Auteur : Mimi Yuy

Email : mimimuffins@yahoo.fr

Origine : Fic originale, donc de ma création ^__^

Disclamer : Personnage à moua et rien qu'à moua ^_______^

Genre : Bonne question. Pour une fois je l'ignore totalement. Disons une plongée dans les liens filiaux !

Remarque : Je ne suis pas sûre que cette histoire vous apporte beaucoup. Pour moi, il s'agit juste d'un de mes rêves que j'ai souhaité mettre par écris. Chose faite, je m'attelle à présent à recopier les notes mises sur le papier pour vous retranscrire avec mes mots, les images et sentiments qui m'ont été données de voir et ressentir au cours de cette nuit.

 

 

 

 

Oniisan

 

 

 

2. Prise de connaissance.

 

A la vue du corps tombant à ses pieds, Christian sut qu'il ne pouvait plus jouer la comédie plus longtemps. Après avoir soulevé son jeune demi-frère dans ses bras pour l'installer sur un fauteuil dans la salle de repos des vendeurs, il resta sourd aux cris hystériques du patron jouant avec la légalité pour appeler au plus vite chez lui. Ne laissant pas l'occasion à sa gouvernante et cuisinière de dire quoique ce soit, il lui demanda de faire venir au plus vite son chauffeur à l'adresse de la boutique. Ignorant encore ce que pouvait avoir Nicolas, il espérait ne pas prendre plus de risque en retardant une hospitalisation peut-être nécessaire. Quelques paroles claires et nettes à celui qui les avait engagé afin qu'il oublie purement et simplement leur existence de par quelques billets apportés par le chauffeur et il partit avec l’adolescent inconscient allongé sur ses genoux.

 

A peine furent-ils alors rentrés que son médecin personnel était présent dans la chambre d'amis à ausculter le jeune inconnu.

 

- Qui est-ce ?

- Un ami.

- Son nom ?

- Nicolas.

- Bien. Loin de moi de juger les personnes avec qui vous sortez mais celui-ci est gravement atteint.

- Drogue ?

- Ca m'étonnerait. Il ne porte en tout cas aucune piqûre. Non, je pensais plutôt à de l'anorexie.

- Quoi ?

- Ecoutez. Dans notre monde, les jeunes gens de votre position ne peuvent être atteint à ce point de malnutrition que par ces fichues maladies que sont l'anorexie et la boulimie. Ce jeune homme n'ayant de toute évidence pas mangé depuis de nombreux jours, il ne fait aucun doute pour moi qu'il soit anorexique. Ce qui explique sans la moindre difficulté pourquoi il a pu perdre ainsi conscience au cours d'une soirée dansante.

- Je vois.

- Un conseil. Voyez avec ses parents à ce qu'ils le placent au plus vite dans un institut médical spécialisé et lui fasse voir un médecin psychiatre pour traiter la base de ce problème. En attendant, je lui ai mis une perfusion de glucose. Une fois celle-ci vide, vous pouvez toujours tenter de le forcer à se nourrir.

- Rien d'autre ?

- Si, un début de bronchite. Mais ca, le jour où vous les jeunes aurez compris que vous devez vous couvrir pour sortir, nous ne servirons plus à rien.

- Merci docteur pour vous être déplacé si tard.

- Je dirais si tôt, mais bon. Au revoir Christian.

 

Sur ces bonnes paroles, l'homme âgé quitta la maison de l'héritier pour rentrer chez lui. Resté dans la chambre d'amis, assis dans un fauteuil des plus confortables, Christian ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir. Dire que personne de sa famille n'avait jamais été présent durant la vie de ce gamin, le laissant seul face à la maladie de sa mère. Tout comme ils avaient ignoré sa vie d'exclu. Et quand il le retrouvait enfin, il se l'imaginait pas moins drogué et prostitué alors qu'il se contentait de vivre au mieux, allant jusqu’à se priver sans réfléchir de nourriture pour un inconnu un peu paumé qu’il venait de croiser dans une rue

 

Ne sachant trop quoi faire en attendant son réveil, il se contenta de débrancher la perfusion, cette dernière terminée, de border et ensevelir le jeune malade sous une couette épaisse, de monter le chauffage. Sans oublier de faire préparer de quoi manger pour son réveil et d'apporter avec lui toutes les lettres et papiers officiels lui permettant de lui prouver leur filiation.

 

Il était fin prêt à lui faire face quand pour tout réveil, il le vit bouger violemment et se découvrir prit dans un cauchemar très certainement déclenché par sa fièvre. Totalement impuissant, le jeune homme se contenta de rejoindre Nicolas sur le lit pour le prendre dans ses bras et tenter de le calmer.

 

- Schh…. Ne t'inquiètes plus. Tu n'es plus seul à présent. Je suis là maintenant. Je vais prendre soin de toi.

 

N'y résistant pas, il glissa aussi une main dans les cheveux rouges pour une caresse toute fraternelle. Mais cela n'eut pas l'effet escompté. Loin de le calmer le geste intensifia la panique du garçon qui finit au terme de plusieurs minutes de « combat » par  s'avouer vaincu et retomber de nouveau dans son sommeil. Ne pouvant négliger le fait qu'il n'apprécierait très certainement pas de se réveiller dans les bras de ce qui restait encore pour lui un parfait inconnu, Christian se força alors à se lever de nouveau et reprendre sa veille à quelques mètres de lui.

 

L'aube venait de pointer le bout de son nez quand le jeune homme reprit enfin connaissance. Ne reconnaissant pas le moins du monde son entourage habituel et habillé d’un pyjama ne lui appartenant pas. Il se pressa de se lever, d'attraper ses vêtements personnels posés sur une chaise non loin de lui et entreprit enfin de sortir de la pièce où se trouvait une personne endormit. Il y avait aussi une déserte contenant de la nourriture qu'il aurait bien pris au passage, mais il préféra se presser de rejoindre le couloir pour s'y changer en espérant qu'il soit encore désert. S'il s'y prenait bien, il ne réveillerait personne et pourrait fuir sans plus d'ennuis. Malheureusement pour lui, s'était sans compter sur le sommeil léger de son veilleur.

 

Ouvrant les yeux suite à un léger bruit de draps, Christian aperçu son frère se glisser silencieusement hors du lit pour se diriger sans une once d'hésitation vers la porte de sortie.

 

- T'es vraiment pas possible. Tu fuis sans même profiter de prendre au moins de quoi manger. Comment as-tu pu réussir à survivre aussi longtemps dans la rue avec un tel comportement ?

 

Loin de sursauter de surprise, le jeune homme continua de lui faire dos tout en lui répondant.

 

- Tout simplement parce que je sais pertinemment que rien n'ai jamais offert sans contrepartie dans la vie. Et il se trouve, vous en déplaise, que je n'ai pas pour habitude de me prostituer. Vous auriez d’ailleurs dû me le demander dés notre rencontre, cela nous aurait évité de perdre tout deux notre temps.

 

Il n'était pas si à l'aise qu'il en donnait l'air. Bien au contraire. Il espérait vaguement que sa voix posée tiendrait le coup jusqu'au bout et que ce jeune homme qui lui avait semblé si gentil et perdu le laisserait partir sans tenter de le forcer à faire quoique ce soit. Aux vues de ses jambes tremblantes et de son équilibre précaire, rien n'était gagné quand à sa fuite. Mais l'idée même de se faire violer lui donnerait suffisamment de force pour faire front à l’agresseur et retourné jusqu'à chez lui. Enfin, en espérant qu'il ne soit pas trop éloigné de la ville. Car rien qu'à la perspective de devoir marcher durant des heures, il sentait le malaise revenir. Dire qu'il avait aussi perdu la paie d'une nuit de travail. Voilà à quoi cela le menait de vouloir aider les gens.

 

Il n'était qu'un crétin. Comment ce gamin pouvait-il comprendre autrement cette situation que par une tentative d’enlèvement sur sa personne dans le but de le mettre dans son lit quand il s'agissait quasiment des faits exactes. A la seule différence qu'il n'avait lui que de bonnes intentions. Décidé de prendre le risque réelle de se faire frapper, Christian se leva pour s'avancer doucement vers le jeune homme n'ayant pas bougé depuis leur échange verbal.

 

- Je suis heureux d'apprendre que tu ne te prostitues pas. Maintenant, s'il te plait calme toi et reviens te coucher. Tu ne t'en rends peut-être pas compte mais tu es malade en plus d'affamé. Alors fais moi le plaisir d'attendre quelques minutes avant de fuir d’ici.

 

Le voyant toujours aussi immobile, il le contourna pour lui faire face.

 

- S'il te plait. Un repas pour un repas. Le temps que je t'explique ta présence dans cette maison.

 

Quelque peu forcé par son état de faiblesse évident et les mots rassurants que ce garçon avait eu à son égard, Nicolas se laissa calmement ramener jusqu'au lit. Une fois assis et de nouveau sous la chaleur des couvertures, il commença à manger le contenu du plateau déposé sur ses genoux. Mangeant et mâchant en premier lieu lentement, il fut vite une évidence qu'il était loin d'être atteint d'anorexie. Ce jeune homme avait juste faim.

 

Au cours de son repas, Christian lui relata sa vie du jour de la mort de ses parents jusqu'à la veille au soir où ils s'étaient enfin rencontrés pour la première fois.

 

- Nous sommes donc frère.

 

A cette conclusion, il se demanda si l'adolescent totalement concentré sur ce qui était déjà sa seconde assiette, l'avait ne serait-ce qu'un peu écouté.

 

- Alors c'est toi ?

- Moi ? Tu veux dire que tu étais déjà au courant de toute cette histoire ?

- De l'identité de mon père naturel ? Oui.

- Pourquoi ne pas être venu nous trouver à la mort de ta mère dans ce cas ?

- Parce qu'on m'aurait accepter plus facilement après sa mort ?

 

Réalisant ce que cela pouvait dire, Christian se mordit aussi vite la lèvre inférieure. Quand il disait qu'il n'était qu'un crétin.

 

- Pardonnes moi. Je ne voulais pas lui manquer de respect.

- Peu importe. Je te remercie pour ce repas. Mais à présent, je dois y aller.

- IL N'EN EST PAS QUESTION !!!!!!

- ….

- Enfin…. S'il te plait. Reste avec moi.

- Si tu t'ennuis tant que ca, achète toi un chien. Moi je n'en suis pas un.

- Non. Tu n'es que mon frère. Un frère auquel je compte bien rendre tous les droits qui lui sont dus, à commencer par sa part d'héritage.

- Qu'est-ce que tu racontes.

- Ecoutes. Comme je te l'ai dit tout à l'heure mes deux parents sont morts. Mis à part quelques biens appartenant à ma mère, le reste de ma fortune provient de mon père. Le temps de régulariser tous les papiers et la moitié de cet argent t'appartiendra de droit. Pour tout t'avouer, je nous ai même fait faire une prise de sang pendant ton inconscience. Avec cette dernière analyse génétique, il n'y aura pas une pièce manquante pour prouver notre filiation.

- Imbécile.

- Sans aucun doute. En attendant, tu restes dans ce lit.

- C'est pas possible d'être aussi débile que toi. Tu te rends compte de ce que tu t'apprêtes à faire ? Si c'est ce que tu souhaites, je peux te signer n'importe quel papier où je t'abandonnes tous mes droits. Je n'ais et n'avais aucune intention de venir te les réclamer à un seul moment de ma vie.

 

Pour toute réponse, aux manifestations de refus données par son frère, Christian se contenta de tendre à ce dernier une troisième assiette contenant un échantillon de gâteaux et autres desserts pouvant plaire à un jeune de son âge.

 

- Mange.

 

Totalement déstabilisé par cette réaction et l'ensemble de ce qu'il vivait depuis son réveil, Nicolas supposa qu'il ne devait s'agir que d'un rêve. Un peu trop réaliste à son goût mais bel et bien un simple rêve. Et puis doucement, la somnolence fit son retour tandis qu'il n'avait pas terminé sa dernière assiette.

 

Voyant, sa tête pencher à intervalle régulier, il n'en fallut pas plus au grand frère pour retirer toute nourriture des mains de son cadet avant de le border avec beaucoup d'attention et de tendresse. Etonnement conciliant en raison de sa fatigue, celui-ci se laissa aller à toute cette douceur qui l'entourait. Encore un peu et il entendait même la voix angélique de sa mère lui chanter une berceuse tandis qu'elle lui caressait comme à son habitude ses mèches de cheveux dans un geste apaisant. Ne pouvant supporter une fois de plus le départ de celle qui avait été sa seule et unique famille, le jeune homme ne put s’empêcher de retenir dans son inconscience la douce main dans la sienne.

 

- Tu restes ?

- Oui. A partir d'aujourd'hui, je veille à ce qu'il ne t'arrives plus rien.

 

Ce n'était finalement pas la voix de sa regrettée maman. Mais l'intonation de cette nouvelle n'en était pas moins pleine d'amour à son égard. Epuisé, il se laissa alors voguer à un nouveau sommeil.

 

 

Christian avait du mal à ne pas se décrocher la mâchoire sous le sourire qu'il arborait. Depuis la mort de ses parents, il avait enfin trouvé une raison d'exister.

 

 

Comme quelques heures auparavant, le jeune homme profondément endormit fit de nouveau au cours de la nuit des cauchemars suffisamment effrayant pour parler et se débattre dans son sommeil. De toute évidence, il devait exister des raisons à cette répétition. Tout comme Christian ne doutait plus un instant que l'adolescent n'avait pas eu une vie facile pour être à ce point perturbé. Totalement démunie face à ses appels de détresses, il lui promit alors d'un murmure qu'il ferait toujours de son mieux pour l'aider à faire face aux souvenirs de ces deux dernières années. Qui savait ce qu'il avait bien put vivre durant cette période ? Ne pouvant se contenter de le regarder se débattre sans agir. Il le prit de nouveau dans ses bras. L'empêchant de fuir son étreinte, il tint bon jusqu'à le corps si léger se laisse enfin aller. Le berçant tout contre lui, le jeune adulte finit par s'endormir à son tour dans le grand lit.

 

*********

 

Nicolas dut son second réveil à un rayon de soleil jouant sur sa peau. Il se sentait bien. Il n'y avait plus cette faim constante qu'il lui broyait l'estomac, ni ce froid glacial qui lui gelait les pieds chaque nuit. Rien qu'un lit confortable et cette chaleur humaine tout contre lui qui l'entourait de ses bras. Ouvrant ses yeux, il put alors constater qu'il était effectivement toujours dans les bras de ce frère aîné qui ne devait pas avoir toute sa tête. Après tout, comment expliquer qu'une personne censée parte d'elle-même à la recherche d'un inconnu pouvant lui voler la moitié de sa richesse. Pour quelle raison acceptait-il de partager sa fortune avec lui ou de le bercer toute une nuit pour faire fuir ses cauchemars ? Il y avait pourtant bien une explication possible à cela mais leur trop récente rencontre lui interdisait de vouloir encore y croire.

 

Ne pouvant attendre d'avantage, il tenta alors de s'extirper de cette étreinte sans réveiller son bienfaiteur d’une nuit. Mais une fois encore sa tentative fut un lamentable échec. A peine était-il réveillé qu'il lui disait une fois encore les mêmes mots.

 

- Ne part pas.

- Non, je ….

 

Christian somnolait plus qu'il ne dormait, profitant de la présence réconfortante de ce jeune homme dans ses bras quand il sentit ce dernier fuir de nouveau. Comment pouvait-il réussir à faire comprendre plus clairement encore à cet ado qu'il ne craignait rien dans cette maison ? Et qu'il n'avait aucune arrières pensées dans son désir de lui rendre son nom de naissance ? Soupirant de ne jamais y arriver, il rouvrit les yeux pour faire face à une nouvelle expression composée de gène. Intrigué, il l'incita à poursuivre.

 

- Dis moi.

- Je voulais juste… trouver la salle de bain.

- Décidément, je ne m'arrange pas. Ton idiot de frère va te montrer.

 

Il était amusant mais aussi inquiétant de le voir se rabaisser de la sorte. D'un autre coté, cela lui donnait au moins le charme de ne pas se prendre, de par son argent, pour le Roi du Monde. L'aidant à se lever, Christian l'accompagna donc jusqu'aux deux portes pouvant l'intéresser.

 

- Ca te dirait un bain pour te réveiller ?

 

Nicolas ne lui répondit pas, n'osant très certainement pas accepter ce qui était plus souvent assimilé aux désirs des femmes. Alors il prit l’initiative.

 

- Vas de ce coté pendant que je le fais couler.

 

**********

 

C'est amusant. Je n'avais pas repris de bain depuis la maladie de maman. Et ce matin, ce frère que je ne connais toujours que très peu, a mis dans celui-ci la senteur exact qu'elle choisissait toujours pour moi. Alors que je me laisse doucement voguer sous les effets relaxants de l'eau chaude sur ma peau, j'entend un bruit qui me fait rouvrir les yeux. C'est lui, un véritable ange gardien qui pense à toutes sortes de détails comme remplacer le pyjama trop grand que je portais jusqu'alors par des vêtements pliés qui ne sont toujours pas les miens.

 

- Je ne faisais que passer déposer de vieux vêtements à moi, histoire que tu ne descendes pas dans la cuisine en peignoir. Enfin sauf si tu en as l'envie bien sûr.

 

Laissant reposer ma tête contre le bord de la baignoire, je ne peux m'empêcher d’en profiter pour lui poser la question.

 

- Pourquoi avoir choisit le miel ?

- C'est ce que tu préfères non ?

- Exacte mais comment peux-tu le savoir ?

 

Voyant qu'ils débutaient là un début de conversation et que son frère acceptait l’idée qu'il reste à ses cotés dans la salle de bain, Christian s'assit à terre pour lui faire face.

 

- Tous est écris dans les lettres que ta mère envoyait à notre père.

- C'est vrai. Comme il ne lui avait jamais répondu, je n’ai pas jugé nécessaire de poursuivre cette mascarade après sa mort. Je ne m’imaginais pas que quelqu’un pouvait les lire.

- Je suis désolé. Mais notre père n'en a effectivement ouvert qu'une ou deux et encore au tout début seulement.

- Je vois.

- D'un autre coté s'il les a conservé, c'est qu'il ne voulait pas non plus oublier ton existence.

- hum.

- Je sais que cela n‘y changera rien, mais moi je les connais par cœur.

- Alors, je comprend mieux maintenant comment le hasard a fait que tu me serves ce que je préférais manger.

 

Christian eut alors un sourire pour toute réponse. Un sourire dont Nicolas ne se lasserait très certainement jamais et auquel il répondit de la même manière.

 

- Si tu le souhaites, je te les rendrais.

- Merci.

- A propos de souvenirs. As-tu d'autres choses qui t'appartiennes ailleurs que dans cette chambre que tu louais ?

- Non.

- Bien. Je vais envoyer quelqu'un pour te rapporter toutes tes affaires.

- Ne te tracasse pas avec ca, j'irais moi-même.

- Aucune chance. Le médecin m'a ordonné de te garder au lit durant une semaine. Si moi je te permet malgré tout de circuler librement dans toute la maison, je ne suis pas moins d'accord avec lui pour t'imposer une interdiction de sortir à l'extérieur durant ces sept jours. Après quoi, je te laisserais libre de vivre comme tu l'entends. Tu as ma promesse. Tu es d'accord ?

 

Comment refuser à une personne qui s'occupe si bien de vous, juste sept petits jours de votre vie.

 

- Si je suis libre ensuite j'accepte.

- Signé. Sur ce, je te laisse à ton décrassage en règle. Essaie juste de ne pas t'endormir. J'aimerais pas repêcher mon frère noyé, douze heures après l'avoir retrouvé.

 

*********

 

Une fois sorti de la salle de bain, finalement habillé d’un peignoir de coton doux comme il n’en avait encore jamais connu, Nicolas entreprit de découvrir l'étendue de la maison où il serait assigné au cours des sept prochains jours. Une demi heure plus tard et il se dit qu'il n'en verrait très certainement jamais la fin. A moins qu'il ne tournait en rond, perdu comme il devait l'être au rez-de-chaussée. Finalement c'est à la voix caractéristique de Christian qu'il se laissa guider pour se trouver dans la cuisine. Ayant dormis jusqu'à midi. Il était à présent environ deux heure de l'après midi et son frère s’apprêtait de toute évidence à préparer leur déjeuné. A savoir pour lui, chercher le numéro de téléphone d'un traiteur. Le voyant arriver, il lui sourit une nouvelle fois. A croire que sa présence le rendait vraiment heureux.

 

- Ah ba, tu tombes bien. J'ai renvoyé tout le monde pour les deux prochains jours, histoire de pouvoir les passer seuls tous les deux. Alors comme la cuisinière n’est pas là. J'allais appeler pour nous faire livrer quelque chose. Tu as envie de quoi ?

- Pizza ?

- C'est toi le chef à midi.

 

S'asseyant sur un des tabourets lui donnant accès à une sorte de bar, Nicolas fit une lecture rapide du menu de la pizzeria du coin pour choisir ce qu'il prendrait pour lui, à savoir trois de leur pizza.

 

- Pas plus ?

- Désolé.

- De quoi ? Manger ? Tu sais le médecin qui t'as vu à ton arrivée ici, me disait que tu étais anorexique. Je suis content de savoir qu'il n'en ai rien. Enfin….. pas que je sois satisfait que tu ais pu souffrir de la faim ou que….

- Chris.

- hum ?

- Merci.

 

Stoppé net dans ses excuses à rallonge, le jeune homme sourit (pour changer) au diminutif qu'il venait de récolter.

 

- Et pour le dessert ?

- Là c'est moi qui m'y colle.

- Ce qui veux dire ?

- Qu'on va se faire un gâteau.

 

Et sans attendre d'avantage, le plus jeune se laissa glisser de son tabouret pour rejoindre la table de cuisine et apprendre patiemment à son aîné le secret d'un gâteau au chocolat réussit.

 

 

A suivre….