Si cette fic n'est pas une one shot, je ne l'ai pas pour autant beaucoup poussé dans sa construction ^_^'' Du coup, j'espère quand même que cette suite répondra à vos attentes. Vous allez me dire que je me prends trop la tête, mais vos retours me stress un max, de crainte de décevoir vu le manque complet d'originalité de cette petite bleuette ^_^''

 

 

La fin d’une ère

 

 

Chapitre 3 – Partie 1

 

De retour près de Merlin, Arthur s’imposa plus qu’il ne se proposa pour remplacer Gaius pour la nuit. Il savait pertinemment qu’il ne leur restait plus qu’une journée avant l’exécution de la sentence ordonnée par son père. Une seule petite journée pour organiser son évasion. Mais il souhaitait avant tout pouvoir parler avec un Merlin éveillé. Il devait absolument s’expliquer sur cette histoire de magie !

 

Le feu de l’action enfin derrière lui – jeu de mot mis à part – Arthur ne savait vraiment pas quoi penser de la révélation du jour.

Merlin connaissait la magie ! Et au vu de sa démonstration, il était plutôt doué.

L’avait-il appris à Camelot depuis son arrivée ?

Cela lui semblait totalement insensé et déraisonnable au possible. Mais après toutes les attaques magiques qu’ils avaient affrontées ces deux dernières années, il pouvait au moins comprendre le pourquoi de cette démarche suicidaire. Se sachant trop faible pour prendre les armes à l’image des chevaliers, Merlin avait du chercher à se tourner vers un art plus à sa porté. Seigneur… Il n’y avait bien que lui d’assez fou pour violer les lois de Camelot et ainsi risquer sa vie dans l’unique but de vouloir les protéger de leurs ennemis possédant la magie. Mais depuis combien de temps s’était-il ainsi lancé dans son apprentissage ? Et plus inquiétant, qui la lui enseignait ? Leur dernière rencontre avec les Druides datait déjà de plusieurs mois et aucun d’entre eux ne subsistait à Camelot.

Cela ne pouvait être Gaius. Il lui avait prouvé qu’il n’était plus apte à faire plus que de simples balbutiements de magie élémentaire.

Mais alors qui ?

Ce n’était pas comme si son serviteur avait tant d’amis en dehors du vieil homme et de Gwen.

A moins qu’il ne s’agisse de Lancelot ?

Ils avaient eu l’air de bien s’entendre avant que l’aspirant chevalier ne soit dans l’obligation de quitter Camelot pour échapper à la haine de son père. Mais autant Lancelot était doué avec les armes, autant Arthur ne l’imaginait vraiment pas maitriser la sorcellerie.

Alors quoi… ?

 

Soupirant lourdement, Arthur laissa ses yeux errer sur le corps immobile de son ami.

On pouvait vouloir sauver tout à chacun des sorciers maléfiques. Mais à quoi bon, si à terme, la magie vous transformait en l’un de ces individus malfaisants ?  

 

- Merlin. Qu’as-tu fait ? Tu n’as donc toujours pas compris que plus la magie employée est puissante et plus elle risque de pervertir ceux qui la pratiquent ?!

 

Le voyant gémir dans son sommeil, toujours en proie à la fièvre, le prince renouvela les linges humides pour l’imprégner un peu plus de l’eau glacée créée par Gaius.

Si leur solution était assez simpliste, elle n’en fonctionnait pas moins. Les cauchemars avaient enfin disparus. Si Merlin ne rêvait plus de sa mort par le supplice du feu, il n’en restait pas moins délirant, ne cessant toujours pas de murmurer ses suppliques. Paraissant toutefois reprendre un semblant de conscience, Merlin le fixa subitement avec intensité, alors que ses mains tremblantes recherchaient le contact.

 

- Arthur ! Je ne vous aurais jamais fait de mal.

 

Arthur le savait bien. Pas une seconde, il n’avait crains quoi que ce soit de Merlin. On ne risquait pas deux années durant sa vie en de multiples aventures avec la seule personne qui partageait votre intimité sans connaître le fond de son cœur. Merlin pouvait avoir des secrets, il n’en était pas moins transparent dans ses sentiments le concernant.

Si Arthur savait qu’il était toujours plongé dans un état de semi-délire, il décida quand même de lui répondre dans une veine tentative que cela puisse le calmer un peu et lui permettre d’en apprendre plus.

 

- Je sais, Merlin. Je sais… Mais pourquoi as-tu voulu apprendre la magie ? D’autant plus ici ! A Camelot !

- Toujours eu la magie en moi…

- Toujours ?

 

A cette réponse dite si naturellement, Arthur n’en eu lui que plus de questions et d’incompréhensions. Merlin avait toujours eu la magie ? Comment était-il possible que ce détail gros comme une montagne lui ait échappé à ce point ? Ils étaient toujours si proches…

 

- Il m’est difficile de te croire, Merlin. Mais si c’est vrai. Pourquoi ne m’en avoir jamais parlé ?

- Gaius m’en empêchait. Trop compliqué… Uther…

 

Évidemment. A son arrivée, Gaius – s’il savait pour sa magie – avait du le mettre en garde et lui faire promettre de ne jamais en parler à quiconque pour son propre bien… Il supposait qu’on devait assimiler assez vite des habitudes de camouflage quand sa survie en dépendait.

 

- D’accord. Mais maintenant que le secret a été levé, je souhaite vraiment en savoir plus sur tout ça, Merlin.

 

Discutant la nuit durant, Arthur profita de son état basculant de la cohérence au délire complet pour en apprendre le plus possible sur cette face cachée de son serviteur. Il l’avait si bien dissimulé durant ces deux longues années. Il découvrit ainsi toute la vérité sur ce qu’ils avaient partagés depuis son arrivée à Camelot. [1]

 

- Merlin… Réalises-tu seulement que tu aurais pu mourir des dizaines de fois, en agissant de la sorte ?

- Pas important… Seul compte vous protéger... Je dois vous protéger... C’est mon rôle, mon destin !

 

Arthur ne cessait d’être stupéfait par ses réponses toujours si sincères et empruntes de force quand elles le concernaient. Avec toute sa puissance magique, parce qu’un dragon le lui avait prédit, il s’était mis en tête de le protéger au péril de sa propre survie. Tout cela en plus d’exécuter ses ordres, les tâches confiés par Gaius et tout ce qu’il faisait pour aider chaque personne croisant son chemin.

 

- Tu es si puissant et doté d’un cœur si grand. C’est un miracle que tu ne te sois pas déjà fait tué avec une telle combinaison.

 

Fatigué et affamé, Arthur finit par diner du plateau laissé aux pieds de Merlin avant de s’assoupir quelques heures. Il devait garder toute son énergie pour la journée de demain qui s’apprêterait à être riche en évènements.

 

xxxx

 

Arthur était finalement tombé dans un sommeil léger, quand Merlin s’éveilla subitement en sursaut au petit matin.

 

- Arthur ?!

- Merlin ?!

 

Ayant répondu par pur réflexe, c’est les yeux à moitié fermés et le dos douloureux qu’Arthur se redressa tout aussi vivement à l’écoute de son nom. Devant lui, Merlin se battait avec ses couvertures en des gestes frénétiques.

 

- Que se passe-t-il ?

- Pardon ! Je suis en retard.

- Tu es quoi… ?

 

Réalisant alors seulement que Merlin se croyait tout simplement dans sa chambre, subissant une visite de « courtoisie » de son prince pour ne pas être venu plus tôt à lui, Arthur gémit doucement.

 

- Merlin…. Ce n’est vraiment pas le moment de penser à ça.

- Mais…

- Chutttt…

 

Se laissant doucement recoucher sur sa paillasse glacée, Merlin réalisa enfin où il se trouvait. Une cellule dans l’un des cachots du château. Ne prenant pas vraiment conscience de la main qui caressait doucement ses cheveux, il ferma les yeux pour les rouvrir aussi vite et fixer Arthur. A la lueur emprunte de douleur et de culpabilité brulant littéralement dans ses prunelles, Arthur comprit aussi vite qu’il n’avait pas beaucoup de souvenirs des dernières heures. Juste ceux de son combat magique aux yeux de tous Camelot.

 

- Arthur. Dites-moi que vous ne m’en voulez pas.

- Non.

- Je…

- Chuttt…

- Mais….

- Je sais Merlin. Je sais tout. Tu as eu de nombreuses phases d’éveil durant la nuit entre deux crises de délire. J’en ai profité pour te faire parler. Et Gaius m’a tout confirmé quand il t’a rendu visite à l’aube. Il n’y a plus rien à ajouter. Je sais déjà que tu ne voulais faire de mal à personne.

- Merci. Je suis rassuré. Je n’aurais pas supporté mourir en vous sachant en colère contre moi.

 

Rassuré, il referma ses paupières. Mieux valait l’obscurité que montrer ses larmes de peine au prince.

A moitié satisfait de ses paroles, Arthur cru bon de reconfirmer une information essentielle pour le jeune magicien.

 

- Tu ne vas pas mourir, Merlin.

- Je sais que si. J’ai entendu la condamnation d’Uther avant que je ne perde conscience après avoir lancé le charme sur les brulures. Juste… J’aurais aimé éviter le supplice du feu. S’il vous plait…

 

Le voyant trembler de peur, les yeux embués de larmes, Arthur ne cessait d’être stupéfait. Comment un si grand sorcier pouvait-il être aussi soupe au lait ?

 

- Dans ce cas, pourquoi ne pas fuir Camelot avant l’exécution ? La magie devrait pouvoir t’y aider.

- Mon destin était de vous protéger jusqu’à la fin. Juste vous.

- Pourquoi utiliser le passé ? Je suis encore vivant. Comment comptes-tu continuer à me protéger, si tu les laisses te tuer ?

- C’est juste fini pour moi, Arthur. Parce que… parque ce que je ne la sens plus.

 

Merlin exprimant-là un désespoir qu’Arthur n’avait jamais vu en lui, c’est une boule dans la gorge qu’il comprit soudain que cette dernière remarque était loin d’être anodine.

 

- Qu’est-ce que tu ne sens plus, Merlin ?

- Ma magie…. Elle n’est plus là. Je… Je l’ai perdue.

 

Pleurant sans plus s’en cacher à l’annonce de cette vérité qui l’effrayait plus que toute autre depuis son réveil, Merlin savait au fond de lui qu’avec sa magie disparue, il avait tout perdu. Il n’était plus rien sans elle.

 

- Je l’ai toujours dit à Gaius, Arthur ! Je préfère encore mourir qu’en être privé.

- Tu as pourtant bien vécu sans elle quand tu étais plus jeune.

- Je suis né avec, Arthur. Je n’ai jamais vécu sans elle. En être si soudainement privé, ne plus la sentir en moi… C’est plus douloureux que n’importe quelles blessures… C’est pire que l’asphyxie ! Alors à quoi bon ?

- Et que deviens ton serment de me protéger contre tous mes ennemis ? Qui pourra prendre ta place pour me protéger de la magie maléfique, si tu m’abandonnes si facilement ?

- La question est plutôt à quoi je pourrais bien vous servir en restant à vos côtés ?! Sans ma magie, je ne vous serais plus utile ! Sans elle, je ne suis plus rien… Plus qu’un bon à rien…

- Merlin…

 

Arthur s’autorisa un lourd soupir avant de reprendre.

 

- Même si j’ai du mal à imaginer ce que tu ressens à cet instant, je peux comprendre que tu en sois bouleversé. Simplement… Jusqu’à hier, moi, j’ignorais tout de tes capacités magiques. Et aussi incroyable que cela puisses te sembler, je ne désirais pas moins te garder à mes cotés. Alors même sans magie, tu n’es pas un bon à rien à mes yeux. Bon… Un serviteur des plus stupides et particulièrement incompétent, peut-être. Mais pour le reste… Je pensais qu’on avait établit de façon assez clair que nous étions amis. Or les amis ne s’abandonnent pas aux premières difficultés !

 

Voyant Merlin trop bouleversé par la perte de sa magie pour pouvoir assimiler toutes ses paroles, Arthur comprit que cette fois-ci un peu d’humour ne suffirait pas à lui redonner espoir. Glissant à nouveau ses mains dans les cheveux noirs toujours humides d’eau glacée, il essaya tant bien que mal de le calmer en reprenant ses caresses maladroites.

 

- En outre, qui te dit qu’elle a définitivement disparue ? Tu as été très affaiblit ces dernières heures. Tu es toujours malade, fiévreux. Sans compter que Gaius pense que pour sauver tous les gens de Camelot de leurs brulures, ta magie les auraient aspiré et consommé. Peut-être te faut-il juste un peu plus de temps pour qu’elle se régénère après une telle décharge d’énergie. Tu ne peux pas abandonner tout espoir si vite et sans même avoir tout essayé pour la retrouver. Attend d’avoir repris des forces pour voir ce qu’il en est vraiment.

 

Le voyant continuer à paniquer malgré ses paroles de bon sens, Arthur insista.

 

- Je comprends que ce soit important pour toi, Merlin. Vraiment. Mais cela ne devrait pas te bouleverser à ce point. Tu te rends encore plus malade à pleurer comme ça.

- Vous ne comprenez pas. En la perdant, je… Ils seront tous morts pour rien !!

 

Ayant un peu de mal à assimiler cette information à l’ensemble de leur discussion, Arthur essaya de comprendre.

 

- De qui tu parles, Merlin ?

- Mon père, Freya… et tous les autres. Ils sont morts à cause de moi. Ils sont morts pour me donner une chance d’accomplir mon destin, pour m’aider à faire de vous le grand roi qui saura réunifier Albion. Et… Et moi, je les trahis en quelques secondes, en agissant comme je l’ai fait. Non seulement Uther sait pour moi, mais j’ai perdu ma faculté de vous mener à votre destin !

 

- Chuttt… Tout va s’arranger, Merlin. Gaius trouvera une solution. Et s’il le faut, nous parcourons ensemble le pays tout entier pour trouver un sorcier apte à t’aider à retrouver tes capacités. Mais je t’en prie. Calme-toi, à présent. Tu dois te reposer, si tu veux retrouver des forces…

 

Le voyant avec soulagement, céder doucement au sommeil, Arthur essuya tendrement les traces de larmes sur les joues du jeune sorcier. Il reprit alors ses caresses un long moment avant de juger son sommeil assez profond pour les stopper.

 

Quittant dès lors la cellule, il rejoignit ses chevaliers à leur séance de formation quotidienne. Il était plus que temps pour lui de prendre une décision et d’aller au bout de ce qu’elle entraînerait.

 

Quand il revint deux heures plus tard dans la cellule du sorcier pour s’assurer qu’il dormait toujours paisiblement, Arthur eut une seconde de panique : Merlin n’était plus sur sa paillasse !

 

A suivre…

 

Bon, n’imaginez aucun rebondissement de folie, le clifhanger n’en est vraiment pas un ^_^’’

Un chapitre plutôt court, car sinon, avec la suite, cela faisait beaucoup "trop" de confidences d'un coup. Mais pour la peine, je tente de poster la seconde partie demain ^-^''

[1] Je n’ai pas fait de récapitulatif de tous ce qui se passe dans les 2 premières saisons, car une scène non similaire mais au contenu identique sera présent dans mon autre fanfic en cours. Et honnêtement, je ne veux pas l’écrire deux fois ;p Alors, comme ici ce n’est guère l’important, je contourne sciemment l’exercice de style ;D