Avant dernier post pour cette petite fanfic avec de grosses excuses pour le temps d’attente.

D’autant qu’encore une fois, je pense que beaucoup s’attendaient à tout plein d’action et de rebondissements. Alors que j’ai encore pris le choix de la simplicité.

En espérant que cela ne vous décevra pas trop malgré tout ^-^’’’

En plus, je réalise que dans cette partie, y’a vraiment rien de bien transcendant -__-

Je tacherais de mettre un peu plus d’échanges et de kawai entre Merlin et Arthur pour la suite et fin ^-^’’

 

 

La fin d’une ère

 

 

Chapitre 4

 

C’est d’un pas décidé qu’Arthur rejoignit son père dans la grande salle d’apparat. Il savait qu’il l’y trouverait, attendant sans doute patiemment qu’on lui annonce le réveil du « sorcier ».

A son entrée, il vit Morgane tenter une énième fois de le convaincre de clémence.

 

- Je vous en prie, Uther. Contentez-vous de le bannir de Camelot ! Il a sauvé tant de vies hier matin ! Et tant de fois celle d’Arthur ! Il ne mérite pas cette sanction atroce que vous avez clamée !

- Ma décision est sans appel. Arthur ! Te voilà, enfin. J’espère que tu ne vas pas à ton tour tenter de me convaincre de changer mon jugement concernant cet incompétent que tu avais pour valet de pieds.

- Non père. Je ne vous demanderais rien. En revanche, je vous ordonne de bien vouloir annuler votre sentence.

- Pardon ?

- Libérez-le et rien ne changera sur Camelot.

- Ou… ?

- Ou je le libère moi-même.

- Tu n’irais pas à l’encontre de ton roi. Et même s’il te venait cette idée folle, je te jure que je t’enverrais au cachot pour une semaine, un mois tout entier même, que tu réapprennes où est ta place.

- Vous ne m’avez pas bien compris, « Père ». Quelque soit votre choix, je suivrais toujours celui de notre roi. La seule question est de savoir si ce sera vous ou moi.

- Quoi ? Es-tu bien en train de dire ce que je crois ?

- En douteriez-vous seulement ? Dois-je vous rappeler que c’est vous qui nous mettez dans cette situation en refusant une clémence plus que mérité !

- GARDES !!!!

 

Ne voyant personne surgir dans la salle, Arthur s’approcha un peu plus de son père, la main sur la garde de son épée.

 

- Sachez que tous les chevaliers de Camelot m’ont juré entière fidélité ce matin-même. Ils ont interceptés chaque garde du palais. Aussi, si vous le permettez…

 

Avançant d’un dernier pas, Arthur s’empara - non sans quelques tremblements qu’il camoufla de son mieux - de la couronne de son père. Jamais jusqu’à ce jour, il se serait cru capable d’entrer à ce point en opposition avec lui. Jamais il n’aurait seulement envisagé la possibilité que son père – le si puissant roi Uther – demeure si calme et statique devant sa rébellion. Posant sur le trône le symbole même du pouvoir et de la domination sur Camelot, Arthur appela à son tour à la garde. Alors seulement, quelques hommes dont deux chevaliers entrèrent.

 

- Messiers. Veuillez guider mon père jusqu’à sa cellule. Celle que vous aviez spécialement préparée pour Merlin. Il y séjournera ces prochains jours.

 

S’adressant de nouveau au roi destitué :

 

- Je ne compte pas user de violence avec vous, père. Si d’ici quelques jours, vous réalisez l’extrémité de vos décisions et les raisons m’ayant poussé à agir de la sorte, j’envisagerais sans mal de vous redonner une place d’importance au sein de la cour. En attendant, je pense sincèrement qu’un peu d’introspection vous serait plus que bénéfique.

 

Esquivant sciemment son regard blême, Arthur lui évita tout de même l’humiliation de la destitution publique.

 

- Veuillez vous assurer que personne ne vous voit en chemin.

 

Ceci fait, il ne put retenir un sourire d’amusement à l’idée que son père envisagerait quand même tout au long du trajet, devoir séjourner dans une cellule sordide. Alors que dans sa clémence, lui n’avait prévu que la cellule saine de Merlin qu’il devait avoir largement quitté depuis son départ.

 

Avant de sortir de la grande salle, encerclé par trois hommes, Uther chercha du soutien ne serait-ce que moral chez sa filleule.

 

- Morgane ! N’allez-vous donc rien dire à tous ceci ?

 

Et à la surprise d’Arthur lui-même, cette dernière se déplaça à ses cotés, droite et fière.

 

- Soyez sûr que je m’assurerais que vous soyez bien traité et retrouviez au plus vite une place parmi nous. Ceci mis à part, Arthur sait qu’il pourra toujours compter sur mon soutien indéfectible, quelque soit ses choix pour l’avenir de Camelot.

 

Ne pouvant ignorer la surprise des deux hommes, elle se sentit obligé de préciser sa pensée.

 

- Vous avez dirigé Camelot avec l’idée d’offrir une vie paisible et prospère à ses gens. Mais votre aveuglement concernant la magie est à l’origine de tant de souffrance injustifiée et inutile, que je ne peux m’opposer à la fin de votre règne de la terreur. Vous gouvernez depuis trop longtemps avec pour unique moteur la seule haine de la magie. Au demeurant, vous ne pouvez nier que vous êtes à l’origine de ce que nous sommes devenus. Vous êtes celui qui nous as élevé et donné nos valeurs, Uther ! Vous ne pouvez par la suite, nous les reprocher.

 

Ne pouvant que confirmer ces paroles, Arthur ajouta.

 

- Morgane a raison. C’est parce que vous nous avez enseigné la vraie valeur du mot justice que nous agissons de la sorte. Aussi, n’ayez crainte. Je ne serais jamais un despote sanguinaire pour Camelot. D’autant, que je suis à présent certain que Morgane s’en assurera elle-même.

 

Uther parti sans ajouter un mot, Morgane décida que pour le bien de tous, il leur fallait consacrer Arthur roi au plus vite. Sans quoi, ses prochaines décisions n’auraient aucune légitimité. Aussi, elle s’imposa comme étant celle qui l’amènerait en sa nouvelle position de souverain de Camelot. La cérémonie s’organisa en quelques minutes. Réalisée en présence de douze chevaliers triés sur le volet, elle se limita à apposer avec solennité la couronne sur les cheveux d’or d’Arthur.

 

Ne quittant pas sa demi-sœur des yeux, Arthur serrait les dents et les poings. Il n’avait jamais voulu ça ! Ce pouvoir… Et encore moins de cette manière ! Mais quel autre choix lui avait-on donné ? Observant non sans émotion, Morgane et ses chevaliers poser genoux à terre tout en le saluant avec respect, Arthur abaissa quelques secondes ses paupières. Aucun d’eux ne pourrait le voir agir ainsi en leur position.

 

Soupirant le plus discrètement possible, il prenait durement conscience de l’importance de ce qui arrivait en ce lieu. Il n’était pas préparer à faire face à tout cela aussi vite. Mais ce qui l’imprégnait le plus à cet instant, était son regret que Merlin ne soit pas à ses cotés. Merlin qui n’avait jamais quitté son ombre depuis sa prise de fonction en sa qualité de serviteur du prince. Ne pas entendre au creux de son oreille ses murmures voués à le divertir en pareille situation était une absence cruelle et douloureuse. Merlin lui manquait tant…

 

Arthur eut à peine le temps de reprendre constance qu’un garde entrait avec empressement dans la grande salle. Son entrée fracassante n’étant pas passée inaperçu, le silence pesant fut finalement rompu par le jeune roi.

 

- Que se passe-t-il ?

- Je…

 

L’homme un peu perturbé par ce qu’il voyait tout autour de lui, hésita quelques secondes avant de répondre. Il était censé parler au roi Uther et avait face à lui, son fils… couronné.

 

- Une foule se dirige vers le château.

- Que veulent-ils ?

- Vous… Vous ne le croirez peut-être pas. Mais… Ils viendraient combattre dans l’espoir d’arriver à sauver le jeune sorcier.

- C’est une blague ? Le peuple de Camelot fomenterait une révolution pour libérer un sorcier ? De tout le règne de terreur imposé par mon père, jamais personne ne s’est réellement élevé contre ses décisions. Et pour Merlin… ?

- Le jeune homme est porté en affection par le plus grand nombre d’entre nous.

 

« D’entre nous… »

Le garde venait d’admettre, inconsciemment, qu’il était du coté de ces gens !

 

- J’avais déjà cru le comprendre durant la fête, avant que ces sinistres évènements ne se déclenchent. Je n’imaginais juste pas à quel point.

 

Amusé de devoir « décevoir » son peuple si vif à cet instant à défendre le juste, Arthur se dirigea sans plus attendre jusque dans la cour pour les rencontrer. Avant de passer les portes, il hésita quelques instants avant d’ôter la couronne de sa tête. Il ne lui semblait pas très avisé de se présenter à eux, avec elle.

 

Prenant un souffle d’air, il ouvrit en grand les battants de bois pour descendre d’un pas alerte les marches en pierre. Arrivé à leurs pieds, il vit un homme tremblant s’approcher de lui. Malmenant son couvre-chef, ce qui s’avérait être le porte-parole de la petite troupe de rebelles construite par une poignée de simples paysans pas même armés, se présentât à lui.

 

- Prince Arthur. Nous venons réclamer la clémence pour le jeune garçon nommé Merlin qui est accusé de sorcellerie. Nous savons qu’il n’y a aucune chance que le roi votre père concède à notre demande. Mais nous sommes réellement déterminés à lui permettre de retrouver la liberté, devrons-nous prendre les armes contre vous pour y parvenir.

 

Gardant tout son sérieux, Arthur voulu réellement comprendre ce qui poussait tous ces gens à venir au secours de Merlin.

 

- Bien… Je prends note de vos doléances. Avant de les soumettre à votre roi, j’aimerais toutefois vous poser une question.

- Laquelle, monseigneur ?

- Qu’as donc pu faire mon serviteur pour mériter autant d’allégeance, au point de passer après votre roi dans votre cœur ?

- Monsieur…

 

Se tournant vers tous ceux venus avec lui, l’homme revint très vite face à son prince.

 

- Nous pensons que tous ceux vivant à Camelot doivent depuis peu leur vie, et par le passer leur bien être ou subsistance à Merlin. A chaque instant, ce garçon est là pour nous tous, toujours prévenant, prévoyant. Il possède peut-être la magie, ce n’est pas moins avec ses bras et jambes qu’il est venue à notre secours pour nombre de travaux ingrats, toujours souriant, prêt à aider… Si vous devez tuer cet homme pour avoir sauvé nos vies et nos maisons du feu sanglant d’un sorcier malveillant, alors autant mourir à notre tour. Car, il ne serait pas mentir, ni même exagéré, que de dire que sans lui, nous serions tous mort brulés par les flammes lors de l’attaque de Camelot. 

 

Souriant à ce laïus, Arthur prit une grande inspiration pour se donner le courage de s’exprimer pour la première fois comme leur roi.

Remontant quelques marches de l’escalier principal pour être vu du plus grand nombre, il parla d’une voix haute et ferme.

 

- Citoyens de Camelot ! Aujourd’hui, aucune exécution n’aura lieu ! Une demande a déjà été faite pour démonter le bucher mis en place au centre de cette place.

- Le roi Uther a gracié le jeune sorcier ?

- Non.

 

Voyant les murmures s’élever aussitôt parmi la foule, Arthur fit un geste de la main pour les stopper. Derrière lui, le chevalier Léon et ses meilleurs hommes se déplaçaient de sorte à se glisser parmi la foule. S’ils se doutaient que ces hommes, femmes et enfants venus au secours de Merlin ne s’attaqueraient pas à lui pour l’annonce qu’il s’apprêtait à faire. Ils savaient tout autant qu’il existait des hommes fidèles à son père qui pourraient s’en prendre à lui pour l’aider à reprendre sa place. Ce risque durerait jusqu’à ce que son père se décide à capituler et le reconnaisse à son tour comme étant le nouveau souverain de Camelot.

 

- Je ne voulais pas que tout cela arrive ainsi, mais…

 

La voie de Morgane le coupa dès lors dans sa phrase :

 

- …mais le roi Uther de par son absence de pitié et de mansuétude a fait ce jour l’injustice de trop. Pour cette raison, le prince Arthur a pris sur lui de destituer son père, Uther Pendragon, pour prendre à sa charge le poids de la couronne de Camelot. Veuillez donc acclamer votre nouveau roi, peuple de Camelot, en la personne d’Arthur Pendragon !

 

Après quelques secondes de silence complet du à la stupeur générale, l’annonce de Dame Morgane fut relevée d’acclamations sincères. Le soulagement général était palpable. Ce jour ensoleillé ne serait ni celui de l’exécution d’un jeune garçon plein de bonté, ni le théâtre d’un bain de sang d’une révolution d’hommes et de femmes ne désirant qu’une justice humaine et juste. Non, ce jour serait celui d’une nouvelle ère de paix et de prospérité sur les terres de Camelot.

 

- Je tacherais d’être à la hauteur de la confiance et de la loyauté que vous me jugerez digne de recevoir.

 

Le plus dur enfin derrière lui, Arthur laissa le peuple à son plaisir et soulagement pour rejoindre la personne responsable d’un tel revirement de situation.

 

xxxxxx

 

Quand Merlin ouvrit les yeux, il sut qu’il n’était plus dans les cachots du château, mais dans la chambre – et le lit – du prince. Et ce dernier ne devait pas être si loin de lui, puisqu’il se présenta presque aussitôt devant ses yeux. Au sourire qu’il lui offrit, tout lui laissa penser que les choses avaient évoluées de la meilleure façon.

 

- Hé !

- Hé…

- Tu n’as pas trop froid ?

 

Sachant qu’il faisait-là, suite à la discussion qu’ils avaient eut avant qu’ils ne se quittent, Merlin réfléchit un instant avant de réaliser pouvoir dire que non.

 

- Chaud.

- Trop ?

 

N’ayant pas le cœur de trop parler à cet instant, il se contenta de nier d’un mouvement de tête. Le lit d’Arthur était trop confortable pour son propre bien.

 

- Bien. A part ça, comment te sens-tu ?

- …fatigué ?

 

Glissant une main dans ses cheveux en pagaille, Arthur vit avec plaisir, Merlin en fermer les yeux de bien-être.

 

- Et ta magie ?

 

Ne voulant répondre dans la précipitation, Merlin prit une longue minute pour s’en imprégner. Au sourire apparaissant tout doucement, mais surement sur le visage du jeune garçon, Arthur sut la réponse. S’il n’était toujours pas à l’aise avec ce sujet, savoir que son ami avait retrouvé son équilibre n’avait pas de prix.

 

- Je la ressens ! Arthur ! Elle est à nouveau là !

 

Comme Gaius l’avait cru, elle devait juste avoir été sur-utilisée.

 

- Bien. Tu m’en vois vraiment heureux pour toi.

- A ce sujet, Arthur…

 

Le coupant dans sa phrase, Arthur décida de l’embêter un peu. Après tout, s’il se sentait mieux, il était temps que Merlin reprenne conscience de leur position respective.

 

- Merlin, Merlin, Merlin… Il va te falloir travailler un peu plus ton étiquette. Dorénavant, tu ne peux pas t’adresser à moi par mon simple prénom.

- Que… ?

- Étant dorénavant ton roi, je pense sincèrement mériter un peu plus de respect que tu n’en as jamais fait preuve à mon égard quand je n’étais que le prince héritier de la couronne.

- Vous… ?

 

Croisant leurs yeux pour s’assurer que tout allait pour le mieux entre eux avec cette nouvelle qui n’était pas dénuée d’importance, Merlin n’en perdit pas moins son sourire.

 

- Bien… « Sir ». Dorénavant, je prendrais garde de ne plus vous voir comme le « Crétin princier » que vous aviez l’habitude d’être. Je ne m’adresserais plus à vous qu’en votre qualité de « Crétin royal » !

 

Souriant d’amusement à cette réponse digne de son serviteur, Arthur plongea sur lui pour happer avec passion ses lèvres entrouvertes.

 

- Bien. Je t’en remercie. Il est important en cette période de grand changement, de ne pas perdre l’usage du protocole pour le bon équilibre de Camelot.

 

Souriant avec malice, Merlin n’en garda pas moins à l’esprit qu’il venait d’être particulièrement chanceux suite à l’évolution de la situation.

 

Combien de sorcier découvert en pleine action au cœur de Camelot pouvait se targuer de finir deux jours plus tard au fin fond de la si confortable couche royale ? Happant avec faim les lèvres passionnées de son roi, Merlin tenta de l’attirer toujours plus à lui. Il avait un tel besoin de contact. Il voulait tant sentir sa peau sur la sienne… le poids de son corps ferme contre lui….

 

- Arthur…

 

Amusé par les gémissements de Merlin, Arthur ne sut s’il devait en rire ou en faire de même. Merlin était un diablotin à glisser sans vergogne ses mains sous sa chemise.

 

- Merlin… Merlin… Arrête…

 

Essayant de le stopper sans beaucoup de réussite, Arthur n’y tint plus. Il éclata subitement de rire. Voyant Merlin enfin immobilisé à cette réaction inattendue, il ne fut que plus amusé de sa moue. Un sourcil arqué d’interrogation, il ne semblait pas réaliser le pourquoi de ses réactions.

 

- Autant, je rêverais d’approfondir nos baisers et tout ce qui s’en suis. Autant, l’imbécile heureux que tu restes as on ne peut plus mal choisi son moment pour se réveiller.

- Que dois-je en conclure ?

- Que je dois absolument me rendre à la salle du trône dès maintenant pour y voir une délégation de haut rang venu spécialement pour allouer leur fidélité à mon égard.

- Et cela ne peut pas attendre ?

 

Souriant à l’air canaille rendu par Merlin, Arthur comprit très vite qu’il aurait bien du mal à ne pas céder à ses moindres demandes à l’avenir, s’il les accompagnait toutes de la sorte. On aurait dit un chiot abandonné sur le bord de la route.

 

- Tout le monde n’a pas la chance de profiter d’une journée de repos.

- C’est vrai ? J’ai gagné une journée de repos ?

- Ne pense pas que cela va se renouveler trop souvent. J’ai juste beaucoup trop à faire pour pouvoir m’occuper de toi.

- VOUS occuper de MOI ?

 

Se redressant sur ses avant-bras, Merlin ne savait pas ce qu’il devait penser de cette dernière remarque. Son petit épisode de faiblesse due à la perte de sa magie, mis à part, il n’avait pas le sentiment d’avoir jamais eu besoin qu’on s’occupe de lui. A l’inverse de sa seigneurie qui ne pouvait pas même s’habiller seul.

 

- JE peux m’habiller seul, Merlin !

- …Oups.

 

Merlin se sentit rougir. S’il avait l’habitude de se moquer du prince, il n’avait pas celle de parler sans s’en rendre compte.

 

Amusé de constater que la déficience mentale de Merlin resterait à jamais d’actualité, Arthur ne pu s’empêcher de le taquiner un peu plus sur ce point.

 

- On perd déjà la tête, Oh grand sorcier de Camelot ?

- Pas plus qu’à l’habitude, je suppose.

 

Prenant quelques secondes pour retrouver ses esprits, Merlin se secoua quelque peu le cerveau. Si dormir dans un lit confortable était on ne peut plus appréciable, cela ne lui réussissait pas vraiment.

Se redressant pour de bon, le jeune homme scruta avec attention son prince… Enfin, son roi.

Il avait besoin de savoir ce qu’il s’était passé. Il n’avait pas l’habitude d’être aussi éloigné de l’action. Affichant tout son sérieux, il posa délicatement sa main sur l’une d’Arthur pour attirer son attention.

 

- Arthur. Uther est-il… ?

 

Soupirant lourdement, Arthur s’installa un peu plus sur son propre lit.

 

- Je l’ai juste isolé dans une cellule des cachots. J’espère vraiment qu’il pourra y réfléchir et finalement prendre la meilleure décision pour nous tous. Mais je ne me fais guère d’illusion sur son envie de s’incliner face à moi. Je sais que je l’ai toujours déçu, cette fois-ci un peu plus encore que toutes les autres, sans aucun doute.

- Vous faites erreur Arthur. Il vous a toujours considéré comme son digne hériter, comme il vous aime plus que tout au monde. Même si vous le tuiez de vos mains, il serait encore fier de votre dextérité à manier la lame qui le transpercerait.

- Ne dis pas de bêtises.

 

Voulant plus que tout qu’Arthur accepte toute la vérité qu’il y avait dans ses mots, Merlin glissa l’une de ses mains le long de sa mâchoire. Le poussant d’une caresse à le regarder, il renouvela ses dires.

 

- Je sais qu’Uther vous aime, Arthur. Il y a des choses comme cette évidence qui ne peut être caché de ma magie.

 

Il ne se sentait pas en droit de lui avouer qu’il le savait d’autant plus, que son père le lui en avait parlé lui-même par le passé. Savoir que le roi avait confié ses sentiments les plus profonds à un simple domestique plutôt qu’à son propre fils lui ferait inutilement du mal.

 

- J’aurais une requête à présenter, Arthur.

- Laquelle ?

 

S’attendant à bien des demandes de la part du jeune sorcier, Arthur en fut pour son compte à l’écoute de la requête.

 

- Puis-je toujours avoir ma journée de repos ?

 

Amusé par cette demande, Arthur repoussa sans trop de force Merlin dans les coussins.

 

- Sache que dès demain, je m’attends à te voir à ton poste.

- Et quel est-il ?

 

Se relevant, Arthur se retourna brièvement, les sourcils froncés d’un homme qui doit parler avec un amnésique.

 

- Je n’ai pas souvenir qu’il ait changé. A moins que tu n’ais des informations qui ne soient pas à ma connaissance ?

- La différence est que vous, vous avez changé… d’occupation.

- Hum… Hé bien au risque de te décevoir, rien ne va évoluer pour toi, Merlin. Tu continueras de seconder Gaius quand il en aura besoin et d’être mon valet de pieds, le reste du temps. Si tu pouvais juste limiter tes retards. Il ne serait pas très glorieux que le roi de Camelot se fasse attendre dans ses obligations pour la seule raison que son domestique est un incapable.

- Nous ferons donc en sorte de l’éviter le plus possible. Mais je ne vous promets vraiment rien. Parce que si j’ai bien tout compris, vous êtes déjà en retard pour l’entretien qui vous attend depuis quelques minutes déjà.

- Merlin…

 

Dépité à l’idée qu’il n’allait vraiment pas être aidé par cet idiot de ce coté-là, Arthur s’obligea à le quitter pour rejoindre la salle du trône. C’était sans compter sur une certaine magie…

Se sentant littéralement soudé au sol, Arthur tourna la tête vers son Serviteur.

 

- Puis-je avoir une explication à cela ?

- Vous oubliez encore quelque chose, Arthur.

 

Gémissant sans plus s’en cacher, Arthur réalisa toutefois pouvoir bouger quand il s’agissait d’avancer vers son lit. Faisant une tentative de pas arrière, aucun de ses muscles ne sut bouger.

Il ne fallait pas être devin pour comprendre que Merlin désirait le voir revenir jusqu’à lui. Soupirant lourdement, il s’exécuta. Il devinait sans mal que répondre aux attentes du magicien espiègle irait plus vite que d’essayer de le convaincre d’agir autrement.

 

- Et qu’est-ce donc ?

 

Fixant avec fascination les yeux d’or de Merlin, Arthur s’assit de nouveau face à lui sur le lit.

 

- Si vous attendez l’allégeance de ceux qui vous seconde, je souhaiterais pouvoir m’exécuter dès maintenant.

 

Oubliant sans doute ni regret ceux l’attendant dans la salle du trône, Arthur se laissa repousser par Merlin contre la tête du lit. Alors adossé au mur, il vit le jeune homme s’installer sur ses jambes pour mieux lui faire face.

 

- Arthur Pendragon. Moi, Myrddin Wyllt, plus communément nommé Merlin – ou Emrys par toute créature magique venant à moi – je dépose en vos mains : toute ma puissance magique, mon amitié sincère et mon amour impérissable. Parce que la magie est une partie de moi aussi indissociable que mon sang dans mes veines, nous nous remettons à vous. A l’avenir, l’arme que je suis respectera vos choix et répondra à vos ordres…

 

- Non… !

 

Caressant avec tendresse les joues pâles, Arthur le contredit de nouveau.

 

- Non, Merlin. Tu n’es pas une arme. Et tu ne le seras jamais à mes yeux. Comme je sais pertinemment que toute allégeance puisses-tu m’offrir, tu ne respecteras jamais mes ordres s’ils te semblent inappropriés. Mais pour le reste. Sache que je prends comme un cadeau des cieux ton amour et amitié.

 

Acquiesçant cette évidence avec sérieux, Merlin mit alors un terme à leur confidence.

Sans protocole, c’est après un rapide sourire qu’il se pencha sur son prince… enfin son roi.

 

- Merlin… ?

- …

- Merlin !

 

A suivre…

 

Bon, cette fois-ci on va me dire (à raison) que la destitution d’Uther est trop simple et rapide. Mais je pars sur la théorie que le roi pourrait très bien se laisser faire, trop las pour garder son rôle et trop fier pour l’abandonner de lui-même. Quant à Morgane, je suis restée sur la version de la saison 1 ^_^’’ On tachera de la rendre machiavélique dans une autre fanfic ;p

 

A bientôt pour la suite et fin