Voici, à présent la quatrième étape de ma fanfic. Pour ceux qui se posent la question, sachez qu’elle représente en « taille » environ le dernier tiers de cette histoire. Soir encore au moins 4 chapitres à venir avant l’épilogue. En espérant que tout cela ne vous décevra pas trop ^_^’’

Sinon, pour répondre à une remarque que l’on m’a faite par rev et mail. Oui, j’ai bien évoqué un fauteuil roulant dans le précédent chapitre. Mais évidemment, j’en imaginais un d’époque lol ^_- ! Pas un truc en fer, mais une chaise adaptée en bois. Au passage, sachez qu’on a trouvé trace de fauteuil roulant dès le 6ème siècle en Chine, certains disent qu’il en serait même fait notion à l’époque des pharaons et le roi Louis XIV en utilisait un en fin de vie. Donc bon, je pense qu’Arthur peut très bien en posséder un, s’il venait à perdre l’usage de ses jambes via une chute de cheval pendant une chasse ^-^’’

 

 

Solstice d’hiver.

 

 

 

Chap4.1 : Jours de fête - 1

 

En cette veille du solstice d’hiver, l’activité était à son comble dans le château. La grande soirée où tous étaient conviés s’organisait, obligeant tous les serviteurs du palais à être sur le pied de guerre !

 

Pour Merlin, c’était surtout une nouvelle occasion pour qu’Arthur se mette dans les ennuis.

Pour autant, si quelqu’un y était jusqu’au cou pour l’instant, c’était bien lui. Ayant dû s’absenter à l’aube, il était - pour ne pas changer - dangereusement en retard sur le planning du matin. Ce que n’avaient pas manqué de lui indiquer les gardes présents à l’entrée du château.

 

S’étant pressé d’aller chercher le petit déjeuner du prince, Merlin entra enfin dans ses appartements avec un lourd plateau chargé de victuailles de la plus grande qualité en cette veille de grande fête.

 

- Tu ne frapperas donc jamais à cette porte, avant d’entrer ?

- Héééé ! Je voudrais bien vous y voir avec tout ce que je porte.

- Merlin… en deux ans de service, même avec les mains vides, tu n’as jamais annoncé ton arrivée.

 

Merlin allait riposter d’une remarque acerbe et pleine de bon sens quand il croisa enfin le regard d’Arthur. S’il était épuisé de sa toux qui l’avait empêché de se reposer la nuit durant, on ne pouvait pas dire que le repos du prince ait su être plus réparateur. Et à voir son attitude, et ses épaules lasses, il n’y avait aucun doute qu’il patientait à son bureau depuis un bon moment.

 

- Quelque chose à ajouter, Merlin ?

- Non. Si ce n’est que je suis sincèrement désolé pour mon retard ce matin. Mais le plateau est lourd et encombrant. Et…

- C’est bon, Merlin. Pose tout cela ici. Et pendant qu’on y est, pose-toi aussi. Tu me donnes le tournis à gigoter devant moi.

 

S’exécutant tout en fronçant les sourcils d’interrogation, Merlin vit subitement une assiette copieuse déposée devant lui.

Arthur n’y ajoutant pas un mot, il en conclut simplement qu’elle lui était destinée. De toute façon, si ce n’était pas le cas, Arthur ne manquerait pas de le lui signifier quand il y toucherait...

 

Mangeant de bon appétit ce petit déjeuner imprévu, Merlin n’en attendit pas moins de découvrir qu’elle était son programme pour la journée. Nul doute qu’il en pâtirait comme chaque jour depuis des semaines. Mais la liste des tâches ne venant toujours pas, il se surprit à la réclamer de lui-même.

 

- A quoi suis-je censé m’occuper, aujourd’hui ?

- J’ai fait prévenir Gwen que tu irais l’aider pour installer les tables du banquet.

- Et… ?

- Rien d’autre. Tout le monde est si occupé que vous ne serez que très peu pour cette tâche. Au vu du nombre de tables à préparer, vous en aurez pour la journée.

- Alors, je vais me presser de les rejoindre au plus vite…

- Inutile. Tu peux prendre le temps de finir de manger avant de t’y rendre.

- Mais…

- Merlin.

 

Se sentant presque trembler sous la force du regard d’Arthur, Merlin n’osa pas plus le contredire. Il était si rare de le voir si sérieux…

 

- Ne te méprends pas. J’estime juste que tu as mérité une journée un peu plus calme en cette veille de fête.

- Bien. Merci.

 

Ne pouvant rater le sourire sincère de Merlin, Arthur était heureux. Pour une fois, la tâche assignée semblait être la bonne. Ni trop compliquée, ni trop épuisante et loin – TRÈS loin – de son père qui ne se préoccupait jamais de ce genre de préparatif.

 

- Et vous, Arthur ? Où serez-vous ? Si quelqu’un vous cherche…

 

Ne voulant prendre strictement aucun risque – Merlin étant bien capable de le suivre s’il sortait où que ce soit et d’utiliser la magie pour le sauver du moindre danger auquel il s’exposerait, Arthur ne surjoua qu’à peine son dépit à rester coincé dans les remparts du château.

 

- J’ai encore une tonne de parchemin à lire, contresigner et valider. Je passerais ma matinée à travailler ici. Après quoi, j’irais juste voir les chevaliers pour m’assurer que leurs rondes se sont bien déroulées.

- Bien.

 

Merlin n’en croyait plus sa chance. Pas de tâche de titan, pas de prince Arthur jouant les filles de l’air dans tout Camelot, a priori aucun ennemi en marche pour s’attaquer à l’un d’entre eux. Non, tout semblait enfin se liguer pour qu’il profite d’une journée calme. Ce qui le changerait agréablement pour une fois.

 

Le petit déjeuner avalé, c’est dans un calme serein que les deux hommes reprirent leur occupation. Merlin fit un brin de rangement dans la chambre avant de débarrasser la table. Il n’allait plus tarder à repartir pour la salle de fête, quand Arthur l’interrompit une dernière fois.

Assuré que tout se passerait au mieux, cette fois-ci, le jeune homme ne pouvait céder à l’envie de taquiner son serviteur. Après tout, Balinor lui avait bien fait comprendre qu’il ne devait pas agir si différemment qu’à l’accoutume. Or ce silence, certes paisible, qu’il avait partagé ne leur ressemblait absolument pas.

 

- Dis-moi, Merlin. Tu n’aurais rien à me donner avant de partir ?

- Que voulez-vous dire par là ?

- Tu n’as pas de cadeau pour moi ?

- Je…

- C’est que je t’ai vu en donner un à Gaius, et déposer deux paquets dans les appartements de Morgane, pour elle et Guenièvre.

 

Bien qu’il n’ait pas du tout eu conscience d’être vu à ces deux moments, Merlin ne pouvait nier une vérité aussi évidente. Il hésita tout de même quant à la réponse à donner. Arthur méritait-il seulement qu’on lui dise oui ?

N’ayant définitivement pas la rancune tenace, Merlin sortit un paquet de sa sacoche qu’il avait gardé avec lui.

 

- J’ai peut-être bien…. ceci, pour vous. Je voulais le poser discrètement sur votre lit après l’avoir fait.

 

Devant le paquet consciencieusement emballé, Arthur était sans voix. Il voulait l’ennuyer gentiment, comme il leur arrivait si souvent de jouter verbalement entre eux. Mais à aucun instant, il n’avait réellement pensé qu’il puisse avoir pensé à lui ! D’autant plus en sachant qu’il n’avait jamais perçu une seule pièce d’or pour tout le labeur fait dans les murs du château depuis deux longes années. Et malgré ce fait et toutes les misères qu’il lui faisait subir à longueur de journée, il avait lui aussi droit à un cadeau de Merlin…

Touché, Arthur oublia toute envie de le taquiner un peu plus, pour se saisir avec attention du cadeau offert.

 

- Merci à toi.

 

Voyant Arthur presque sous le choc devant son présent, Merlin tenta de minimiser les faits. Sans quoi, le jeune prince ne pourrait qu’être déçu à la découverte de ce qui se trouvait sous le tissu d’emballage.

 

- Oh, n’allez surtout pas imaginer que c’est quoi que ce soit d’important. Que voulez-vous que je puisse trouver qui convienne à un prince comme vous ?

- Personne ne t’a appris que c’était l’intention qui comptait ?

- Si.

- Alors, tais-toi, si ce n’est que pour dire des bêtises. Si tu le permets, je ne l’ouvrirais que demain matin comme le veut la coutume.

- C’est à vous, à présent. Vous en faites ce que vous voulez.

- Bien.

 

Sentant une nouvelle paix s’établir entre eux, Arthur sourit avec plus d’intensité, heureux de voir qu’il en était de même pour Merlin.

Pour autant, il devait renvoyer ce dernier au travail. Là était le rôle de chacun, comme il l’avait si douloureusement appris.

 

- Tout va bien, Arthur ?

- Oui. Tout va bien, Merlin. J’ai juste assez mal dormi ces dernières nuits.

- J’en suis désolé. Voulez-vous que je vous apporte une potion de Gaius pour ce soir ?

- Non, cela ira. Je pense en avoir enfin terminé avec les cauchemars.

 

Acquiesçant d’un bref hochement de tête, Merlin finit par le quitter pour rejoindre Gwen.

Resté seul, Arthur comptait bien se presser de sortir au plus vite pour retrouver le chevalier Léon. Ce dernier aurait pour tâche de ne pas quitter son père de toute la journée. Ainsi, il saurait à la première seconde si Merlin se mettait dans les ennuis avec le roi.

 

Il ne leur restait qu’à tenir jusqu’au soir. Alors enfin, ils pourraient prendre le temps de parler sérieusement dans l’intimité de ses appartements.

 

xxxxxx

 

Plus tard, en début d’après-midi, Arthur courut dans les couloirs pour intercepter Merlin avant qu’il ne sorte. En croisant le regard du chevalier Léon, peu avant dans la grande salle du trône, il avait compris que malgré toutes ses précautions, son père avait parlé au domestique. Restait à savoir de quoi.

Merlin se dirigeait bien vers les portes du château quand il le stoppa d’un éclat de voix.

 

- Merlin !

- Hum… ?

- Où… où vas-tu comme ça ?

 

Constatant qu’il était habillé de son éternelle veste légère, et de gants miteux, il ne feint pas la surprise de le voir s’éloigner des lieux du banquet.

 

- Je croyais que tous ceux devant s’occuper des tables dans le réfectoire étaient habillés de l’uniforme. 

- Je ne suis plus de cette équipe.

- Pourquoi ?

- Je…

- J’exige une réponse.

 

Arthur ne voulait pas se montrer froid, mais Merlin avait le don de le pousser à bout, à toujours tarder à s’expliquer. Observant ses mains par réflexe, Arthur fit tout autant la grimace à leur vue.

 

- Et ne t’avais-je pas demandé d'en prendre soin ?

- Si, mais ce matin, j’ai du repartir en cuisine et entre l’eau glaciale et brûlante…

 

Ce n’était plus que des cloques.

 

- Pourquoi es-tu retourné là-bas ? Tu devais juste installer de la vaisselle et des fleurs sur les tables.

- Gwen et les autres avaient besoin de plus d’assiettes propres, je pouvais bien m’en occuper pour elles. Comme je n’étais plus capable d’essuyer la porcelaine et la placer sans tout entrechoquer, le roi m’a envoyé nettoyer ses écuries.

- Quoi !! Les écuries royales ?

- Où je ne risque pas de tout briser, comme il l’a si justement précisé.

- Mais… Que faisait mon père dans la salle d’apparat ?

- Ça…

 

Au soulèvement d’épaules et ton fataliste de Merlin, entrecoupé d’une toux toujours aussi terrible, Arthur comprit qu’ils atteignaient vraiment le point de non-retour. À plus que raison, à ses yeux, il ne serait guère surprenant de voir Merlin véritablement craquer sous la pression qu’il supportait.

 

- Je n’ai pas permis cela.

- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je m’en occuperais dès mon retour.

- Hein… ? Heu… Non. Je me débrouillerais seul.

- Mais…

 

Ne pouvant malheureusement contredire un ordre du roi, sans que cela n’ait des conséquences désastreuses, Arthur se fit violence pour renvoyer Merlin à sa tâche ingrate. D’autant que pour organiser ce qu’il voulait, il lui fallait mettre son serviteur hors touche pendant encore quelques heures.

S’il ne pouvait pas plus l’aider en lui offrant de quoi s’habiller plus chaudement à cet instant, il eut au moins l’idée de lui confier ses propres gants.

 

- Prends-les.

- Que… Pourquoi ?

- Je ne sors plus de la journée et tu as les mains suffisamment meurtries comme ça. Ces gants devraient te permettre de les garder au chaud et les protéger un peu plus qu’avec tes vilaines mitaines.

- Je…

- Hé bien ! Qu’est-ce que tu attends pour les prendre ?

- Merci.

- Je t’en prie.

 

Alors seulement, Arthur s’éloigna. Il ne pouvait le retenir plus longtemps sous peine de le retarder inutilement. C’était déjà un petit miracle que son père ne l’ait vu que casser des assiettes et non surpris à user de magie pour ne pas les briser.

Observant la silhouette fine de son serviteur descendre les escaliers extérieurs pour se rendre vers les écuries, Arthur se fit violence pour en détacher les yeux et retourner à ses propres occupations.

 

- Je t’en prie, Merlin. Tiens le coup encore quelques heures. Car cette fois-ci, c’est moi qui tente de te sauver la vie en agissant ainsi.

 

xxxxxx

 

Quand Merlin termina enfin son dur labeur au sein des écuries royales, il se pressa de remonter voir le prince.

 

Arthur s’habillait pour la soirée de sa tunique pourpre qui lui allait si bien, quand il vit le jeune homme franchir sa porte. Comme toujours, il avait oublié de frapper avant d’entrer. Pour autant, s’il ne l’avait entendu, il aurait pu le senti venir à des kilomètres tant il puait le purin. Fronçant le nez, il découvrit avec dépit que l’état général de son ami était à l’image de l’odeur. On aurait dit un mort-vivant. Ses cernes étaient abyssales et son teint cadavérique, associé à une silhouette frêle, il semblait qu’un simple coup de vent suffirait à le briser en morceaux.

 

- Vous avez encore quelque chose à me faire faire avant que le banquet ne débute ?

- Oui, une dernière chose. J’apprécierais que tu fasses un rapide brin de toilette et que tu enfiles ceci.

- Qu’est-ce que c’est ?

- Ton costume pour ce soir.

 

Dépité de devoir encore assumer le service pendant le grand banquet démarrant la semaine de festivités, après avoir passé l’après-midi à curer les stèles royales, Merlin serra les dents pour aller se changer rapidement.

 

- Inutile de sortir. Tu peux te nettoyer et te changer ici. Tu y trouveras tout ce qu’il te faut derrière ce paravent

 

Et en effet, il y avait là une grande bassine d’eau tiède, du savon et de quoi lui permettre de se changer intégralement.

Si tout était plus agréable que dans sa petite pièce, au moins là-bas, pouvait-il employer la magie pour soulager ses mains, et ce, sans devoir camoufler ses râles de douleurs.

 

Patientant près du lit, Arthur pria pour que Merlin ne craque pas, alors qu’ils étaient si près du but. Déjà arrivait le domestique qu’il avait envoyé chercher sa commande pour la soirée. Un dîner digne d’un roi pour eux seul dans le cadre privé de ses appartements.

 

Je t’en prie Merlin, tiens le coup encore quelques minutes.

 

Tout en enfilant son costume, Merlin réalisa qu’il allait bien rejoindre la garde des serveurs pour la soirée. Au moins les vêtements étaient-ils étonnement doux et agréables à l’œil pour une fois. Et si chaud. C’était appréciable quand on transitait dans les couloirs du château emplis de courants d’air. Joie suprême aucun chapeau à plumes n’était en vu pour compléter son apparat !

Sortant finalement de derrière le paravent, habillé de bonne facture, Merlin fut surpris de voir une table abondée de victuailles savamment disposées entre des bouquets de fleurs séchées et des bougies illuminées. Aux deux extrémités de la table, les fauteuils venaient d’être agrémentés de lierre frais.

Il était face à un véritable dîner aux chandelles pour deux. Nul doute qu’il jouerait donc l’unique serveur d’une soirée que le prince souhaitait romantique.

 

- Puisqu’à l’évidence, vous n’allez pas de suite descendre à la réception, puis-je savoir qui va vous joindre à ce fin dîner ?

- Oui.

 

Devant l’absence de réponse complémentaire, Merlin insista juste un peu.

 

- Et… ?

- Assieds-toi, tu veux.

 

Merlin fut ainsi poussé par les épaules pour le forcer à s’asseoir à l’une des extrémités de la table installée avec goût. Arthur se plaça face à lui, souriant avec malice.

Après une petite minute de silence représentative de toute l’incompréhension de Merlin, Arthur décroisa ses mains soutenant jusqu’alors sa tête. Il se releva alors, pour prendre en main la carafe de vin doux et verser ce dernier dans les deux verres à pied.

 

- Vous ne devriez pas attendre votre invitée avant de servir le vin ?

- Mais tu es déjà là que je sache.

- Je…

 

Il fallut quelques minutes de réflexion intense à Merlin pour soupçonner une seconde qu’il pouvait hypothétiquement bien être l’invité en question.

 

- Vous vous moquez encore de moi, c’est ça ?

- En ai-je l’air ?

- Vous en avez toujours l’air.

- Un point pour toi.

 

Repartant à sa place, Arthur se laissa chuter sur sa chaise pour observer avec attention son serviteur. Celui-là même qui souffrait depuis tant de mois par son unique faute d’inattention.

 

On ne pouvait être un bon roi, si on ne prenant pas soin de ses gens.

On ne pouvait être un homme bon, si on ne prenait pas soin de ses amis.

 

- Écoute. Je n’ai pas à te dire que je déteste me rendre dans les soirées mondaines organisées par mon père. Alors quand ce dernier m’a demandé ce que je souhaitais obtenir comme cadeau cette année, j’ai clairement indiqué que j’aspirais à avoir cette soirée et la journée de demain libre de toute contrainte.

- Et il a accepté ?

- Oui.

- Je vois que les miracles existent encore, finalement.

- N’est-ce pas. À mon tour, je souhaiterais savoir ce que toi tu souhaites.

- Pour de vrai ?

- Pour de vrai ! Demande-moi tout ce qui te ferait plaisir et je te l’accorde dès ce soir !

 

Arthur attendit qu’il lui requête de rétablir la magie dans Camelot… Où plus sûrement qu’il demande une somme d’argent conséquente pour compenser tous ces mois de soldes impayés… De beaux vêtements, peut-être. Quoiqu’un cheval, bien à lui, ne lui ferait pas moins défaut…

 

- Hé bien… Si vous me le demandez vraiment... Je souhaiterais être libéré, moi aussi, de toutes mes charges pour cette soirée et la journée de demain.

- Rien de plus ?

 

Tout en prenant le temps de la réflexion, Merlin conclu très vite.

 

- Non. Rien de plus.

 

Évidemment, un martyr comme lui ne pouvait demander plus et plus inconvenant.

 

- Merlin, un jour je t’apprendrais ce qu’il est intéressant de répondre à ce genre de question !

- Alors ? Vous m’accordez cette pause ?

- Bien sûr ! Je n’ai qu’une parole.

- Merci.

 

Se levant, souriant comme il ne l’avait jamais été depuis des mois, Merlin allait sortir, quand Arthur le stoppa à nouveau.

 

- Merlin !

- Oui ?

- Puis-je toujours t’inviter à dîner avec moi ?

- Je croyais ne plus devoir vous obéir pour ce soir.

- Cela n’a rien d’un ordre. C’est un ami qui propose à un autre ami de l’accompagner dans son repas de fête.

 

Se mordant les joues, Merlin ne sut quoi répondre. Tout ce qui était disposé sur la table semblait si bon et appétissant. En plus d’être particulièrement copieux. Un simple bol de gruaux d’avoine l’attendait dans sa chambre, faute de temps pour se préparer un repas plus convenable. Alors à choisir…

 

- Bien. Mais je refuse de vous servir.

- Il n’en était nulle question.

- Alors, peut-être…

 

Se tournant pour revenir sur ses pas, peut-être un peu trop vivement, Merlin se sentit pris d’un vertige. À trop tirer sur la corde, son corps venait lâchement de l’abandonner.

Aussitôt, Arthur se précipita pour le soutenir, alors qu’il se mettait à vomir à leurs pieds.

 

- Doucement.

- Je… Pardon !!! Je vais nettoyer... Je…

- Calme-toi, d’abord. Comment te sens-tu ? Tu as les mains glacées.

- Bien. Ce n’est rien. Juste la tête qui tourne.

 

Posant rapidement une main sur son front, Arthur y découvrit bien plus.

 

- Cesses de t’agiter bon sang. Tu es brûlant de fièvre.

- Ça va aller. Ça fait déjà deux jours, elle est presque passée.

 

Dépité de le découvrir si mal en point, Arthur insista pour le diriger vers son lit.

 

- Qu’est-ce que vous… ?

- Silence, Merlin. Tu vas t’allonger quelques instants.

- Non… Je vais nettoyer et rentrer… et

- …Et pour l’instant, tu restes ici ! Devons-nous, s’il le faut, dîner plus tard tandis que tu restes bien au chaud devant la cheminée ou enfoui sous les couvertures de ce lit.

- Mais…

- Silence.

- Vous m’aviez promis de ne plus me donner d’ordre jusqu’à demain.

- Ce n’est pas l’ordre d’un prince envers son valet. Mais là encore, la demande d’un ami… Un ami qui s’inquiète pour toi, Merlin.

 

Croisant le regard sérieux d’Arthur, Merlin ne sut qu’abdiquer.

Il avait tellement mal partout, il était si fatigué… Peut-être pourrait-il juste fermer les yeux quelques petites minutes avant de convaincre Arthur de le laisser fuir les lieux.

 

- Juste pour cinq minutes, alors.

- Oui. Juste pour cinq minutes.

 

Se laissant faire, Merlin se sentit tout aussitôt partir dans les songes.

La vitesse de son endormissement fut telle qu’Arthur soupçonna plus sûrement qu’il venait de s’évanouir. Jugeant que la fatigue était la plus grande cause de son malaise, il déboutonna le haut de la chemise pour permettre à Merlin de mieux respirer, avant de l’installer plus confortablement sur son lit. Lui ôtant ses bottes, il fut agréablement surpris de les voir en bon état. Au moins ne prenait-il pas l’eau par les pieds. Finalement, si Merlin n’avait que peu de possession, au moins en prenait-il grands soins.

Assurer qu’il était convenablement couvert, Arthur glissa inconsciemment une main dans les cheveux noirs de son serviteur. Après toutes ces fois où il lui avait sauvé la vie sans qu’il ne le sache, il allait prendre soin de lui, à présent.

 

À suivre.

 

Pas le chapitre le plus passionnant de cette fanfic, vous m’en voyez désolée. ^_^’’

Le suivant sera sûrement plus apprécié, puisqu’il contiendra (enfin) la vision de Merlin sur les faits du passé ^-^

Au plus tard, j’essaie de l’updater d’ici à mercredi/jeudi prochain. Trop de boulot m’attend sur une toute autre tâche d’ici là, sorry u_u