Auteur : mimi yuy

Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Yaoi, j’en ai peur ^_^’’

 

 

 

Run away

 

 

 

Chapitre 5 : Jour : J + 3

 

Au matin Mel ignorait comment se comporter avec jessy.

David partit dés la fin du petit déjeuner, il devait s’occuper de la petite.

Mais ayant passé jusqu’alors ses journées à dormir et errer dans la maison, le jeune homme ne savait quel comportement avoir avec l’enfant.

Un doute qui eut vite fait de s’effacer devant son naturel ouvert et attachant.

 

Assit sur les marches menant à la maison, Mel vit Jessica debout devant lui, point posés sur ses hanches. Derrière elle, un vélo flamboyant d’un rouge écrevisse, muni d’un petit panier en osier sur son guidon.

 

- Alors, on y va ?

- Quand tu veux Jess

- Faudrait peut-être commencer par aller chercher ton vélo, tu crois pas ?

- Je... Oui, bien sur. Tu veux bien me montrer où ils sont ?

 

Soupirant devant cet adulte empoté, la petite fille le guida jusqu’à la porte du garage.

En ouvrant les lourdes portent, Mel comprit aussitôt pourquoi le 4x4 de David ne s’y trouvait jamais. Ce n’était pas un garage mais un amoncellement de carton, meuble et bric à brac en tout genre.

N’ayant aucune crainte à s’aventurer dans cette jungle, Jessica lui trouva très vite le recoin où était entreposé plusieurs modèles de VTT et bicyclettes.

Privilégiant un vélo de plaisance à ceux de course, il vérifia la bonne tenue des pneus avant d’en régler selle et guidon. Fin prêt, il tenta un premier coup de pédale.

 

La vielle expression qui disait que faire du vélo ne s’oubliait pas n’avait jamais été aussi véridique.

La mémoire était vraiment une chose étrange.

 

- C’est bon, on peut y aller.

 

Enfourchant sa bicyclette rouge, Jessica partit droit devant.

A l’évidence, elle savait où elle voulait se rendre.

La suivant de quelques cycles, Mel apprécia la promenade en cette fraîche matinée

 

Une bonne demi-heure plus tard, après la révélation que non, lui ne connaissait aucun de ces génériques qu’elle lui fredonnait, ni les titres pourtant si connus des émissions qu’elle lui citait, la petite sembla avoir trouvé le lieu où elle voulait les emmener.

Descendant de selle, elle se pressa d’aller sur une sorte de petit ponton s’avançant dans l’eau du Lac.

 

- Il paraît qu’une femme est morte ici.

- Charmant…

 

S’approchant à son tour de l’avancée en bois, Mel observa l’eau trouble. Tirant sur le vert, elle ne donnait aucune envie d’y glisser le moindre orteil. Sans parler du froid qu’elle devait avoir.

Jessica regardant elle aussi le fond opaque avec passion, il fut amusé de la voir plus attirée par cette vision qu’apeurée par sa révélation.

 

- Qui t’a raconté cette histoire ?

- C’est une légende de la région. En 1720, après avoir échappé aux assassins anglais de son fiancé, Elisabeth Mac-Leor se rendit à cet endroit. Ses poursuivants la suivant toujours elle tenta de les semer en plongeant dans l’eau. C’était l’hiver et elle en est morte.

- Tu es déjà venue ici ?

- Non. Sensei me l’a toujours interdit.

- Merci de me l’avoir précisé avant…

- En revanche, il m’a promit qu’on irait visiter le château des Mac-Leor durant les vacances. Tu viendras avec nous ?

- On verra.

- Dis ?

- hum ?

- Tu crois que c’est douloureux ?

- Quoi Jessy ?

- Mourir ?

 

La question n’étant pas facile à répondre, Mel observa quelques secondes l’eau trouble avant d’y répondre. Ne pas avoir de mémoire sur sa vie personnelle ne vous enlevait pas vos opinions profondes sur les grandes questions de la vie.

 

- Je l’ignore Jess. Je suppose que tout dépend de la manière dont cela arrive.

- Et par noyade ?

- M’est d’avis qu’ici tu mourrais des bactéries présentes dans l’eau bien avant que cette dernière n’atteigne tes poumons.

 

Semblant réfléchir sérieusement à cette réponse, Jessy en conclue que cela n’était pas possible.

 

- Faut espérer que tu retrouves assez vite un peu de mémoire parce qu’à ce tarif, tu vas avoir du mal à repartir vivre en société.

 

Ce ne fut qu’après un silence de quelques secondes que Mel réalisa qu’elle l’avait peut-être bien prise au sérieux.

Riant de sa naïveté qui lui rendait toute son enfance, Mel se releva pour suivre la petite.

 

- Tu as d’autres coins de ce genre à me montrer que David refuse de te laisser voir ?

- Puisque tu insistes, il y a pas loin une grotte où l’on a encore vu il y’a quelques années des ours féroces.

- Des ours féroces ! Ben il nous manquerait plus qu’on les trouve…

 

*-*-*-*

 

David pouvait bien l’avouer, il n’était guère rassuré.

En partant au petit matin, il avait laissé son étrange invité assit face à Jessica à la table de la cuisine, tous deux encore embués dans leur réveil difficile.

Une heure plus tôt, il avait eu le temps de faire une petite injection à Mel, profitant de son sommeil profond pour ne pas renouveler la panique ressentit la veille par ce dernier à la vision de la seringue.

Un peu après, c’est au chevet de Jessica qu’il s’était rendu pour discuter seul à seul. S’il voulait lui faire passer quelques règles strictes à suivre quand elle serait seule avec Mel, il désirait surtout s’assurer que tout se passait bien pour elle. Il lui suffisait de lui dire un mot pour qu’il la ramène chez elle. Mais il savait bien qu’elle n’utiliserait jamais cette option.

 

Au volant de sa voiture, il pouvait enfin profiter d’un calme qu’il n’avait pas eu privilège de connaître depuis son départ de Glasgow. Ces vacances prévues de longues dates avaient tournée si étrangement. Il s’étonnait toujours d’avoir réagit aussi simplement depuis leur rencontre avec Mel. Mais comment pouvait-on craindre quoique ce soit de cet homme… ?

 

Soupirant de ne pas prendre suffisamment de précaution le concernant, David ralentit pour entrer sur un dégagement en flanc de colline. Sur l’unique route menant à sa demeure, se trouvait une petite épicerie/ station service tenue par un homme du pays. Simple oasis pour les gens de passage totalement perdus dans le labyrinthe de ces montagnes ou lieu incontournable des habitants de la région.

 

Ce matin, il semblait n’y avoir personne. Une aubaine. Car curieux comme il l’était, le patron avait vite fait de tenir toute la région au courant de vos petits secrets.

 

*-*-*-*

 

Bien qu’il ait fait tout son possible pour rentrer au plus tôt, David coupa le contact de sa voiture, passée une heure de l’après midi. Question rapidité, il avait fait fort. Priant pour que ses deux invités ne se soient pas perdus dans la forêt des Highlands, il fut aussitôt rassuré en voyant Jessy fuir de la maison en lui faisant un petit signe, vite suivit de Mel. Ce dernier, contrairement à Jessica eut la bonté de venir le rejoindre, se dirigeant vers le coffre en vu de le décharger

 

Ouvrant sa portière, le médecin, rejoignit le jeune homme pour rentrer avec lui les courses faites pour nourrir plus facilement deux adultes et une enfant affamés par le grand air. Il avait beau avoir un bon coup de fourchette, en veuille pour preuve son tour de taille en progression, ce n’était rien comparé à Mel. C’était à croire qu’il n’avait pas mangé depuis des siècles.

 

Déposant les premiers sacs sur la table de cuisine, David s’en voulu de ne pas être arrivé à temps pour le déjeuner. Sortant les courses des sac en papier, Mel en profitait pour lui expliquer qu’il avait prit sur lui de manger avec Jessy en son absence.

 

- Je craignais que la petite ne puisse pas attendre ton retour. Les promenades au grand air, ça creuse.

- Tu as bien fait. Je ne pensais pas en avoir pour si longtemps. Mais le premier point pharmacie n’avait pas en stock ce que je cherchais.

- Et tu cherchais quoi exactement ?

- Les médicaments les plus puissants sont généralement prescrits sous la forme d’injection. Alors en trouver de similaire sous comprimé n’est pas une mince affaire. J’espère que la difficulté en vaudra ta reconnaissance sous forme d’une obéissance totale quant à ce que je te demanderais de prendre.

- Je… oui.

- Dans ce cas on va commencer tout de suite.

 

Sortant une poche en plastique des affaires apportées, David en tira deux boites de gélules.

Faisant la grimace à leurs vues, Mel fit inconsciemment un pas en arrière.

 

- C’est obligé ?

- Je crains que oui.

 

Sortant le jus de fruit du frigo et un verre du placard, il les déposa aux cotés de Mel.

Suite à quoi, il sortit chercher le reste de ses achats.

Faisant face à la gélule posée sur la table de cuisine, Mel se sentit prit d’un malaise.

Un flash indistinct et rapide où il vit des mains d’hommes manipuler de tels médicaments…

Etait-ce les siennes ? Les prenaient-ils ? Les donnaient-ils ?

S’asseyant sur une chaise, Mel respira doucement tout en observant ses mains trembler avec force.

Un effet du manque dont lui avait parlé David ?

Il ne devait surtout pas paniquer pour si peu…

 

Fixant de nouveau avec insistance cette gélule qui le bouleversait tant, il se décida enfin.

D’un geste rapide pour ne pas plus hésiter, il l’avala avant de boire quelques gorgées.

Si l’image l’avait inquiété, il en ressortait une vérité définitive.

Il avait confiance en David. Suffisamment pour prendre ce qu’il aurait refusé venant d’un autre. Tout comme, il appréciait réellement la petite Jessy. Et à leurs cotés, il lui semblait pouvoir reprendre pied. Aussi prit-il une décision. Puisque David lui en offrait l’occasion, il resterait chez lui le temps qu’il ne soit plus dépendant de toutes ces toxines qui telles des fantômes, prenaient vie dans son corps une fois disparues.

 

- Bah alors, t’as changé d’idée ?

- Hein ?

- Tu ne veux plus m’aider à décharger mes courses de titans ?

 

Se levant d’un bond à cette remarque, Mel le démentit aussitôt, suivant David dans son troisième voyage.

 

*-*-*-*

 

L’après-midi c’était ainsi poursuivit avec légèreté et insouciance.

Le dîner passé, les deux hommes sortirent tranquillement s’installer sur les marches du perron. Portant chacun un mug de café à la main, ils  observèrent les lueurs de la lune sur le lac. Un moyen aussi de parler en toute tranquillité sans que Jessy ne se sente mise à l’écart par quelques messes basses. Un moyen aussi d’échapper à la rediffusion d’un film d’animation mettant en scène des jouets à la mode.

 

Entendant de leur situation les rires légers de Jessica, Mel prit son courage à deux mains pour poser l’une des si nombreuses questions qu’il accumulait depuis leur rencontre.

 

- Je peux te poser des questions David ?

- Bien sûr.

- Pourquoi Jessy t’appelle « Sensei » ?

- Elle a trouvé ça dans l’un de ses dessins animés. Elle trouvait le son agréable et adapté à mon travail. Alors elle l’a adopté.

- Et cela signifie quelque chose ?

- C’est l’équivalent de « professeur » dans la langue japonaise.

- C’est mignon.

- Disons surtout que c’est « tendance ». Je ne suis pas persuadé qu’elle en comprenne vraiment le sens.

- Moi je crois que si.

- Hum.

- Ce qui est plus étrange, c’est pourquoi elle te vouvoie et moi pas.

- C’est typique des enfants a qui l’on annonce qu’ils vont mourir. C’est une manière à elle de ne pas vouloir s’attacher à moi. Ou tout du moins que je ne m’attache pas trop à elle pour que le jour où elle ne sera plus là, je ne sois pas si triste.

- Alors…

 

Cette information annoncée si simplement et si… facilement par le médecin le choquait et l’attristait vraiment. Comment des gamins pouvaient mourir si jeunes ? Dire qu’il en existait des milliers de par le monde qui n’étaient guère mieux lotis. A cet instant, il comprenait subitement toute l’implication de la question de Jessy le matin-même. Dire qu’il avait fini par lui répondre par une pirouette verbale. Comment aurait-il pu se douter que l’enfant côtoyait réellement la mort ? Malformation cardiaque n’était plus synonyme de condamnation depuis des lustres !

 

- …Elle est condamnée ?

- Non, pas nécessairement. Nous ne le saurons avec certitude que lorsqu’elle aura terminé sa croissance. Si elle passe ce cap, alors il y a de grande chance pour qu’elle vive comme tout à chacun de très longues années avec pour seule contrainte une prise de médicament journalière.

- En tout cas, ce n’est pas une gamine ordinaire.

- Il faut dire qu’en plus de sa maladie avec laquelle elle a apprit à vivre depuis toute petite, elle possède un QI très élevé. Elle est jeune et pourtant bien plus mature que la majorité de mes patients tous plus âgés qu’elle. Mais sur certains points, elle reste malgré tout une enfant de dix ans avec ses doutes, ses peurs, ses envies.

 

- Et ses goûts pour les dessins animés.

- Je crois n’en avoir jamais vu autant de ma vie que depuis que je la connais.

- Tu l’aimes beaucoup.

- Si on veut.

- Tu as des enfants à toi ?

- Non.

- Je suppose que ton travail ne te permet pas d’avoir de relation durable avec une femme.

 

Suite à quelques minutes de silence, David le brisa pour une confidence qu’il ne se serait jamais cru capable de faire en d’autres circonstances. D’ailleurs à bien y penser, il ne l’avait avoué qu’à très peu de personne auparavant.

 

- J’ai été marié.

- Eté ?

- Plus jeune. Il y a de cela dix ans. C’était en France. Un mariage de convenance. Nos deux familles nous avaient fortement poussé l’un vers l’autre. J’avais un avenir tout tracé dans une clinique de la capitale. Elle était née pour jouer les parfaites femmes d’intérieur vouée à soutenir son époux dans sa monté en hiérarchie. Nous avions un futur tout tracé. Peu de temps après le mariage, elle m’a appris qu’elle attendait un enfant. Il n’était peut-être pas de moi aux vues du lapse de temps que nous avions eu pour le procréer. Mais peu m’importait. Nous allions former une famille.

- …

 

Sachant pertinemment que tout ne pouvait rester ainsi, Mel s’abstint de commenter ces premières confidences. Au visage de David, l’histoire ne faisait que commencer.

 

- J’ai appris un mois après qu’elle s’était fait avorter. Un collègue de mon père au téléphone. Je ne savais pas qu’elle n’avait jamais eu l’intention de le garder. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle m’en avait parlé si sa décision était déjà prise.

- Alors vous vous êtes quitté ?

- Pas exactement. Le coup de fil m’informait qu’il y avait eu des complications. Qu’elle venait d’entrer au bloc opératoire. Elle est morte deux semaines plus tard en soin intensif suite à une succession de complications.

- …

- N’ayant plus envie de rester dans ce lieu, entouré de ces personnes, j’ai décidé de prendre un peu de recul sur tout ça. Je suis partie à Genève pour me concentrer sur mes dernières années d’études. Cinq ans plus tard, quant elles furent terminées, je suis venu travailler ici. Mon, oncle est un médecin reconnu dans l’une des cliniques de la région. Il m’a proposé de l’y rejoindre. Alors j’ai tout vendu et abandonné en France pour acheter un appartement en ville et cette propriété ici.

- C’est dans cette clinique que tu as rencontré Jessy ?

- Oui. Elle fut ma première patiente. Elle avait à peine 5 ans. Depuis, je la vois presque chaque semaine. Ceci étant, je ne sais pas pourquoi elle s’est autant attachée à moi.

 

Mel avait envie de dire que lui le comprenait parfaitement pour le vivre à cet instant précis. Mais, il n’en fit rien. Il avait beau être amnésique, il savait parfaitement que ce n’était pas le moment, qu’il y avait des choses qui ne se disaient pas si facilement.

 

- Puisque j’évoque mon oncle, sache que je l’ai rappelé ce soir. La police n’ayant toujours rien trouvé sur ton signalement, il va approfondir ses recherches sur le centre Walters pour voir ce qu’il en est de ce coté-là.

- Je ne voudrais pas qu’il ait des soucis à cause de moi.

- Aucune inquiétude.

- Tu dis ça. Mais rien ne peut t’assurer que je ne suis pas un tueur psychopathe en fuite.

- Je ne crois pas. J’en suis sûr même.

- Qu’est-ce qui te rend si confiant ?

- Après ton malaise dans ma voiture, j’ai pu voir que tu n’avais pas mis le chargeur dans le pistolet. Il se trouvait coincé dans ta ceinture. Alors tu aurais eu beau appuyer sur la détente, aucune balle n’en serait jamais sortit. Le barillet était vide, lui aussi.

- Je sais.

- C’était donc volontaire… Explique-moi Mel. Quel preneur d’otage ne mettrait pas de balle dans son arme ?

- Je… je ne voulais pas blesser la petite. Je redoutais que sous la peur, elle se débatte et que finalement un coup parte tout seul. Je voulais juste fuir, pas vous porter préjudice.

- Ce qui donne la réponse à ta question. Un tueur psychopathe, crois-moi, n’aurait pas de telles considérations.

- Peut-être…

 

Se relevant des marches, David incita Mel à le suivre. Leur conversation n’avait que trop duré. Il était temps pour eux d’aller se coucher.

 

A suivre

 

Suis pas très satisfaite de la forme, mais les éléments indispensables à l’intrigue sont là. Et même si certaines infos peuvent sembler bizarre à certain, non il n’y aucune erreur sur personne. Suite des explications de la vie de chacun dans les prochains chapitre ;)

Ceci étant, j’ai de nouveau peu d’espoir pour une update la semaine prochaine. Donc à dans deux semaines au plus tard ^_-

Un grand merci à tous ceux qui me lisent et m’envoient retour et mails ;)))

mimi yuy