Comme mes chapitres sont « interminables » et que cela nécessite un temps fou à finir manquant de temps pour m’y atteler plus de quelques minutes par jour, je vais faire le choix de les découper en petits bouts pour updater tous les 2 jours quelques pages finalisées pendant mes pauses déjeuner, au lieu d’une big update tous les 10 jours.

 

Solstice d’hiver.

 

 

Chap1.1 : Le fantôme du passé - 1

 

Arthur dormait comme à l’accoutume comme un bébé.

Vêtu d’un pantalon de nuit et d’une chemise large, il  bougea légèrement avant de s’enfoncer avec plus de bonheur dans le moelleux de ses oreillers princiers. Seul ombre à son tableau, un étrange souffle d’air courant sur son dos découvert. D’où pouvait-il venir ? Finalement agacé par la présence d’un véritable vent glacial qui imprégnait toute la chambre, Arthur se redressa d’un bon.

Était-il possible qu’on ait laissé l’une de ses fenêtres ouvertes ?

Par ce temps hivernal ?

Mais à quoi pouvait-il seulement s’attendre de la part d’un serviteur aussi crétin que Merlin !

 

Il fallait vraiment qu’il souffre pour de bon de déficience mentale pour laisser les fenêtres ouvertes en plein hiver, quand on se donnait déjà tant de mal à fournir assez de bois de chauffe pour conserver une température supportable dans le château...

C’est finalement grognon et décidé à lui faire payer son oublie dès le lendemain matin, qu’Arthur se leva pour fermer la fenêtre incriminée.

 

Il retournait à la chaleur douillette de son lit, quand il vit soudain la silhouette d’un homme devant lui ! Sursautant vivement à cette présence inattendue, Arthur chercha des yeux son épée. Cela ne pouvait être pire. Elle était à l’autre bout de la pièce. Ne perdant pas pour autant de sa prestance, Arthur se redressa, affichant toute son autorité pour questionner l’inconnu camouflé dans la pénombre.

 

- Qu’est-ce… Qui êtes-vous ?

- Quel esprit lent… Tu as donc si peu de mémoire ?

- Je vous connais pour subir tant de familiarité ? Comment êtes-vous entré ici ?

- Nous nous connaissons, en effet ! Tu me dois même la vie. Quant à m’infiltrer dans ces quartiers. Cela n’avait rien de bien difficile, crois-moi.

- Pourquoi êtes-vous ici ?

- Je suis venu pour t’ouvrir les yeux.

 

Alors seulement, Balinor fit un pas en avant, laissant ainsi son image faite de magie passer devant un rayon de lune.

 

- Balinor ! Mais… Vous êtes morts !

- Oui, je suis mort.

- Que… ?

 

Bondissant vers son lit pour s’emparer du poignard camouflé sous son oreiller, Arthur se retourna tout aussi vivement pour s’attaquer au dragonnier avec son arme. Mais pour toute blessure infligée à l’homme, sa main ne fit que le traverser.

 

- Mais…

- Tu l’as dis toi-même. Je suis mort.

- Qu’est-ce que vous êtes, alors ?

- De la magie pure… Tout ce que tu exècres, toi et… ton cher père, le grand roi Uther.

- Vous voulez dire que… si votre corps est mort, votre magie aurait survécue… ?

- Tu n’es pas si stupide que la couleur de tes cheveux laisse à penser. [1]

- Quoi ?

- Ta théorie est exacte. A la mort de certains sorciers ou dragonniers, lorsque leur corps se détériore et redevienne poussière, leur magie s’en détache, devenant libre de toute entrave. Dans certaines circonstances, elle peut alors recréer un nouveau lien physique avec un objet, un lieu, une personne...

- Et c’est ce qui est arrivé à votre magie ?

- La magie qui était en moi ne faisant qu’une avec mon âme, elles se sont liées pour subsister et protéger ce qui nous était le plus précieux.

- A savoir ? Le pouvoir ? L’envie de vengeance sur mon père vous ayant banni ?

- Tes réponses sont risibles, prince Arthur. Il s’agit plus simplement de mon fils. Rien en ce monde n’a plus d’importance pour nous [2]

- Votre fils ? Vous voulez qu’il effectue vos représailles à votre place ? Vous aspirez pour lui à la richesse, peut-être même au trône de Camelot ?

- Pourquoi toujours penser que ceux pourvus de magie sont cupides ou veulent le mal ? Je n’aspire qu’au bonheur simple de mon enfant. Or ce dernier souffre plus qu’il m’est possible d‘en supporter en raison de votre seule attitude à son égard.

- Je connais donc ce traitre ?

- Traitre ?

- Vous étiez un sorcier dragonnier. Il est donc prévisible que votre fils possède lui aussi la magie et l’utilise au sein de Camelot en dépit des lois qui l’interdisent.

- Et cela suffit pour faire de l’homme le plus fidèle et le plus loyal qui existe en ce monde à ton égard : un traitre ? N’as-tu donc aucune pensée personnelle pour répandre si vaillamment les paroles sans cesse répétées par ton père ? Un homme aveuglé par sa haine de la magie pour la seule raison qu’il l’a lui même employé à mauvais escient dans sa jeunesse !

- J’aurais peine à croire que l’homme qui m’est le plus fidèle soit un sorcier. Comme mon père n’a jamais usé de magie !

- Si aveugle… Sais-tu seulement qui est le plus loyal de tes sujets ?

- Je connais le nom de tous les chevaliers m’ayant juré fidélité et loyauté ! Et aucun d’entre eux n’est le sorcier que vous voulez me faire croire.

- Comme aucun d’entre eux n’est mon fils, prince Arthur.

- Alors qui ?

- Comment peux-tu ignorer à ce point qui t’est le plus fidèle… Mais je n’en suis guère surpris… C’est bien là la raison de ma présence ici. Il est grand temps que tu comprennes de qui nous parlons…

 

Voyant Arthur reculer de crainte, Balinor lui offrit son plus beau sourire pour le rassurer. Bien qu’il devine qu’un tel rictus sur son visage soit bien plus effrayant que rassurant pour le jeune prince aux pieds nus.

 

- N’es crainte. Cela ne te prendra que qu’un peu de tes rêves pour se faire.

 

Agacé par cette réflexion, Arthur s’avança d’un pas pour réagir avec agressivité à la remarque quand la main de Balinor le stoppa. D’une simple pression magique sur le front du prince, il fit tomber ce dernier dans un profond sommeil.

Tombant sans délicatesse au pied de son lit, Arthur fut aussitôt happé par un long songe empli de vérités !

 

A suivre

Un chapitre très court, mais la suite sera quand même plus longue (c’est juste que là, je ne peux vraiment pas couper ailleurs ^_^’’)

 

[1] C’était trop tentant de glisser cet humour bête, sorry

[2] Le « nous » fait référence aux des deux entités que sont l’âme de Balinor et sa magie. (J’aime à penser que la magie qu’elle soit à Merlin ou Balinor est une entité à part entière.)

 

A demain ou jeudi au plus tard pour la suite.