Grand merci pour vos rev. Ca fait chaud au cœur autant de retour O_O (c’est peut-être pas tant pour certain, mais je n’y suis plus du tout habitué moi ^_^’’)

Enfin, du coup, plus que jamais je me dis que je ne serais pas à la hauteur de vos attentes u_u

Mais bon. Ce soir, encore une fois, faute de trouver mieux à la Tv, je me re-re-regarde une énième diffusion de la saison 1, via Nrj12. Et me suis donc dit, qu’il était temps de relire la suite de cette fanfic pour vous la publier enfin ^-^. La suite d’ici jeudi, si tout va bien !

 

 

La fin d’une ère

 

 

Chapitre 2

 

Arthur et Merlin arrivaient finalement dans la cour du château pour assister avec tant d’autres au numéro d’acrobatie d’une troupe de saltimbanques quand un cri surgit non loin d’eux.

Personne n’eut alors le temps de réagir quand une pluie virulente de feu vint subitement s’abattre sur Camelot.

 

Par reflexe, Arthur leva aussitôt les yeux au ciel à la recherche d’un Dragon - seul être de sa connaissance capable d’établir un tel déchainement d’horreur. Mais il ne vit rien. Ce qui ne semblait pas si surprenant. Après tout, ils étaient censés avoir tué le dernier dragon des mois plus tôt.

 

- Qu’est-ce… ?

 

Le feu progressant à une vitesse folle en tout lieu de la ville, les gens de Camelot se précipitèrent vers les points d’eau pour former une chaine vouée à éteindre les incendies. Mais fusant de toute part, il semblait impossible de stopper un seul des dizaines de foyers les entourant.

 

Cherchant tout autant la raison d’une telle attaque, Merlin trouva plus vite l’explication !

Non loin d’eux, plus en retrait, un homme habillé d’une longue tunique noir dégageait une énergie sans nom. Le voyant psalmodier des incantations, il n’eut plus aucun doute. Un sorcier les attaquait !

 

Souhaitant le stopper avant qu’il n’inflige plus de dégâts, Merlin profita de la panique ambiante pour essayer d’agir. Levant sa main vers l’individu, il murmura à son tour un sort voué à repousser leur attaquant. Mais sentant sa magie s’intensifier, l’homme se tourna aussitôt vers lui. Si Merlin pouvait ressentir qu’il s’agissait d’un sorcier. Il n’était pas surpris qu’il en soit de même dans le sens inverse.

 

Comprenant parfaitement ce que le gamin s’apprêtait à faire, l’homme n’attendit pas plus longtemps pour envoyer toutes ses flammes en sa direction.

 

Arthur avait retrouvé presque tous ses chevaliers, venus vers lui pour prendre ses instructions. Il redirigeait chacun d’entre eux en des postes établis pour mieux encadrer les villageois et ainsi tenter de venir à bout de plusieurs feux à la fois, quand il vit une bourrasque de flammes se diriger avec force sur un Merlin étonnement statique. Pour quelqu’un l’ayant secondé dans les pires batailles, il avait bien choisi son moment pour se figer d’horreur.

 

- Merlin ! Attention !!

 

Si Merlin avait vu l’attaque et était prêt à la recevoir pour mieux la renvoyer. Il n’avait pas prévu la réaction du prince venu le pousser au plus mauvais moment. Le faisant tomber au sol pour lui éviter toute rencontre avec le feu, Arthur avait de fait pris les flammes de plein fouet.

 

- NONNNN !!!

 

Choqué à la vision du prince Arthur dont les vêtements s’embrasaient à une vitesse folle, Merlin réagit cette fois-ci sans plus aucune prudence, poussé par son seul instinct du combat.

D’un simple souffle, il stoppa dans la seconde toutes les flammes brulant Arthur. Suite à quoi, il hurla au ciel des mots d’une violence rare à trois reprises, générant ainsi un orage aussi magique que les flammes les ayant attaqués. Aussitôt, une pluie drue s’abattue sur eux, tandis que d’un énième cri il fit éclater des éclairs. L’homme les ayant attaqués, lui renvoyant de véritables boules de feu, Merlin n’eut d’autre choix que d’agir comme par le passé avec Nimueh. Appelant à lui toute sa magie, il fit en sorte que l’un de ses éclairs vienne à bout de leur attaquant.

 

L’individu à terre, littéralement calciné, Merlin sut qu’ils en étaient définitivement débarrassés. Trempé jusqu’à l’os, il fut tout autant rassuré de voir le feu ayant prit dans la ville tout entière s’éteindre rapidement. Ignorant encore les visages stupéfaits de ceux présents à ses cotés, il repéra le corps brulé d’Arthur gémissant de douleur, comme il entendit les pleurs d’une fillette tout aussi gravement brulée au visage. Deux blessés parmi tellement d’autres…. Comment pourrait-il laisser tous ces gens jusqu’alors si innocents et paisibles souffrir des malfaçons de ce sorcier venu à eux dans le seul but de les détruire ? Qu’il soit venu pour se venger de la politique d’Uther ou pour se mesurer à Emrys que tout être magique savait dorénavant présent en ce lieu, il ne pouvait rester sans réagir. Il devait les aider, les soigner… Ignorant encore tout des charmes curatifs, c’est de nouveau par pur instinct qu’il sentit les mots s’écouler naturellement de ses lèvres. S’il ne pouvait les soigner à proprement parler, il devait pouvoir ôter le feu des brulures, telle une matière à extraire avant d’être décomposée ou digérée. Gaius n’aurait alors plus qu’à soigner les blessures obtenues indirectement par ce feu. Un peu à l’image de la jambe cassée du forgeron sur qui un toit venait de s’écrouler.

 

Hurlant de toutes ses forces sa volonté d’ôter de tout Camelot le feu présent en chacun de ses habitants, il renouvela de nouveau trois fois son incantation, se brisant complètement la voix dans son action. Alors soudain, il sentit sa magie bouillir au plus profond de lui, exécutant à bien sa volonté.

 

Dans un silence de mort, les yeux toujours brulant d’or, il observa enfin tout autour de lui. Si les gens étaient figés de stupeurs à son égard, plus personne n’hurlait de douleur, plus personne ne brulait vif. Non loin de lui, il vit la petite fille en pleure, les joues à nouveau roses mais dénuées de toute cloque due aux brulures. Même Arthur ne semblait plus souffrir de son dos jusqu’alors en feu. L’expression de son visage, en revanche, était illisible. Impossible pour Merlin de deviner ce qu’il pouvait penser à la vue de son serviteur usant de magie devant tout Camelot. Sûr qu’il ne devait pas encore croire qu’un idiot aussi maladroit que lui ait pu réussir à lui cacher un tel secret.

 

Détournant ses yeux d’Arthur, Merlin réalisa avec peine qu’il aurait peut-être mieux fait de mourir avec sa dernière incantation. Car alors que ses jambes l’abandonnaient lâchement, l’obligeant à tomber rudement sur ses genoux, il vit le roi venir à lui d’un pas alerte. Ne doutant plus qu’il ait assisté à tout ou partie de ce qu’il venait d’arriver, Merlin le laissa hurler sa sanction. La seule et unique jamais dictée sur Camelot en pareilles occasions.

 

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Arthur ne savait plus s’il était dans un rêve ou la réalité. Tout était allé si vite. D’abord ces flammes de l’enfer qui brulaient tous sur leur passage. Puis Merlin qui manquait de se faire bruler vif. S’il avait tenté de sauver son serviteur, au prix de blessures d’une douleur insoutenable. Ce qui avait suivi, lui avait prouvé l’inutilité totale de son geste.

Merlin – Dieu seul savait comment – avait hurlé des mots dans une langue qui lui était totalement inconnue, produisant à l’évidence par ces seuls cris la création d’une pluie d’une densité suffisante pour tout éteindre. N’y croyant pas, il dut pourtant se rendre à l’évidence quand peu après, suite à un nouvel hurlement du jeune homme d’une intensité effroyable, le miracle se produisit. En l’espace d’un battement de paupière, toutes les brulures avaient disparues de son corps. Que ce soit pour lui ou tous les autres, il n’y avait eu soudain, ni cicatrice, ni douleur.

 

Observant avec stupéfaction son serviteur, Arthur le vit tout aussi subitement s’effondrer à terre. S’il était bien responsable de la pluie et de la disparition de toutes les brulures, ces deux miracles venaient de lui ôter toutes ses forces.

Souhaitant aller vers lui pour le soutenir et obtenir au passage quelques explications sur ses capacités magiques indéniables, Arthur entendit avant qu’il ne le vit, la voix glaciale de son père.

 

- Gardes ! Arrêtez cet homme !! Il est accusé de sorcellerie. Sa force et ses capacités n’étant plus à démontrer au vu du nombre de témoins de son forfait, je le condamne à mort. Il sera exécuté dans deux jours sous le supplice du feu !

 

Arthur fut tout aussi statufié par cette annonce que tout ce qu’il venait de vivre peu avant.

Comment son père pouvait-il brandir une telle sanction à l’encontre de l’homme qui venait de sauver tout Camelot au détriment de sa propre vie, de son propre secret ?

 

- Gardes ! Saisissez-vous de lui !

 

Ne pouvant désobéir aux ordres du roi, deux hommes de la garde royale s’approchèrent avec précaution du jeune homme complètement immobile et muet. Ils ne savaient comment il pourrait réagir après avoir fait preuve de tant de puissance. Mais épuisé, Merlin ne sut que gémir doucement quand ils le saisirent par les bras pour le relever. Prenant garde de ne pas le malmener, les deux hommes l’entrainèrent tout doucement vers les cellules du château.

 

Merlin était à peine conscient quand ils le soulevèrent. Sachant qu’ils n’agissaient que sur ordre, il ne tenta pas une seconde de leur compliquer la tâche. En aurait-il seulement eut la force ? Se laissant faire, il apprécia plutôt leurs efforts indéniables pour le soutenir et l’aider à progresser sans heurts jusqu’au cachot.

 

Si Arthur fut glacé à l’annonce de la sanction de son père, il fut en revanche rassurer de voir que les gardes n’avaient pas profité de la situation pour malmener son ami. Les voyant au contraire, s’éloigner doucement et sans brusquerie, il s’approcha aussitôt du roi pour qu’il accepte de l’épargner. Merlin n’avait-il pas fait preuve de la plus grande bravoure en venant au secours de tous à son propre détriment ?

 

- Père vous ne pouvez…

- Je ne veux pas t’entendre Arthur ! Ce garçon est dangereux. Non seulement, il possède la magie, mais il nous a menti pendant deux longues années avant de l’exercer aux yeux de tous.

- Il a sauvé Camelot des flammes !

- Et plus exactement, d’un sorcier malveillant, mon seigneur ! ajouta Gaius

 

Se tournant vers Morgane et le médecin venus les rejoindre, Uther observa dans la direction indiquée. Un homme s’y trouvait, à l’évidence littéralement foudroyé.

 

- J’ai vu Merlin combattre cet homme qui lançait des flammes dans toute la ville. Précisa Morgane. Sachant qu’Uther n’oserait jamais l’accuser de mensonge.

- Qui vous dit que ce n’est pas Merlin qui a mit feu à la ville avant d’être stoppé par cet inconnu ?

- Vous ne pouvez penser cela, père ! Merlin ne ferait jamais ça. Sans compter que tout Camelot a été témoin de l’attaque de cet homme avant qu’ils ne combattent.

- Peu m’importe. Il sera tué comme le veut les lois de Camelot. Ce jeune homme a vécu suffisamment longtemps ici pour savoir se qu’il risquait à rester et agir comme il l’a fait. Fin de la discussion.

- Père !

- J’ai dis silence ! Je vais de ce pas voir ce sorcier pour lui faire avouer ses fautes.

- Alors permettez-moi au moins de vous accompagner.

- Je ne pense pas que ce soit très indiqué.

- Je vous en prie. Comme vous l’avez souligné, Merlin nous a, à tous, menti. J’aimerais entendre au moins des excuses de sa part avant que vous ne le soumettiez à la question.

 

Uther sembla réfléchir quelques instants. Arthur ne doutait pas qu’il n’était pas vraiment crédible dans sa demande. Tout le monde connaissait à ce jour son attachement pour son serviteur et ami qui lui avait si souvent sauvé la vie. Mais il n’avait guère le choix. C’était là, sa seule excuse valable pour voir Merlin avant sa libération. Restait à savoir par la suite si cette dernière serait ordonnée par le roi lui-même, ou le fait d’une évasion en bon et due forme.

 

Obtenant finalement le droit d’accompagner son père, Arthur frissonna à l’entrée des cachots. C’était une chose que d’aller voir un assassin ou l’ennemi du trône ayant provoqué douleur et mort sur son passage. Il était plus difficile de savoir que la seule personne présente à ce jour entre ces murs était un jeune homme foncièrement bon, enfermé pour le seul crime d’avoir sauver la vie d’innombrable hommes et femmes grâce à la maitrise de la magie.

 

Approchant de la cellule où un chevalier les menait, Arthur réprima un haut de cœur. Les lieux étaient pires qu’à son dernier passage. La cellule sombre présentait des murs noirs, en certains endroits moisie par une trop forte humidité. Le sol était lui couvert d’une paille infestée de vermines, à l’image de la paillasse où reposait un Merlin tremblant. Ce dernier toujours inconscient, Uther n’eut guère de choix.

 

- Quelqu’un a-t-il réussit à le faire parler ?

- Non, sir. Il est ainsi depuis que nous l’avons trainé jusqu’ici.

- Bien. Que quelqu’un vienne me chercher dès l’instant où il se réveille. Je souhaite pouvoir le confronter au plus vite.

- Ce sera fait selon vos désirs, sir.

 

Jetant un dernier regard au corps du sorcier, Uther cru bon d’ajouter.

 

- Inutile de dire que je le souhaite dénué de vivre et de soins. Il ne serait pas bon de préjuger de sa faiblesse. Un Sorcier de sa puissance est un trop grand danger pour Camelot. Mais je souhaite trop ardemment entendre de sa bouche l’ensemble de ses exactions pour le tuer avant qu’il ne reprenne conscience.

 

Se détournant finalement de cette dépouille presque misérable au regard de la puissance qu’il avait démontré plus tôt, Uther sortit des cachots suivi de près par son fils.

 

De nouveau dans la cours, Arthur évita sciemment d’évoquer l’idée même de faire venir Gaius pour soigner Merlin, aux regards des dernières paroles de son père. A l’inverse, il s’en éloigna pour se rendre vers les écuries. Il espérait ainsi faire croire au roi qu’il souhaitait s’isoler pour réfléchir en chevauchant sa dernière acquisition. Pour autant, dès que son père entra dans le château, le prince fit demi-tour pour courir chez le vieil homme au plus vite. Il était hors de question de laisser plus longtemps Merlin sans soin.

 

Alors qu’il approchait de la porte du médecin, Arthur vit l’un de ses chevaliers s’y engouffrer en catimini. Ne pouvant trop se faire voir de ce coté du palais après les ordres données par son père, il s’approcha seulement de la porte, écoutant distraitement la demande du visiteur.

 

- Gaius, pourriez-vous me procurer une potion pour dormir ? Je fais de mauvais rêves actuellement et cela ne peut plus durer…

 

Arthur fut surpris de cette requête. De mémoire, jamais le chevalier de Fourrier n’avait évoqué avoir des nuits difficiles. Lui laissant son intimité, Arthur attendit de la voir sortir avant d’entrer à son tour dans l’antre du médecin.

 

Mais à peine avait-il fait un pas hors de l’alcôve d’où il patientait, qu’un second chevalier entra à son tour, non sans échanger un regard complice avec celui en sortant. Écoutant de nouveau à la porte, Arthur entendit que ce dernier réclamait cette fois-ci une forte potion pour soigner les poussés de fièvre pour l’un de ses bons amis.

De plus en plus interloqué par leur attitude, Arthur abandonna l’idée de parler au médecin pour suivre ce chevalier. Un choix qu’il confirma d’autant plus quand il comprit que ce dernier repartait étrangement vers les cachots.

Le suivant à distance pour ne pas se faire repérer, Arthur réalisa qu’il se rendait même jusqu’aux cellules.

 

De retour à l’entrée des cachots, Arthur entendit dès lors des hurlements tout simplement inhumains. Reconnaissant sans mal l’origine de cette voix éraillée par les cris, il n’eut aucun doute. Cela venait de Merlin ! Le sang glacé à l’idée qu’on puisse le torturer suite aux consignes du roi pour lui faire avouer tout et n’importe quoi, Arthur ne chercha plus à rester discret. Il se précipita dans les geôles ! Ignorant ses hommes tentant par tous les moyens de le stopper dans sa progression, il progressa en courant jusqu’à la cellule quittée un peu plus tôt pour découvrir que Merlin ne s’y trouvait plus. Entendant à nouveau ses hurlements de douleur en provenance de la cellule voisine, Arthur s’y rendit tout aussi vite pour y découvrir l’impensable. Nul doute que cette fois-ci, il ne s’attendait réellement pas à ce genre de scène.

 

Très loin de la séance de torture qu’il s’imaginait, il fit face à une cellule totalement méconnaissable. Le sol était cette fois-ci entièrement couvert d’une large couche de paille fraiche. Sur la paillasse, un épais matelas avait été confectionné avec cette même paille associée à des couvertures qu’il savait appartenir au dortoir des chevaliers en apprentissage. Là, reposait un Merlin inconscient et à l‘évidence perdu dans un cauchemar sanglant. A ses pieds, un jeune chevalier imbibait un linge d’une eau claire pour tenter d’apaiser la fièvre du garçon. Plus loin se trouvait une cruche d’eau, du pain frais, quelques fruits et les potions réclamés plus tôt par ses chevaliers à Gaius.

S’approchant plus lentement de Merlin, Arthur vit que sa tête reposait sous une couverture pliée tandis qu’une autre le couvrait chaudement.

 

L’entendant approcher le jeune chevalier au chevet du sorcier se redressa vivement.

 

- Sir ?

 

Sa surprise n’était pas feinte. Son angoisse à se savoir en tort, non plus. Il n’y avait aucun doute à cette image que ses chevaliers s’étaient bel et bien ligués pour prendre soin de son jeune serviteur.

 

- Si je comprends bien. Vous l’avez déplacé le temps de la visite du roi.

 

A cet instant, il ne pouvait penser au roi comme étant son père.

 

Sachant qu’ils ne pouvaient nier leur action, le chevalier Léon venu les rejoindre prit sur lui d’acquiescer d’un air grave.

 

- Une sentinelle surveille à tout instant l’entrée des cachots pour nous permettre de le déplacer si le roi s’apprêtait à revenir.

- Alors… A aucun moment vous ne l’aviez enfermé dans cette cellule sordide ?

 

L’homme se contenta de confirmer une nouvelle fois l’affirmation du prince.

 

- C’est exact. Mais sir…

- Non !! Je ne veux rien entendre de plus.

- Mais…

- Silence, j’ai dit !!

 

N’osant pas plus le contredire, l’homme se tut. Arthur allait à son tour exprimer le fond de ses pensées quand un nouveau hurlement les interrompit. Se rapprochant de Merlin, il questionna son infirmier improvisé.

 

- Que lui arrive-t-il ?

- Il semble plongé dans un cauchemar sans fin où il est consumé par le feu. D’abord, il gémit doucement, implorant la pitié. Puis il hurle de souffrance jusqu’à « sa mort ». Après quoi, ca recommence. C’est déjà la seconde fois depuis que nous l’avons installé ici. Nous avons pensé à demander de l’aide à Gaius. Mais le roi ayant refusé qu’on lui procure le moindre soin…

- …Vous avez décidé de faire croire à Gaius que les potions demandés étaient pour vous-même ou un « ami ».

- Oui, Prince Arthur.

- Je vois...

 

Ne pouvant supporter plus longtemps l’agonie de son ami, Arthur prit place à son chevet.

 

- Mon père ne descendra pas ici avant demain, si personne ne vient l’informer de son réveil. Alors que quelqu’un aille chercher au plus vite Gaius pour l’amener ici. L’homme considère Merlin comme son fils. Il donnerait sa vie pour passer ne serait-ce qu’une seconde à ses côtés au moment où il a le plus besoin de lui.

- Mais le roi…

- Le roi n’en saura rien, car personne ne lui en parlera. A présent, pressez-vous !

 

Ayant élevé la voix pour les faire réagir, Arthur jugea qu’il en avait assez dit. Se concentrant à présent sur Merlin, il prit le tissu déposé sur son front pour l’imbiber à nouveau d’eau fraiche.

L’entendant à présent gémir dans son inconscience, Arthur tenta de le rassurer un peu en lui murmurant quelques paroles de réconforts.

 

- Pitié, pas le feu. Pitié seigneur, non !

- Chuttt… Merlin. Tout va bien. Tu ne brules pas. Il n’y a pas de feu autour de toi.

- Arthur ?

- C’est moi. Tout va s’arranger, je te le promets.

- Croyez-moi ! Je ne voulais pas ! Je ne voulais pas... Mais les flammes… Elles allaient tout détruire. Tout le monde allait mourir. Vous étiez déjà brulé, blessé, presque mort…

- Chutttt…

- Pardon Arthur, pardon…

- Chuttt…

- Pitié, non…Ne mettez pas le feu, Arthur. Tout mais pas le feu. Nonnnnnn !

 

Ne sachant que faire, Arthur assista à tour, totalement impuissant à la « mort » du jeune homme. Ses membres convulsaient sous des cris d’agonie avant qu’il ne commence à suffoquer littéralement comme s’il s’asphyxiait d’un trop plein de fumé.

 

Arthur cru qu’il l’avait réellement perdu, quand Merlin reprit brutalement une bouffé d’air. Alors il sembla recommencer son cauchemar de son début. C’est à cet instant que Gaius les rejoint. 

 

- Gaius !! Vous voilà enfin !

- Le chevalier Léon m’a expliqué ce qui lui arrivait pour que j’apporte les potions les plus appropriées. Mais si j’ai bien compris, je ne suis pas sûr que l’on puisse y faire grand chose.

- Il cauchemarde sans fin.

- Ma théorie est que c’est un peu plus compliqué que ça. Au vu de ce à quoi nous avons pu assister, je pense qu’il a voulu supprimer les brulures de tous les blessés de Camelot. Or, à ma connaissance, Merlin ne connait encore aucun charme curatif. Il a donc dû se résoudre à capturer toutes ces brulures dans sa magie.

- Capturer ?

- D’une certaine manière, oui. Si bien qu’à présent, sa magie doit se trouver consumé par tout ce feu absorbé en elle, au point qu’elle doit bouillir jusqu’à l’en bruler de l’intérieur.

- Que pouvons-nous faire pour que cela cesse ?

- Malheureusement, rien. Si j’ai eu des bases de magie par le passé. Je suis à mille lieux de maitriser une centième de ce qu’il a fait tout à l’heure. La seule chose à notre portée est d’essayer de rafraichir sont corps au maximum, pour l‘aider à assimiler toute cette chaleur qui le consume.

- Comme avec un bain glacé ?

- Non. Il ne serait pas aisé d’installer une baignoire dans les cachots sans que cela ne parvienne aux oreilles d’Uther. L’enfouir sous des linges glacés devrait suffire.

- Je peux essayer de faire venir de la glace des montagnes. Mais cela prendra un temps fou.

- Là encore, cela pourrait être inutile. Du moins… si vous me permettez de nous en passer.

 

Comprenant la question, Arthur hocha la tête, lui donnant par ce geste tout droit d’user de magie pour le bien de Merlin. Au point où ils en étaient…

Il assista stupéfait aux murmures du vieil homme qui plongeant la couverture de laine dans une bassine d’eau, la ressortie presque rigide de glace.

 

- Je ne sais plus faire que ce genre de tour.

- C’est déjà beaucoup, Gaius. Merci pour lui.

- Vous savez bien que je ferais tout, jusqu’à donner ma vie, pour cette tête de pioche.

- Je sais.

 

Souriant quelque peu à sa réponse, Arthur se releva du sol tout en serrant avec compassion  l’épaule du médecin. S’il ne disait pas les mots, il n’en pensait pas moins pour autant. Merlin avait prit une telle place en leur vie… A tel point que pas une seconde encore, il n’avait pu envisager que la révélation de sa magie puisse changer quoi que ce soit de ce qu’il pensait du jeune homme.

 

Laissant Merlin aux bons soins du médecin, Arthur les quitta quelques instants pour rejoindre ses chevaliers. Maintenant que le plus critique semblait derrière eux, il se devait de leur signifier le fond de sa pensée sur leur comportement de ces dernières heures.

 

Comme s’ils avaient compris qu’Arthur avait attendu l’arrivée de Gaius pour venir leur parler, tous ses hommes l’attendaient à la sortie des cachots. A cette image, il n’y avait aucun doute qu’ils faisaient-là cause commune pour l’action d’une poignée d’entre eux.

 

- Messieurs ! Ce que vous avez fait tout à l’heure… pour venir au secours de Merlin trop épuisé pour se défendre seul face aux accusations déraisonnables de notre roi... Je… Je ne saurais en dire…

 

Prenant, une bouffée d’air frais, Arthur se lança finalement. Il était bien décidé à leur faire comprendre toute l’importance de leur geste.

 

- Sachez donc que par vos actions de trahison vous avez été à mes yeux… de fiers représentants de l’ordre de la chevalerie que je souhaite instaurer à Camelot. Quoi qu’en pense mon père – notre roi – j’estime qu’un homme de bien n’a pas à être traité comme un vulgaire assassin pour la seule raison qu’il a employé la magie en ces terres.

 

Arthur réalisa que par ses paroles, il désavouait définitivement l’autorité de son père devant ses hommes qui n’étaient pas moins que lui au service du roi.

 

- Merlin est un ami précieux. Certainement, le meilleur que j’ai pu avoir, à ce jour. Cela vous choquera peut-être que je dise cela d’un simple serviteur. Mais j’imagine que vous n’avez pas plus agit de la sorte sans raison. Quoi qu’il en soit, merci à tous. Je vous en suis réellement reconnaissant.

 

Les voyant tous silencieux, face à lui, Arthur réalisa finalement qu’ils n’en attendaient peut-être pas tant. Mais peu importait. Il ne pouvait les laisser croire plus longtemps qu’il n’était pas en accord avec leur récente position.

 

A présent, seul l’avenir récent lui indiquerait s’il avait fait-là le bon choix quant à sa prise de position...

 

 

A suivre…

 

Pour ceux qui trouvent qu’Arthur réagit trop bien, c’est que j’opte pour une version où il n’y a pas plus de raisons qu’après 2ans de loyaux services Merlin lui paraisse subitement comme un traitre félon pour cette seule « révélation ». Pour autant, il n’a pas encore vraiment eu le temps de s’exprimer sur la question, donc bientôt vous saurez le pourquoi de sa réaction si magnanime ;p