Arggg… le temps passe TROP vite ces derniers jours O_O C’est vraiment affolant. Pardon pour mon update tardive !

Ce qui est surtout peu glorieux, c’est mon incapacité à écrire un paragraphe de ce dernier chapitre. Alors plutôt que de vous faire attendre une nouvelle semaine, que je débloque, j’ai décidé de l’abandonner, ni plus ni moins ^_^’’

Vous n’aurez pas de mal à savoir de quoi je parle. Certains les aiment, d’autre s’en moquent, quand d’autres encore ne les apprécient pas. Perso, je n’ai pas vraiment d’avis sur la question, si ce n’est que j’ai toujours beaucoup de mal à les écrire. Et quand ça ne veut pas venir, ça ne veut pas… ^_^’’ Bref, je parle de ces petits citrons qui agrémentent parfois les fanfics… ou pas ;p J’avais l’occasion ici d’en glisser un, mais l’inspiration ne venant pas, je préfère éviter de me forcer (si ca fini par venir, je re-updaterais le chap, mais j’y crois pas trop)

En espérant que vous apprécierez malgré tout votre lecture ^_^’’

 

Solstice d’hiver.

 

 

 

Chap4.4 : Jours de fête - 4

 

Plongé dans l’eau délicieusement chaude de son bain, bras croisés derrière la tête et nullement gêné par le fait que son corps dénudé n’était qu’en partie recouvert d’eau claire, Arthur observait amusé Merlin brasser du vent.

 

- À quoi tu joues au juste ?

- Je ne joue à rien. Et vous, cessez de me fixer comme ça !

- Pourquoi ?

 

Soupirant lourdement, Merlin comprit que le prince ne lui laisserait aucune chance de s’en sortir facilement. Il voulait clairement qu’il le dise. Serrant les dents, c’est donc non sans mal qu’il lâcha enfin ce qu’il avait sur le cœur.

 

- Je ne vous rejoindrais dans ce bain que si vous fermez les yeux.

- Tu….

 

Ne s’attendant pas spécialement à cette requête, Arthur eut le sentiment de se répéter. Pas que ce soit réellement la première fois quand il s’agissait de comprendre les faits et gestes de son serviteur.

 

- … Pourquoi ?

- Je… je ne veux pas que vous me voyiez…

- Que je te vois…

- Arggg ! Je ne veux pas me montrer nu devant vous ! Content ? C’était pourtant clair !

 

Bouche bée, Arthur se trouva un peu idiot.

 

- Merlin… Je pourrais… comprendre. Si seulement, cela n’avait pas déjà eu lieu, pas plus tard qu’hier soir...

- Arthur !!!

- Ça va. Ça va…

 

Fermant les yeux avec force, tout en ouvrant les bras pour bien le signifier, Arthur décida tout de même de les entrouvrir un court instant. Juste assez pour voir Merlin lui tourner le dos le temps d’ôter la tunique qu’il portait jusqu’alors.

 

Souriant avec amusement devant une telle démonstration de pruderie, tout en ne ratant pas une miette de la peau ainsi dévoilée, le prince referma aussitôt ses paupières au premier signe de Merlin pour revenir face à lui.

 

- C’est bon ? Je peux rouvrir les yeux ?

- Non !

- Bien, bien…

 

Laissant glisser la tunique au sol, Merlin posa un premier pied puis un second dans la grande baignoire installée dans la chambre d’Arthur. Après leur déjeuner, il l’avait déplacé devant la cheminée pour profiter de sa douce chaleur.

Et à cet instant, Merlin réalisait qu’il venait bel et bien de se glisser entre les jambes velues du prince Arthur Pendragon.

 

Sentant les bras musclés se glisser autour de sa taille pour l’attirer plus près de lui, le sorcier se tourna juste assez pour voir le prince sourire, les yeux grands ouverts !

 

- Je n’ai pas souvenir d’avoir dit que c’était bon.

- Merlin. S’il est vrai qu’il y avait un peu moins de lumière qu’à cet instant, je peux quand même t’assurer avoir déjà tout vu de ta personne, hier soir. Sans compter que je ne t’ai pas que touché des yeux.

- Peut-être. Mais hier, vous m’aviez fait boire plus que de raison !

 

Si Arthur dévorait jusqu’alors la peau fine de son cou, Merlin sentit comme un changement brusque.

 

- Attends… Ne me dit pas que tu as… accepté tout cela pour la seule raison que tu avais trop bu ou pire par peur de me contrarier ou pour répondre au désir stupide de vouloir me montrer ainsi ta reconnaissance.

- Ma reconnaissance… ? Pour quelle raison devrais-je vous être reconnaissant quand c’est vous qui m’êtes redevable ?

- Peu importe. L’essentiel est de savoir ce qui te pousse à… à…

- Vous laissez me toucher ? Me tripoter ? M’asticoter ?

 

Devant la mine subitement méfiante, pour ne pas dire inquiétée voir alarmée d’Arthur, Merlin se sentit fondre comme un glaçon. Comment cet homme d’armes, toujours à l’aise et sûr de lui en toutes situations – nu comme un ver dans une baignoire ou au cœur d’un combat l’épée à la main – pouvait-il subitement afficher tant de doutes ?

 

- Rassurez-vous, je ne disais pas que vous m’aviez forcé la main. Juste… que sans les effets de l’alcool, je ne suis pas forcément assez confiant pour…

 

Le regard d’Arthur le fit trembler tant la force qu’il inspirait à essayer de le décrypter était intense.

 

- … être aussi à l’aise que vous dans… ce genre de situation !

- Bien.

- Bien.

 

Se retournant de nouveau pour ne plus voir Arthur, Merlin eut une seconde de solitude intense, alors recroquevillé sur lui-même au centre de la baignoire.

Mais à peine avait-il eu cette pensée qu’à nouveau les bras aimés le déliaient pour l’obliger à s’adosser au torse princier.

 

- Jamais cela ne doit se renouveler.

- Quoi ?

- Que tu décides d’agir contre ton gré uniquement pour moi.

- Arthur… C’était une simple incompréhension. Vous pouvez quand même comprendre que je puisse être complexé par mon corps si chétif et maladivement pale, face au votre si musclé et ambré.

- Je ne parle pas de ça. Mais de tout ce qui a pu t’arriver depuis deux ans. Que tu ais pu souffrir sans me laisser la moindre petite chance de le voir et de te venir en aide… Peux-tu essayer d’imaginer ce que j’ai ressenti à voir tout cela dans les rêves façonnés par ton père ? Devines-tu seulement l’amertume et la peine que j’éprouve quand tu étouffes des sanglots d’angoisse ou de remords contre mon épaule ?

- Je n’ai jamais voulu tout ça.

- Je le sais bien, Merlin. Mais essais toi de comprendre que ce que tu ne souhaites pas me faire vivre ou m’imposer est autant de choses que je ne désire pas plus pour toi !

- Hum…

 

Sachant bien qu’il faudrait un peu de temps pour changer la nature profondément altruiste du sorcier, Arthur s’enquit de passer à une tout autre activité. Ils avaient bien assez parlé de tout ce qui les angoissait.

Reprenant une activité plus agréable, il grignota avec appétit un lobe d’oreille qui rougit tout aussitôt à ce traitement intime.

 

- Haaaa… aarthur.

- Hum… ?

- Arrêtez.

- Tu as raison.

 

Se redressant, le prince s’enquit de prendre en main l’éponge végétale pour la frotter au savon avant de laver le dos de Merlin. Le temps passant, il se surprit réellement à apprécier ce plaisir simple de la vie.

 

- Je n’ai pas souvenir d’avoir eu de tels gestes quand je vous lavais le dos, sir.

- Crois-moi, j’en suis le premier déçu…

 

Amusé de cette réponse, Merlin ne s’opposa pas aux mains baladeuses glissant finalement sur son torse pour continuer à le savonner.

 

x.x.x.x.x

 

Toujours immergés dans l’eau dont la température était gardée constante par la magie, les deux jeunes hommes appréciaient le calme de cette journée. Aucun bruit extérieur ne leur parvenant, le château semblait presque sans vie.

Ayant inversé leur position, le prince Arthur appréciait à cet instant, le délice des mains habiles de son serviteur lui laver les cheveux. Au sourire lui décrochant la mâchoire, il n’était pas nécessaire de chercher à savoir si le massage de son crâne princier le contentait.

 

- Si je n’étais pas allé voir mon père et que des serviteurs n’étaient pas venus installer notre déjeuner, on pourrait croire que tout Camelot est en dormance.

- Au sujet du roi.

- Humm ?

- Ça ne posera pas de problèmes ?

- Quoi ?

- Nous… qu’on devienne… si proches.

- Tu sais, tant que je ne parsème pas le pays de bâtards et que personne ne me voit en situation compromettante, il se moque bien de savoir ce que je fais et avec qui.

- De là à dire qu’il en serait heureux…

- Le connaissant, tu serais même surpris qu’il puisse nous donner sa bénédiction. Tu lui as déjà démontré et à maintes reprises que tu m’étais fidèle jusqu’à contrer sa propre autorité ou même mourir pour moi. Quand on sait que ta place de serviteur personnel – qu’il nous a d’ailleurs imposé à tous deux à l’origine – est aussi la plus adaptée pour garder la discrétion d’une telle relation… Comme je ne risque en rien de produire le moindre hériter illégitime aussi intime puissions-nous être... Sans aucun doute possible, tu serais bel et bien son meilleur choix.

- Je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou m’en inquiéter.

- Ne t’en préoccupe pas, tout simplement. Mon père m’a déjà donné ses consignes, il y a de cela des années. Au-delà, il n’a aucune envie de s’aventurer à savoir ce que je fais sur ce terrain là.

 

Se tournant, un sourire carnassier aux lèvres, Arthur bloqua un Merlin boudeur contre la paroi. À lui parler rapprochement et intimité, son serviteur n’avait fait qu’attiser sa faim de chair fraîche.

 

- Ne me dit pas que tu es gêné à l’idée que le roi puisse vraisemblablement t’apprécier dans le rôle de la bouillotte du lit princier ?

- S’il savait pour ma magie, je ne serais surtout plus de ce monde depuis bien longtemps.

- Ça, je te le confirme sans aucun doute possible.

- Hum…

 

Voyant clair dans le jeu de Merlin – parler de magie et du roi pour le détourner de son but – Arthur s’approchait toujours pour l’embrasser, quand un seau d’eau en lévitation se vida entièrement sur lui. Les cheveux ainsi rincés et collés devant ses yeux, le prince prit une seconde pour s’en remettre. Dégageant ses mèches mouillées d’un mouvement de tête, il tenta de décrypter les prunelles bleues. Si la remarque du sorcier se voulait d’abord taquine, l’évidence de sa mise à mort si son secret était révélé, avait très clairement refroidi l’atmosphère. Prenant sur lui pour ne pas lui reprocher la nature glaciale de l’eau l’ayant rincée, Arthur changea de tactique en poussant Merlin à s’installer différemment. Le tirant par la taille pour qu’il s’asseye sur ses jambes, il le tint fermement en place avant de s’atteler à le rassurer. Ce n’était vraiment pas dans sa nature d’être aussi patient. Mais Merlin avait beau maîtriser la magie issue de l’ancienne religion, il n’en était pas plus apte à gérer ses moments de détresse. Sans aucun doute trop honnête pour employer ses capacités à son intérêt… du moins en dehors des taquineries dont lui était l’unique victime, à l’image de la douche froide qu’il venait de subir. Encadrant de ses mains les joues pâles, Arthur s’assura finalement qu’ils se regardent bien dans les yeux.

 

- Écoute-moi bien, car je ne le dirais pas dix fois. Je ne révélerais jamais rien à mon père pour ta magie. Mais si d’aventure ce secret lui était dévoilé, je ne le laisserais pas te tuer. Je trouverais un moyen pour te mettre à l’abri… quoiqu’il m’en coûte ! Je te le promets.

 

Voyant le prince si sérieux et confiant en ses paroles, Merlin laissa enfin ses propres sentiments le submerger. Il avait tant rêvé des nuits durant d’un instant comme celui-ci : une promesse claire que son secret ne serait jamais objet de chantage ou mal jugé. Soulagé d’un poids immense, il noua simplement ses bras au cou d’Arthur pour l’embrasser avec passion.

 

Satisfait de cette réponse, Arthur ne se priva pas de consommer l’objet de ses désirs jusqu’à plus soif. Suite à quoi, il s’attacherait à refaire les bandages autour des mains meurtries. Mais pour l’instant, il n’était plus question de discussions, révélations ou confidences. Ignorant les vagues d’eau s’échouant sur le parquet, le prince s’assura que Merlin était bien accroché avant de se lever d’un bon. Finalement las de l’espace exigu qu’était la baignoire, Arthur fit étalage de toute sa force pour les mener sur son lit. Le temps était enfin venu pour eux d’approfondir un peu plus leur rapport !

 

x.x.x.x.x

 

Ils étaient allongés au centre du lit défait, apaisés et reposés de leurs derniers efforts. Au vu de la luminosité ambiante, il semblait plus qu’envisageable qu’ils se soient tous deux assoupis un petit moment. Et au jeu de la sieste, c’était Arthur qui en avait le plus profité.

 

Se réveillant doucement au rythme d’un cœur battant sous son oreille, le prince sentit une main câline jouer avec ses mèches de cheveux. Pour une fois que c’était lui qui jouait les marmottes. Ouvrant un œil, il se découvrit à moitié allongé sur Merlin. Les yeux dans le vague, ce dernier semblait complètement perdu dans un autre monde. A moins que… Finalement d’un regard plus neuf, Arthur comprit que Merlin lisait un ouvrage maintenu par magie devant ses yeux, tandis que les pages tournaient d’elles-mêmes. Une astuce efficace pour garder ses mains libres. S’étendant avec léthargie, le prince fini par rompre le silence.

 

- Tu l’as trouvé où ?

- Il trainait sur la commode… Vous savez que ce n’est pas un manuel de guerre, mais un roman d’amour ?

- Un cadeau de Morgane. Que je compte offrir à Gwen d’ailleurs, alors je te conseille de le finir vite.

- Je suis déjà près de la fin.

- Et… alors ?

 

Baissant à peine les yeux sur le prince au regard bien trop satisfait de lui-même, Merlin sut qu’il ne parlait pas du livre, aussi lui répondit-il d’une voix monotone.

 

- Alors quoi, Arthur ? Vous voulez savoir si vous avez été un étalon digne de vos plus grands espoirs concernant vos prouesses sexuelles ?

- Non. Ca je le sais déjà, aux râles de plaisir que tu m’as fait entendre.

 

Recevant un coussin en plein visage pour toute réponse, Arthur n’amplifia pas la mutinerie de son compagnon. Au lieu de cela, amusé de son bon mot, et plus serein et heureux que jamais, il décida de se redresser pour enfin ouvrir son cadeau de Solstice d’hiver qu’il avait camouflé sous son lit. Il était aussi excité qu’un gamin. Cela n’était pas arrivé depuis son plus jeune âge, ses seuls présents étant depuis bien longtemps une énième arme façonnée à l’ordre de son père, ou toute autre taquinerie de la part de Morgane.

Il avait si hâte de découvrir la nature du présent de Merlin depuis qu’il lui avait offert. Mais à l’inverse de Gaius lorsqu’il l’avait vu recevoir le sien, lui souhaitait prendre son temps et apprécier l’offrande à sa juste valeur… aussi simple pouvait être l’objet camouflé sous le tissu.

 

Amusé de voir Merlin tendu à ses côtés en l’observant déballer son présent, Arthur hésitait à l’embêter d’une manière ou d’une autre sur la nature du cadeau. Mais quand il découvrit ce dernier en jetant l’emballage au loin, il se figea sous le choc de la découverte.

 

Les larmes aux yeux, Arthur observa avec trouble l’offrande de Merlin. C’est une bouffée d’amour et toute une somme d’émotions qui se bousculaient dans sa poitrine à l’observation du petit portrait qu’il tenait. Il voyait entre ses mains, le visage peint de sa mère décédée dont il ne possédait jusqu’alors que des représentations si peu ressemblantes. Elle y était si belle, si lumineuse avec sa chevelure si dorée.

 

L’objet à peine possédé était déjà son trésor le plus précieux. Se jurant d’en prendre soin, il le frôla une nouvelle fois de ses doigts. Il envisageait déjà de l’installer sur un lit de velours dans le tiroir de sa table de nuit. Il ne souhaitait pas le laisser visible à tout vent. Non seulement son père pourrait être surpris qu’il possède un tel portrait, mais il voulait égoïstement le garder pour lui seul.

Alors seulement, il se retourna vers celui à qui il devait cette image inestimable.

 

- Je sais que ce n’est pas grand-chose, en soi. Je n’avais pas les moyens de vous offrir quoi que ce soit de valeur que vous ne possédiez pas déjà. Mais j’ai pensé que peut-être, avoir une image de votre défunte mère vous ferait plaisir…

- Me faire plaisir… ? Merlin, tu n’as pas un soupçon d’idée de ce que cela représente pour moi. Tellement plus que tu ne pourras jamais l’imaginer. Je ne sais pas quoi te dire. Un simple merci me semble tellement… dérisoire face à… ça. C’est si inattendu et pourtant si infiniment rêvé… Et depuis si longtemps…

 

Ne pouvant retenir son émotion, mélange de douleur pour l’âme perdue et de bonheur de la retrouver ainsi, Arthur ne chercha pas une seconde à camoufler ses yeux noyés de larmes. L’une d’elles tomba doucement sur sa joue, en contradiction totale avec le sourire qu’il affichait.

 

- Tu l’as fait à l’aide de la magie ?

- À l’origine, je devais vous dire avoir trouvé un artiste de passage ayant su effectuer le portrait suite à mes seules descriptions.

- Mais… ?

- Cela ne rendait rien du tout. Alors en fin de compte, j’ai enchanté des pinceaux pour qu’ils peignent seuls mon souvenir du visage de votre mère.

- Ton souvenir ?

- Suite à notre rencontre avec son spectre sur l’île de Morgauss.

- Comme quoi, tu avais déjà ta preuve qu’en certaines circonstances, les fantômes existent.

- C’est… vrai.

- Maintenant que j’y pense. Tu n’aurais pas réalisé ce portrait il y a un mois, quand je t’ai surpris couvert de peinture ?

- Si…

 

Devant la moue subite de Merlin, Arthur comprit qu’il y avait une explication différente de celle donnée à l’époque.

 

- Je… je m’y suis attaqué une nuit et… je me suis endormi au milieu de ma première tentative… toute la peinture a giclé sur moi. Le résultat n’était alors, guère plus réussi que celui de l’artiste que j’avais déniché. Mais à force de persévérance, j’ai fini par être satisfait.

 

Arthur sachant à présent les raisons d’une telle fatigue l’ayant conduit à s’endormir en plein travail, il se sentit comme le pire des salauds. Toutes ces fois où Merlin était tiraillé par les tâches qu’il lui imposait en plus de celles de Gaius, et cet emploi supplémentaire qu’il s’était imposé pour répondre à son envie de leur offrir à tous un cadeau pour le solstice d’hiver… Sachant ne pas pouvoir changer ce qui était fait, Arthur ne s’excusa pas pour son comportement de l’époque. À l’inverse, il voulut faire comprendre à Merlin combien il était touché par sa peinture.

 

- C’est sans aucun doute l’un des plus beaux cadeaux qui m’aient été offerts.

- Je pense que vous en avez eu de beaucoup plus précieux.

- Détrompe-toi. Aucun ne m’a touché autant que celui-ci. Tu as un merveilleux talent.

- Ce n’est pas moi, mais ma magie.

- Qui est une partie de toi. Donc cela revient au même. N’essaie pas de t’ôter le bénéfice de ton art.

 

Obtenant un bref mouvement de tête pour toute réponse, Arthur fut satisfait. Ne voulant pas abîmer un bien aussi inestimable à ses yeux, Arthur le posa avec précaution sur sa table de nuit. Il aurait bien du mal à admettre combien la découverte du portrait de la femme qu’il n’avait jamais connue de son vivant lui avait donné l’envie de pleurer tant l’émotion avait été forte. Comment pourrait-il égaliser un tel cadeau avec celui qu’il s’apprêtait à offrir à Merlin ?

 

- J’ai peur qu’à côté de ça, mon présent pour toi n’ait que peu de poids.

- Votre présent ?

- Tu n’as pas cru que je t’avais oublié tout de même ?

- Mais… vous… Vous n’aviez pas à m’en faire un !

- Mon serviteur m’offre ce que j’ai toujours cru impossible à obtenir et tu penses que je n’aurais rien prévu pour lui ? Ai-je l’air aussi insensible que ça ?

- Je... Non… Mais…

- Et bien, tu aurais pourtant parfaitement raison de le croire !

 

Ce disant, Arthur se pencha suffisamment pour attraper cette fois-ci un paquet volumineux de dessous son lit. Avec un serviteur aussi mauvais que Merlin, ce dernier n’avait pas du soupçonner une nano seconde, l’existence de tout cela en ce lieu.

 

- Une fois n’est pas coutume, je peux t’accorder d’avoir été le prince de la goujaterie avec toi ces derniers mois ! Je n’ai aucune excuse à présenter pour mon comportement, du fait de ma position qui m’en donne tout droit si telle est ma volonté. Mais ces derniers jours, j’ai été amené à faire face à certaines réalités qui m’avaient on ne peut plus échappé jusqu’alors.

- De quoi parlez-vous ? Et qu’est-ce que vous sortez encore de dessous votre lit ?

- Ne te préoccupe pas de ce que je dis. Prends plutôt ça ! C’est le maigre présent de ton prince.

- Que… cette énormité ?

- Arrête de geindre et ouvre-le, Merlin.

 

Curieux et sceptique à la fois de savoir ce qu’il allait découvrir, Merlin défit le nœud retenant une ficelle. Ouvrant le papier brun entourant son présent, il y découvrit alors un épais manteau. Conçu en croûte de cuir, lisse sur l’extérieur et d’une peau à peluche à l’intérieur, il semblait aussi résistant à la pluie que chaud au grand froid.

 

- C’est vraiment pour moi ?

- Non. Ça, c’est le présent pour mon autre crétin de serviteur qui passe ses journées à chasser à mes côtés.

- Ne vous moquez pas.

 

Indulgent, Arthur, inclina du chef pour le lui concéder.

Glissant une main sous le menton boudeur, il croisa ses yeux bleus dans ceux de Merlin avant de lui happer ses lèvres encore marquées de leurs précédents baisers.

Après un long échange, il lui répondit à nouveau, plus serein, sans le quitter des yeux.

 

- Oui, c’est bien pour toi. Et j’aspire ardemment que tu veuilles bien l’utiliser les mois d’hiver.

- Il est magnifique…

- Je l’espère bien. Mon tailleur te l’a confectionné assez urgemment, alors il repassera te voir demain pour s’assurer qu’il n’a pas besoin de retouches.

- Merci. Que… ?

 

Tandis qu’il manipulait le vêtement de grand prix, Merlin réalisa qu’une poche de ce dernier était garnie d’une petite bourse. La sortant, il y soupesa un nombre imposant de pièces.

 

- Qu’est-ce… ?

- Deux années de paie… avec les intérêts. J’ai découvert récemment que mon père ne te rémunérait pas comme je le pensais jusqu’alors.

 

Ouvrant la bourse pour n’y voir que des reflets d’or, Merlin n’en crut pas ses yeux. Les serviteurs ne recevaient que des pièces de métal, tout au plus un écu d’or une fois par an.

 

- Mais c’est… une fortune.

- À présent, tu recevras ta rétribution chaque fin de semaine, comme pour tous les serviteurs du palais.

- Combien y’a-t-il ?

- Tu compteras tout ça plus tard.

- Oui, mais ça me semble quand même beaucoup trop.

- Tu serais bien le premier à t’en plaindre. Maintenant, si ça te pose tant de problèmes, tu n’auras qu’à en faire parvenir une bonne partie à ta mère. Mais ce sera à la condition exclusive que tu prennes avant tout soin de toi. D’accord ? S’il s’avère finalement que cela ne te suffit toujours pas pour assumer tes besoins courants et soutenir ta mère, je veux – non, j’exige – que tu m’en parles avant d’aller assurer je ne sais qu’elle second emploi en ville. Dorénavant, je t’impose tout simplement que tu ne sois occupé que par mes seuls soins ou l’aide de Gaïus, si ce dernier t’en fait la demande. Mais même sur ce point, je compte bien m’assurer que nos besoins respectifs ne se cumulent plus de façon déraisonnablement pour toi.

 

Voyant les yeux ouverts de stupeurs de Merlin, Arthur soupira lourdement.

 

- Est-ce qu’on est d’accord sur ces nouvelles exigences ?

- …

- Merlin ?

 

Au regard perçant d’Arthur, Merlin ne put qu’acquiescer, non sans avoir avalé avec rudesse sa salive. Il n’osait croire à un tel revirement de situation.

 

- D’accord. Mais…

- Assez de « mais » ! J’en reviens toujours pas que tu ne m’ais jamais dis ne rien recevoir de mon père ! Tu devrais savoir que l’esclavage n’existe pas à Camelot ! Tout travail obtient bien heureusement salaire.

- Je n’ai jamais pensé être votre esclave.

- Et comment appelles-tu le fait de travailler jour et nuit pour un homme sans que ce dernier ne te rétribue pour ton labeur ?

 

Ne sachant que répondre à cette question piège, Merlin fit le choix de ne pas ajouter un mot.

 

- Même si je sais à présent que c’est ton sentiment de culpabilité qui t’a poussé à agir ainsi. Tu as dû me juger comme étant tellement égoïste avec toi.

- Non. Je sais que votre quotidien n’a rien de si simple ! Comme je devine facilement que vous avez eu une enfance difficile. Il n’y a rien de si simple à être le fils du roi. Toujours seul, isolé... Ne pouvant se fier et se confier à personne, sous peur d’être trahis, moqué. Moi, j’ai eu une enfance heureuse à Elanor. Sans compter que la magie est depuis toujours ma compagne la plus fidèle. Cela peut sembler très asocial comme réflexion. Mais tant qu’elle sera en moi, je ne serais jamais seul, toujours protéger. Sans compter que j’ai toujours ma mère. J’en suis aimé autant que je l’aime. Ainsi que Gaïus qui est comme un père pour moi ! Alors que vous… vous n’aurez jamais connu l’amour et la tendresse de dame Igraine…

 

Arthur était touché de retrouver dans les mots de Merlin ceux qu’ils avaient lui-même essayé de retourner à Balinor pour s’expliquer de son comportement.

 

- Pendant que j’y suis, Merlin, il y a d’autres nouvelles règles que je souhaite instaurer. Comme l’interdiction formelle de pratiquer la magie… !

- Mais !

- Laisse-moi finir, veux-tu ! Je disais donc : comme l’interdiction formelle d’employer la magie dans les abords du château pour s’entraîner, s’il n’y a personne pour s’assurer que tu es à l’abri des regards ! Si ce n’est ici, dans cette pièce fermée en ma surveillance ou dans ta chambre, sous couvert de la présence de Gaius : tu ne pratiqueras qu’à l’extérieur, loin d’ici et jamais seul. À moins que tu ne trouves une grotte abandonnée ou je ne sais quel autre lieu absolument infréquenté de toute vie humaine ! Car JAMAIS ! Tu m’entends ? JAMAIS je ne veux revivre ton exécution !!

- Arthur… Ce n’était qu’un cauchemar !

- C’était le futur, Merlin ! Et je refuse que ce dernier se déroule de la sorte ! De toute façon, je suis ton prince et maître ! Alors que tu le veuilles ou non, si j’ordonne, tu m’obéis !

- Si je veux.

- Sur ce point de la pratique de la magie en toute sécurité, je ne te laisse vraiment pas le choix. Et crois-moi, je trouverais bien les arguments qui t’en convaincront ou les punitions qui t’en dissuaderont !

 

Merlin restant sans voix, Arthur estima avoir eu le dernier mot.

 

- Bien. Maintenant que tout est fin clair entre nous, nous pouvons passer à la dernière étape du programme.

 

Enlevant des mains de Merlin, la bourse qu’il ne voyait lui que trop fine à ses yeux et au regard de son sentiment de culpabilité gros comme une montagne, Arthur renversa son ange pour le dévorer une seconde fois sous les cris offusqués et de plaisir mêlé de ce dernier.

 

- Qu’est-ce que vous croyez pouvoir faire, Arthur ?

- À ton avis ?

.

 

C’est tard dans la nuit qu’ils se laissèrent enfin happer par le sommeil.

 

- Arthur ?

- Chuttt, dort mon ange.

 

Stupéfait par le sobriquet obtenu, Merlin releva une paupière d’interrogation.

 

- Ton… ange ?

 

Pas moins surpris par ce qu’il venait de dire, Arthur ne se démentit pas pour autant.

 

- Hé bien… N’es-tu pas mon ange gardien, depuis ces deux années que tu combats dans l’ombre pour me préserver de tous nos ennemis ?

 

Faisant une moue timide, Merlin acquiesça non sans plaisir à cette description.

 

- Si… J’aime bien.

- Parfait.

 

Arthur ne s’en souciant pas plus, il allait s’endormir, le nez niché dans le cou de son ange quand…

 

- Arthur.

 

…Merlin n’en reprit pas moins la parole. Allait-il seulement se taire avant le lever du soleil ?

 

- Hum… ?

- Je crois que… Je vous aime.

- Moi aussi je m’aime beaucoup, Merlin. Moi aussi…

 

Merlin pouffa gentiment à cette réplique murmurée dans l’inconscience du sommeil.

C’était si… représentatif du prince.

Sans attendre de réciproque, il ferma les yeux et s’endormit heureux de sentir le corps ferme d’Arthur contre son dos et le poids de ses bras tout en muscles autour de sa taille fine.

Il pouvait bien combattre monstre et sorcière sa vie entière, si seulement chacune de ses journées se terminait de la sorte.

 

À suivre.

 

Parce que tout à une fin, plus qu’un court épilogue pour conclure cette fanfic.

En vous remerciant de nouveau tous et toutes pour vos retours sur l’ensemble de cette fanfic !!