Auteur :
Mimi Yuy
Email :
mimimuffins@yahoo.fr
Origine :
Fake
Disclamer : Aucun de ces boy’s love ne
m’appartient ^-^
Genre :
Un instant de vide ;p
Couples :
Dee x Ryo
Ca
faisait des années que je voulais écrire un petit quelque chose sur eux.
N’ayant pas d’imagination pour inventer une belle et grande enquête policière,
je me contente d’une one shot de rien du tout à
l’absence totale d’intrigue lol. Quoiqu’il en soit,
je ne sais pas pour vous, mais je n’aime pas spécialement la fin du volume 7 u_u Pourquoi tout le monde semble croire (mangaka comprise) qu’un lemon est
une fin en soit ? NON, moi je voulais lire ceci certes mais aussi et
surtout la suite de leur relation maintenant qu’ils étaient enfin ensembles. Où
sont les volumes 8, 9 et suivants ? Comme d’hab,
on nous a volé ce « après ». Sniff. Une lectrices incomprise ;p
Partenaire particulier cherche partenaire particulier.[1]
Ryo
observait de sa fenêtre l’immeuble faisant face au 29ème commissariat de New
York.
Assis à son bureau, la tête reposant sur sa main droite, son esprit était à mille lieux de l’enquête en cours. Une sombre affaire de trafic de drogue. Il avait honte de l’avouer, mais c’était bien trop banal pour que cela le passionne vraiment.
Il
était convenu qu’ils se rendent ce soir aux lieu et heure d’un échange
important. Une information obtenue d’un indic régulier, leur certifiant qu’il
ferait une belle prise sans coup tordu. En définitif, avant la nuit, ils
coffreraient toute la bande et pourraient rentrer se coucher et enfin profiter
du week-end à venir.
En
attendant, ils devaient terminer les rapports des affaires terminées au cours
de la semaine passée. Et comme toujours dans ces moments de calme consacré à
l’administration, Dee était introuvable. Sûrement à
l’étage en dessous à parler avec Drake à défaut de faire sa part du travail.
Quoi d’étonnant à cela ? C’était ainsi depuis qu’ils étaient partenaires.
Pour l’action et la réflexion, le brun était en premier en ligne, efficace et
perspicaces. Mais pour les corvées, il n’y avait plus personne. Un vrai gamin
dans son genre.
Un
gamin dans un corps d’adulte qui savait s’en servir.
Si Ryo souriait d’amusement à l’image du petit Dee espiègle et farceur, son corps tout entier fut prit
d’un subit coup de chaleur pour agrémenter la suite de sa réflexion.
Dire
qu’il y a deux jours…
//
Flash back //
Cela
faisait déjà quinze jours qu’ils gardaient leur distance l’un avec l’autre.
Quinze jours durant lesquels Dee n’avait étonnement
pas fait la moindre allusion à cette nuit où ils avaient fait l’amour. Il fallait
dire que son départ au petit matin avant son réveil n’avait peut-être pas été
apprécié. Mais Ryo avait eu peur. Peur de sa
réaction, de ne pas agir comme il le fallait. Il n’était pas habitué à se
réveiller un matin auprès d’un amant.
Déjà
auprès d’une femme, cela ne lui était arrivé qu’en de très rares occasions,
alors un homme. Pourtant, il pouvait bien l’avouer sans honte, pour lui Dee n’était pas un homme, juste son partenaire, un ami
fidèle…. Un être qu’il aimait.
Combien
de fois avait-il dormi à ses cotés
depuis son arrivé à New York, deux ans plus tôt ?
Au
moins une fois par semaine, si ce n’était parfois chaque soir, l’un ou l’autre
allait dormir chez son coéquipier.
La
raison était simple. Des horaires pénibles et disparates, des enquêtes qui n’en
terminaient jamais.
Mais
depuis la mort de Leo, tout s’était calmé dans leur
district.
Il
n’y avait plus que des affaires quotidiennes et banales.
Elles
n’en étaient pas moins terribles et traumatisantes pour les victimes. Mais pour
un flic…
Quoiqu’il
en soit, depuis ces deux dernières semaines, ils ne s’étaient plus revus en
dehors du travail alors Ryo décida de faire le
premier pas.
Il
y eut donc le restaurant vietnamien, la promenade sur le pont de Manathan et puis le baiser, le retour chez lui et cette
nuit…cette nuit… où ils avaient fait l’amour pour la seconde fois.
Si
la première avait été douce, si Dee avait prit soin
que cet évènement unique de sa première fois avec un homme ne soit pas un
mauvais souvenir mais le rappel d’un instant d’amour, la seconde avait connu un
peu plus de passion physique mais non moins d’endurance.
Son
cadet d’une année avait prouvé qu’en la matière il n’avait rien à apprendre de
lui.
Un
mélange savant de violence, de sexe à l’état brut et de caresses expertes et
attentionnées. Sans évoquer ces mots… tous ces mots que Dee
lui avait murmuré, l’assurant d’un amour sans limite.
Au
matin, un faible rayon du soleil éclairant leur visage, Ryo
se sentait bien. Reposé et épuisé à la fois. Il ne voulait pas bouger, pas quitter
cette perfection ultime. L’aurait-il seulement voulu qu’il ne l’aurait pu. Tous
ses membres semblaient morts ou du moins incapable de suivre la moindre
commande.
Soulevant
ses paupières lourdes avec paresse, le métis se vit dans son lit, enfouit dans
le moelleux de ses multiples coussins. Recouvert jusqu’au cou des draps et
couvertures, il sentit alors seulement un bras reposant sur sa taille. Tournant
juste un peu son visage, il le vit enfin. Dee.
Totalement perdu dans un sommeil profond, son visage lui aussi enfoui dans les
coussins, le brun dormait sur son flan droit, le recouvrant en partie de sa
jambe et son bras gauche.
Malgré
cette position, Ryo pouvait apercevoir ses traits
détendus
Il
était si beau ainsi.
Sentant
le sommeil s’emparer à nouveau de lui, le jeune inspecteur ne fuie pas cette
fois-ci.
Aujourd’hui,
il voulait rester dans ses bras et s’y réveiller à nouveau à ses cotés. Alors
il referma ses yeux et se laissa doucement bercer par le souffle de son
compagnon sur son cou.
C’est
ainsi qu’ils firent une longue grasse matinée.
Quelques
heures plus tard, Les deux hommes s’étaient à nouveau réveillés. Mais ne
souhaitant pas briser ce premier jour d’une vie nouvelle, les chuchotements
étaient encore de mise. Ca et les baisers perdus dans une somnolence bien
heureuse.
Glissant
l’une de ses mains sur la joue chaude de son compagnon, Ryo
sourit tout en murmurant ce qui semblait pour lui une évidence.
-
Tu es beau Dee.
-
Que… quoi ?
-
Quand tu jouis en moi… ton visage… A cet instant, tu es si beau.
-
Que…Ryo !
Gêné
par ce compliment auquel il ne s’attendait pas, Dee
se sentit rougir comme une collégienne. Dire que c’était pourtant lui le plus
pervers et excités des deux
Ne
pouvant supporter pareille remarque sans réagir, Dee
voulu se lever mais sentir Ryo se blottir au même
instant contre lui l’en dissuada. Comment cet homme pouvait il à ce point le
rendre fou ?
- Ryo ? Tu ne veux pas te lever ?
-
Hm, hm.
A
l’évidence la réponse était non.
-
Tu as mal ? Je veux dire… si tu ne peux pas te lever, je peux venir
t’apporter à boire ou à manger.
-
Non, je voudrais juste rester encore ainsi. Juste un petit peu.
Dee
se souvenait qu’il lui avait dit la même chose durant la nuit. Après le premier
round s’il pouvait dire. Il l’avait refait peu de temps après. Rien de plus.
Mais il fallait croire que c’était déjà beaucoup pour Ryo.
Il semblait si épuisé.
-
Ca va ?
- mmm
Embrassant
et câlinant le corps tout offert dans ses bras, Dee
était aux anges. Il avait tant attendu cet instant.
Finalement,
ils se levèrent pour déjeuner. Mais n’ayant aucune envie de cuisiner, ils
firent livrer des nouilles sautées aux crevettes, la spécialité du chinois de
la 15ème avenue, situé non loin de l’appartement.
Assis
sur le tapis du salon, Dee reposa sa boite de carton.
Le ventre plein, il soupira d’aise.
Cela
faisait des siècles qu’il ne s’était pas senti aussi bien.
Bien
sur, ce n’était pas la première fois qu’il passait ainsi un moment simple et
agréable avec Ryo. Mais jusqu’alors aucun n’avait été
précédé d’une nuit d’exception avec réveil amoureux et grasse matinée câline.
Déjà
en proie au manque, à ce souvenir ne datant que de quelques heures, Dee déposa un baiser sur le cou dégagé de son amant assit à
ses cotés.
- Dee ?
-
hm…
Ne
se sentant pas repoussé, l’inspecteur poursuivit sa pluie de baisers,
mordillant de temps à autre le lobe de l’oreille de son partenaire.
-
Qu’est-ce qu’on va faire ?
Légèrement
refroidit par cette question, Dee recula.
-
C'est-à-dire ?
-
Ben. Bikki ne rentrera pas avant demain. Comme je
n’étais pas sûr de travailler ou non aujourd’hui, il couche chez Cal ce soir.
Alors qu’est-ce qu’on va faire d’ici là ?
Dee
respira de nouveau vers le milieu de l’explication de Ryo.
Cet idiot n’avait même pas réalisé la peur qu’il lui avait fait. Encore un peu
et il redoutait de l’entendre dire qu’il regrettait ses paroles de la veille et
voulait mettre un terme à cette relation en devenir.
-
Ben je ne sais pas… Y’a rien qui ne te donne envie ?
Prête
à répondre au moindre souhait de son compagnon, Dee
attendit patiemment. Il s’attendait à ce qu’il demande un petit tour à centrale
parc ou pourquoi pas prendre le ferry pour une promenade touristique.
-
Je… je ne suis pas sûr.
-
Si tu dis ça, c’est que tu as une idée.
-
Je… On pourrait juste rester ici ? Je n’ai pas envie de bouger. Juste
profiter de l’instant.
Posant
sa tête lourde sur l’épaule de Dee, Ryo se laissa à nouveau aller. Il ne comprenait pas
lui-même pourquoi il se sentait si passif depuis son réveil.
-
Tout ce que tu veux love.
Profitant
en connaisseur de l’instant, Dee ferma à son tour les
yeux. C’était trop beau pour être vrai. Trop parfait. Mais après tout ce qu’ils
avaient vécu ces derniers mois, ce n’est pas lui qui allait s’en plaindre.
Toutefois,
sa nature reprenant ses droits, il fit subitement basculer Ryo
sur le sol le plaquant de son propre poids. Il n’était pas idiot. Si Ryo voulait rester ce n’était pas juste pour se regarder
dans le blanc des yeux.
Apercevant
dans ceux de Dee une lueur de lubricité extrême, Ryo se sentit dégrisé à l’instant de son état de léthargie.
L’inquiétude était même de mise. Pourquoi avait-il demandé à rester ? Nul
doute qu’avec cette demande, il allait encore passer à la casserole. D’un autre
coté, n’en crevait-il pas d’envie… ?
- Dee.
-
hum…
Tout
occupé à faire un beau suçon, sur le cou diaphane de son compagnon, l’américain
attendit la suite.
-
Tu y vas doucement hein…
Se
relevant juste un peu, Dee prit l’un des coussins du
canapé pour lui glisser sous la nuque.
-
Je serais très doux, promis.
-
hum…
Ne
pouvant nier l’existence du geste dédié à son confort, Ryo
décida de lui faire confiance. Aussi ne s’attendait-il pas à la suite.
-
Mais tu sais Ryo, on n’est pas obligé d’aller jusqu’au
bout à chaque fois. Surtout au début, si tu…
Au
visage subitement détourné de gène du japonais, le brun fut amusé. A la rougeur
prise par les pommettes de l’être aimé, il était clair qu’il voulait belle et
bien aller jusqu’au bout. Mais que cela ne lui soit pas douloureux pour autant,
n’était pas moins clairement exprimé. A ce constat, Dee
en conclue ce qu’il pu. Peut-être que la veille, même si Ryo
ne le lui avouerait jamais, trop empressé et aveuglé par sa passion, il ne
l’avait pas suffisamment préparé pour ne pas le blesser. Son aîné avait
apprécié qu’il lui fasse l’amour, cela ne faisait aucun doute aux gémissements
et soupirs entendus en réponse. Mais cela ne l’excusait pas pour sa possible
trop grande brusquerie. Ils auraient tout loisir, le temps venu de laisser
place au sexe animal quand tous deux auraient suffisamment d’expérience en la
matière. Pour l’instant, prudence serait de mise.
S’abaissant
à nouveau pour voler les lèvres rosées de son partenaire, Dee,
lui fit la promesse de prendre soin de lui. Suite à quoi, il s’attaqua avec
attention au bouton de chemise de son partenaire.
Mais
très vite ce dernier l’en empêcha, demandant implicitement à échanger leur
place.
Alors
sans qu’il ne s’y attende, Ryo chevaucha son corps.
Il semblait subitement victime d’une fièvre maligne.
Dee
en serait mort de bonheur à cette simple vue.
Le
salon avait longtemps été témoin de scène inversement similaire. D’un Dee empressé de découvrir le goût de la chair sucrée de son
partenaire. Mais jusqu’alors une entrée de Bikki, un
coup de fil inattendue, la visite d’une collègue. Tout et rien n’avaient cessé
de les interrompre des mois durant.
Un
arrêt qui n’eut pas lieu alors.
Finalement,
ils étaient repartis se coucher pour une sieste riche en saveur.
Et
puis la journée était passée ainsi que la nuit sans rien ni personne pour
gâcher ces moments d’intimité rares et en cela précieux. Pas d’affaire
crapuleuse ou morbide auxquelles penser, aucun partenaire blessés à l’hôpital
pour lequel s’inquiéter, le grand patron en vacances. Tout était tout
simplement PARFAIT !
//
Fin flash back //
Ce
matin, Dee était repassé chez lui pour se changer.
Après quoi, ils s’étaient retrouvés au bureau.
Depuis,
c’était paperasse et retours aux habitudes.
Ryo
n’avait pas beaucoup avancé dans sa tache, trop occupé à rêvasser et revivre
dans sa tête les derniers évènements. Il voulait avoir Dee
face à lui. Pouvoir laisser son regard s’égarer sur son corps tout en muscle.
Le déshabiller des yeux, l’imaginer entre ses bras…
Posant
sa main sur son visage Ryo se dit qu’il était
absolument irrécupérable. Voilà qu’il fantasmait comme un adolescent boutonneux
sur une playmate en pleine heure de travail. Le pire, c’est que le fantasme
était suffisant pour le faire physiquement réagir.
Remerciant
la présence salvatrice du bureau et l’absence de toute urgence, Ryo se laissa aller sur sa chaise.
Qu’est-ce
qui lui arrivait ?
Si Dee le voyait dans cet état, il ne manquerait pas de se
moquer.
Comme
le Dieu Hasard [2] n’attendait pas d’autres raisons pour agir, Dee fit à cet instant irruption dans leur bureau.
-
Coucou ! Tiens, un café tout chaud. Pfiou… C’est
pas qu’on s’ennui mais vivement ce soir que ça se bouge hein…
Ryo
était mortifié !
Et
agacé aussi !
Pourquoi
toute cette histoire qu’ils partageaient depuis deux jours ne semblait avoir
d’implication que pour lui ?
Dee
agissait comme tous les jours, fidèle à lui-même. Taquin, faignant, souriant….
Rien
dans son comportement ne changeait. Il ne rêvassait même plus comme à l’époque
où il tentait vainement de le séduire de ses sous-entendus et agissements
taquins !
A
présent qu’il avait eu ce qu’il voulait, il lisait bien tranquillement un
rapport qu’il n’avait pas prit soin de taper, tel un inspecteur des travaux
finis !
N’en
supportant pas d’avantage, Ryo ne réprima plus sa
colère et son indignation. Posant ses paumes sur son bureau, il décida de
réagir.
- Dee !
-
hum ?
-
….
Mais
vouloir se plaindre et s’exécuter n’était pas chose si facile. Prenant son
courage à deux mains, Ryo retrouva son souffle
coupé ! Prenant garde de rester toutefois assis à son fauteuil, il
entreprit d’exprimer sa déception à ne plus voir son partenaire comme à
l’accoutumer.
-
Qu’est-ce qui t’arrive à la fin ? Puis-je savoir ce qui te rend
subitement si sûr de toi ?!
-
Bah pourquoi en serait-il autrement Honey ? J’ai
tout ce que je pouvais rêver avoir à présent ?
-
Je te trouve bien convaincu.
-
Quoi ? On est bien ensembles maintenant. Non ? Rien ne pouvait me
rendre plus heureux !
-
Et qu’en sais-tu exactement du statut actuel de notre relation ? Ne t’imagine
rien ! Coucher avec quelqu’un n’a jamais assuré personne sur les
sentiments de l’autre !
Vexé
par la conviction de Dee le concernant, après des
mois pour ne pas dire année de doutes, Ryo totalement
refroidit par cette douche froide, se leva pour sortir non sans claquer la
porte !
Une
attitude unique le concernant.
N’y
comprenant rien, Dee allait le suivre pour mettre cette
affaire au clair quand JJ entra comme à son habitude en furie.
- Dee Sempai !!! On nous
appelle tous pour le débriefing.
Lâchement
trahis par la voix du commissaire de retour de congés impatient de les avoir
tous présent pour cette opération d’envergure, Dee
abandonna l’idée d’avoir une
conversation avec Ryo.
La
mise en place de leur plan d’attaque, un coup de fil pour Ryo
afin de prévenir Bikki qu’il ne rentrerait pas ce
soir là et deux heures plus tard, tous les hommes du commissariat
s’installaient à leur place tout autour d’un entrepôt de la périphérie de Brooklin.
L’attente
y fut longue.
Alors
que Ryo avait mit de coté son esclandre avec Dee pour se consacrer uniquement à la surveillance
extérieure des suspects, son partenaire, camouflé dans les lieux ne cessait de
chercher à quel instant précis, tous avait basculé. Qu’avait-il fait de mal
cette fois-ci ? Tout se passait bien jusqu’au matin. Ils avaient eu un réveil
agréable après une nuit géniale. Puis, il était rentré chez lui avant d’aller
bosser. Pour une fois il était même resté aux petits soins avec son ange. Ne
lui avait-il pas apporté un café avant que tout n’éclate en morceaux ?
Mais
à en suivre les paroles crachées par Ryo, ce dernier
ne l’aimait pas. Il avait couché avec lui sans sentiment. Juste du sexe pour du
sexe. Comment y croire aux souvenirs de la veille de son corps alangui sous ses
caresses, de son désir clairement exprimé de tendresse… Trop plongé dans sa
réflexion, Dee n’entendit pas des pas se rapprocher
de lui. Tout comme il n’entendit pas la voix de Drake l’informer que les
suspects venaient de les repérer.
Quand
le signal déclencheur des arrestations retentit, Dee
eut juste le temps de relever la tête pour s’apercevoir qu’on le braquait d’une
arme. A l’extérieur, les inspecteurs n’entendirent que l’écho d’un coup de feu.
A
cette détonation, Ryo perdit tout son sang froid.
Que
venait-il de se passer ?
Trop
effrayé par la perspective d’un malheur, il sortit du fourgon de surveillance
pour s’infiltrer avec l’équipe dans
l’entrepôt. Connaissant la position initiale de son partenaire, il s’y
précipita.
Son
esprit embué par une peur sans fond, il retrouva une silhouette immobile
ensevelit sous une caisse de bois. Seul le jeans et des chaussures noires en
dépassaient. Se pouvait-il que ?
Sentant
une présence derrière lui, Ryo ne réfléchit pas une
seconde, se tournant, il asséna de toute ses forces un coup de pieds renversé à
son adversaire. Une prise efficace ajustée d’un coup de poing avant qu’il ne
braque son arme entre les deux yeux du possible agresseur de Dee.
-
Je savais que tu m’en voulais mais à ce point, c’est plus de l’indifférence
mais de la haine.
- Dee !!!
A
l’évidence, l’homme n’avait pas eu besoin d’aide pour se sortir seul de ses
ennuis.
A
ce constat, Ryo se sentit stupide de l’avoir mit KO
en voulant initialement le venger. Même si savoir qu’il en était physiquement
capable lui faisait plaisir, il devait bien avouer qu’il n’avait jamais eu la
volonté de l’abaisser de la sorte. Quoiqu’à le voir bien amoché, il n’était pas
responsable de tous ses bleus.
-
Tu crois que tu peux cesser de me braquer ?
-
Ca doit être possible oui.
Rangeant
son arme, Ryo tendit sa main pour aider son
partenaire à se relever tandis qu’on leur annonçait, via leur oreillette que cinq
des six suspects présents avait été stoppés. Le sixième étant ensevelit à leurs
cotés, tout danger était écarté.
-
Qu’est-ce qui s’est passé Dee ? Tu n’as pas
entendu Drake te dire de sortir ?!
-
Non.
Se
doutant des raisons expliquant son manque de concentration, Ryo
était partagé entre les regrets et la colère.
-
Espèce d’idiot !!!
-
Hé !!!
Le
frappant symboliquement, le japonais laissa exprimer toute son exaspération.
Avait-on idée d’être aussi stupide et tête en l’air ! Il aurait pu en
mourir quand même !!
Stoppé
dans son élan par l’arrivée des autres, Ryo préféra
s’éloigner le temps de se calmer. Retournant au fourgon, ils y firent tous leur
premier rapport avant que les six dealeur ne soient
emportés au commissariat.
Leur
journée terminée, leurs derniers bobos soignés, les inspecteurs de polices
eurent la permission de rentrer chez eux. Demain matin les attendrait le compte
rendu de la soirée et la rédaction de leur rapport officiel tapé de leurs
petites mains de dactylo aguerrie.
Resté
en retrait de Dee, Ryo
observait de loin l’infirmier venu sur place s’occuper d’eux. Une oreille
indiscrète lui avait confirmé que mise à part quelques hématomes, l’inspecteur
n’avait rien de grave. A peine une éraflure au bras due au coup de feu.
Rassuré
par ce bilan, lui n’avait plus l’esprit tranquille. Toute cela n’avait eu lieu
que par sa faute. Dee était un professionnel, un
inspecteur émérite. Un peu léger sur la paperasse certes mais irréprochable sur
le terrain…du moins si l’on oubliait ses prestations quelque peu musclées quand
l’ennemi n’en méritait pas moins. Il n’avait donc faillit dans sa tache que
pour une unique raison : son revirement surprise dans leur bureau. Ses
paroles blessantes prononcées sans qu’il ne sache vraiment pourquoi.
A
moins qu’elles n’aient été que le reflet de sa jalousie ?
Ryo
se sentait pathétique. Il était jaloux de lui-même. Dee
l’avait conquis et par cette évidence changeait de comportement envers lui.
C’était dans la logique des choses. Mais lui voulait qu’il continue à le
séduire, qu’il ne s’arrête pas si facilement à se battre pour l’avoir. Il ne
voulait pas s’auto-voler le seul homme qu’il aimait.
Car
Dieu qu’il pouvait l’avoir dans la peau cet être exécrable et
inconscient !
Soupirant
devant la voie sans issue qu’était sa situation, Ryo
n’entendit pas son coéquipier venir jusqu’à lui.
- Ryo ?
-
hum ?
-
Je… je voulais juste te dire Bonsoir. Je rentre.
-
Bien. Bonsoir.
Dee
aurait aimé pouvoir commencer une discussion pour qu’ils s’expliquent. Mais il
soupçonnait que Ryo n’ait qu’une envie : rentrer
chez lui et s’y retrouver un peu seul après deux jours passé trop près l’un de
l’autre. Et puis, toute tentative d’invitation à boire un verre dans un simple
bar aurait été prise pour une tentative d’approche malvenue par le garçon.
Loin
de ces considérations, Ryo attendait justement qu’il
lui propose de l’accompagner. Dans l’un ou l’autre appartement, peu importait
tant qu’ils puissent se faire face et parler. Il en aurait trépigné d’impatience.
Mais rien. Il n’y eu aucune invitation, aucune balbutiement de nouvelle phrase.
Dee s’était tout simplement retourner sur un…
- A
demain.
Avant
de prendre le chemin de la station de métro la plus proche.
Venus
avec le fourgon de police que JJ remportait au poste, il semblait décidé de
rentrer par ses propres moyens, shootant au passage dans un caillou ayant
malencontreusement croisé son chemin.
Partant
à son tour vers la direction de son propre appartement, Ryo
ne cessait plus de s’en vouloir. Pour couronner le tout, la pluie venait de
faire son apparition. D’abord légère, elle devint rapidement suffisamment
puissante pour tremper toute personne se trouvant sous elle.
Finalement,
immobile sur le trottoir détrempé, il se sentait comme le pire des goujats. Dee avait tout fait pour lui être plaisant. Malgré ses
envies, sa passion, son amour toujours affiché ou ses coups de sang, il s’était
toujours reculé à temps. Il ne l’avait pas forcé à approfondir leur relation.
Le moindre mot ou geste parlant de sa part et l’homme aurait cessé ce jeu du
chat et de la souris. Il avait toujours été honnête avec lui. Ne l’avait-il pas
tout simplement rejeté le jour où à la suite d’une rencontre avec Leo, il l’avait prié de le faire sien ? La raison
était alors l’absence de tout sentiment amoureux. Lui voulait juste penser à
autre chose mais Dee avait refusé de céder à cette
facilité. Et à présent, il lui avait fait croire que les deux derniers jours ne
représentaient rien pour lui alors… alors qu’au contraire….
Ne
pouvant supporter cette situation, Ryo se retourna.
Il allait courir après son compagnon et le prier de l’excuser, l’embrasser avec
passion puis s’imposer chez lui. Mais a peine fit-il
un pas qu’il se trouva face à Dee. A l’évidence, le
brun avait mit moins de temps pour atteindre la même conclusion.
-
Je suis désolé.
-
Non !
- …
-
Je veux dire. Tu n’as rien fait de mal cette fois-ci Dee.
Cela vient de moi. Je te demande pardon pour mon caractère de bonne femme.
J’agis comme une vraie adolescente depuis deux jours.
-
Ne dis pas ça.
-
Ceci étant. Si tu ne me refilais pas toutes tes taches administratives au
boulot, cela ne serait pas arrivé !
Amusé
par cet énième revirement de situation, Dee ne le
contredit pas, le laissant même poursuivre.
-
Alors…
-
Alors ?
-
Je peux venir chez toi ce soir ?
Dee
était plus que surpris. Tout simplement stupéfait !
Déjà
la veille, Ryo avait clairement affiché et assumé son
désir pour lui. S’il occultait les paroles de l’après midi, il lui avait aussi
avoué son amour et son attirance pour sa personne. Mais là, c’était encore plus
symbolique. Il mettait bel et bien sa fierté de coté pour lui.
Stoppé
dans sa réflexion par une frappe sur son crâne, Dee
en gémit de douleur.
Qu’est-ce
qu’il avait fait encore ?!
Il
n’avait même pas encore répondu à la question !
-
Ne te crois pas encore invincible pour autant ! Je me contente de
m’excuser pour mes paroles blessantes. Mais ton cas reste en suspens me
concernant. J’ai besoin de beaucoup plus qu’une simple nuit pour admettre qu’il
puisse y avoir quelque chose de sérieux entre nous !
Semblant
comprendre un peu mieux ce qui lui était reproché, Dee
hocha la tête avant de reprendre sa marche. A rester comme deux idiots sous la
pluie, ils allaient attraper la mort ! Mais en attendant, le message avait
été clair. Il ne devait pas croire que tout était gagné d’avance. Il devrait
encore travailler dur pour consolider leur relation et concilier leur statut
d’amis, de partenaires et d’amants.
En
sortant du métro, ils avancèrent tranquillement jusqu’à l’appartement du brun à
pied. Les rues étant désertées à cette heure tardive, malgré l’arrêt de la
pluie, Ryo fit mine de ne pas voir la main de son
compagnon venir se glisser dans la poche arrière de son jeans serré. Tout comme
il réprima non sans mal un frisson de désir le parcourant à l’approche des
lèvres aimées à son oreille.
Un
murmure porteur d’une requête plus tard et Ryo
concéda en partie à la demande.
-
Hum… On verra pour le massage.
-
C’est quand même toi qui m’as frappé tout à l’heure.
-
N’insiste pas trop si tu ne veux pas que je recommence.
A
l’opposé de ses paroles sèches, Ryo se fondit tout
contre Dee. Encore trempé, il avait un peu froid et
trouvait en la présence de son partenaire, une chaleur suffisante pour tenir
jusqu’à l’appartement. Il avait envie de lui aussi. Mais cela, il ne le lui
concéderait pas avant qu’il ne s’attelle à le lui demander dans les formes et
avec persévérance.
FIN
[1]
Clin d’œil à des amis qui ne lirons jamais cette chose ^_^’’
[21]
Et accessoirement l’auteur ;p
mimi
yuy