Auteur : mimi yuy

Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Romance

 

Parce que j’ai finalement décidé de garder le rythme d’un chapitre par jour écoulé, et que j’avais trop honte de la taille du précédent, je me suis pressée de faire celui-ci. Je sais que c’est toujours le calme complet mais bon, c’est entièrement voulu lol ;p.

 

 

RUN AWAY

 

 

 

Chapitre 4 : Jour : J + 2

 

- Non… Arrêtez…

- Chut…

 

Faisant de son mieux pour ne pas appuyer sur la blessure au flan, David du mettre toute sa force pour stopper Mel dans ses mouvements. Totalement perdu dans son délire, le jeune homme tentait d’échapper à la seringue. Malheureusement pour lui, à cet instant, rien ne pouvait être plus rapide et à même de le soulager que cette piqûre qu’il semblait tant redouter.

 

- Calme-toi.

- Non…

- Mais fais-moi confiance.

 

Ses paroles n’ayant aucun succès, ce fut non sans scrupules que David réussit enfin à le coincer sur le lit. Assis sur sa taille, ignorant les jambes affolées, il coinça la main gauche de Mel son genou pour stopper l’un des bras, tandis qu’il serrait le poignet du second. Le brun enfin immobile, il réussit à faire son injection.

 

Il aurait mieux valu qu’il trouve à lui donner un cachet. Mais Mel était trop agité pour comprendre ce qu’on attendait de lui et de toute façon, il n’avait rien de plus efficace à disposition.

 

Dire qu’il n’était que 6h du matin. Pour une fois, David pouvait remercier les litres d’eau but la veille. Sans cette envie pressante qui l’avait poussé à se lever aux aurores, il n’aurait pas entendu les râles de son invité et pu intervenir avant qu’il ne fasse une bêtise. Deux jours après leur arrivée, les effets du manque de drogue dans l’organisme de Mel venaient de débuter. Inutile de préciser qu’il se félicitait intérieurement d’avoir prévu une trousse de soins vouée à faire face à tous les cas.

 

Bien que râlant de ce levé trop matinal, ce fut vers son bureau et non sa chambre que David se dirigea sans plus attendre. Il avait tenté d’appelé son oncle depuis l’avant veille sans grand succès. Ce dernier partit en week-end n’était jusqu’alors pas joignable. Mais aujourd’hui lundi, il n’avait aucun doute quant à le trouver chez lui ou à la clinique.

 

*-*-*

 

L’après-midi jouissait d’un magnifique soleil quand Jessy descendit à toute hâte les escaliers. A son pas lourd et bruyant, elle aurait pu faire concurrence à n’importe quel pachyderme empressé.

 

- Fais moins de bruit Jess.

- Mais je vais être en retard !

 

David évita toute remarque du genre  « Comment pouvait-on être en retard en vacance quand on n’y voyait personne ? ».  Cela semblait impossible au prime abord et pourtant…

Cette gamine s’était belle et bien établit un planning, une jolie feuille colorée aimantée sur le réfrigérateur.

Y jetant un coup d’œil au passage, David y comprit qu’aujourd’hui, c’était les poissons du lac qui semblaient l’y attendre pour une partie de pêche.

Une activité qui lui permettrait de ne pas courir derrière elle l’après-midi durant.

 

A l’étage, le passage bruyant de la jeune fille ne semblait pas avoir réveiller celui qu’elle avait très sérieusement baptisé : « Mel Campbell ». Alors le médecin reprit son activité favorite, poursuivre son roman confortablement installé sur la balancelle. Un lieu stratégique d’où il pouvait voir salon et alentours du lac.

 

*-*-*

 

Ce fut en fin de journée seulement que Mel sortit de son brouillard obscur.

Reprenant non sans mal ses esprits, il se leva et s’habilla malgré l’heure tardive affichée sur son réveil.

Sur la table de nuit, un verre de thé froid dont le niveau était à ras bord. Nul doute qu’il devait s’y trouver initialement quelques glaçons voués à rafraîchir la boisson. Malgré cette présence, signe d’une visite un peu plus tôt, les évènements du matin dont il gardait un souvenir ténu, le poussait à croire qu’il était grand temps pour lui de partir de cette demeure.

 

Prenant en main la veste en laine confiée la veille, il descendit dans les pièces à vivre.

Quelques remerciements, la promesse de rembourser le prix des vêtements portés et il espérait pouvoir fuir sans plus attendre. Il ne s’attendait certainement pas à voir un tel spectacle.

 

Le médecin très certainement réputé aux vues de sa demeure et par conséquences ses facilités financières, se trouvait à demi allongé sur le divan du salon, placé de sorte à regarder la télé.

Au sol, Jessica observait avec avidité l’écran cathodique.

Un coup d’oeil à ce dernier et il y vit un dessin animé qu’il ne connaissait pas.

Avait-il seulement le souvenir d’un seul titre d’émission télévisée ?

 

Observant tout autour de lui, il fut surpris de découvrir David regardant réellement lui aussi le programme.

Il venait même de sourire à un dialogue se voulant comique dicté par deux rongeurs colorés et étrangement habillés. [1]

 

Comment un médecin pouvait-il seulement éprouver du plaisir avec ces émissions pour enfant ?

Se sentant épié, le concerné détourna les yeux du téléviseur pour l’observer avec attention.

 

Sans plus de préambule, Mel se surprit à poser sa question tout aussitôt.

 

- Qu’est-ce que tu m’as forcé à prendre tout à l’heure ?

 

Ce n’était pas vraiment un reproche, juste une question mêlée à un sentiment d’impuissance totale.

 

- Benzodiazépines. C’est un tranquillisant du système nerveux central. Ton corps ayant trop longtemps été imprégné par ce type de psychotrope, tu nous as fais une crise de manque ce matin. J’aurais aimé t’éviter une nouvelle absorption mais c’était le plus efficace sur l’instant. J’ai eu beau t’avoir donné la dose minimale, sa nature anesthésiante t’a littéralement sonné.

- Comment t’en ais-tu procuré ?

- A la pharmacie, comme tout le monde.

 

Ce n’était pas vraiment le sens de sa question mais bon. Il supposait qu’il n’était pas difficile pour un médecin d’écrire une ordonnance pour se procurer les médicaments qu’il désirait. Toutefois, cela ne lui disait pas quand il se les était procuré ? Partait-on toujours en vacances avec ce genre de produit ?

 

- Je vais devoir sortir demain.

 

A ces mots les épaules de Jessica se tendirent légèrement.

 

- La matinée entière au moins. Alors j’aimerais que vous m’assuriez que tout se passera bien en mon absence tous les deux.

 

- Qu’est-ce qu’on va faire sans toi ?

- Tu peux faire du vélo avec Mel si cela lui dit.

 

Etrangement, Mel n’était pas plus rassuré que la gamine de se voir abandonné l’espace de quelques heures par l’homme. Il était pourtant un adulte lui. Et en tant que tel, il n’était pas censé craindre de rester seul avec une petite. D’autant que celle-ci était sage comme une image, si on exceptait qu’elle ne savait pas vivre silencieusement. Décidé de faire des efforts pour ne pas inquiéter Jessica inutilement, il prit le parti d’accepter la proposition évoquée par David.

 

- Tu as des vélos ?

- Oui. On a amené celui de Jess dans la voiture. Pour toi, y’en a tout un tas dans le garage.

- Dans ce cas, si tu le souhaites Jessy, je t’accompagnerais. Mais tu devras faire attention à moi. Je ne suis pas en forme olympique en ce moment.

- Ne t’inquiètes pas, je serais magmanime.

- Magnanime Jessy.

- C’est ce que j’ai dis !

 

Riant de la langue pendue de la petite à son médecin qui venait de la reprendre en lui tournant le dos, Mel reprit tout son sérieux quand David les observa pour comprendre la raison de cette subite bonne humeur.

 

N’étant pas dupe des facéties de sa petite patiente, David restait satisfait. Il ne pensait pas réussir à convaincre ces deux-là si facilement de son absence. Il jugeait de plus cette idée de vélo judicieuse. Un peu d’exercice physique ferait beaucoup de bien aux muscles atrophiés du jeune homme.

Bien sur, il restait l’hypothèse que Mel fasse une crise en son absence. Mais une dose plus faible du produit injecté le matin devait faire l’affaire tout en le laissant conscient de ses actes.

Après tout, leur rencontre mise à part, il n’avait jamais affiché de violence à leur encontre.

 

Tout aussi perdu dans ses pensées, Mel se sentait faible. Faible de céder si facilement à ce médecin et cette enfant, alors qu’il désirait initialement partir. Il n’avait même pas exprimé ce désir que déjà il acceptait de rester une journée de plus pour faire du vélo d’agrément. Faible, faible, faible. Voilà ce qu’il était !!

Enfin, un jour de plus ou de moins ne changerait pas grand chose. Tout du moins, tentait-il de s’en convaincre.

 

Se sentant vaincu dans son désir de fuite, le châtain s’assit dépité sur l’un des fauteuils du salon. Observant quelques minutes les images défilant sur la télé, il reprit la parole. Encore un peu et il se laissait faire sans chercher à comprendre ce qui motivait les actes de son bienfaiteur.

 

- Pourquoi  t’absentes-tu ? J’avais cru comprendre que vous deviez rester ici pendant un mois.

 

Loin d’exprimer la moindre gêne ou une simple seconde de doute quant à la réponse à lui apporter, David le renseigna tout aussitôt.

 

- J’ai besoin de trouver de quoi te soigner plus convenablement pour que la crise de ce matin ne se renouvelle pas. Il existe de bien meilleures molécules pour contrer les effets de l’accoutumance sans continuer à te droguer.

- Ah.

- De plus, nous avions fait les courses pour deux, vendredi soir. Alors je crains que cette première réserve ne dure pas aussi longtemps qu’elle aurait du.

- Je vois.

 

Cette réponse était si évidente que Mel se sentit plus stupide qu’un idiot du village. Qu’est-ce qui lui avait prit de demander des comptes à David ? D’un autre coté, pourquoi ce dernier ne comprenait-il pas de lui-même qu’il voulait partir ? S’il se sentait en ces lieux en sécurité, il ne trouverait jamais de quoi l’informer sur sa situation ainsi perdu au fin fond des Highlands.

 

- J’ai appelé mon oncle pour lui envoyer ton signalement ce matin. Il va faire sa petite enquête auprès d’amis à la lui dans la police. Il va aussi tenter de voir s’il ne peut pas trouver des informations sur le centre psychiatrique d’où tu viens. J’ignore s’ils ont déclaré ta disparition, mais j’en doute fort. Car même si tu as perdu une partie de ta mémoire, ta santé mentale ne fait aucun doute.

 

- Merci.

 

Au sourire rendu par le médecin, Mel su qu’il l’avait comprit. S’il le remerciait avant tout pour son aide à l’évidence active, c’est avant tout, cette certitude qu’il ne soit pas fou qui le rassurait sans commune mesure.

Ignorant toujours tout de son identité, il en venait à croire qu’il puisse être un dangereux psychopathe ou un doux dingue bel et bien en fuite de sa clinique psychiatrique. Mais David n’avait pas  tort en soit. Quel établissement de ce genre agirait aussi violemment avec un patient ? Les cas les plus critiques étaient maîtrisés avec les camisoles puis abrutis de stupéfiant, pas coursés par des chiens puis soumis aux électrochocs.

 

Mais cela sous-entendait-il qu’il était enfermé contre sa volonté ? Qu’il avait été victime d’un rapt ?

Pourquoi n’arrivait-il pas à se rappeler de la moindre chose ?

Frustré, Mel posa ses points sur ses yeux. Une mauvaise habitude qu’il avait de toujours vouloir les blesser pour ne pas voir la réalité flagrante et affligeante en face.

 

- Mel.

 

Relevant son visage à ce nom qu’il assimilait de plus en plus comme sien, Mel vit que ce n’était pas David qui l’avait de nouveau stoppé dans son geste. A sa droite le médecin n’était même déjà plus là. Refaisant face à la petite fille, le jeune homme tenta de comprendre ce qu’elle attendait de lui.

 

- Oui. Jessy.

- Fais-lui confiance.

 

A ces mots, la petite s’enfuit.

A la télé les informations commençaient, tandis que le bruit d’assiettes posées sur une table l’informait qu’ils ne tarderaient plus à manger. Soupirant devant sa faiblesse, Mel se releva bien décidé à les aider enfin ce soir-là, à préparer le dîner.

 

*-*-*

 

Leur repas terminé, David s’isola dans son bureau. Comme au matin, il téléphona à son oncle dans l’espoir d’obtenir quelques premières informations concernant son étrange amnésique.

 

L’homme d’une cinquantaine d’année bien avancée, était le frère de son défunt père, tous deux français de naissance. Bien que vivant dans un autre pays, il avait toujours été présent pour lui. A chacun de ses anniversaires, il était venu le voir. Pour la remise de ses diplômes aussi. Il n’avait jamais raté aucun moment important de sa vie malgré une vie des plus chargées et une grande famille bien envahissante. Père de quatre enfants, il était un modèle de stabilité sociale et professionnelle. Un homme bien sous tout rapport qui n’avait jamais eu aucune parole blessante à son encontre quand la vérité sur son homosexualité était apparue tranchante comme un sabre.

Il ignorait totalement ce qui pouvait pousser des hommes à retenir Mel dans un centre psychiatrique. Mais il savait que son oncle irréprochable en matière d’éthique pourrait l’aider à voir clair dans cette histoire.

Il lui faisait confiance.

Il l’avait aidé à venir le rejoindre en Ecosse quand les choses c’était envenimé pour lui en France.

Il l’aiderait aujourd’hui encore, comme il l’avait toujours fait.

Alors sans plus attendre, il se saisit du combiné pour l’appeler.

 

Quelques sonneries retentirent et ce fut Noël qui décrocha, le petit dernier de cette grande famille qui devait son nom à son jour de naissance. Avant qu’il n’ait pu demander à parler à son père, un crie digne de ceux de Jessica retentit à travers le combiné.

 

- Papaaaaa c’est pour toi !

 

On pouvait dire que l’enfant avait le don de le reconnaître à son simple « Bonjour ». Quelques minutes plus tard, il entendait enfin son oncle.

 

- Allo ?

- Oncle Alfred.

- David ! Je suis content que tu m’appelles. Cela ne va pas te satisfaire mais j’ai déjà quelques nouvelles pour toi.

- Le centre Walters a signalé des disparitions ?

- Aucune.  Mon ami qui travaille à la police a fait le recoupement entre ton signalement et les disparitions récentes ayant eu lieu dans la région mais aucune découverte de ce coté non plus.

- Tu n’as pas…

- Non ne t’inquiètes pas. Aucun avis n’a été déclaré pour ton protéger. S’il est bel et bien poursuivit par quelqu’un cela serait trop facile pour lui de compulser les archives de la police pour mettre la main dessus.

- Alors quoi faire maintenant ? Et s’il s’était rendu de lui-même se faire interner dans cet établissement, ils pourraient ne pas déclarer sa fuite par peur de mauvaise publicité ? Il est peut être maniaco dépressif à tendance amnésique… ? Ou pire, un simple mythomane…

- David. Je te fais confiance. Si tu as jugé à ton premier examen qu’il n’avait rien de psychotique, tu dois rester sur ton point de vue professionnel. Je sens que les jours venant c’est un aspect moins médical qui te fait douter. Ai-je tort ?

- Non… peut-être pas.

- Tu veux m’en parler ?

 

N’en ayant franchement pas envie, David hésita. Il n’aimait pas quand son oncle l’attirait dans ce genre de conversation. Mais à qui se confier quand personne ne pouvait le comprendre de toute manière.

 

- David. Je suis là pour toi tu sais.

- Oui…

 

Soupirant pour la forme, le médecin, s’enfonça dans son siège en cuir avant de libérer quelques vérités qui n’étaient pas bon pour lui de dévoiler.

 

 

A suivre.

 

[1] Si vous tenez absolument à le savoir, je pensais à l’animé : Hamtaro ^_^’’

 

Bon, on semble ne pas avoir avancé et pourtant, nous rentrons enfin dans le vif du sujet (platitude quand tu nous tiens ;p) A la semaine prochaine, si tout se passe bien et un GROS GROS merci à tous les lecteurs qui m’envoient leurs retours ;))

 

Mimi yuy