Je débute cette update avec un ÉNORME MERCI à tous, pour vos retours !!! (Auxquels je n’ai pu encore répondre - honte à moi u_u)

En espérant que ce chapitre (le plus inintéressant de toute cette fic), ne vous décevra pas trop quand même et que vous aurez encore l’envie à sa fin de lire la suite (un peu plus sympa à mes yeux ^-^) Disons juste pour sa défense, qu’il était indispensable pour maintenir une cohérence dans le fil de l’intrigue et accessoirement me permettre de glisser un bête dialogue de deux lignes dans le chapitre suivant qui n’aurait pas eu le même poids sans ce petit chapitre ^_^’’

 

Sur ce long blabla, bonne lecture !!

 

 

Solstice d’hiver.

 

 

Chap1.3 : Le fantôme du passé - 3

 

Désireux qu’Arthur puisse enfin comprendre et accepter toute la vérité sur son fils, Balinor claqua des doigts pour les transporter vers une seconde scène du passé. Il voulait qu’il réalise combien son fils avait toujours dû faire face à sa différence dans le plus grand secret. Et comme il était difficile, pour le petit garçon d’apprendre à ne pas laisser échapper sa magie devant quiconque.

 

D’un battement de paupière, Arthur se vit passer d’une demeure sombre et glaciale au cœur d’une forêt lumineuse au cœur de l’été.

 

Là, deux enfants d’une dizaine d’années – couvert d’égratignures et à la bouille de garnements intrépides – jouaient à se battre avec de petites épées en bois.

Curieux de voir comment se débrouillait Merlin à cet âge, Arthur les observa avec attention. Pour autant, il du admettre ne pas réussir à deviner lequel des deux allait devenir son serviteur. Quand l’un d’eux tomba finalement à terre, vaincu par son adversaire, la réponse vient d’elle-même quand un troisième gamin jusqu’alors passé inaperçu se leva de son tronc d’arbre pour rejoindre les deux autres.

À son allure et sa démarche timide, semblant plus jeune de deux ou trois ans, Arthur identifia aussitôt ce petit bonhomme comme étant Merlin, sans aucun doute possible.

 

- C’est à mon tour ?

 

La réponse claqua net.

 

- Non !

- Mais, Germain…

 

Dérangé par cette réponse, le vainqueur du combat fronça les sourcils. C’était pourtant la règle : celui qui perdait laissait sa place au suivant. Mais son camarade n’en démordit pas !

 

- Pas lui, William ! Mon père dit qu’il porte le mauvais œil. Aller, viens ! On va plus loin. Et toi ! Tu nous suis pas !

- Tu as dit à sa mère qu’il pouvait venir avec nous. On ne peut pas le laisser seul.

- On n’a rien promis, alors qu’il se débrouille. Sa mère n’avait pas à nous l’imposer.

 

Sans laisser une chance à aucun des deux de réagir, le perdant partit d’un bon pas.

Si son ami sembla hésiter sur l’attitude à suivre, il céda en courant à sa poursuite, lâchant malgré tout, un « désolé » au jeune Merlin.

 

Peu surpris de leur attitude, ne réagissant pas même à son « abandon », le petit garçon s’installa de nouveau sur son tronc d’arbre abattu. Là, il observa le ciel.

Intensifiant son regard, Arthur et Balinor purent assister à la transformation des nuages en formes enfantines d’un dragon.

Tous trois souriaient à cette vision, quand des cris aigus surgirent brutalement. Se redressant d’un bon, Merlin accourut vers l’origine des appels à l’aide.

Préférant éviter les déplacements imposés par Balinor, c’est instinctivement qu’Arthur le suivit tout aussitôt. Même s’il était spectateur d’évènements du passé, il devait bien y avoir un moyen de venir en aide à des enfants en danger.

 

Quand ils arrivèrent au lieu des cris, Merlin vit William accroché au bord d’une fosse. L’un de ces trous béants conçus par les chasseurs du village pour piéger des proies comme les sangliers à la taille démesurée. S’il lâchait, il y avait de fortes chances qu’il se brise le cou, si seulement il évitait les pics acérés.

 

- Au secours ! Viens m’aider Germain !!

 

Apeuré par la situation, le garçon ainsi appelé observa un instant son ami, avant de partir à toute jambe. L’enfant en difficulté allait finalement lâcher prise et tomber quand une petite main se lia à la sienne pour le retenir.

 

- Accroche-toi à moi !

 

Merlin allongé de tout son long se penchait au plus près du rebord pour rattraper son camarade. Le poids étant bien trop lourd pour sa composition, des larmes de douleurs apparurent aussitôt dans ses yeux.

Frustré d’impuissance, Arthur tourna sur lui-même en s’arrachant les cheveux.

 

- Vous ne pouvez donc, rien faire ? Il va lâcher !!

- Ce que tu vois n’existe pas, Arthur. Ce n’est que le passé recréé pour toi, par ma magie.

 

Reconnaissant le bruit d’une épaule se disloquant, le prince eut vraiment mal pour le petit Merlin qui ne lâchait pourtant toujours pas prise. Le seul signe traduisant la douleur qu’il pouvait ressentir à cet instant était ses larmes silencieuses coulant à flots.

Devant la panique s’emparant de son camarade et sa peur de ne pouvoir tenir plus longtemps, Merlin ferma les yeux, affichant dès lors toute sa concentration. Alors, des lianes se déplacèrent non loin d’eux. Se tortillant autour de ses chevilles, elles montèrent jusqu’à sa taille, lui permettant ainsi d’être fermement retenu et de ne pas glisser à son tour.

 

Ce n’est qu’une bonne demi-heure plus tard que des villageois venus à leur secours les retrouvèrent enfin. Parmi eux se trouvait la mère de Merlin. Aussitôt, elle prit soin de son enfant, laissant aux hommes le soin de remonter le petit William.

 

Quand tous furent hors de danger, l’un des hommes se mit finalement à hurler sur les enfants pour comprendre comment ils avaient pu courir aussi aveuglément dans les bois, au lieu même où la dernière chasse avait eu lieu. C’est le petit Germain qui répondit avec force.

 

- C’est Merlin ! C’est de sa faute ! Il nous a obligés à courir pour le fuir !

- Quoi ?

 

Hunith n’en croyait pas ses oreilles. Son fils chéri qui venait de sauver la vie de l’un d’entre eux, aux prix de blessures douloureuses pour son jeune âge, était accusé par celui-là même qui les avait lâchement abandonnés !

Pour autant, elle ne les contredit pas. Serrant plutôt son ange dans ses bras, elle lui murmura l’assurance que tout irait bien pour lui. Tous deux observèrent alors, emplis d’un fort sentiment d’injustice, le petit lâche obtenir tout le mérite des efforts de Merlin.

 

S’éloignant de la scène qu’il avait observée, les bras croisés devant sa poitrine, Arthur ne cacha plus son agacement.

 

- Alors quoi, Balinor ? Il n’était pas aimé ? Il était seul ? Il devait cacher son soi profond ? Vous imaginez peut-être que le fils du roi que j’ai été a eu plus de chance que lui ? Ceux qui m’approchaient et m’approchent encore ne l’ont jamais fait que pour ma position ! Si Merlin a été privé d’amis dans son enfance, il n’en a guère été autrement pour moi. À la différence qu’il a toujours eu sa mère, sa magie et aujourd’hui, Gaius, et ses amis comme Gwen ou Lancelot pour l’écouter, le conseiller ou l’encourager…. Alors que moi, je ne peux toujours me confier à personne, pas même à mes chevaliers. Alors, je vous en prie, lâchez moi avec votre pseudo morale et cesser de faire passer Merlin pour un Martyr. La vie est dure pour chacun d’entre nous !

- Moi, moi, moi… As-tu seulement connu une fois dans ta vie la douleur de la faim ? Ou la morsure du froid de l’hiver quand tu tentes de t’endormir sans aucune source de chaleur ?

- J’aurais vécu bien pire pour avoir le souvenir d’une seule caresse de ma mère ! Ce dont Merlin n’a jamais manqué !

- Si égoïste…

- Je vous interdis de me juger sans savoir ou de m’estimer responsable de son passé !

 

Après un long silence, Balinor céda étonnamment à sa remarque.

 

- Je te le concède Arthur. J’ignore tout de ton enfance princière « si » malheureuse. Mais que tu le veuilles ou non, tu dois connaître son passé pour comprendre son présent !

- Et que suis-je censé conclure de pareille injustice vécue dans son passé ?

- N’est-ce pas évident ? Posséder la magie n’a jamais perverti mon fils. Alors que ses camarades le rejetaient, il est venu à leur secours. Alors que le village le rejetait, il n’a jamais ressenti le besoin de se venger d’eux, de les attaquer… N’est-il pas même venu les sauver de leur bourreau, l’année passée ? Merlin a toujours été cet enfant au cœur pur. Tout simplement, car la magie n’est pas néfaste en soit, Arthur !

 

Avant même qu’Arthur ait pu le contredire, Balinor claqua de nouveau des doigts.

Pour autant, le changement fut mineur. Ils étaient toujours à l’orée d’une forêt.

Non loin d’eux, sur le même tronc d’arbre où un Merlin enfant avait observé les nuages dans le ciel, Arthur pu apercevoir son serviteur : le jeune homme et non l’enfant, « son » Merlin. À ses cotés, un autre jeune homme, qu’il avait lui-même connu quelques jours avant son décès.

 

- William… Tu ne diras rien ?

- Non. En même temps, j’imagine que ta mère le sait déjà.

- Bien sûr. Mais je te parle des autres… dans le village.

 

Pour toute réponse le jeune homme nia de nouveau d’un signe de tête.

Soupirant de soulagement, Merlin, inclina du chef pour l’en remercier.

 

- Merci.

- Tu aurais quand même pu me le dire, sans que je ne le découvre par hasard, tu sais.

- Ma mère m’a toujours fait jurer de n’en parler à personne. Elle a peur que cela m’attire des ennuis.

- Ne pas en parler est une chose, ne pas l’utiliser en est une autre. Tu réalises que t’as failli tuer le vieux Simon en voulant abattre cet arbre sans manier la hache ? Comment voulais-tu qu’il devine ce que tu faisais, sans entendre le bruit caractéristique de quelqu’un qui abat un arbre ?

 

À ce rappel, Merlin ne put réprimer un gémissement de plainte.

 

- Ce n’était pas volontaire !

- Encore heureux.

 

Riant plutôt de la mésaventure de son ami, le jeune William lui tapota le dos avec entrain.

 

- Aller. Ce n’est rien. Tu sais que je t’apprécie et t’aime comme un frère pour ce que tu es et non ce que tu possèdes. Mais maintenant que je le sais… J’imagine que lorsque nous étions petits… c’est ta magie qui t’a permis de ne pas me lâcher jusqu’à l’arrivée des secours ?

- Oui.

- J’ai eu si peur quand cet idiot de Germain m’a abandonné pour aller chercher de l’aide. Sans toi, je me demande comment j’aurais pu m’en sortir.

- Ce…

- Hum ?

- Ce n’était pas Germain qui a fait venir les secours. Là encore, c’était moi.

- Mais ! Comment ? Il s’en était pourtant vanté des mois durant !

- Je sais. Mais que pouvais-je faire ou dire pour le contredire ? « Non, c’est moi et ma magie qui avons alerté ma mère ? » Elle a jugé préférable que nous n’en parlions pas, à l’époque. C’était trop dangereux pour moi que tout le monde découvre mon « cadeau ».

- Et, alors… tu as d’autres faits héroïques de ce genre à ton actif ?

 

Merlin haussant les épaules, Arthur comprit que la réponse devait être positive à n’en pas douter. Et à l’évidence, William n’en pensait pas moins.

 

- Ce n’est pas juste. Je ne doute même pas que tu as aidé nombre d’entre nous... Et pour autant, tu n’en as jamais tiré aucune récompense.

- Je n’agis pas pour les récompenses.

- Non. Mais obtenir au moins le mérite de tes actions et la reconnaissance de ceux que tu aides, n’aurait rien d’illégitime.

- C’est la vie. Je devine qu’il en sera toujours ainsi pour moi.

- Cela ne rend pas tout cela plus juste.

 

Un simple haussement d’épaules répondit une fois encore à William.

 

- William ?

- Oui ?

- Je… Je te remercie d’avoir été mon ami.

- Tu dis ça, comme si c’était déjà du passé.

- Ne dis pas d’âneries. Juste… Merci d’avoir été là pour moi, toutes ces années.

- Je t’en prie. Tu es pour moi aussi un grand ami, Merlin. Je suis heureux d’avoir appris à te connaître après que tu m’ais sauvé.

 

Acquiesçant, Merlin le serra brièvement dans ses bras, avant de se relever. Les larmes aux yeux qu’il camoufla de son mieux, il dit au revoir à son ami. Il était temps pour lui de rejoindre sa mère pour le dîner.

Resté seul sur le tronc d’arbre, William observa la silhouette fine se presser de rentrer.

 

- Au revoir Merlin. Je te souhaite de trouver toute l’estime et la considération que tu mérites là où tu iras.

 

Ne comprenant pas cette remarque, Arthur questionna Balinor.

 

- Pourquoi parle-t-il de départ ?

- Il a compris que Merlin lui faisait ses adieux. La veille, suite à l’accident provoqué par sa magie, Hunith l’a convaincu de quitter Elenor. Le risque devenait trop grand, et son pouvoir trop fort pour rester en sommeil plus longtemps dans un si petit village. Il lui fallait trouver une personne capable de l’aider à canaliser son don pour le mettre au service d’une cause ou de gens qui le mériterait.

- Et Hunith n’aurait rien trouvé de mieux que d’envoyer son fils – magicien – à Camelot où le roi qui y règne a banni l’homme qu’elle a aimé et continue de tuer par les pires châtiments, chaque sorcier qui foule son sol ?

- Elle voulait avant tout que Merlin apprenne d’un mentor connaissant lui-même la magie.

- Et qui donc ?

- À ton avis !

- Gaius ?

 

Ne le voyant pas nier, Arthur n’en fut pas moins surpris. Gaius était l’ami de son père. Comment pouvait-il lui avoir caché sa magie ?

 

- Gaius a juré de ne plus jamais employer la magie. Cela a suffi à Uther.

- J’apprécierais de rester seul dans ma tête. Savoir que vous lisez mes pensées est assez… désagréable.

- Comment saurais-je que tu comprends les leçons données, si je n’agissais pas ainsi ?

 

Agacé, Arthur n’en répondit pourtant rien. Il avait abandonné l’idée d’avoir l’autorité dans son propre rêve.

 

- Très bien ! Si tout ce que vous me montrez est vrai ! Si Merlin possède réellement la magie. Ne pensez-vous pas que je l’aurais découvert depuis le temps ? Cela fait déjà deux ans qu’il travaille pour moi.

- Sachant que tu es tous aussi « aveugle et sourd » au sujet de ton père, depuis que tu as l’âge de raison, il te reste encore de la marge pour renouveler cet exploit avec Merlin... Tu dois tant de vie à mon fils, sans même le soupçonner…

- N’exagérons rien. De ce que j’en sais, je n’ai jamais eu qu’une seule dette de vie : lorsqu’il a bu le poison qui m’était destiné. Et vous avez beau vouloir me faire passer pour un tortionnaire suivant aveuglément les ordres de son père, j’ai contesté ces derniers pour aller chercher de quoi m’acquitter de cette dette, et le sauver à mon tour !

- Vous avez totalement raison pour une fois.

- Ah !! Vous voyez !

 

Loin de le lui concéder, Balinor insista plutôt sur ses premières paroles.

 

- « …de ce que vous en savez… », Merlin vous a sauvé une fois. Et le problème est toujours là, Arthur ! Vous ne savez rien de ce qui s’est réellement passé autour de vous, durant ces deux dernières années !

 

Sachant pertinemment ce qui l’attendait, Arthur ne retint pas son gémissement à voir Balinor claquer de nouveau les doigts. Ils allaient encore se déplacer à de nouvelles scènes du passé. Quand trouverait-il seulement la force de se réveiller ?

 

- Pas avant que tout n’ait été révélé, prince Arthur… Pas avant…

 

À suivre.

 

Au prochain chapitre, on revient enfin aux bases de la série et peut-être même que Merlin sera aussi de retour (en dehors des rêves d’Arthur, j'entends)