Auteur : Mimi Yuy

Email : mimimuffins@yahoo.fr

Origine : Fic originale, donc de ma création ^__^

Disclamer : Personnage à moua et rien qu'à moua ^_______^

Genre : Bonne question. Pour une fois je l'ignore totalement. Disons une plongée dans les liens filiaux !

Remarque : Je ne suis pas sûre que cette histoire vous apporte beaucoup. Pour moi, il s'agit juste d'un de mes rêves que j'ai souhaité mettre par écris. Chose faite, je m'attelle à présent à recopier les notes mises sur le papier pour vous retranscrire avec mes mots, les images et sentiments qui m'ont été données de voir et ressentir au cours de cette nuit.

 

 

 

 

Oniisan

 

 

 

1. Retrouvailles.

 

Le détective que j'ai engagé n'a eu aucune difficulté à retrouver la trace de cette Marie. Les cachets de la poste sur les lettres nous donnèrent en premier lieu une indication sur la ville et la région de son domicile. Après quoi, il lui a suffit de prendre un bottin et y rechercher toutes les Marie possédant une ligne téléphonique à leur nom. Ce n'était pas très simple, ni très rapide, sans compter que notre méthode reposait sur l'hypothèse qu'elle ai le téléphone chez elle et que ce dernier ne soit pas mit au nom de son mari ou concubin. Pourtant, deux semaines, une cinquantaine de coups de téléphone, presque autant de visite à domicile et des heures de recherche sur les aller et venu de mon père il y avait de cela seize ans et nous en avions trouvé une dont le passé avait effectivement croisé celui de mon géniteur.

 

Malheureusement notre piste nous conduisit à une tombe dans un cimetière de la ville où ne reposait qu'une petite plaque déposée de la part de son fils. J'accepte l'idée qu'une femme puisse s'inventer l'existence d'un enfant imaginaire. Mais je ne crois pas que la folie puisse pousser cette dernière à prévoir pour le jour de sa mort une plaque funéraire de la part de ce dernier. Il ne faisait donc plus aucun doute pour moi que mon frère existait bel et bien. Une seconde enquête nous apprit alors que cette femme était morte d'un cancer du sein, maladie malheureusement de plus en plus rependue à notre époque, laissant derrière elle une important traite médicale. Une assurance insuffisante et les frais de mise en terre avaient donc consommé l'intégralité des économies d'une vie. Bien que les services sociaux connaissaient l'existence d'un enfant, les seuls traces de ce dernier furent trouvées sous la forme de quelques papiers administratifs. Ces derniers, signés par le compagnon officiel de la défunte, laissait entendre que cet homme acceptait de prendre la garde de l'adolescent en devenant son tuteur légal.

 

Assis sur le bureau ayant remplacé celui de mon père dans une bibliothèque fraîchement repeinte, je ne pouvais m'empêcher de ne pas y croire.

 

- Tuteur de quoi ? Il n'y avait plus d'argent.

- Ne vous faites pas plus idiot que vous êtes Christian. Vous même avez et aurez un tuteur au dessus de vous jusqu'à vos vingt et un an.

- Merci de me le rappeler. Ce dernier à d'ailleurs tendance à ne pas comprendre ce que je peux bien avoir à faire avec vous.

- Ca. Vous n'avez qu'à lui dire la vérité.

 

Un grand sourire en guise de réponse et le jeune homme reprit le fil de ses idées.

 

- Pourquoi donc ? Dans moins de six mois maintenant, j'en serais débarrassé. Ce type a beau être un cousin, il reste une sangsue qui dépense bien plus que moi mon propre héritage. Et je veux connaître toute la vérité sur ce frère caché avant d'en dévoiler l'existence à quiconque.

- Pour ce qui concerne l'héritage. Souhaitez-vous que je fasse ma petite enquête dans l'hypothèse d'un futur procès ?

- Nan, nan. On privilégie d'abord les recherches sur Nicolas.

- Je vais aller voir cet homme demain et nous en saurons tout de suite d'avantage.

 

**********

 

Comme je l'avais redouté, l'homme en question n'avait plus eu de nouvelle du jeune homme depuis bientôt plus de deux ans. En échange de quelques billets, il avait accepté d'avouer qu'il n'était resté avec la jolie maman que quelques années bien avant que la maladie de celle-ci ne se déclare. A sa mort, son jeune fils n'acceptant pas l'idée de partir dans une institution nationale, lui avait alors demandé de devenir son tuteur légale avec la promesse qu'il disparaîtrait tout aussi vite.

 

Au courant de cette dernière information, le détective Alphonse Bourdon s'était empressé de me prévenir via le téléphone.

 

- Comment peut-on le retrouver dans ce cas là ?

- Ca ne devrait pas être si difficile. Il se trouve que ce jeune homme est loin d'être stupide. Dans l'hypothèse où quelqu'un de l'administration serait à sa recherche, il conserve une boite au lettre dans le centre ville. Un message de son tuteur et il revient aussi vite chez lui pour la visite de courtoisie.

- Combien y'en a t'il eu depuis ces deux dernières années ?

- Aucune.

- Fichue administration.

- Que voulez-vous, ils ont d'autres chats à fouetter que de s'occuper d'un gosse qui n'a aucun casier, si on excepte le fait qu'il ne soit plus scolarisé depuis un an et demi.

- hum.

……

- Alors, vous voulez toujours le retrouver ?

- Bien sûr.

- Ok. Selon toute logique, il doit vivre dans la ville où se trouve l'adresse de cette boite postale. Le hasard veut d’ailleurs qu’il s’agisse de celle étant la plus proche de votre propriété. Si on ajoute à cela que c'est encore un mineur qui ne veux pas se faire remarquer par les organismes à l'enfance, il ne dort par dans un foyer. Il serait donc plus probable qu'il se trouve dans le quartier des squats au Nord de la ville.

- Je veux bien mais une fois là bas. Comment je le reconnais ?

- Avec de la chance, vous trouverez en lui un petit quelque chose de votre père.

- hum.

 

Je n'étais pas très chaud pour réaliser la suite des recherches moi-même mais pourquoi pas. Coincé à plus de 300 km de là, Alphonse ne pouvait avancer l'enquête avant le lendemain soir. Décidé de tenter ma chance, j'acceptais de me rendre en premier au lieu indiqué.

 

- Oh, un dernier conseil. Ne vous habillez pas à la dernière mode. Il s'agit d'un quartier qui est loin d'être totalement « innocent ».

- Comme si je ne m'en doutais pas. J'irais mais soyons clair, cela ne vous empêche pas de poursuivre vos recherches.

 

Ce n'est pas sans soulagement que le détective acquiesça à la demande. Non seulement cette enquête le changeait de ses habituelles filatures pour coincer bon nombre de conjoints infidèles. Mais le tarif auquel ce jeune homme l'avait engagé, lui assurait un petit pactole non négligeable. S'il faisait convenablement son travail. Il pouvait même s'assurer d'être par la suite réengagé quand les affaires de ce qui deviendrait un jour un grand financier le nécessiterait. Sans aucun doute possible, un client qu'il devait soigner sans faire la moindre bavure.

 

***********

 

C'est donc ainsi qu'à la suite de nombreux mois d'enquête, je me retrouve enfin dans le quartier où est supposé se trouver mon frère. Je ne sais pas encore ce que je compte lui dire. Je voudrais tant commencer par le connaître dans sa vie actuelle avant de faire mon choix. Après tout, s'il ne s'agit que d'un drogué au passé sombre, j'ignore s'il est bien utile de lui révéler tous les droits auxquels il aurait droit en prouvant son origine.

 

Pour l'instant, je me contente donc de marcher dans une rue à la recherche de quelques squattes précis où Alphonse m'a indiqué ce matin même où il pouvait se trouver. Nul doute que cet homme prend son enquête très au sérieux. A présent, quand je vois tous ces gens qui m'entourent, ces pauvres crasseux ou simples paumés, je comprends enfin pourquoi on ne cessait jamais de me répéter encore et encore que j'avais toujours eu beaucoup de chance. Il se peut effectivement qu'entouré de ma cloche de cristal, je ne me sois jamais rendu compte de la vie que j'avais mené jusque là. Une famille aimante jusqu'à sa disparition tragique, une richesse me rendant libre de vivre à ma guise, deux privilèges auxquels je n'avais jusqu'alors peut-être pas totalement  prit conscience de posséder.

 

Ma promenade débutée au matin ne cesse de se poursuivre. J'évite avec calcul de ne pas repasser sans cesse au même endroit sans attendre de nombreuses heures avant cela. Moralité, je me retrouve à traverser la ville de long en large sans aucun succès. Enfin, si on excepte les quelques propositions de jeunes femmes et jeunes hommes à vouloir me faire visiter leur studio. La fin de journée s'approche. Je n'ai toujours pas mangé depuis le matin et commence à me faire à l'idée que je ne le retrouverais pas ce soir. C'est ce moment que choisi cette fois-ci un homme au volant d'une très luxueuse Mercedes pour m'accoster et me demander mes tarifs. Génial, je suis apte à me reconvertir si l'envie m'en prenait.

 

Décidément pas chanceux, j'abandonne mes recherches et part en direction d'une cabine téléphonique pour appeler mon chauffeur. C'est pas que je n'ai pas le permis mais venir dans ce genre de coin au volant d'un véhicule quasi neuf n'étant pas une bonne idée, c'est ce même chauffeur qui m'avait déposé un peu plus loin ce matin. Alors à présent c'est encore lui ou un taxi. Vu que je n'ai pas supposé utile de prendre beaucoup d'argent avec moi, mis à part quelques billets de cinq pour acheter d'hypothétique témoins, il ne me reste pas beaucoup d'alternative.

 

Alors que j'approche de la dite cabine, je vois un ado à l'allure fragile se diriger vers moi. Pas très grand, il porte des vêtements amples et une coupe de cheveux courte dont l'originalité tient à sa couleur. Un mélange de roux et de rouge un peu délavé. C'est pas que ca ne lui va pas mais il y a un petit quelque chose dans son regard qui m'intrigue. N'étant guère habitué à sortir avouons le, je me fais alors cruellement rappeler à l'ordre.

 

- Tu cherches quelque chose peut-être ?

- Quoi ?

- Si tu me fixes comme tu le fais depuis plus de cinq minutes, c'est peut-être que tu attends quelques chose de ma part ?

- Non, non, je me contentais d'aller téléphoner.

 

Alors que je m'apprête à sortir mon portefeuille contenant mes papiers et argent, j'ai soudain la mauvaise surprise de ne plus le trouver. Ok. De toute évidence, j’ai été la victime toute choisie d'un pickpocket qui n'a pas du avoir un travail très difficile avec cette proie facile que je suis. Comment passer pour un crétin devant un parfait inconnu, plus jeune que vous de surcroît.

 

- Laisse tomber, va. S'ils te l'ont piqué, t'as aucune chance de remettre la main dessus à moins de faire toute les poubelles du quartier pour retrouver au mieux quelques papiers.

 

Moralité, je ne peux m'empêcher de laisser échapper un juron bien sentit.

 

- Je peux peut-être t'aider ?

- T'as une carte pour téléphoner ?

- Non.

- Un peu de monnaie ?

- Pas sur moi.

- Ben merci quand même.

- Dis moi. C'est pour rentrer chez toi, ce coup de fil ?

- Pourquoi ?

- Les gens qui traînent dans ce quartier ne le font pas pour du tourisme. Alors quoi ? Tu fais une fugue, t'es en transit ou c'est juste le plan d'une nuit, histoire d'épater demain ta galerie de fans ?

- Je cherche quelqu'un.

- Qui est ?

- Mon frère.

- Depuis longtemps la fugue ?

- Quelques semaines. On m'a dit que j'aurais peut-être la chance de le retrouver dans un squat du coin.

- Décrit le pour voir.

 

Mauvaise question. Comment pouvait-il décrire une personne qu'il n'avait lui-même jamais rencontré. Pourtant aux souvenirs des lettres de Marie, Christian se prit vite au jeu. Pas très grand, cheveux brun comme lui et leur père, les yeux noisettes, seize ans. A cette description, il se surprit de constater que celle-ci convenait parfaitement au garçon debout face à lui qui tentait de l'aider sans qu'il ne le lui ai demandé au prime abord. Enfin presque, si on exceptait la couleur de ses cheveux.

 

- Ca fait pas des masses pour le trouver. T'as rien d'autre d'un peu plus descriptif comme une photo ou un signe particulier. Et son prénom. Il s'appelle comment ?

 

Bien sûr qu'il avait un nom. Il y avait même un signe distinctif. Oh presque rien. Sa mère l'avait écris dés la seconde lettre. Cela concernait ses yeux. La pupille de son œil droit, noir et ronde comme tout à chacun, comportait une petite extension. Ce n'était pas du tout visible si on ne le recherchait pas mais cela ne pouvait être camouflé par aucune lentille comme une coloration pour les cheveux.

 

Repensant à cela, Christian s'apprêtait à donner cette dernière indication au jeune homme qui lui faisait face quand il comprit enfin qui il était. Ses yeux. Ses yeux avait cette petite imperfection rendant plus clair encore cette description qu'il trouvait jusqu'alors un peu flou.

 

- Il se nomme Marc.

- Je connais bien un Marc mais vu son âge, il est loin de pouvoir être ton petit frère. Sans compter qu'il faudrait qu'un de vos deux parents soient colorés pour que ca marche.

- C'est pas grave. Je te remercie d'avoir essayé de m'aider. Dis moi, ton nom c'est ?

- Nicolas.

 

Il ne lui en fallait pas plus pour sentir son cœur battre à mille allure.

 

- Excuse moi ma curiosité mais tes cheveux. C'est naturel ?

 

A cette question qu'il aurait lui-même pu prendre assez mal, si elle lui avait été adressé, l'adolescent sourit pas le moins gêné.

 

- Nan, rien de naturel. Je sais que c'est pas commun comme couleur. Mais ils se sont trompés dans les dosages. Tu dois savoir que les élèves de coiffure ont besoin de model pour passer leur examen. C'est pas très réjouissant de savoir qu'ils sont pas toujours très bons. Mais c'est payé et me permet de conserver des cheveux propres et coupées toute l’année. Même si parfois on en paie le prix avec d'aussi drôles de couleurs.

 

Devant le visage particulièrement intéressé de son vis à vis et son absence soudain d'intérêt pour son frère soi-disant disparu, Nicolas supposa que ce type n'était pas aussi honnête qu'il en donnait l'air.

 

- Dis moi….

- Christian.

- Christian. Tu serais pas tout aussi à la rue que ton frère, des fois ?

- Pourquoi ?

- Te vexe pas. Mais vu tes fringues et ton estomac qui ne cesse de faire du bruit. C'est ca ou t'as pris le look grunge de ton vieux.

 

Oups. Encore de quoi ajouter à sa honte. Dépouillé et à présent piteusement affamé, devant un frère qui vivait par ses propres moyens depuis bientôt deux ans. Voulant en connaître justement un peu plus sur ces moyens en question. Christian décida de jouer le jeu du môme de riche en fugue, histoire de connaître plus en détail les conditions de vie de ce petit frère à la tête bariolé.

 

- Possible.

- Dans ce cas, suis moi. La nuit tombe et c'est pas bon de traîner dans le quartier passé une certaine heure.

 

Ce type est étrange. Ce qui l'ai encore plus est que je cherche à l'aider alors que je ne connais encore rien de lui. Il ne cesse de me mentir depuis que je l'ai vu et je ne m'en méfie pas pour autant. Il semble nettement plus âgé que moi et pourtant si perdu. Alors qu'il marche à mes cotés, je ne peux m'empêcher de l'observer du coin de l'œil. Il est plus grand de bien 15, 20 centimètres. Les cheveux bruns comme les miens en temps normal, avec des mèches si désordonnées qu'on en vient à se demander s'il s'est déjà coiffé un jour. Et puis des yeux noisettes lui aussi. Quand aux vêtements, aucun doute qu'ils ont bien vécu. Ce qui est étrange c'est que dans ces cas là, il s'agit le plus souvent de fringues de marques envoyés dans les dépôts de revente alors qu'il n'en a aucune.

 

A peine sommes nous enfin arrivé où il souhaitait m'emmener qu'il me fait m'asseoir à terre ou plutôt me propose gentiment son matelas posé à même le sol.

 

- Ca ne paie pas de mine. Mais ce studio n'est pas un squat. Je paie un loyer qui m'assure de ne pas craindre les descentes de police.

 

Ecoutant ses paroles, je suis rassuré qu'il ne dorme pas à la belle étoile. Ce qui m'inquiète en revanche c'est que cela signifie peut-être qu'il invite ici même des clients potentiels. Pourtant, à la vue du mobilier tout simplement inexistant, je doute que quiconque ai l'envie de s'amuser entre ces quatre murs.

 

- Je sais. J'ai pas de meuble, si on excepte le matelas et les boites en cartons qui font office de rangements. Mais la piaule est suffisamment cher pour éviter les dépenses inutiles.

- Je peux te poser une question ?

- Vas y.

- Pourquoi ne rentres-tu pas chez toi ?

- Aucune envie. Je préfère ma liberté à leur chantage.

- De tes parents ?

- hum ? Nan, ma mère est morte. Je n'ai juste pas envie de vivre dans un orphelinat aux allures de maison de correction.

- Et pourquoi m'avoir amener ici ?

- Ca, je me le demande.

 

En me répondant cela, je le vois qui continue de chercher quelque chose dans ses cartons. C'est étrange mais malgré l'absence de tout meuble, cette pièce est véritablement rangée et propre à défaut d'entretenue. Une fois qu'il trouve l'objet de ses recherches, il me tend une petite boite et une fourchette, avant de s'asseoir enfin à mes cotés.

 

- Mange.

- Quoi ?

- Tu avais faim non ?

- Oui, mais pas assez pour avoir l'intention de te prendre ton dîner.

- T'en fais pas. J'ai déjà mangé. Je récupère les restes dans un restau ou je fais la plonge.

- Merci.

 

Ne me faisant pas plus prier j'avale ce qui semblait être une salade froide. Le maigre avantage de ne pas avoir de chauffage étant l'inutilité de posséder un frigo. Mes yeux se reportent alors sur le lit ou je ne vois qu'une simple couverture qui est très certainement loin d'égaler les couettes pour sa chaleur.

 

- Ecoute, je ne sais pas ce qui t'amènes réellement ici. Mais il se trouve qu'ils font un inventaire dans un magasin de sport non loin d'ici cette nuit. Si tu désires récupérer un peu de fric pour rester dans le coin, tu peux m'y accompagner. Le proprio me connaît suffisamment pour que je puisse te faire engager si ca te tente.

- C'est vrai ?

- A moins que tu ne sois trop crevé pour.

- Dormir dehors ne me tente pas des masses, non plus.

- Je….. Je ne fais pas ca habituellement. Mais je peux t'héberger une nuit.

- Vrai ?

- Qu'on soit clair. Ce serait une nuit et une seule.

- Ca marche.

 

Si je m’y prend bien, je pourrais ainsi passer une journée à ses cotés. Soit un temps qui me semble largement suffisant pour découvrir s'il se drogue ou non.

 

**********

 

Les deux jeunes gens se présentèrent donc à l'entrée de service du magasin en question et furent sans aucune difficulté employés pour la nuit. Le tarif des six heures de travail nocturne n'étant même pas similaire aux heures de jour, il ne faisait aucun doute que le gérant de la boutique économisait une somme non négligeable à employer ces jeunes au noir. Alors qu'il commençait à compter les premiers produits d'un rayon de vêtement, Christian ne put s'empêcher de questionner son frère.

 

- Tu n'as jamais trouver d'autres combines qui soient un peu plus rentables ?

- Je ne te demande pas d'adhérer à un club. Je voulais t'aider. Si cette aide ne te convient pas, je ne t'empêche pas d'aller voir ailleurs.

- Pas la peine de s'énerver, je demandais juste comme ca.

- Ecoute. Je travaille peut-être au noir en raison de mon jeune age qui m'empêche encore d'être engagé pour de bon. Mais je ne touche pas à la drogue ou autres vols à la tirs. Pour ces combines là, inutile de venir chercher asile chez moi.

- Ca marche. Je n'en parle plus.

 

Il était partagé. Heureux d'apprendre que ce gamin qui semblait avoir la tête sur ses épaules ne touchait à rien de trop illégal. Mais apeuré de savoir comment il pouvait vivre avec d'aussi petit boulot, tout nombreux qu'ils soient sachant qu'il devait payer le prix d'une chambre et d'un boite postale. Perdu dans sa réflexion, il ne l'aperçu pas s'isoler un instant avant qu'il ne le rejoigne, plus pale que jamais.

 

- Ca va ?

- hum.

 

Lui en voulant pour toutes ces insinuations, Nicolas ne lui adressa alors plus la paroles durant un long moment, mettant à profit ce silence pour travailler particulièrement vite.

 

Je comprend mieux pourquoi ce mec l'engage. On doit pas trouver plus rentable.

 

Et pourtant, à heure régulière, le jeune homme s'absentait encore et toujours. Tant et si bien que Christian se demanda si toutes ses belles paroles n'étaient pas que de jolies histoire pour ne pas partager ses petits à cotés. Cela lui faisait mal. Finalement, ce n'était qu'un drogué comme les autres qui ne pouvait pas passer plus d'une heure de suractivité sans reprendre une dose. Décidé de la suivre à sa pause suivante, il le trouva alors caché derrière un mur plié en deux dans une tentative pas très efficace de faire cesser des douleurs violentes à l'estomac. Sur son visage, il pouvait voir toute la souffrance qu'il devait de toute évidence ressentir. Etait-ce là une crise de manque ? Ne pouvant en supporter d'avantage, Christian s'approcha de lui.

 

- Tout va bien ?

 

Pris en flagrant délit, Nicolas ne lui fit pas moins un sourire pour le rassurer.

 

- Bien sûr. C'est juste une chute de tension.

- Tu n'avais pas mangé ce soir. C'est ça ?

- Si, si.

- Quand as-tu pris ton dernier repas ?

- Aucune importance.

- Nicolas !

- Disons hier, ca te va ?

 

C'est à cet instant qu’il se dit que tout cela n'était peut-être finalement pas lié à la drogue. Ne l'avait-il pas décrit comme fragile à leur rencontre. Se pouvait-il qu'il souffre tout simplement de malnutrition.

 

- Tu dois prendre quelque chose. Tu ne peux décemment pas continuer à travailler ainsi le ventre vide.

- Quand nous serons payé tout à l'heure, j’irais manger. Maintenant, excuse moi mais je dois finir ma rangée.

 

Sans plus attendre, le jeune homme reprit aussi vite son travail. Lui n'était pas sûr de vouloir poursuivre cette supercherie. Voir son frère ou plutôt demi-frère aussi mal en point ne lui plaisait pas le moins du monde. Et ce, même s’il ne le connaissait que depuis quelques heures. Il n'avait plus qu'une envie, l'enlever et le garder dans un cocon chez lui. Aussi drogué, pervers ou fou aliéné qu'il pouvait être, il voulait le protéger et lui donner une chance de s'en sortir.

 

Alors qu'il était bien décidé à lui apprendre toute la vérité sur son identité, il s'approcha de Nicolas au même instant où ce dernier s'effondra sur le sol recouvert de moquette. De toute évidence son corps venait de dire stop.

 

A suivre…