant de s’installer sur l’une des places arrière. C’était amusant de les voir si complice malgré leur abyssal écart d’age. Une scène lui démontrant qu’il ne connaissait encore qu’une faible partie de la relation partagée par ces deux-là.

Mais il ne voulait pas se montrer trop indiscret en posant plus de question qu’il ne l’avait fait les premiers jours.

 

- Mel !

- J’arrive, un peu de patience.

- Ce n’est pas le problème. Pourrais-tu juste me prendre avant de sortir, la carte routière présente sur le petit secrétaire du salon.

- Ah… Oui. Tout de suite.

 

Il était crétin de croire que David allait le presser à l’image de Jessy. Quoiqu’il arrive l’homme gardait toujours une certaine retenu avec eux deux.

 

Repartant dans le fin fond du salon, Mel fouina dans le petit secrétaire, placé non loin de la télé. Il s’y  trouvait depuis son arrivée une tonne de papiers estampillés du cachet du syndicat du tourisme local. Dans sa précipitation, il fit sans surprise chuter une pile entière de cette publicité, lui permettant dans le même geste d’en extraire la carte demandée. Ceci étant fait, devant le cataclysme, il ramassa les papiers à moitié tombés dans la corbeille. Là ses yeux tombèrent sur un objet qui lui fit ressentir une bouffé de chaleur. Pourquoi ? Il n’aurait su le dire. Mais poussé par un désir incontrôlable, il prit ce qui se trouvait au fin fond de la corbeille du salon

 

- Meeeeel !!!!!

- Oui, oui.

 

Glissant sa découverte dans une poche de sa veste, il se pressa de rejoindre ses compagnons de visite.

Aujourd’hui il découvrirait le château des Mac-Leor.

 

 

*-*-*-*

 

La voiture garée, les deux hommes en sortirent d’un même mouvement vite dépasser par une boule d’énergie.

En son fort intérieur, Mel redoutait de subir toute cette agitation la journée durant.

Enfin, on ne pouvait pas reprocher à Jessica d’avoir un comportement d’une enfant de son age.

Dire qu’elle pouvait être muette et calme comme une carpe et tout aussi agitée qu’un pinçon en quelques minutes d’intervalle.

 

De manière naturelle, David partit aussitôt acheter des billets pour la grande visite du château. Autour d’eux un nombre impressionnant de touristes. Il fallait croire que le lieu était un incontournable pour les gens de passage.

 

Mel suivait Jess des yeux, quand il s’aperçut qu’il avait une chaussure délassée. Redoutant le pire, il s’arrêta aussitôt non sans en subir les foudres de la jeune fille.

 

- Tu le fais exprès ou quoi ?

 

Trépignant d’impatience, Jessy se plaça face à lui, les bras sur ses hanches.

De quoi en amuser plus d’un.

Ce que ne manqua pas de faire David, revenant leur confier les précieux sésames.

 

Ayant son ticket d’entrée en main, Jessica les tira tout d’eux pour se presser de rejoindre la porte d’entrée.

Hors de question qu’ils loupent le début du speech de leur guide.

Elle avait beau connaître l’histoire par cœur, elle voulait connaître la vérité vraie des gens du pays !

 

Non loin de là sur le parking, deux hommes descendaient aussi de leur voiture banalisée. Un roux au visage besogné de coups passés et son aîné à la stature plus forte et au regard plus calme.

 

- On peut savoir ce qu’on fiche ici ?

- On nous a demandé de regarder partout alors on regarde partout.

- Parce que tu crois qu’il serait allé se fondre dans une masse de touristes ? C’est du délire complet ton plan.

- Ne commence pas Flint. Ca me gonfle autant que toi cette chasse à la con.

 

Avançant jusqu’à l’accueil, ils y expliquèrent pour la énième fois depuis le début de la semaine, qu’ils recherchaient un ami perdu. Avec de la chance les gens du coin auraient aperçu un vagabond.

 

Mais comme toujours personne ne savait de quoi ils parlaient et personne n’était vraiment prêt à leur venir en aide.

 

- C’est ta gueule d’assassin qui les effraie trop

- Pour sur.

 

Se disputant comme à l’accoutumer, James se détourna subitement.

Il y avait au loin, un homme dans la foule qui…

 

- Qu’est-ce qui te prend encore ?

- J’ai cru voir quelque chose.

- Qui ?

- Le type là-bas.

 

Montrant un jeune homme agenouillé devant une petite fille, Flint cherchait en quoi ce père que la gamine leur cachait des yeux, pouvait les intéresser.

 

- Qu’est-ce que tu veux qu’il nous fasse ce type ?

- Un instant j’ai cru.

 

Un second homme rejoignant le premier pour l’aider à se relever, James n’y vit qu’une famille comme une autre dans le marasme de cette foule disparates.

 

Regardant à son tour dans la direction des entrées au château, Flint n’aperçu lui qu’une bande de débiles avec sac à dos écoutant une guide fadasse aux seins plats sous une horde d’admirateur. De leur lieu, on pouvait apercevoir les derniers touristes rejoignant la guide, à savoir les deux mecs sans grande importance et leur gamine.

 

- Laisse tomber. On trouvera rien ici !

 

Sans demander leur reste, les deux hommes quittèrent les lieux.

 

*-*-*-*

 

La journée avait été longue et agitée. Visiter un château n’était définitivement pas de tout repos. Mais il pouvait bien l’avouer, cela lui avait éviter de ressasser ses idées noires. Si bien qu’il ne s’était pas sentit aussi bien que ce soir là. Ces problèmes de mémoires semblaient si loin à cet instant. Le stresse et l’anxiété aussi.

 

Le jour déclinant, Mel avait attendu patiemment que David parte enfin coucher la petite pour s’éclipser dehors. Il avait attendu ce moment depuis l’instant où il les avait trouvés.

 

Ouvrant le petit paquet froissé et bien entamé, il en tira une cigarette qu’il alluma à l’aide d’allumettes subtilisées dans la cuisine durant la soirée. A la première bouffée, aussi excessif que cela puisse paraître, il se sentit renaître.

 

- Tu fumes.

 

Sursautant violemment, Mel observa honteux la cigarette qu’il tenait dans ses mains.

 

- Je… Je m’excuse. Je t’assure que je n’ai pas fouillé dans la maison. J’ai juste trouvé un paquet dans la corbeille du salon ce matin. Il en restait quelques-unes alors comme elles semblaient s’y trouver pour être jetées, je me suis permis de les prendre. Je…

 

Ne sachant tout simplement pas quoi faire, Mel tendit le paquet à David, tête basse.

 

- Je te les rends.

 

Mais au lieu de les prendre, le blond s’assit à ses cotés.

 

- Tu peux les garder. C’est Jessy qui a du les jeter. Elles doivent appartenir à des amis de mon oncle. Il vient parfois profiter de la maison pendant ses vacances.

- Je suis désolé.

- Arrête de toujours t’excuser. Tu n’as rien fait de mal. De toute façon, il n’y a rien de valeur ici. Ni quoique ce soit un vraiment personnel non plus. Alors tu pourrais bien tout retourner de fond en comble, cela ne me poserait aucun problème.

- Je vois.

 

Constatant que le châtain gardait son visage baissé, David reprit la conversation, espérant par ce geste que Mel cesse de le craindre à tout instant.

 

- J’aurais du t’en proposer plus tôt. Je me doutais que tu fumais aux petites traces sur tes dents.

- Tu crois ?

- Pourquoi fumerais-tu maintenant si tu n’étais pas fumeur ?

- Je ne sais pas. Quand j’ai vu le paquet, j’ai ressenti comme un appel de tout mon corps. Il les voulait. Alors pour une fois que je comprenais un peu ce qui m’arrivait, je n’ai pas résisté.

- Ce qui confirme notre hypothèse.

- Génial, j’ignore toujours mon nom. Mais je sais que je suis un camé qui va mourir du cancer. Enfin… si je survie d’ici à son déclenchement.

- Ben dit toi que tu connais un médecin maintenant. Je pourrais toujours t’aider à lutter contre la maladie.

- Merci…

 

A nouveau gêné mais pour de toutes autres raisons, Mel n’en reprit pas moins une inspiration de tabac. De tous les médicaments que David lui avait donnés, c’était cette substance-là qui l’apaisait enfin.

Sachant pertinemment à ses paupières fermées et l’expression de bien être que Mel ne feignait pas l’accoutumance à la nicotine, David s’en amusa. S’il avait su qu’il fallait lui faire du mal pour qu’il se sente enfin un peu mieux.

 

Le laissant profiter de cet instant, David garda le silence de longues minutes. Il se satisfaisait amplement du spectacle de la lune sur le lac. C’était pour cette image-là qu’il avait des années auparavant choisit ce lieu plutôt qu’un autre.

 

Toujours pressé par son travail, il ne pouvait visiter les demeures que le soir venu, pour ne pas dire la nuit venue en de rares occasions. C’est ainsi qu’il avait croisé ce paysage magique. Une image de carte postale qui l’avait convaincu que cet endroit était le bon. Un lieu loin de toute agitation de la ville où il pouvait panser ses blessures sentimentales.

 

Alors qu’il se laissait à nouveau partir dans sa mélancolie, David fut tiré de sa rêverie par une question de son invité.

 

- Jessy. Tu l’as finalement connu comment ?

- C’était  la fille d’une junkie. On l’a retrouvé bébé aux portes d’un hôpital universitaire. Elle était en manque de drogue dés sa naissance. Avec l’age ils ont constaté que les « habitudes de consommation » de sa mère biologique avait eu un effet désastreux sur le développement de son cœur. Ils l’ont déclaré cardiaque de naissance. Avec l’age, sa malformation s’est développée rendant tout traitement classique inopérant. C’est à ce moment là que l’assistance sociale me l’a présenté.

- Mais tu travailles dans une clinique ?

- Exact.

- Tu m’as dit que les organismes d’état n’y envoyaient personne en raison de leur surcoût.

- A nouveau exact. Mais j’offre chaque semaine quelques heures de mes consultations à diverses œuvres sociales.

- C’est vrai ?

- Hum. Mais ne va pas t’imaginer que je sois si altruiste pour autant. Il faut être honnête sur ce point. De plus en plus de médecin agissent de la sorte pour réduire sensiblement leur feuille d’impôt.

 

Même si la raison évoquée était vraie, Mel se plaisait à croire que cet homme lui ayant tendu la main sans rien demander en échange faisait de même avec ces enfants et adultes qu’il voyait à l’occasion de ces auscultations offertes gracieusement aux plus démunis.

 

C’était mi-amusant, mi-déstabilisant. Mais il aurait été une fille, Mel se serait sentit prêt à soupirer devant cette image de l’homme parfait. David en prenait-il seulement conscience ?

La réponse étant certainement Non, Mel en ria quelque peu.

 

- Ce n’est pas pour autant, une raison de se moquer de moi. Tu n’imagines pas un instant la somme que l’état nous prélève. Ce sont de vrais voleurs quand ils s’y mettent.

 

N’en pouvant plus, Mel ria de plus belle. Depuis quelques jours, il se sentait tellement bien ici. Si seulement il était lui aussi en vacances et non secouru d’un crime ou d’un danger qu’il méconnaissait toujours.

 

Lasse de le voir se moquer de lui, David voulu le faire taire en le bâillonnant de ses mains. Mais sa victime n’étant guère consentante, il finirent par se battre tel deux chiffonniers ne cessant plus d’en rire quand une fenêtre s’ouvrit au premier.

 

- C’est pas bientôt fini ! Y’en qui aimerait dormir.

 

Pouffant de la remarque de Jessy, ce fut non sans mal que le médecin reprit son sérieux pour garantir à sa petite protégée le retour à un calme et silence complet.

 

Définitivement peu dupe de leurs effort, Jessica referma sa fenêtre serrant toujours sous son bras, la peluche Alfred, la bien nommée.

 

- Il est temps que nous allions aussi nous coucher.

- C’est vrai.

 

Si Mel venait de confirmer la demande, il ne bougea pas pour autant d’un millimètre.

 

- Y’a juste un problème.

- Tu as encore mal quelque part ? Les brûlures ? Mal de crâne ?

- Pas exactement.

- Quoi alors ?

- Pas sommeil.

 

Et avant qu’il n’ait fini de répondre, il repartait à l’attaque de son bienfaiteur.

Quelques minutes plus tard, c’est l’eau contenue dans un verre à dent qui les stoppèrent dans ce retour à leur jeunesse passée.

 

*-*-*-*

 

Le lendemain matin, David ne mit plus de ces petites pilules qu’il faisait jusqu’alors prendre à Mel. La prise de sang faite la veille avant leur dîner, avait confirmé qu’il était enfin sevré des psychotropes divers, polluant jusqu’alors son sang.

 

En échange, il partit faire un petit saut dans la petite boutique attenante à la route menant au chalet.

A défaut de pouvoir afficher son affection grandissante pour le jeune homme, David prenait un plaisir peut-être malsain à le gâter autant que possible.

 

A peine entra-t-il dans le magasin qu’il constata l’absence du vieux Charlie. A sa place, une jeune femme qu’il savait être sa belle fille.

 

- Bonjour docteur.

- Bonjour, je prendrais deux paquets de légère.

 

La femme déposant sa commande sur le comptoir, David y ajouta les friandises et autres babioles dont raffolaient Jessy et Mel.

 

- A bientôt et passez le bonjour à votre père.

- Ce sera fait ! A bientôt docteur.

 

Reprenant le volant, c’est au détour d’un virage qu’il croisa une voiture contenant deux hommes. A leur tour, ces derniers s’arrêtèrent pour faire le plein d’essence.

 

A suivre

 

Un Gros pardon pour le retard de ce nouveau chapitre mais j’étais un peu bloquée par tout plein de chose. Un gros pardon pour l’absence d’avancé dans l’histoire (mais quand vous allez lire la suite, aussi en ligne, vous allez penser que je vais subitement trop vite lol) Pis un Gros merci à tous ceux qui m’écrivent par rev ou mail pour me soutenir et m’encourager dans l’écriture de cette tite histoire ;))

 

mimi yuy