Auteur : mimi yuy

Disclamer : L’histoire, les personnages et l’intrigue m’appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Romance

 

Moi qui voulais passer inaperçu avec cette petit fic, me voilà repérée ^_^’’. En espérant que vous ne serez pas déçu quand je vois toutes vos attentes u_u

 

 

 

RUN AWAY

 

 

 

Chapitre 2 : Jour J.

 

Il avait mal à la tête mais étonnement, il se sentait bien. Plus simplement, si son corps souffrait, son esprit semblait enfin au repos. Une équation impossible avec son désir de liberté. Il avait voulu fuir. S’il était à nouveau sur un lit, c’est donc qu’ils l’avaient finalement retrouvé.

 

A cette évidence, le jeune homme ouvrit les yeux brusquement.

 

S’attendant à la lumière éblouissante des néons et l’éclat des murs blancs d’une cellule d’isolement, il ne vit qu’un papier peint aux couleurs chaudes… et un visage qu’il reconnaissait sans être capable d’y mettre un nom.

 

Levant son bras droit par réflexe pour soulager son mal de crâne d’une pression sur ses tempes, il eut sa plus grande des surprises. Il était libre. Aucune chaîne. Aucune sangle. On l’avait laissé libre de ses mouvements.

 

- Senseiii !! Mel s’est réveillé !

 

Le cri de la gamine lui vrilla douloureusement les tympans.

 

Regroupant toutes ses forces pour soulever son visage, il put finalement apercevoir le corps d’un homme entrer dans la chambre. Qu’allait-on lui faire à présent ?

 

- Jessy. Je t’avais demandé de ne pas crier à son réveil.

- Désolé.

 

Elle avait beau être intelligente, cette môme était trop tête en l’air.

 

- Va surveiller la poêle, tu veux.

- J’y vais. A tout de suite Mel.

 

Un signe de la main vers l’inconnu et elle sortit enfin.

 

Devant la seconde tentative à se redresser de l’inconnu, David l’aida de sorte à l’adosser contre deux épais coussins.

 

- Où suis-je ?

- Chez moi.

- Les flics ne vont plus tarder, je suppose.

- Non.

 

N’y croyant pas, le blessé se permit d’en rire doucement.

 

- Bien sûr. Et ça vous prend souvent de ramener un preneur d’otage chez vous en présence de votre fille ? Vous n’avez pas peur que je me lève pour aller la tuer pendant un moment d’inattention de votre part ?

- Les réponses sont : non et non.

- Hein ?

 

A l’évidence encore trop groggy pour comprendre la moindre subtilité, David s’assit à ses cotés sur le lit.

 

- Quel est votre nom ?

- Et le vôtre ?

- Je m’appelle David Leblanc.

 

Ne s’attendant pas à obtenir de réponse, l’homme tenta de détourner la conversation.

 

- Pourquoi la môme m’appelle Mel ?

- Nous ignorions comment vous nommer. Alors elle a choisit celui-ci en attendant votre réveil.

- Et pourquoi lui ?

- C’est le prénom d’un acteur australien qu’elle voulait donner à son futur chat. Du moins, si j’ai tout compris.

- Vous venez de quelle planète ?

 

Ignorant royalement sa remarque, David reprit ses questions avec calme et une surprenante patience.

 

- Dites-moi votre nom, maintenant.

 

Devant le mutisme du jeune homme, David eut ses premiers doutes.

Prenant une toute petite lampe dans sa poche, il observa les pupilles de son « patient ».

 

- Savez-vous quel jour nous sommes ?

- Vous me prenez pour qui ? Miss météo ?

- Quel est votre dernier souvenir ?

- C’est quoi ces questions ? Laissez-moi !

 

Il tentait de se relever quand une seule pression sur son corps le stoppa tout aussitôt. Cet homme savait comment l’immobiliser. Car ce n’était pas n’importe où qu’il l’avait touché. Mais bien à l’endroit précis où cela faisait le plus mal.

 

- Sensei, je crois que c’est cuit !

- J’arrive.

 

Se relevant sans geste brusque, l’homme sortit de la chambre laissant la gamine y revenir.

 

- Empêche-le de se lever le temps que je revienne et ne lui hurle plus dans les oreilles.

- D’accord.

 

Sage comme une image, elle s’assit sans un bruit sur le fauteuil où elle se trouvait à son réveil l’observant, un grand sourire aux lèvres. Devant ce visage souriant, il ne comprit pas ce qui arrivait. C’était quoi ces gens qui n’avaient pas peur de lui ? Etait-ce une feinte pour qu’il ne s’agite pas le temps que ses poursuivants viennent le récupérer ?

 

Il allait finalement poser une question quand l’homme, ce David, entra à nouveau.

Dans ses mains, une assiette pleine de nourriture et un verre de jus de fruits frais aux vues de la condensation qui s’en écoulait. Posant le tout sur la table de nuit, il s’assit à nouveau à son chevet.

 

- Vous aller pouvoir manger seul ou vous avez besoin d’aide ?

- Je…

 

Observant non sans intérêt l’assiette à l’odeur plus qu’appétissante, il hocha la tête en un signe d’accord. Il n’avait aucun souvenir de quand datait son dernier repas. Mais il savait qu’il pouvait manger de lui-même. Ca oui.

 

- Prenez votre temps. Je reviens vous voir après.

 

Et sans plus tarder le père et la fille le quittèrent.

Ils étaient fous. Fous ou stupides.

Mais lui n’allait pas ne pas en profiter.

Prenant avec avidité l’assiette dés leur départ, ce fut avec appétit qu’il dévora œuf aux plats, saucisses grillées, pommes de terre sautées et bacon rissolé à point. Un monticule communément appelé Brunch anglais auquel s’ajoutait un muffin blanc pour saucer l’assiette.

 

Quand il eut terminé la dernière goutte du verre, il se laissa aller en arrière dans les coussins. Cette sensation de satiété était presque jouissive. Soupirant de bien être, il prit seulement conscience qu’il portait une sorte de pyjama d’hiver pour homme. Sans doute des vêtements appartenant à son étrange hôte.

 

Soulevant la chemise de coton doux, il pu voir sa blessure recouverte d’un pansement. Curieux, il en décolla une partie du sparadrap pour l’observer de plus près. A l’évidence on l’avait lavé avec attention. Car sa dernière image de la profonde déchirure était un magma de terre et de fibres enchevêtrées dans la chair. L’homme l’avait aussi recousu. Un travail de spécialiste sans aucun doute. Il ignorait comment il le savait, mais c’était une évidence à ses yeux. Il s’agissait-là de l’œuvre d’un médecin.

 

- C’est moi qui vous ai soigné.

 

Relevant la tête tout en baissant à la hâte sa chemise prit par surprise, il ne dit pas un mot. Il se sentait dans la peau d’un écolier prit en flagrant délit par son maître d’école.

 

L’approchant toujours avec calme et aucune crainte ou lueur de peur dans ses yeux, David s’assit encore une fois à ses cotés. Dans ses mains une trousse de premiers soins.

 

- Vous êtes médecin ?

- Oui.

- Alors je comprends mieux.

- Comprendre quoi ?

 

Tout en lui parlant, David déboutonnait avec attention le pyjama pour avoir accès au pansement à moitié défait.

 

- Pourquoi je suis là. On attend les renforts. Mais au lieu de me laisser croupir dans une cave quelconque, votre serment d’Hippocrate vous pousse à me soigner malgré tout.

- Vous reconnaissez un soin médical, vous vous souvenez de l’éthique des médecins et de comment utiliser des couverts mais pas de votre nom ou des évènements récents vous concernant.

- C’est quoi cette blague ? !

 

Repoussant les mains qui revenaient chaque fois avec patience poser un nouveau pansement, le blesser ne savait plus comment réagir. Plus encore quand ces mêmes mains appliquèrent ensuite avec douceur une pommade apaisante sur les deux marques rectangulaires présentes sur son torse qui le brûlaient en profondeur.

 

Ayant terminé sa tache, David reboutonna le vêtement avant de l’observer dans les yeux.

Repoussant ses cheveux, il apposa de la même manière un peu de crème sur chacune des deux tempes jusqu’alors si douloureuses. Pour Mel c’était comme un voile de fraîcheur qui taisait toute souffrance.

 

- Ecoutez-moi bien car je ne me répéterais pas sur ce point. Personne n’est au courant de votre présence ici et je n’ai aucune intention d’appeler qui que ce soit vous concernant. Je n’ai pas peur de vous. Jessy non plus. Votre arme est au fond du lac avec ses balles. Vous, vous trouvez dans un lieu isolé du monde à plus d’une centaine de kilomètres de la moindre habitation. Vous n’avez donc rien à craindre de personne. C’est compris ?

 

Incapable de répondre à cette étrange tirade, le châtain se contenta d’un signe de tête.

 

- Bien. Dite-moi maintenant de quoi vous vous souvenez ?

- Je…

 

Fermant les yeux devant ce constat affligeant, il nia de la tête.

 

- Votre nom ?

 

Nouvelle négation.

 

- Rien ne vous vient à l’esprit ? Aucun nom ou mot particulier ? Le visage d’une personne peut-être ?

- Je ne sais plus. Ca chauffe trop fort dans ma tête. La seule chose dont je sois certain, c’est que je dois fuir. Fuir. Fuir…

 

N’y comprenant rien lui-même, l’homme posa avec violence ses mains sur ses yeux en une volonté de les repousser dans leurs orbites. Mais aussitôt une prise ferme le stoppa.

 

- Calmez-vous. C’est inutile de vous faire du mal. D’autant que cela ne fera pas revenir votre mémoire.

 

Le voyant épuisé par leur bref échange, David se sentit touché par toute cette détresse.

 

- En attendant que des informations vous reviennent ou que l’on retrouve votre identité d’une manière ou d’une autre, peut-on continuer à vous appeler Mel ?

 

Hochement positif.

 

- Bien. Tout me laisse croire que vous, vous êtes évadés d’un hôpital psychiatrique  Mel. Vous, vous souvenez de ça ?

 

Ayant définitivement attiré son attention, le jeune homme l’observa incrédule. Oui, il venait de s’évader d’un lieu blanc où on le prenait pour un fou. Mais comment pouvait-il l’avoir deviner sans connaître les médecins qui l’avait interné ?!

 

- Ne faites pas cette tête. Vous me dites que vous voulez fuir. Vos vêtements beaucoup trop grands n’étaient pas à vous mais à un certain MacKensie, si l’on s’en tient à la carte de bibliothèque trouvée dans la poche arrière du jeans. Sachant en revanche que vos sous-vêtements portaient eux une étiquette du centre de psychiatrie Walters. L’idée n’était pas si dure à trouver.

 

Mel n’avait jamais remarqué que les vêtements mis à disposition par le centre étaient ainsi étiquetés. Se doutant du fil de ses pensées, David ajouta ce qui avait lieu pour lui d’évidence.

 

- Il faut bien que les entreprises de laverie sachent à qui elles doivent remettre le linge propre.

- …

- Bien. Aux vues de vos blessures, je suppose que votre fuite ne s’est pas faite facilement. A moins que vous ne vous soyez fait prendre dans une rixe juste après votre évasion.

 

Aux mouvements de négation, David en conclu que c’était bien les infirmiers ou l’un des pensionnaires qui en était donc responsable.

 

- Pourquoi vous être enfuis Mel ?

- Pourquoi me garder ici sans prévenir personne ?

 

Devant l’esprit butté qui lui faisait face, le médecin obtempéra. Il n’obtiendrait de lui aucune confidence, s’il n’en offrait pas lui-même auparavant.

 

- Parce qu’il n’est plus d’usage depuis des décennies d’utiliser les électrochocs pour soigner les déficiences mentales. Que les coups de couteau et autres morsures de chien ne sont pas plus autorisés aux infirmiers dans ce genre d’établissement qu’il soit civil, militaire ou carcérale.

- Je…

- Les marques présentes sur votre torse ne laissent aucun doute. Comme celles camouflées par vos mèches de cheveux ! J’ignore en revanche comment vous avez fait pour sortir si tout cela est aussi récent que je le crains. Quoiqu’il en soit, de tels sévices me suffisent amplement pour motiver votre  fuite de cet établissement privée.

 

Face à l’incrédulité de son « patient », David l’incita gentiment à se coucher de nouveau.

 

- Vous avez de la fièvre. Alors dormez maintenant.

 

Etrangement apaisé par les gestes de cet homme qui semblait si facilement comprendre et accepter la raison de sa fuite, Mel referma ses yeux sans plus discuter. Dans son esprit, aux portes du sommeil, il se demandait s’il était possible de découvrir autant de chose sur une personne avec si peu d’indice. Lui avait la tête si vide de tous souvenirs antérieurs à l’avant-veille et ce médecin semblait en découvrir tant et si facilement sur sa personne…

 

 

L’inconnu de nouveau endormit, David afficha toute son inquiétude. Il aurait préféré avoir tort. alheureusement les tremblements inconscients du corps de Mel quand il avait évoqué les électrochocs avaient suffit à lui confirmer ses craintes.

Si ces derniers avaient été répétés sur des fréquences de forte amplitude, il se pouvait qu’ils aient détruit de manière irrémédiable une partie des liaisons nerveuses de son cerveau.

Les conséquences d’une telle dégénérescence étaient doubles.

Perte de l‘esprit et de la mémoire et/ou perte de la motricité physique.

A la salive qu’il essuya doucement des lèvres entrouvertes, son étrange patient cumulait en partie les deux. Car s’il s’était servi de ses bras et mains sans trop de difficulté, ses jambes, elles, n’avaient pas encore bougé de toute sa phase d’éveil.

Il espérait pour Mel que cela ne soit que les conséquences de la fatigue et d’un traumatisme psychique du à la torture subit et non au passage de l’électricité elle-même dans son corps.

 

Ne comprenant pas que des médecins puissent avoir un tel comportement sur un être humain, David décida qu’il lui faudrait chercher des informations sur ce centre Walters implanté dans la région. Ainsi que sur son étrange invité. Mais comment allait-il s’y prendre avec Jessy à ses cotés pour  le mois entier ?

 

Alors qu’il pensait à la jeune fille, cette dernière passa au même instant son visage dans l’embrassure de la porte.

 

- Alors ?

- Alors je crois que Mel va rester ici pendant quelques temps, si tu n’y vois pas d’inconvénient.

- Cool, je rêvais justement d’avoir un chat pour les vacances ! Je peux sortir dehors maintenant ?

 

Ne relevant pas cette remarque sur le chat, David se leva pour suivre de loin la gamine.

 

- Oui, tu peux y aller. Je te rejoins tout de suite.

 

Si Jessica savait avoir champ libre dans cette propriété de quelques hectares. Elle savait tout autant qu’il était hors de question à son age de sortir du périmètre visuel du médecin sans sa permission.

 

A suivre

 

Ca ne répond pas encore à toutes vos questions, mais les réponses arriveront toutes en temps et en heure ^_-

Un gros merci à tous ceux et celles qui m’ont envoyé des retours et @ très bientôt ^__^x

mimi yuy