Suite du chapitre 3. Le clifhanger de la partie 1 n’en étant pas un, j’espère que vous ne serez pas déçu de cette suite directe ;p

Bonne lecture ^_^x

 

La fin d’une ère

 

Chapitre 3 – partie 2

 

Quand il revint deux heures plus tard dans la cellule de Merlin pour s’assurer qu’il y dormait toujours paisiblement, Arthur eut une seconde de panique : le jeune homme n’était plus sur sa paillasse !

 

Mais aussi vite, un gémissement lui permit de le repérer dans un coin. Recroquevillé sur lui-même sous un tas de paille, on voyait à peine ses vêtements. S’approchant sans gestes brusques, redoutant qu’il ne soit de nouveau plongé dans un cauchemar, Arthur le vit plus simplement claquer des dents.

 

- Hé… ? Merlin ! Tout va bien ?

- Froid…

 

Posant une main sur son front, tout en s’agenouillant à ses côtés, Arthur ne perçut plus aucune chaleur. Sa fièvre était enfin tombée.

 

- J’ai trop froid….

- C’est normal. Nous t’avons imbibé d’eau glacée toute la nuit pour faire tomber ta fièvre. Tu semblais réellement bruler de l‘intérieur, hier soir.

 

N’ayant pas de couverture sèche avec eux, le prince se défit aussitôt de son manteau pour l’en couvrir.

 

- Là.

 

Sachant son vêtement peu épais, Arthur observa les alentours quelques secondes pour s’assurer de l’absence de tout témoin. Alors, il se fit violence pour se coucher auprès de Merlin. Ce dernier lui aurait vraiment tout fait faire ! Si un chevalier les voyait dans cette situation… Soupirant encore, il poussa Merlin à se réinstaller au mieux à ses cotés. Rien ne valait le corps humain pour retrouver au plus vite un peu de chaleur.

 

Se blottissant naturellement contre lui, Merlin ferma les yeux à l’écoute de ses battements de cœur.

 

- C’est mieux ainsi ?

- Hum…

 

Resserrant les pans du manteau contre lui, Merlin soupira même de bien-être. Amusé par cette réaction peu virile, Arthur passa un bras autour de ses épaules. Leur situation ne serait pas si critique, il aurait pu avouer se sentir bien lui aussi, le corps de son domestique reposant ainsi sur sa poitrine

 

Finalement, c’est après quelques minutes d’un silence paisible que Merlin prit quelques bouffées d’air avant de s’exprimer. Durant l’absence d’Arthur, il avait pris sa décision.

 

- Vous aviez raison.

- C’est évident ! Juste… à quel sujet ?

- Je vais tout faire pour récupérer ma magie et ainsi pouvoir continuer à vous protéger. Je ne laisserais pas Uther me tuer. Maintenant, je comprendrais que vous me demandiez de quitter Camelot. Bien évidemment, je ne pourrais pas réellement m’y résoudre, vous surveillant juste d’un peu plus loin qu’à l’habitude. Mais je vous promets que vous ne me reverrez jamais, si tel est votre souhait.

- Au détail prêt que ce n’est en rien mon souhait, Merlin. Si savoir que tu n’abandonnes pas sans lutter me rassure, je refuse pour autant que tu disparaisses de ma vue. Te concernant, mon père et moi n’avons pas spécialement les mêmes opinions.

- Vous n’avez vraiment jamais eu la moindre envie de me tuer pour avoir pratiqué la magie à Camelot ?

 

Se disant, Merlin releva un peu son visage pour croiser le regard du prince.

 

- Merlin… Je sais que depuis notre rencontre, tu me prends pour un crétin royal. Mais sincèrement, qui aurait une seule seconde l’envie de tuer son ange gardien sous prétexte que ses armes ne sont pas conventionnelles ? [2] Quoi que tu en pense, je ne suis ni stupide, ni suicidaire à ce point.

 

Au silence obtenu pour toute réponse, Arthur sourit de malice. Il n’était pas peu fier de sa tirade. Pliant son bras libre derrière sa tête, il continua d’observer son domestique en proie à une grande réflexion. Il s’amusait à glisser ses doigts sur la nuque de Merlin, jouant avec ses mèches de cheveux, quand le garçon finit par enfin retrouver l’usage de la parole.

 

- Merci.

- Je crois que c’est moi qui te dois beaucoup de « merci » pour le passé.

- Et vous ne cesserez pas moins de m’être redevable à l’avenir, Arthur ! Ajouta Merlin, de nouveau taquin.

 

- Vous semblez attirer à vous toute la magie du pays. Mais soyez sans crainte. Je trouverais un moyen de continuer à vous en préserver. Je garderais toujours votre dos dans chacune de vos futures batailles… quelle qu’en soit leur nature !

- Et toi, Merlin ? Qui prendra soin de toi quand tu risqueras ta vie pour me protéger ?

- Moi ? Je ne suis rien. Juste un serviteur trop maladroit.

 

Coupant court à la discussion, Merlin se repositionna un peu plus confortablement contre son prince. Il se fondait de plus en plus contre son corps, source d’une chaleur si bienfaitrice à cet instant. Merlin savait qu’Arthur était né de la magie de Nimueh. Était-ce la raison pour laquelle, amputé de sa propre magie, il se sentait si bien dans ses bras ? Était-il possible qu’il soit attiré comme un aimant à son corps par les seuls résidus de magie présents depuis toujours en Arthur ?

 

Trop plongé dans sa réflexion, Merlin ne réalisait pas un instant que ses soupirs de contentement correspondaient plus simplement à la reprise des caresses d’Arthur dans sa chevelure noire corbeau…

 

- Un serviteur, oui. Ca et le plus grand sorcier que Camelot connaitra jamais, je n’en doute plus une seconde.

- Vous parlez de moi sans savoir.

- Je crois au contraire en savoir enfin suffisamment pour m’autoriser ce genre de remarque.

- Dites… Vous parlerez de moi après ma mort ?

- Quelle drôle de question. Avec les rôles que tu nous as donnés, je pressens qu’il y a vraiment peu de chance que l’un survive un jour à l’autre. Alors je ne peux vraiment rien te promettre sur ce sujet.

- Et pour Uther ?

- Merlin… Combien de fois dois-je te dire qu’il n’y aura aucune exécution ? Je te l’ai pourtant déjà assuré !

- Sauf que vous ne pouvez aller à l’encontre des décisions du roi.

- A moins que je ne devienne le roi.

- NON ! Vous ne pouvez pas faire ça ! Vous ne devez faire aucun mal à votre père !

 

Voyant Merlin s’agiter et paniquer à ces quelques mots, Arthur dut raffermir sa prise pour le forcer à ne pas bouger.

 

- As-tu bien conscience que tu essaies de protéger l’homme qui a ordonné ta mort ?

- C’est avant tout votre père ! Vous ne pouvez pas le tuer ou le malmener. Ce n’est pas vous ! Vous le regretterez à jamais si vous deviez agir de la sorte.

 

Réalisant à quel point le jeune homme faisait passer sa vie et son bien être après les siens, Arthur en fut troublé. Il avait si souvent été un si piètre ami et plus pitoyable maitre pour mériter une telle dévotion.

Positionnant une main sur la joue de Merlin pour l’obliger à le regarder, Arthur appuya chacun de ses mots. Il fallait vraiment qu’ils percent cette caboche d’âne butté.

 

 - Merlin, quoi que tu en dises et en penses : JE décide de mon destin. Et peut-être est-ce justement le mien que d’en arriver à cette décision, aujourd’hui.

- Mais…

- Chutttt… Je ne laisserais jamais personne m’enlever ce qui m’est le plus précieux ! Alors que tu le veuilles ou non, j’agirais comme il me plait.

 

S’il avait dit les mots sans y penser, leur écoute les figèrent tous deux.

« Le plus précieux »

Aucun des deux hommes ne pouvait ignorer ces paroles.

Choqué par sa propre révélation, Arthur en resta la bouche ouverte. Il devait pourtant admettre en son fort intérieur que dans la ferveur de la discussion une barrière invisible venait d’être levée, révélant ainsi des sentiments enfouis depuis bien longtemps.

Peut-être était-ce aussi de savoir enfin qui était le vrai Merlin qui l’avait permis…

Se penchant sur le jeune sorcier toujours immobile, Arthur déposa presque inconsciemment ses lèvres sèches sur son front tout en fermant les yeux.

Comment avait-il pu lâcher ça si simplement… ?

 

Surpris, Merlin l’observa de longues secondes. Avait-il bien dit ce qu’il avait entendu ? Avait-il bien vu et ressentit le baiser offert ? Le fixant tel un hibou, le visage à peine redressé du torse princier, Merlin resta figé de stupeur quand Arthur frôla à présent, les contours de son visage. Le prince le fixait avec une telle intensité. Merlin se cru en plein fantasme. Mais alors… aurait-il vraiment eu l’audace d’envisager qu’Arthur se pencherait de nouveau sur lui pour approcher cette fois-ci ses lèvres jusqu’aux siennes ? Si cela n’avait été qu’un baiser chaste, il ne suffit que d’un battement de paupières pour que Merlin capture à son tour les lèvres si tentatrices pour approfondir aussitôt ce premier baiser.

 

En concluant facilement que Merlin était totalement consentant, Arthur ne se retint plus. Repoussant le jeune homme dans la paille, il le couvrit vivement de son corps pressent, pillant sans plus de retenu sa bouche conciliante.

Merlin s’asphyxiait littéralement. Plus il reculait pour se libérer des baisers d’Arthur et plus se dernier l’acculait au sol pour mieux le dévorer. Il n’y avait pas d’autres termes à sa portée pour décrire l’attitude du prince. S’interrompant finalement, Arthur vit amusé Merlin s’arquer pour retrouver son souffle. Cela lui laissa toute l’occasion de s’attaquer à sa gorge, simulant pour l’occasion la morsure de son menton. Haletant à la sensation des dents royales contre sa peau, Merlin n’en quémanda pas moins le retour à un vrai baiser. Mais tout au plus, son murmure se noya en un couinement indistinct.

 

- Arthur….

 

Heureux de le voir si éperdue par ses actes, Arthur encadra de nouveau le visage de Merlin de ses mains pour qu’il cesse de gigoter comme un vers. La friction qu’il générait ainsi – presque innocemment – n’en devenait que plus insoutenable.

La faim qu’il croisa dans les prunelles du sorcier fit faire un bon au cœur du jeune prince. Parce qu’ils n’avaient jusqu’alors jamais affiché leur attirance l’un pour l’autre, se savoir ainsi désiré produisait en lui une force digne de soulever des montagnes.

 

Quand ils réalisèrent finalement qu’ils s’observaient tous deux avec la même intensité et attention, ils ne purent retenir un rire nerveux. La situation leur semblait aussi comique que naturelle.

 

S’abaissant à nouveau sur le visage de Merlin qu’il retenait toujours de ses deux mains, Arthur renouvela ses baisers. A la différence près qu’il étouffa toute sa fièvre impatiente, pour savourer toute l’ampleur de leur échange : Un long baiser, profond, auquel il ne céda à aucun instant la dominance. Il ne voulait alors qu’une chose : que jamais il ne prenne fin.

 

Le feu de la passion dévorante ayant laissé place à une léthargie bien heureuse, Merlin ferma les yeux, s’abandonnant complètement à la possession du prince.

Une main plongée dans la chevelure d’or d’Arthur, l’autre glissée derrière sa nuque, lui n’aspirait qu’à plus de contact. Inconsciemment, il écarta les jambes, les frottant ainsi contre celles d’Arthur en un mouvement lascif.

 

Le baiser ensorcelant devant toutefois prendre fin, Arthur se détacha tout doucement, ne quittant jamais des yeux Merlin. Ce dernier, apaisé par cet échange, et presque sonné par le manque d’oxygène, replongeait doucement mais surement dans un sommeil bienheureux. Il avait l’air béat d’un chaton contenté par une tasse de lait.

 

- Rendors-toi, à présent. Je vais faire venir Gaius et le chevalier Léon pour qu’ils te ramènent dans mes appartements. Et à ton réveil… Camelot aura changé de roi.

- Arthur ?

 

Voyant dans les yeux entrouverts de Merlin toute la souffrance qu’il ressentait à l’idée de le savoir risquer sa vie dans une entreprise où il ne serait pas à ses cotés, Arthur le rassura à sa manière.

 

- Mon père ne maitrisant pas la magie, je n’ai aucun besoin de toi pour cette étape de notre histoire. Donc n’ait crainte. Je ne doute pas une seconde que nous aurons des centaines d’ennemis à venir qui te permettront de me dévoiler tout ton talent. En attendant, ce qui va suivre m’est destiné. C’est à moi et moi seul de prendre cette décision et d’agir en conséquence. Ainsi, je ne pourrais jamais t’en faire le reproche dans l’avenir.

 

Comprenant où il voulait en venir, Merlin du se résoudre à acquiescer d’un léger mouvement de tête avant de le laisser partir. Succombant à la fatigue, il sut qu’à son réveil les choses changeraient à jamais. Soit, Uther serait encore roi et lui condamné à une mort certaine. Soit, Arthur aurait pris les rênes du pouvoir et la vie à Camelot s’en trouverait à jamais changée.

 

A suivre…

 

[2] Rendons à César ce qui lui appartient. Cette phrase (même si réécrite à ma sauce) provient d’une fanfic anglophone ! (Dont j’ai évidemment oublié le titre -__-) Si nos deux histoires sont totalement différentes, cette phrase m’avait tant plut et marqué que je ne pouvais, ne pas l’emprunter.

 

Sur ce chapitre, on va me dire (à raison) que Merlin est du genre vraiment très « passif ». Mais bon, il n’est pas très en forme non plus ;p.

Sinon, plus qu’un chapitre et peut-être un épilogue à venir.

Si c’est plus long qu’une one shot, ca reste une petite fanfic u_u

Sorry pour ceux qui attendaient plus ^_^’’