Auteur : mimi yuy

Site perso : www.mimimuffins.com

Série : Full Metal Panic

Disclamer : Aucun personnage ne m’appartient

 

Le début de ce que je voudrais devenir : une série de petites One shot - plus ou moins courtes et +/- indépendantes - sur la vie de Susuke en tant que Soldat. (Je vous rassure, il y a aura aussi Chidori dans les futures updates ^__^x Enfin pour l’instant, je n’ai écris que celle-ci donc pas moyen de prédire avec précision ce qui viendra plus tard).

Quoiqu’il en soit, n’attendez donc rien de faramineux ^_^’’

 

 

Une vie de soldat…

 

 

 

Leurs missions aussi se terminent mal, parfois.

 

Assit sur une chaise, Susuke ne détournait pas le regard de l’homme chargé de le mettre à la question. Il savait pertinemment ce qui l’attendait.

Il ne le savait même que trop, après avoir vu sur le petit meuble positionné à coté de sa chaise les instruments de torture d’un autre temps.

Scalpel, pince, fil électrique… Sans évoquer la batterie présente non loin de lui de l’autre coté du mur.

 

Arriverait-il à supporter la douleur, à ne pas craquer et surtout, surtout, à ne pas dévoiler les informations concernant la fuite de Mao et Weber ?

 

Prenant une respiration lente et profonde, Susuke vit la lame de scalpel s’approcher de sa jambe déjà meurtrie.

Qu’allait-il lui faire ?

 

A l’extérieur de la tente un cri inhumain en surgit.

 

*-*-*

 

Kruz était stressé. Melissa mal en point, il ne pouvait pas faire grand chose pour elle.

S’il avait pu fuir emportant avec lui le MS de la jeune femme à moitié détruit, il avait réussi non sans mal à ouvrir la cabine du pilote à coup de pieds d’une violence inouï. Dans l’état où il était, ce genre de MS était pire qu’une boite de conserve.

Extirpant finalement le corps inconscient de son chef, il put la prendre sur ses épaules le temps de redescendre à terre avec elle.

Il devait absolument voir son état avant de décider de la suite de la marche à suivre.

Il l’allongea finalement sur le sol en pierre brute de la grotte trouvée dans sa fuite, assez grande pour camoufler leur MS d’un repérage satellitaire.

 

- Tiens le coup ma puce. Me lâche pas !

 

Lui parlant pour tenter de la tenir éveillée, il entreprit de la délester de sa combinaison de vol.

 

- Laisse pas trainer tes mains Kruz

- A moitié morte et tu crois encore que je te pelote.

- Je te connais Kruz

- Ravi de te voir de retour parmi nous.

 

Aidé dans sa démarche, Kruz délesta Mao du haut de sa combinaison pour ne plus lui laisser que son top protégeant sa poitrine de son regard acéré. Ainsi, il pu enfin visualiser toute l’étendue de la blessure au flanc de son sergent major. Et ce n’était pas beau à voir.

 

- On est dans la merde. Faut vraiment que tu voies un médecin.

- Fais de ton mieux. Ce sera toujours mieux que ce trou béant.

 

Trou béant d’où s’échappait en continue son sang.

Pressant la blessure d’un linge trouvé dans la calle de son MS, Kruz ouvrit de sa seconde main la mallette des soins d’urgence pour trouver de quoi désinfecter la blessure et ses propres mains avant de réaliser quelques points de sutures. Ce n’était pas recommander d’agir ainsi en dehors d’un champ opératoire, mais c’était le moindre mal jusqu’au retour des renforts.

 

- Où est Susuke, Kruz ?

- Il a fait diversion pour que je puisse te mettre en lieu sûr.

- Et les unités Alpha ?

- Toutes détruites.

- Tu veux dire que tu l’as laissé seul face à une dizaine d’ennemis ?

- Tu crois qu’il m’a laissé le choix ?

 

Sachant tous deux que leur ami ne pouvait pas s’en être sorti, malgré toutes ses capacités, avec un MS qui n’était pas l’Albalest, Kruz baissa les yeux. Il aurait tout fait pour rester auprès de Susuke. Mais ce dernier lui avait fait comprendre à raison qu’au vu de leur position respective, il était le seul à pouvoir sauver Melissa d’une mort certaine. Si leur position avait été inversée Susuke n’aurait pas hésité à agir à l’inverse. Kruz n’en doutant pas un instant, il s’était donc finalement dévoué pour quitter le combat avec leur amie.

 

Melissa ne pouvait pas ne pas savoir ce qui s’était passé entre eux. Leur en voudrait-t-elle ?

 

- J’aurais du rester avec lui.

- Oui.

- Mais je n’ai pas pu. Pardonne-nous.

- Putain Kruz… Tu sais ce qu’ils vont lui faire s’il est fait prisonnier ?!

- Il me l’a dit, oui. Mais lui était en état d’y survivre, à cet instant… pas toi.

 

Ils avaient donc tous deux fait leur choix en connaissance de cause.

 

- Melissa.

- Hum ?

- Je compte bien y retourner pour le sortir de là !

- J’espère bien.

 

Tout étant dit, Kruz piqua la jeune femme de l’ampoule de calmant qu’il avait préparé sans qu’elle ne le voie agir. Il savait que s’il l’avait prévenu de son acte, elle aurait refusé qu’il la lui fasse. Mais ses blessures étaient trop sérieuses pour pouvoir la bouger sans cela.

 

- Pardonne-moi grande sœur.

- Qu’est-ce que tu… ?

 

Melissa n’eut jamais le temps d’en dire plus, sombrant aussi vite dans un profond sommeil

 

Le temps de l’attaque et de leur retour arrière, Kruz avait eu le temps de communiquer avec Susuke. Ce dernier avant de couper toute communication lui avait clairement signifié qu’il finirait sans aucun doute par être capturé et torturé pour le faire parler. Dans cette optique et afin d’éviter de prendre le moindre risque, il lui avait fait la liste des planques de sa connaissance pour qu’il évite sciemment de s’y rendre. Un scannage de la région, lui avait alors permis de trouver une grotte où il pourrait mettre à l’abri leur sergent major le temps qu’il retourne aider Urse-7

 

- Tient le coup, Susuke ! J’arrive !

 

Après avoir appelé des secours, il abandonna Melissa en un statut médical stable pour repartir sans attendre à la sauvegarde de son frère d’arme. Ca lui faisait mal au cœur de laisser la jeune femme dans cet état sans autre protection qu’une arme laissée dans ses mains et un détonateur pour refermer la grotte sur elle si elle pressentait l’arrivée d’ennemis plutôt que de leurs alliés. Mais c’était un soldat. Elle savait où était l’urgence. Rester plus longtemps à ses cotés aurait a contrario déclenché sa colère.

 

Pour la mission d’extraction qui l’attendait, il ne pouvait pas utiliser son MS. Il devrait se procurer un véhicule avant de retrouver l’emplacement de l’ennemi pour l’infiltrer et y extraire Susuke. Autant dire qu’à deux contre cent, il n’avait pas le droit à l’erreur.

 

*-*-*

 

De son coté, l’adolescent affrontait l’interrogatoire comme il pouvait. Loin de chercher à savoir où se trouvaient ses compagnons en fuite, c’est une toute autre série d’information que ses bourreaux lui posaient.

 

Comment fonctionnait l’Arbaleste ? Qui était à la tête de Mithrill ? D’où venait les Wisperd ?

A toutes ces questions, Susuke était effrayé de réaliser combien d’informations supposées classées défense, il avait en sa possession. Réalisant toute l’étendue d’une fuite de ce genre, il ne prononçait pas un mot. Seul ses cris de douleur étaient sortis de ses lèvres tuméfiées par les nombreux coups ayant précédé son interrogatoire.

 

Il en fut ainsi toute la journée avant que ses bourreaux ne se lassent eux-mêmes de leurs efforts faits en vain. La violence avait eu beau monté crescendo, ils ne pouvaient pas encore se permettre de le tuer.

Ceci étant, après les coups, les coupures, et l’électricité de la dynamo, l’homme lui avait clairement fait comprendre que la prochaine étape serait de lui couper ses doigts et autres membres avant de les donner à manger aux chiens féroces qui les accompagnaient.

 

Devant l’énième évanouissement de son « patient », l’homme décida de prendre une pause d’une petite heure. Ca devenait fatiguant ces soldats qui soutenaient ses interrogatoires.

 

Susuke n’avait pas eu à simuler cette perte de conscience, mais sa discipline lui permit de se réveiller plus vite qu’il n’aurait fallut pour un homme normal.

 

Se sentant seul, il prit le temps d’entrouvrir ses paupières closes et boursouflées pour observer à nouveau son entourage. Sûrs de leur suprématie, les hommes s’étant alternés à ses cotés avaient laissé les instruments ensanglantés non loin de lui. Si seulement, il pouvait bouger juste assez pour s’emparer d’un scalpel…

 

*-*-*

 

Kruz avait du ronger son frein pour attendre la tombée de la nuit. Ainsi sous le couvert de la pénombre, il s’infiltra enfin sous les lignes ennemies.

Si sa spécialité était le tir de précision à longue portée, il n’était pas moins doué pour la dissimulation et l’infiltration.

Eliminant chaque sentinelle aperçue lors de son avancée, Kruz atteignait le camp de base quand il entendit un cri inhumain faire écho.

 

Non loin de lui, deux hommes discutaient sans stress autour d’un feu de camp.

 

- Il m’impressionne le gamin. Plus de 8h qu’ils tentent de le faire parler sans succès.

- Ca ne durera plus, ils ont décidé de passer aux choses plus sérieuses.

- A dire ?

- Doigts, mains, sexe… et pieds au besoin. Il n’en restera plus rien d’ici la fin de la nuit - qu’il ait ou non parler, d’ailleurs !

 

Tachant de ne pas céder à la panique à l’écoute d’un second cri hurlant, Kruz se pressa d’en finir. Deux coups de feu, muni de son silencieux, éliminèrent les deux hommes.

 

Il ne lui restait plus qu’un baraquement à franchir sans se faire repérer pour atteindre son premier objectif. Le plus dur resterait la fuite.

 

*-*-*

 

Susuke était en sueur, tremblant et fiévreux en tant que spectateur de ce qu’il lui arrivait. Accepter l’idée que l’on puisse lui couper une part de son corps n’était pas pour lui plaire. Sans compter que s’il avait eu à subir mille souffrances depuis sa tendre enfance, il n’était décemment pas prêt pour ce qui allait arriver. Mais il n’avait pas le choix. Il devait subir le premier assaut pour réussir la suite de son plan, aussi foireux soit ce dernier.

 

Seul soulagement - aussi infime soit-il - ses cris de fureur et de douleur mêlée qu’il ne retenait pas. L’expérience lui avait prouvé que crier et jurer minimisait une partie de la souffrance. Minime certes, mais dans sa situation, c’était toujours ça de prit. Alors peu importait que cela ne soit pas terrible coté masculinité. Il préférait passer pour une mauviette hurlant de douleur - mais tenir aussi longtemps qu’il le fallait - que serrer les dents et craquer à moitié de temps.

 

La vision de ses doigts détachés de sa main fut étonnement plus acceptable qu’il ne l’aurait cru. A force de sur-ventiler, il avait réussi à presque croire qu’il s’agissait là du fruit d’une vision et non d’une réalité affligeante.

 

Jouant le jeu, il céda aux larmes de douleur pour prier la pitié.

Heureux d’être enfin arrivé à ses fins, l’homme sourit de toutes ses dents en s’approchant de lui.

 

- Tu vas parler.

 

Susuke simulant sans aucun mal l’épuisement hocha la tête.

 

- Alors vas-y, je t’écoute.

 

Sans attendre, Susuke sortie sa main libre de derrière son dos où elle aurait du être encore attachée, pour planter le scalpel volé un peu plus tôt dans le crane de l’homme au niveau même des yeux.

 

Pour camoufler le moindre bruit, il hurla de nouveau de toutes ses forces.

 

Le second avantage à ne jamais être silencieux dans un interrogatoire était que les cris pouvaient camoufler toute autre action que les gens extérieurs au lieu de l’interrogatoire ne peuvent ainsi supposer exister.

 

Encore deux cris pour deux actions et Susuke savait qu’il ne pourrait plus rien renouveler. La logique voulait qu’il se soit alors évanoui ou qu’il ait parlé.

Heureusement pour lui, il réussit à tuer les deux gardes présents à l’entrée de sa tente au couvert de ses hurlements. Il ne lui restait plus qu’à sortir et fuir dans le désert de pierre. Tachant de ne pas sombrer sous la douleur et chute de tension, il repéra l’une des seringues d’adrénaline qu’ils lui imposaient régulièrement pour le tenir éveillé. De sa main encore valide, il se l’infiltra dans la cuisse qui était la moins touchée par leurs lacérations. Avec ca, il espérait tenir le coup.

 

Restait le plus dur psychologiquement pour lui. Prendre en main les deux doigts sectionnés par son bourreau pour les emporter avec lui. Il savait que les chances de trouver un chirurgien compétant dans les six prochaines heures serait un miracle. Mais l’Homme est ainsi fait qu’il ne peut accepter de s’avouer vaincu avant d’avoir tout tenté.

 

Un tee-shirt abandonné à terre lui suffit pour faire un bandage de fortune et il prit enfin toutes les armes présentes sur les corps de ses gardiens. Avec de la chance, cela lui suffirait pour faire une percée.

 

Il se glissa dans la nuit quand une alarme retentit.

Il avait raté son coup ! Ils allaient le re-capturer.

Nul doute que dans ces situations, ils n’auraient plus la même patience.

 

S’apprêtant à se battre jusqu’à son dernier souffle de vie, Susuke fut surpris de découvrir que ce n’était pas vers lui que les hommes se précipitaient.

Se pouvait-il que… ?

 

Ne pouvant décemment quitter les lieux en profitant de cette diversion, sans s’assurer qu’il ne s’agissait pas là d’un autre prisonnier tentant de s’échapper comme lui, il rebroussa chemin, suivant dans l’ombre la migration des hommes en armes.

 

*-*-*

 

Kruz était maudit ! Il ne voyait que cette explication pour ce qui venait de lui arriver.

Il avait à peine atteint les lieux - source des cris effroyables - qu’un homme plus consciencieux que les autres et ayant entendu un bruit curieux, venait dans sa direction. Il avait beau avoir tenté de s’échapper par un autre passage pour effacer ses traces et recommencer une seconde approche, le fait d’imaginer Susuke démembré et hurlant à la mort lui avait fait faire une bêtise de débutant en faisant chuter une arme en équilibre près d’une tente. Bilan, les occupants sortis de leur sommeil avaient hurlé à l’alarme, sans même l’avoir vu.

 

A cet instant, il était en mauvaise position. Coincé dans un trou de souris, il se ferait vite avoir s’il ne prenait pas la décision de repartir sans plus tarder. Mais comment accepter l’idée d’abandonner de nouveau Susuke à son sort ? Même si le silence qui avait suivi les quatre derniers cris d’une souffrance suprême, ne pouvait que lui laisser à penser que son ami était mort ou décidé à enfin parler, il se devait de le sortir de là. Devait-il abréger ses souffrances faute de mieux, il se donnait pour mission d’agir ainsi. Même si cela signifiait mourir avec lui. Il le lui devait bien.

 

Le combat débutait entre lui et les hommes venus à sa poursuite quand une partie de ses assaillants tombèrent un à un sous le feu d’une arme invisible.

 

- Mais comment… ?

 

Alors l’incroyable eut lieu devant ses yeux.

Susuke plus mort que vif venait bel et bien de le sortir lui, celui venu le sauver, des balles ennemies.

 

- Susuke ?

- C’est gentil d’être passé me voir.

 

A peine venait-il de dire ces mots que le jeune homme s’effondra. Ayant pour réflexe de le rattraper dans ses bras, Kruz, le déposa au sol quelques secondes pour s’assurer de sa survie.

 

- Mon Dieu, Susuke !

 

Lui tapotant les joues, il obtient non sans mal un retour de conscience.

 

- Tu m’entends ?

- Mal.

- Tu tiens le coup, si je te porte pour fuir des lieux au plus vite ?

 

Un hochement de tête pour tout accord et Kruz n’eut pas la capacité d’attendre plus pour agir de la sorte.

C’est finalement après une longue course-poursuite et jeu de cache-cache qu’il réussit à les sortir des lieux, son cadet jeté sur son épaule. Mais à peine avait-il franchit la première barrière de pierre qu’une seconde alarme jaillissait dans le camp ennemi.

Cette fois-ci, toute l’armée en sommeil semblait se relever.

Ils avaient eut une chance folle que l’évasion de Susuke ne se soit pas vu plus tôt.

 

Malgré leurs poursuivants, Kruz prit le temps de rejoindre un point de base qu’il s’était trouvé pour se poser quelques instants. Il ne pouvait pas porter Susuke des heures durant sans s’assurer auparavant qu’il n’avait pas besoin de soins d’urgence.

 

Reposant doucement le corps inconscient de son compagnon d’arme, Kruz eut besoin de courage pour vérifier chacune de ses blessures.

L’annonce qu’ils comptaient lui couper les mains et autres morceaux de corps l’avait traumatisé. Il ne comprendrait jamais comment des hommes pouvaient à leur époque encore perpétrer de telles tortures.

 

Déliant tout doucement, le tissu entourant la main ensanglantée, il redouta le pire. Ce qu’il découvrit le cœur serré était insoutenable. Bien sur, il avait vu plus qu’à son tour des hommes blessé et mort sur les champs de bataille, les membres arrachés, le sang giclant en tout sens. Mais en tant que sniper, jamais il n’avait eu à faire au résultat d’un interrogatoire aussi sanglant.

 

- Pardonne-mois Susuke. Je n’aurais jamais du te laisser.

- Je n’ai pas parlé.

 

Rouvrant des yeux enfiévrés, Susuke croisa le regard bleu de l’Allemand.

 

- Je n’en ai jamais douté Susuke. Pas une seule seconde !

- Mais j’ai failli. Si je n’avais pas réussit à m’échapper de mes liens. Je n’aurais pas pu accepter l’idée qu’il me coupe un pied ou la main entière. J’aurais craqué…

 

Kruz était peiné. Peiné que ce gamin d’exception d’une force et d’un courage sans pareil s’en veuille à ce point d’avoir osé imaginer flancher devant la torture quand il n’en avait rien été.

 

- Tu veux dire que pour tes doigts, tu t’étais déjà libéré ?

- J’ai du accepter l’idée qu’il commence pour pouvoir optimiser mes chances d’évasion. Il ne se serait jamais approché suffisamment sinon.

- Alors, les cris…

- Ils avaient pour but de camoufler le combat que nous avons eu. Après quoi, le silence qui s’en ait suivi expliquait au mieux qu’ils ne sortent pas tout de suite, si je parlais enfin.

- Susuke

 

Serrant les poings pour canaliser une colère sans fond qui l’étreignait de toutes ses forces, Kruz lui intima de fermer les yeux, le temps qu’il regarde plus avant ses blessures. Mais Susuke le lui refusa. Il avait besoin de s’assurer qu’il n’était plus entre les mains ennemies.

 

- J’ai mal.

- Je sais. Je te prépare de quoi calmer la douleur. Tiens encore le coup une petite seconde. Voilà.

 

N’ayant pas attendu qu’il réclame quoique ce soit, Kruz terminait de préparer la dose la plus forte du dérivé de morphine qu’il possédait dans leur kit de survie. Avec ca, il allait planer plusieurs heures sans plus rien sentir de son corps.

 

- Pour tes doigts…

- Je les ai encore.

- Quoi ?

- Dans ma poche.

 

Fouillant dans toutes ses poches, Kruz sentit bien subitement deux morceaux de doigt sous les siens. Refreinant un frisson de dégout, il s’en empara pour les rincer d’une solution désinfectante, avant de les enfermer dans un sachet aseptisé. Il claqua une pochette qui généra aussitôt un froid glacial pour coller cette dernière aux doigts amputés. Ainsi conservés, ils avaient une chance de les lui recoudre s’il parvenait à trouver une chirurgie dans les  prochaines heures.

 

- Je te promets de tout faire pour les sauver, Susuke.

 

Voyant ce dernier déjà en partance suite à la drogue donnée, il nettoya enfin la main amputée avant de la bander serré pour stopper l’hémorragie. Pour le reste, l’état du gamin était indescriptible. Jambes lacérées, bras brulés, visage tuméfié… Pas une once de peau ne semblait exempte d’une quelconque blessure.

 

- Si tu n’as pas mille infections dans l’état où tu es…

 

Soupirant devant la tache à accomplir sur ce corps meurtri, Kruz ne géra que ce qu’il jugea être le plus urgent, avant de le reprendre sur l’épaule et repartir en direction de la cache où se trouvait Melissa. Avec un peu de chance, une équipe de recherche ne tarderait plus à les y retrouver pour les sortir de là.

 

Et pour une fois, la chance fut avec eux !

A leur arrivée un détachement sous la forme d’un hélicoptère de la force Alpha invisible était présent pour extraire leur sergent major.

 

A leur vue, Kruz pressa le pas. Il fallait absolument qu’ils prennent aussi Susuke avec eux.

Malheureusement, les forces ennemies l’ayant certainement suivi à la trace, approchaient d’un rythme soutenu dans leur direction.

 

Il manqua de peu qu’ils soient abandonnés sur place. Mais un ordre provenant sans aucun doute de l’état major et donc de Tessa venait de contraindre l’hélicoptère de leur lancer une échelle pour qu’ils puissent grimper d’eux même à bord.

 

Si en temps normal la tâche était ardue. Avec un poids mort sur l’épaule et aucun soutien aérien pour faire face aux tirs ennemis, l’épreuve fut de taille pour le sergent Kruz.

Il s’en sortit finalement avec trois balles dans les jambes. Une bien faible conséquence face à tous ce qu’ils venaient d’affronter.

 

Alors qu’une artère semblait touchée lui faisant perdre tout son sang, Kruz eut le soulagement de sentir des mains l’aider à finir le dernier mètre le menant à la cabine. Une femme prit de suite en charge Susuke, tandis qu’une autre personne, faisait pression sur ses blessures.

 

Dans un dernier instant de lucidité, il sortit le sachet glacé contenant les doigts sectionnés à l’homme proche de lui. Alors vaincu par la perte de sang et peut-être une autre blessure qu’il n’avait pas réalisé avoir, Kruz s’effondra à son tour dans l’inconscience.

 

Pour la première fois depuis la constitution de leur groupe, les trois miraculés de l’équipe Urse dépendaient de leurs collègues.

 

mimi yuy