Auteur
: Mimi Yuy
Email
: mimimuffins@yahoo.fr
Site perso : http://www.mimimuffins.com
Origine
: Count Cain
Disclamer :
Aucun des personnages ne m’appartient ^_^,,
Genre :
song fic + très léger angst
+ romance + lemon
Couples
: Riff x Cain ^__^x
ATTENTION : Comme je reprends des scènes qui existent déjà dans le manga, cette fic est 100% SPOILER. Maintenant, je ne parle que peu de l’histoire (sous-entendez intrigues des enquêtes etc…) pour me consacrer uniquement à la relation existant entre Riff et Cain ^__^x
Sinon, je ne sais que penser de cette fic. Quelque part ce n’en est pas vraiment une, en fait ! (C’est qu’il n’y a pas franchement d’histoire ^_^’’ mise à part celle du manga). Mais très honnêtement, c’est vraiment ce que je voulais faire ! Alors on aime ou on n’aime pas. Mais moi j’en suis satisfaite (Pour une fois, ça nous changera ^-^ lol).
Parle-moi
Le jour où Riffel rentra au service de la famille Hargreaves, il ne
pouvait s’empêcher de songer à tout ce qu’il avait perdu. Les membres de sa famille,
leur présence et leur amour, ses études, son avenir de médecin…. Finalement
seule sa propre vie n’avait pas accepté de le quitter. Et ses marques présentes
à jamais sur son poigné droit en étaient la preuve irréfutable. Son esprit
aurait pu ne pas faire face à tout cela et plus encore à son long séjour dans
cet hôpital psychiatrique. Mais un homme l’en avait sorti à temps. Et toute la
question à ce jour était de savoir pourquoi !
Oui. Pourquoi le conte de
Hargreaves l’avait-il aidé et pourquoi lui avait-il proposé un travail ?
Il n’en savait rien ou plutôt refusait de croire que son défunt père puisse
être à ce point ami avec cet homme pour que celui-ci l’aide aussi simplement.
Le monde dans lequel ils gravitaient n’était pas si compréhensif et charitable
qu’il le laissait paraître. Ce n’était plutôt qu’égoïsme, luxure et
machiavélisme.
Aussi, qu’allait-il
finalement devenir à présent ? Un simple employé de maison ? Tout au
plus un majordome ? Il regrettait cette décision qu’il avait du prendre en
acceptant d’entrer à son service. Mais avait-il seulement eu le choix ?
C’était ça ou se laisser attirer chaque jour un peu plus dans la folie de ses
compagnons de chambrée.
Soupirant devant cet avenir
incertain qui lui ouvrait les bras, Riff aperçu de la hauteur du balcon où il
se trouvait une petite silhouette creuser la terre. Cela n’aurait pas posé tant
de problème s’ils n’étaient pas en pleine nuit, seulement éclairés par les
faibles rayons de la lune.
Descendant tout aussitôt dans
les jardins, le jeune homme découvrit qu’il ne s’agissait que d’un jeune
garçon. Recroquevillé sur lui-même, habillé d’une très longue chemise en
flanelle, il pleurait en silence, le visage grave. Il n’était qu’une petite
silhouette portant toute la peine du monde sur son visage en observant ce petit
monticule qu’il venait de réaliser.
Riff n’aurait jamais imaginé
que cet instant allait renverser le cours de son destin. Alors qu’il rattrapait
l’enfant à l’évidence blessé dans ses bras. Alors que le père de ce dernier semblant
jusqu’alors si compréhensif, aimant et ouvert, battait son fils sous ses yeux
révulsés, Alors qu’il pansait les plaies sanguinolentes sans que Cain ne se plaigne de la douleur se diffusant sans aucun
doute dans tout son corps. Alors que la vie prenait ses droits et qu’il
découvrait la plus cruelle des vérités. Il su et comprit quel était le chemin
tracé pour lui.
Plus qu’un travail, le comte
de Hargreaves lui avait offert une raison de vivre.
Parle-moi de tes guerres
Parle-moi de tes droits
Parle-moi de ce père
Qui te bat tant de fois
Un mois plus tard
Profitant de ces soirs où le
père tortionnaire se rendait dans l’une de ses si nombreuses soirées mondaines
de Londres, Riff s’assit tout doucement dans le grand lit de celui qu’il avait
choisi pour maître. Aussitôt, mu par de nouvelles habitudes qu’ils prenaient
tous les deux, l’enfant jusqu’alors recroquevillé sous ses draps, vint se
blottir dans ses bras. Ainsi installés, l’ancien étudiant en médecine, reprit
le livre qu’ils suivaient tous deux depuis une semaine déjà. Ouvrant ce dernier
à la page où ils avaient stoppé leur lecture, la veille au soir, il commença à
lire d’une voix calme et douce. Il s’agissait d’une enquête policière. L’un de
ces romans que le comte interdisait formellement à son fils. Mais tout pouvoir
puisse-t-il avoir dans sa maison, l’homme ne pouvait en revanche empêcher ses
employés de posséder ce genre d’ouvrage. Car après tout, ils étaient si
facilement camouflables.
Au bout d’une petite heure,
Riff stoppa de lui-même sa lecture. Le jeune maître s’était doucement endormit,
son visage reposant contre son cœur. Il semblait si serein ainsi perdu dans son
sommeil. Caressant avec douceur ce petit être qui avait du tant manqué d’amour
dans sa si courte vie, Riff se promit de tout faire pour que cela change un
jour. Il finirait par lui trouver une famille aimante qui saurait l’entourer de
véritables sentiments. [1]
En attendant ce jour béni où Cain trouverait ce bonheur, le jeune homme se promit de le
convaincre de lui parler enfin. Jusqu’alors, si un certain rapprochement
physique avait pu avoir lieu, Lord Cain, ne lui
confiait toujours pas sa vérité sur les évènements qui avaient lieu dans cette
maison. Tout comme il taisait ses peurs, les camouflant dans des regards morts
ou des paroles légères. Or il était une certitude que le premier pas pour faire
face à cette torture quotidienne qu’il vivait était avant tout d’accepter son
existence. Nier la haine de son père à son égard ne l’aidait pas à la contrer.
Comment pouvait-il seulement croire que cet homme l’aimait en le battant ainsi
par le fouet chaque soir ? L’adolescent devait absolument réussir à faire
ce premier pas. Affronter cette première étape pour vaincre enfin celui qui le
tuait jour après jour.
Voyant l’enfant gémir dans
son sommeil, en proie au cauchemar récurrent de son père le battant avec
jouissance, Riff le berça tout doucement sans cesser de lui murmurer des
paroles réconfortantes. Il aurait tant aimé pouvoir faire front à cet homme.
Mais qu’y gagnerait-il ? Se voir renvoyer et constater impuissant que le
jeune garçon souffrirait toujours, ajoutant à cette douleur physique la peine
morale d’être à nouveau seul ? Non. Aussi dur que cela soit d’assister à
son supplice, c’est en restant à ses cotés qu’il pouvait l’aider.
Parle-moi de tes peurs
Parle-moi je te crois
Parle-moi de ton coeur
Qui se meurt au combat
Six mois plus tard
Après plusieurs mois de
patience, Riff avait enfin réussi à obtenir des confidences de la part du jeune
Lord.
Ces dernières n’étaient pas
arrivées en un flot continu, loin de là. Mais tout doucement, avec le temps, il
apprenait à lui faire confiance. Cain semblait avoir
découvert avec étonnement que chaque mot qu’il lui soufflait dans un murmure
avant de s’endormir, au cours de ses cauchemars ou lors du temps passé
ensembles en journée. Chacun de ces mots
ainsi dits, n’étaient jamais répétés à qui que ce soit. A l’inverse de ses
précepteurs qui se faisaient le plaisir de tout rapporter à son père, Riff
gardait le silence. Et cette vérité avait été la clef ouvrant la serrure
rouillée du cœur de cet enfant maltraité.
Dés lors, le jeune Lord avait
appris à accepter l’idée qu’il pouvait en toute sécurité se confier à lui.
C’est ainsi que vint le jour
où il parla de sa tante. La douce Augusta qui se trouvait enfermé dans un
hôpital. L’un de ces centres que Riff connaissait si bien pour y avoir vécu une
longue année. A ce souvenir, le jeune homme ne pouvait que regretter tout ce
temps perdu. Car alors qu’il souffrait entre les murs blancs matelassés d’une
cellule, ses membres liés à son lit pour l’empêcher qu’il ne se fasse du mal,
le jeune Cain souffrait chaque jour un peu plus que
le précédent. Ce cruel rituel du soir ajoutant une marque de plus à ce dos
meurtri à jamais.
Serrant les poings de colère
Riff et son jeune maître ne purent finalement qu’assister impuissant à la mort
de celle qu’ils étaient venus voir.
Aux vues de la facilité avec
laquelle, la jeune femme avait réussi à se donner la mort, Riff en avait blêmi.
Comment n’y avait-il pas pensé lui-même à son époque ? C’était si simple.
Ce fut finalement avec
soulagement qu’ils retournèrent au manoir. Cette battisse de l’époque
victorienne précédée d’un très vaste jardin sur son entrée, se trouvait aussi
construite aux bords d’une vaste falaise. Oeuvre architecturale qui avait un
caractère reposant. Mais cette paix ainsi vécue ne dura que peu de temps. Déjà
le Comte de Hargreaves demandait à Riff de s’absenter pour parler seul avec son
fils. Se doutait-il seulement qu’il s’agissait-là des dernières minutes qu’ils
partageraient l’un avec l’autre ? Restant adossé derrière la porte du
petit salon, Riff ferma les yeux pour visualiser la scène qu’il ne pouvait
qu’entendre. Après des paroles classiques, un grand silence s’était imposé.
Avant que le ton ne monte et que les mots blessants ne soient dis avec toujours
plus de force qu’ils n’en nécessitaient.
- Tu es vraiment un
démon…Mais souviens-toi bien… Personne ne t’aimera jamais. Et tu mourras seul
et abandonné… N’oublie pas cela !!!
- …
- Tu ne connaîtras jamais le
bonheur !! Cain, premier assassin de l’histoire
de l’humanité !
Alors que les paroles
redoublaient de violences, Riff finit par ouvrir la fine frontière le séparant
des deux Lords. Et sans qu’il ne puisse rien y faire, il vit le comte sauter
par-dessus la balustrade du balcon. A l’image de sa sœur qu’il avait détruit par son amour incestueux, le Comte de Hargreaves
avait choisi la facilité. Incapable de faire face à ses actes, refusant le coup
de grâce de son fils, l’homme s’était défenestré en chutant lourdement du haut
de la falaise.
Le silence à nouveau présent,
Cain le brisa de sa voix faible et cassée par
l’émotion. Dans un dernier sursaut d’énergie, il souhaitait répondre à son
père.
- Je n’ai pas peur d’être
seul parce que je l’ai toujours été…
Comment ne pas souffrir
devant cet être perdu ? Comment ne pas vouloir le protéger du monde qui
l’entourait et le blessait à chacun des gestes qu’il faisait pour se sortir de
la noyade ? Riff se sentait lui-même meurtrie d’être le témoin d’une telle
souffrance.
- My
Lord
- Je ne pleurerai
plus !!! Ce sont mes dernières larmes …
Touché par la peine de cet
enfant qui avait réellement aimé son père malgré sa trahison, l’absence de
toute tendresse à son égard et ce supplice inhumain qu’il lui imposait au
quotidien. Touché au fond de son cœur par cet être fort à la silhouette
pourtant si fragile, Riff l’entoura de ses bras qu’il voulait en cet instant
protecteur et apaisant.
- Je … je resterais toujours
à vos cotés… C’est ce que je désire !!! Laissez-moi vous servir my Lord.
Voulant croire de toutes ses
forces à ces mots et ces gestes qu’il n’avait jamais connus avant l’arrivée de
ce jeune homme à ses cotés, Cain, le nouveau Comte de
Hargreaves, se blottit avec force dans son giron pour y déverser toutes ses
larmes. Celles passées et à venir. Car jamais plus elles ne devaient couler.
Blottie sans bruit le
long du couloir
Là où la lumière se perd et s'égare
Tu te replies perdue dans le noir
Suppliant l'homme qui te tue du regard
Trois ans plus tard
« Personne ne t’aimera
jamais et tu mourras seul et abandonné…n’oublie pas cela !!! Cain… »
…..
N’en supportant pas
d’avantage, Cain réussit à s’extirper non sans mal de
son rêve pour revenir au temps présent.
Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas revécu ce jour maudit où son
père s’était jeté du haut de la falaise.
Le cœur battant à un rythme
trop rapide, l’adolescent tenta d’ouvrir ses paupières malgré la douleur et la
fatigue qui l’étreignait encore. Il aperçu alors une silhouette se pencher sur
lui avant qu’il n’entende cette douce voix qui avait ce don unique de l’apaiser
à sa simple écoute.
- Vous êtes réveillé My Lord.
Ne murmurant qu’un
gémissement imperceptible en signe de cette douleur vive encore présente dans
tout son corps, Cain tenta de se redresser en
position assise. Il avait du mal à comprendre ce qui avait pu le mettre dans
cet état. Tout comme il cherchait la raison de ce mal de tête d’une violence
telle, qu’il lui donnait des vertiges.
- Attention my Lord.
N’appréciant décidément pas
cette distance physique que conservait Riff à son égard, Cain
allait le lui reprocher quand il la comprit finalement. Sa chambre était
surpeuplée de serviteurs et d’un étranger aux longs cheveux blonds.
- Riff…
Après maintes difficultés, et
non sans revoir sa très chère sœur toujours aussi inquiète pour lui, le comte
réussit à mettre tous ces gens dehors pour ne plus garder que son précieux
majordome à ses cotés.
- Recouchez-vous à présent.
Alors que Riff allait se
retirer, une fois l’adolescent changé et bordé de draps frais, Cain le retint par son poignet.
- Reste… s’il te plait.
Ne pouvant décemment pas le lui
refuser, Riff s’installa alors à cette place qui était la sienne depuis si
longtemps sur le rebord du lit de son maître. A moitié couché sur les
couvertures, il prit avec affection cet adolescent lui quémandant un peu de
tendresse. Comme à l’époque où il lui faisait la lecture pour l’endormir, Cain reposa alors sa tête encore lourde de fatigue sur son
torse tandis qu’il se laissait cajoler de longues minutes avec une délectation
certaine.
Glissant une main fraîche sur
le front encore chaud, Riff apprécia de voir le visage se détendre à ce si
simple contact
- Comment vous sentez-vous my lord ?
- J’ai fais un rêve ….
Sachant pertinemment que
l’adolescent avait souffert deux jours durant des délires de la fièvre, pour y
avoir assisté, Riff comprit à ces mots à quoi il faisait référence.
- C’est le passé my lord. Vous ne devez plus y penser.
- C’était si réel !
- C’est pourtant bien
fini….Votre père est mort et ne pourra plus jamais vous faire souffrir. Vous ne
devez pensez qu’au présent. Vous n’êtes plus seul my
Lord. Vous avec votre petite sœur à vos cotés dorénavant. Et je ne cesserais
jamais de veiller sur votre bonheur …
Le berçant avec douceur et un
léger mouvement de balancier, Riff fut heureux de voir l’adolescent à nouveau
endormi, le visage apaisé par ses paroles.
Depuis toutes ces années où
il travaillait pour le jeune Hargreaves, ils avaient tous deux développés des
rapports bien éloignés de ceux liant un noble à son simple employé. Bien sur,
il appartenait à une famille de condition moyenne qui ne le poussait en rien
d’être ainsi au service de Cain. Mais jamais il ne
pourrait abandonner cet enfant, trop tôt propulsé dans le monde brutale et
cruel des adultes. Il était si beau, charismatique, intelligent et intrépide.
Mais aussi parfois encore si fragile.
Alors qu’il abandonnait le
corps endormi dans les draps de coton, Riff passa une dernière fois sa main
dans les doux cheveux noirs. Il avait bien essayé de le convaincre de les
couper mais rien n’y faisait. Cain savait être têtu
quand il s’y mettait. Alors qu’il se relevait, son geste lui valu des murmures
de mécontentements tandis que la main s’accrochait à nouveau de toutes ses
forces sur sa chemise de lin.
- Reste avec moi…
- Je ne vous quitte pas my lord. Jamais. Mais il vous faut dormir. Reposez-vous. Je
veille sur vous.
Et à ces simples paroles, il
sentit la tension habitant l’adolescent disparaître une bonne fois pour toute.
Assistant au retour d’une respiration calme et régulière, il le quitta enfin
pour poursuivre sa petite enquête.
Il avait eu si peur.
Si Ansell
Allen, le médecin trouvé et recommandé par l’oncle de Cain,
n’en avait rien dit, ses propres connaissances en médecine, lui assuraient que
le jeune comte avait été victime d’un empoisonnement.
Depuis ces deux derniers jours
où la fièvre s’était emparée de l’adolescent, il n’avait donc plus cessé de
s’assurer en personne de tout ce que Cain pouvait où
avait pu consommer.
Quoi que cela devrait lui en
coûter, il trouverait qui essayait ainsi d’attenter à sa vie.
Parle-moi des journées de pluies
Parle-moi de ce qui fait ta vie
Parle-moi des milliers de cris
Qui hantent ton corps et te meurtrissent
Quelque jours plus tard au
Château de Wetherby
Dans quoi Cain
s’était-il encore fait entraîner ?
Le mystérieux empoisonneur
avait encore agit. Le chapeau de Miss Maryweather
avait été saupoudré d’une substance volatile suffisamment puissante pour que
son inhalation fasse rechuter le comte. La solution la plus sûre restait donc
de le brûler avec précaution. N’attendant pas plus longtemps pour agir, Riff ne
pouvait décemment pas se douter que le jeune Cain
allait le voir en compagnie de cet Allen, s’exécuter dans un recoin du jardin.
A présent, il ne doutait même pas que l’adolescent allait encore se faire toute
une histoire de cette découverte. Il valait bien sa sœur dans certaine de ses
réactions. Quoiqu’en la matière cette dernière serait plus sûrement verte de
rage en apprenant le funeste destin de son chapeau préféré. Nul doute qu’ils seraient bons à leur retour pour
parcourir toutes les boutiques de Londres afin de la satisfaire à nouveau.
Soupirant, Riff rentra enfin
dans les appartements qui leur avait été confié pour toute la durée de leur
séjour en ce château. A peine s’était-il alors débarrassé de son pardessus que Cain entrait à son tour.
- Riff !
- My
Lord ?
- Je…
- Vous semblez bien pâle.
Tout va bien ?
Ne pouvant risquer que le
jeune homme ne souffre d’une rechute, Riff s’approcha aussi vite de son amitre pour le débarrasser de son manteau et s’assurer
qu’il n’avait pas à nouveau de la fièvre. Mais étonnement, Cain
recula alors de deux pas. A l’évidence, il refusait qu’il l’approche.
- … ?
Il savait pertinemment quelle
était la raison d’une telle réaction. Mais un simple regard échangé entre les
deux hommes. Simple espoir ténu croisant un agacement amusé, suffit pour que
l’adolescent se blottisse aussitôt dans les bras de son majordome.
- Pardonne-moi Riff.
- De quoi my
Lord ? D’avoir des doutes plus que justifiés ?
- Je…
- N’ayez crainte… Je suis rassuré
que vous gardiez en vous cette méfiance naturelle. Tant que nous n’avons pas
trouvé le coupable de votre empoisonnement vous ne devez prendre aucun risque.
- Mais…
- Mais je confirme que je ne vous
ferais jamais de mal, ni vous trahirais, du sais-je y laisser ma vie. Vous me
croyez n’est-ce pas ?
Ajoutant à cette phrase une
légère caresse sur la joue pâle de Cain, celui-ci ne
s’en blottit que d’avantage dans son giron. Il s’y trouvait si bien, ainsi
entouré de ses bras protecteurs. Alors que Cain se
laissait aller à la rêverie, fermant ses yeux de paresse, Riff refermait la
porte de la chambre à double tour avant de porter le corps trop fin sur le lit.
Le jeune comte ainsi allongé,
il le délesta de ses habits d’extérieur avant de s’assurer enfin de l’absence
de toute rechute.
- Je vais bien Riff.
- Tout nous le confirme, oui.
Maintenant si vous vous posez la question, j’ai brûlé ce chapeau pour nous
éviter à tous et à votre sœur en particulier d’être empoisonné.
- Riff.
- hum ?
- Je crois que le coupable ne
sera jamais stoppé si tu restes aussi prévenant avec moi.
- C’est mon rôle my Lord.
- Mais tu le fais si bien
qu’il ne m’approchera plus, ni ne fera de fautes si tu restes à mes cotés plus
longtemps.
- Que proposez-vous
alors ?
- Que tu t’éloignes. De plus,
cela te permettrait aussi de faire une petite enquête pour moi.
- Et comment allons-nous
trouver une raison suffisamment crédible pour confirmer votre juste
renvoi ?
- Tu n’es pas si parfait. Je
pourrais te libérer à tout moment.
Amusé de cette tirade dite
avec un tel sérieux, Riff fixa son jeune maître de manière insistante. Ce
dernier ne pouvait qu’admettre qu’il exagérait. Vue que toute la société
londonienne et leur entourage connaissaient l’incorruptible allégeance de Riff
à son égard, il leur fallait même trouver une très bonne excuse.
- A moins que …
- Une idée my Lord ?
- Je crois que oui.
- Je suis à votre écoute.
Parle-moi petit à petit
Parle-moi encore quand on se dit
Parle-moi un peu je t'en prie
Parle-moi, parle-moi de tout
Deux jours plus tard.
L’idée de Cain
était originale et des plus sûres mais peu réalisable en l’état. Raison pour
laquelle, ils avaient finalement du échanger les rôles initialement prévus. Le but
était simple. Faire croire à qui pourrait le voir que le jeune majordome était
finalement la victime de la créature, ce
vampire qui effrayait la région. Pour créer l’illusion et ainsi obtenir
une preuve irréfutable, Cain avait finalement du
accepter l’insupportable. Se draper de soies et de broderies pour se faire
passer pour cette démone aux yeux de braises enlaçant sa nouvelle marionnette.
- Je garde l’idée que cela
aurait du être toi dans ce costume de…
- Parler plus doucement my Lord. Il est plus crédible que vous me forciez à partir
car en proie à cette femme que je ne parte alors que vous en êtes la victime.
- Il n’empêche que…
- My
Lord…
Boudant allégrement devant sa
position Cain n’aperçu pas le regard tendre que lui
portait son employé. Riff avait beau y prendre garde, chaque jour l’adolescent
se transformait en un être magnifique. Il devenait de plus en plus difficile de conserver ses distances
avec lui. D’autant plus quand son corps se pressait comme à l’instant tout
contre lui en un bruissement de dentelles.
Humant le parfum délicat
déposé sur le creux du cou fin, Riff se sentit tout bonnement hypnotisé par
cette présence. Ils étaient placés à l’orée d’un jardin, à moitié camouflés par
un bosquet mais malgré tout bien mis en évidence. Quiconque passait par le
chemin de pierre, les apercevrait. Il y avait donc de bonnes chances que les
témoins de leur petite scène soient nombreux et de diverses origines.
Oubliant quelques instants la
raison de leur présence incongrue en ce lieu ainsi que leurs tenues
inhabituelles, Riff ne pu s’empêcher de relever le visage toujours boudeur de
son cadet. Ses yeux dorés étaient si beaux quand ils l’observaient de la sorte
avec ce mélange de confiance et d’étonnement. Ne comprenait-il donc pas quel
effet ils avaient sur lui ?
- My
Lord…
Faisant descendre en une
douce caresse cette main vagabonde sur la gorge du jeune homme, Riff se sentit
perdre toute sa retenue. Humant à nouveau cette senteur qui émanait du jeune
garçon, il revint à ses lèvres rosées qui ne ressortaient que plus aux vues de
la peau si claire de leur propriétaire.
Alors le jeune comte, tout
aussi captivé par ces quelques gestes, n’y tint plus. Rompant la faible
distance qui les séparait encore, il déposa chastement ses lèvres sur celles de
son seul confident. Le seul être encore vivant qui savait tout de lui. Celui
qui réussissait toujours à le faire parler. A le convaincre de se confier pour
ainsi apaiser ses peines et ses douleurs.
- Riff….
A l’écoute de son nom murmuré
sur ses propres lèvres, l’homme ainsi appelé, ouvrit
ces dernières pour happer la chaire rosée de l’adolescent.
Sentant Riff lui répondre
enfin, Cain le laissa maître du baiser. A cet
instant, il n’y avait plus cette distance qu’ils se forçaient à conserver l’un
envers l’autres. Riff n’avait plus ce respect aimable envers sa position. Ce
n’était plus que de l’amour et du désir. Glissant sa langue dans la cavité du
jeune lord pour y imprimer son propre rythme, l’aîné le poussa dans ses
derniers retranchements. Il était à la fois doux et sensuel, mordillant tout
autant les lèvres de l’adolescent qu’il ne goûtait sa chaire sucrée.
Alors qu’ils détachaient
finalement leurs lèvres, surpris tous deux, non pas du geste mais de l’abandon
dont ils avaient fait preuve à cet instant, Cain
aperçu soudain le docteur Allen non loin d’eux.
Poussé par cette présence, il
reprit alors le cours de leur plan. Braquant son regard sur l’homme les
observant avec stupeur, il plongea son visage dans le cou de son majordome.
Encore attisé par le baiser précédent, il ne pu s’empêcher de lécher
délicatement la peau avant d’y simuler une morsure. Eclatant une petite poche
de sang camouflé dans sa main, il révéla ainsi au départ de ses lèvres rougies,
un filet de sang sur le cou de sa victime. Illusion parfaite d’un baiser
mortel.
La scène devait être crédible
car Allen semblait bel et bien abasourdi.
Satisfait, Cain reposa sa tête sur l’épaule de Riff. Finalement, il
regrettait de l’avoir eu pour témoin. Car il ne doutait pas que le médecin n’allait
plus tarder à le chercher partout pour lui faire part de sa découverte. Or lui
ne voulait pas bouger. Il était si rare que Riff accepte de l’embrasser de la
sorte. Son majordome de par leurs positions et différence d’age lui avait bien
fait comprendre qu’ils ne devaient pas pousser plus loin leur relation. Lui, en
revanche, souhaitait depuis si longtemps l’approfondir. Il avait déjà du
patienter jusqu’à ses 16 ans pour obtenir son premier baiser.
Soupirant pour la forme, Cain ne montra aucun signe d’une volonté à se relever. Il
préférait rester là. Enivré de cette fragrance. Ce parfum d’homme qui
définissait si bien Riff.
Sans compter qu’il était
fatigué.
N’étant pas dupe des raisons
de sa subite paresse, Riff les releva tous deux avant de l’entraîner par la
main jusqu’à leurs appartements. Seul avantage que Cain
soit déguisé en jeune demoiselle, ils pouvaient rester encore un peu plus
proche qu’à l’accoutumer.
Ne le voyant pas plus alerte
de retour au château, l’ancien étudiant en médecine fut pris d’un doute.
Reposant délicatement le dos de sa main sur le font de l’adolescent, la réponse
à ses questions lui fut donnée à l’instant. Il était à nouveau chaud. Si
seulement Cain mangeait un peu plus, il combattrait
plus efficacement la moindre faiblesse de son sang.
- Vous êtes encore fatigué.
Je me trompe ?
Au mouvement de tête lui
signifiant que non, Riff souleva le garçon qui ne s’en blottit que plus dans
ses bras.
Il le ramena ainsi à sa
chambre pour le coucher sur le lit à baldaquin.
Alors qu’il le déshabillait
le laissant se reposer pendant ce court instant, Riff finit par s’asseoir à ses
cotés pour replacer ses mèches rebelles.
- Vous devriez dormir un peu
plus la nuit, au lieu de parcourir la campagne à la recherche de cette femme.
- Je ne suis pas sortie
depuis plusieurs jours.
- Ce sont toujours ces
rêves ?
Cain confirma une fois encore d’un hochement de tête.
- Pourquoi ne pas m’en avoir
parlé plus tôt my
Lord ? Comment puis-je vous aider si vous ne me dites rien ?
Au gémissement obtenu, Riff
n’en renouvela que plus ses caresses. Il était si peiné de ne pas pouvoir en
faire plus pour le soulager de tous ces songes qui le hantaient nuit après
nuit.
- Ca va aller…
Allongé sous le corps
protecteur de Riff, Cain se souleva juste un peu pour
lui capturer ses lèvres. Si Riff lui répondit à nouveau, l’échange fut court et
sans commune mesure avec le précèdent. Repoussant tout doucement Cain dans les larges coussins, Riff resta lui à sa place.
- Riff ?
- Vous ne savez plus ce que
vous faites.
- Mais…
- Il vous faut vous rhabiller
et moi partir avant que le docteur ne vienne vous voir.
- Bien sur.
Sachant qu’il ne faisait que
compliquer les choses en jouant ainsi
aux gamins capricieux, Cain accepta la main tendue
afin qu’elle l’aide à se relever. Se laissant par la suite habiller, telle une
poupée de chiffon, il finit par se laisser retomber dans le fauteuil en bois,
placé devant son secrétaire.
- Je passerais cette nuit
avant de repartir pour Londres.
Et dans ce simple murmure
soufflé à son oreille, le majordome disparu par une porte dérobée.
Au même instant, la porte
d’entrée de la chambre s’ouvrait sur le docteur Allen venu prendre des
nouvelles de son patient. A cette entrée empressée, Cain
prit conscience qu’à une petite minute près, l’homme aurait surpris Riff à ses
cotés. Etait-ce donc la raison du baiser écourté ?
Voulant y croire, Cain retrouva l’énergie suffisante pour poursuivre son
enquête. S’il commençait à avoir de nombreux doutes concernant l’identité de celui
qui l’avait drogué, il devait absolument en trouver les preuves.
Alors qu’il suivait l’esprit
ailleurs la conversation d’Allen, Cain se souvenait
de ces quelques mots que Riff n’avait cessé de lui dire au cours de son
enfance. Ces mots qui l’apaisaient tout autant que ses douces mains soignant
son corps meurtri suite au passage de cet homme qui le battait chaque jour avec
férocité et cette jouissance malsaine.
Cet homme qui était à l’origine de ces marques indélébiles, hideuses et
douloureuses qui ferraient son dos à jamais. [2]
Parce qu'aujourd'hui
Au fond de ta chambre
Tu refais le lit de tes mains qui tremblent
Parce que demain quand tu seras grand
Tout peut changer, demain peut te surprendre
Six mois plus tard.
Avec peine, Riff assistait impuissant à la fin d’une nouvelle
mésaventure.
Alors que Cain
avait enfin trouvé une raison de vivre. Un cœur qu’il aimait en la personne de Merediana. Le destin en avait voulu autrement, la lui arrachant
à l’instar de toutes les personnes qu’il avait pu aimer par le passé.
Mise à part avec sa sœur et
lui-même, Cain n’avait que trop souffert de la perte
d’êtres cher.
Il y avait bien encore son
oncle qui se souciait de lui plus que de sa propre vie ou réputation, mais le
jeune homme ne semblait pas en avoir encore pris conscience. Tout du moins
jusqu’alors. Car Cain venait bel et bien d’étreindre
le vieil homme en pleine rue, aux vues et sus de tous !
Que lui arrivait-il donc pour
devenir si expressif subitement ? Etait-ce la perte de cet amour de
jeunesse qui venait de le marquer à ce point ? Une nouvelle indiscrétion dans
leur conversation ? Ou plus simplement le temps et la maturité qui
faisaient leurs offices ?
Finalement peu importait.
Tant que le comte avait enfin compris qu’il n’était pas aussi seul qu’il se
l’imaginait.
Seul et trahis pas tous.
Ils l’aimaient tant, tous les
trois. Et ce, depuis si longtemps, sans qu’il n’en prenne vraiment conscience.
[3]
Alors que Cain
s’éloignait enfin de son parent, l’homme prit congés d’eux. Attendant que la
voiture soit suffisamment éloignée, Riff se posta alors derrière son jeune
maître. Comme il le soupçonnait et le redoutait, l’adolescent qui n’en était
plus un depuis longtemps, se laissa aussitôt aller contre son torse.
- Riff…
- My
Lord ?
- Quant tout s’est décidé
avec mon père…Tu as arrêté mes larmes…
- …
- Depuis, j’ai fini par
perdre le goût de pleurer. Je pensais que c’était une bonne chose. Mais ainsi
la blessure de mon cœur ne pourra jamais guérir Riff !!!!
- …
- Que vas-tu faire
maintenant ? Tout est de ta faute !
- Vous payer en retour avec
ce qui me reste de vie my lord.
Le laissant aller à sa peine,
Riff attendit que le comte se calme enfin pour héler une calèche qui les ramena
chez eux. Alors enfin derrière les murs protecteurs de ce manoir de la banlieue
de Londres, ils purent se laisser aller l’un avec l’autre. Les employés
s’occupant de leur confort, n’étaient présents que quelques heures par jour au
sein de cette demeure. Marie Weatheaver elle-même
était absente, en visite chez une amie qui l’avait invité à rester couchée chez
elle.
Enfin seuls et sans témoin, Cain lia ses bras autour de la nuque de son majordome. Il
ne voulait plus penser à Merediana. Ni même à ce Jezabel. Ou son père qui désiraient tant le tuer. Plus
personne ne comptait, mise à part celui qui depuis toujours ne l’avait jamais
quitté.
Jamais quitté, toujours aimé.
Comment quiconque pourrait un
jour croire que Riff le trahirait ? Lui, se savait aimé par cet adulte.
Car tous ses gestes sur sa personne le lui prouvaient depuis leur rencontre.
Lui-même l’aimait tant. Il avait tant besoin de sa présence rassurante, de ses
bras protecteurs, sa tendresse perpétuelle. Lui qui lui offrait sans compter ce
réconfort dont il était si demandeur.
A chaque instant du jour ou
de la nuit, il était là, présent pour lui. Prêt à écouter les mots reflétant sa
peine, ses craintes ou sa souffrance. Et alors, tel un baume enchanteur, il
soignait chacun de ces maux de ses paroles salvatrices d’un réconfort si
simple. Confier ses secrets à ses oreilles attentives qui l’écoutaient avec
tant d’attention et de compréhension annihilait leur poids par moitié. C’était
si évident. Bien sur, cela ne résolvait pas ses soucis pour autant. Mais
partager leur poids était déjà un tel soulagement.
Pourtant Riff était bien plus que son confident, son
secrétaire, majordome et seul ami. Oh, oui, il était avant tout, la personne
auprès de qui, il aimait être. Le propriétaire de ce corps si parfait qu’il
aimait sentit contre le sien.
Celui qui d’une seule
caresse, d’un seul touché, lui faisait vivre des instants d’une infinie
douceur.
- Riff…
- Je suis là my Lord.
- Que vais-je devenir ?
- Je l’ignore my Lord. Mais je serais à vos cotés à chaque instant
Tu ne peux pas rester seul
Ici
- Oui, reste avec moi. Sans
toi, je crois que je n’aurais plus le goût à continuer.
- Vous ne devez pas dire cela
my Lord. Vous oubliez votre sœur.
- …
Ne voulant pas approuver un
tel abattement et découragement, Riff, laissa glissa le dos de sa main tout le
long de la gorge dénudée de Cain. Comme bien souvent
sa chemise de flanelle restait trop ouverte pour affronter efficacement le
froid londonien.
- Vous ne devez jamais vous
laisser aller. Vous le devez pour elle.
Ne jamais abandonner
Ta vie
Abaissant son visage vers
celui attentif et plein d’espoir de Cain, Riff croisa
son regard doré emprunt d’une prière muette plus forte qu’elle ne l’avait
jamais été. Ce soir-là, ses yeux lui disaient qu’il ne se contenterait pas d’un
simple baiser sur le front pour s’endormir. Ce soir-là, il le réclamait de tout
son corps. Face à cette évidence, l’homme eu besoin de quelques secondes de
réflexion avant d’agir. Il savait pertinemment ce qu’attendait le jeune comte.
Hors s’il admettait qu’il avait besoin de réconfort, il n’était pas sur que
celui qu’il attendait soit le plus approprié en l’occasion.
- My
Lord…
- Je t’en pris Riffel.
Riff était surpris. C’était
la première fois que le garçon utilisait son prénom complet. Etait-ce là le
signe qu’il ne pourrait pas attendre plus longuement ?
- My
Lord …
Croisant à nouveau leur
regards, Riff eu sa confirmation.
Il voulait attendre les 18
ans du jeune homme. Il ne voulait pas rompre plus de barrières qu’ils n’en
avaient déjà brisés. Mais en quoi deux
mois d’attente supplémentaires changeraient leurs positions respectives ?
Il aurait toujours 11 ans de plus que ce garçon.
Alors finalement décidé de
répondre enfin à ces attentes, Riff happa ses lèvres pures pour effacer le
souvenir cruel du dernier baiser échangé par Lord Cain
et cette jeune femme zombie, qui s’était donnée la mort pour le sauver de la
folie de Jezabel.
Le prenant sans plus tarder
dans ses bras, le majordome se pressa de rejoindre la chambre pour déposer avec
empressement son futur amant sur le lit. Alors au-dessus de lui, se retenant de
ses mains et ses jambes pour ne pas l’écraser, Riff fixa son regard aux yeux
d’or avec dureté. Il voulait être sûr que Cain ne
regretterait pas son choix. Sur qu’il ne cherchait pas en lui la réponse à sa
peine amoureuse. Car si Riff se savait à ce jour incapable d’aimer quiconque
n’étant pas le jeune Lord, il n’était pas si sûr que l’adolescent ne regrette
pas un jour de lui avoir offert ce qu’il avait réussi à sauvegarder
jusqu’alors, malgré sa vie d’adulte parfois dépravée et libertine.
Etait-il vraiment prêt à lui
offrir son innocence ?
- Cain ?
« Cain. »
Comme il pouvait aimer entendre ce simple prénom murmuré par cet homme. Fixant
à son tour le regard bleu de Riff, l’adolescent se contenta d’hocher sa tête.
Un simple mouvement annihilant tous les doutes. Un simple mouvement en
précédent des milliers. Un simple mouvement associé à un sourire de joie. Le
premier depuis si longtemps.
Faisant le choix d’accepter
celui de son « maître », Riff s’enquis sans plus attendre de dévêtir
avec expérience le jeune homme. Habitué à cet art, il y intima cette fois-ci
une nouvelle manière d’y procéder. Enlevant tout d’abord la veste fine, il
déboutonna avec lenteur chaque bouton de nacre de sa chemise blanche. Cain n’en possédait que de cette couleur. Tout comme il ne
portait que des costumes sombres, le plus souvent d’un noir anthracite à
l’image de ses cheveux corbeau.
Chaque espace de peau ainsi
dévoilé, fut recouvert d’un baiser, simple attouchement de deux lèvres sur
cette surface plane. Ce n’était qu’effleurement et pourtant tout le corps de Cain réagissait. Les légers soupirs qu’il laissait échapper,
son corps se tendant, ses reins s’arquant, en étaient la preuve. Dire qu’il
n’en était pourtant qu’à la découverte de son torse. Amusé par cet excès de
sensibilité, Riff prit plaisir à lécher et mordiller les deux petites pointes
de couleur pâle. Une véritable torture pour l’adolescent qui se tortillait de
toute part sous sa prise.
Le laissant finalement
souffler, le majordome partit très vite en quête de le délester à présent de
son pantalon. Dégrafant les attaches de
celui-ci, Riff le fit aussitôt glisser non sans caresser les jambes fines et
imberbes. Chaussettes mises, elles aussi, à l’écart, il observait apaisé le
visage de son futur amant. Lui faisant toute confiance, Cain
avait fermé ses yeux, profitant ainsi de la moindre de ses caresses. Scrutant
alors avec encore plus d’attention, chacune de ses réactions, Riff était amusé
de constater que le moindre effleurement de ce point situé sous le genoux du
garçon suffisait à lui faire froncer le nez et intensifier ses fossettes
naturelles.
Tout simplement adorable.
Mais devant une nouvelle
plainte gémissante, témoin de son empressement, Riff revint à sa tache
première. Goûtant l’une des deux chevilles fines du jeune Lord, il remonta
sensuellement toute la longueur de la jambe en une succession de baiser
mouillés, de caresses et de coup de langue. Il voulait tout connaître de ce
corps d’albâtre. La moindre variation de cette saveur sucrée/salée qu’était sa
chaire recouverte de sueur.
Arrivant finalement au centre
même du désir physique de l’adolescent, Riff le démuni avec maîtrise de sa
dernière barrière de tissu. Alors enfin, il le prit entre ses lèvres. Délice
suave que cet organe que sa langue entourait avec appétit. Cain
ne s’y étant pas attendu, ni vraiment préparé, avait plus que bougé à l’instant
précis où tout son corps avait chuté de quelques degrés avant de connaître la
chaleur brûlante de l’enfer. Suffocant à n’en plus respirer, le jeune homme ne
savait plus quoi faire. Partagé entre l’envie que tout cesse et celui de voir
s’accentuer cette pression qu’il sentait monter en lui, il ne savait plus que
murmurer le nom de celui à l’origine de cette sensation nouvelle.
Bien sur, il connaissait le
plaisir que pouvait lui procurer ses propres mains. Combien de nuit avait-il
passé à s’imaginer Riff à ses cotés lui octroyer de telles grâces. Mais jamais
encore, il n’avait ressenti une telle intensité par lui-même. Ayant placé ses
pieds sur les épaules de son majordome, Cain ne
retenait plus ses soupirs franchirent la barrière de ses lèvres. Riff immuable,
poursuivait son œuvre avalant toujours plus profondément cet organe plus dur
que la pierre. Sentant qu’il ne pourrait plus se retenir, Cain
tenta bien de se dégager, s’extraire de cette douce prison de chaire avant
qu’il ne soit trop tard. Mais il n’en fut pas capable. Lui maintenant fermement
les hanches, le blond ne laissa pas une seule goutte de vie s’échapper à lui.
Alors perdu dans cet
entrelacs de sensations disparates, Cain accueillit avec
absence le baiser du vainqueur. Goulu, presque dévorant, Riff lui faisait
goutter sa propre semence alors qu’il ne cessait de se mouvoir contre son corps
enfin détendu, tout simplement allégé de toute peur.
- Satisfait ?
Par ce mot murmuré, Riff lui
signifiait qu’ils pouvaient s’arrêter là. Il avait enfin connu une partie de ce
qu’il ne cessait de lui demander depuis de nombreux mois. Mais pour Cain, cela n’était qu’un prémice
à ce qu’il désirait vraiment. Toutefois, avant tout honteux de ne pas avoir
fait un geste pour son compagnon, l’homme qu’il aimait plus que tout au monde.
L’adolescent décida de se rattraper en lui prouvant qu’il n’était pas qu’un
jeune puceau, poupée de chiffon qu’il lui faudrait modeler. Non. Il était le
Comte de Hargreaves. Lord parmi les Lords et surtout désireux d’être un amant
passionné et aimant. On pouvait voir cela comme une question de fierté aussi.
Inversant par le biais de la
surprise leurs positions respectives, Cain prit alors
le temps de détailler son compagnon. Riff était beau. Des cheveux d’un blond
clair, presque transparents, toujours coupés à la perfection. Ses yeux étaient
bleus comme le ciel de printemps, sans nuage, ni soupçon de gris. D’une
limpidité à l’image même de la fidélité de cet homme pour lui. Mais Riff était
aussi et surtout un torse. Musclé, tous en finesse, où il était bon de s’y
reposer. Déboutonnant avec maladresse les boutons de sa chemise, Cain apprit à son rythme à découvrir puis parcourir les
courbes et déliés de ce corps tout en force. Docile, son aîné le laissait agir
à sa guise. Ils avaient définitivement tout leur temps. Une vie entière même.
Aussi se contentait-il de laisser ses mains se mouvoir sur les reins brûlants
de son cadet.
Alors que l’adolescent
enlevait impatient le pantalon cintré de son majordome, il s’enquit sans plus
tarder de dévoiler son sexe. Aussitôt, celui-ci se révéla être dur et levé. Si Cain avait un doute quand à son pouvoir d’attraction sur
l’homme se trouvant allongé devant lui, il n’en était plus rien. Et cela lui
fit plaisir. Eclairé d’un sourire heureux, l’adolescent frôla tout d’abord cet
organe chaud. Il pouvait sentir sous ses doigts frêle la pulsation du sang se
mouvant dans les veines gonflés. Ce spectacle le fascinait. Ils étaient encore
si différents tous les deux. Mise à part, la carrure, cette taille imposante et
leur différence morphologique, Cain découvrait aussi les poils soyeux de Riff. Présent tout
autant sur son torse dénudé que son entrejambe, ils recouvraient aussi ses deux
jambes. Ils étaient si blonds qu’on les voyait à peine. Mais leur douceur sous
ses caresses était indéniable.
- Cela te plait ?
Amusé par cette observation
si détaillé dont il faisait l’objet depuis de longue minutes Riff, attira son
amant jusqu’à lui. D’une main placée dans le creux de ses reins, il disposa la
seconde sous sa nuque pour le contraindre à échanger avec lui un nouveau baiser
sans qu’il ne s’échappe. Finalement, c’était lui qui ne pouvait plus attendre.
Voir son jeune maître s’afficher nu devant lui et se mouvoir sur son corps lui
faisait vivre une véritable torture. Alors à son tour impatient, il happa,
dévora, mordilla les lèvres rougies par ses excès avant de s’attaquer non sans
appétit à cette gorge déployée qui ne cessait de le narguer. Glissant ses mains
dans le dos de Cain, caressant avec douceur les
marques toujours si douloureuse pour le jeune homme, Riff écarta tout doucement les deux masses de
chaire qui enfermaient en leur centre ce lieu jusqu’alors inviolé qu’il
désirait tant faire sien. Mais il ne fallait pas aller trop vite. Il ne voulait
pas l’effrayer et plus encore, lui faire mal. Mais comment annihiler une
douleur inévitable ? Sentant déjà la tension habitée l’adolescent alors
qu’il y insinuait un premier doigt, Riff murmura des paroles de réconfort.
- Décontractes-toi Cain. Tu peux détendre tes muscles en me repoussant tout
simplement.
Pour seule réponse, il eut un
gémissement indistinct tandis que le corps tout entier se mouvait avec cadence
contre lui. De par sa réaction, Cain lui faisait
vivre un enfer. Le frottement de leurs deux sexes lui devenait tout simplement
insupportable.
N’en pouvant plus, Riff
incita son cadet à remonter ses jambes en les pliant contre lui. Cain finalement agenouillé sur ses hanches, le blond
s’insinua en douceur dans le corps de son amant. Lentement, doucement, il le
fit enfin sien. Ne bougeant plus lorsqu’il eu atteint la limite, Riff but avec
tendresse les larmes de douleur coulant sur les joues pâles. Murmurant ses
promesses d’amour, l’homme ne cessa de caresser les reins du garçon pour le
détendre. Mais celui-ci reprit alors ses lèvres d’assaut avant de se mouvoir de
lui-même. Sa fierté et son impatience d’en connaître toujours plus
l’empêchaient de se plaindre de la douleur pourtant bien présente.
Supportant finalement tout le
poids de Cain par ses mains apposées sur sa taille
fine, Riff le laissa aller à son rythme. D’abord tout doucement, le laissant
apprivoiser cette douleur inconnue. Puis la cadence s’accéléra. A mesure que la
souffrance était remplacée par ces vagues successives de plaisir fondant dans
ses veines engorgées de sang, Cain se laissa aller.
S’accrochant de toutes ses forces aux épaules de Riff, il en vint même à lui
griffer la poitrine quand dans un dernier sursaut, une dernière poussée, il se
libéra à nouveau. Alors perdu dans son propre plaisir, cette jouissance
jusqu’alors inconnue, l’adolescent ne prit pas conscience qu’il était
subitement repoussé sur le dos. Finalement couché au pied du lit, Riff
s’insinua plus fortement en lui. Toujours plus vite, toujours plus loin et sans
qu’il n’ait à attendre d’avantage la chair l’enserrant le fit se libérer en son
maître. S’écroulant tout simplement sur Cain, Riff,
se décala aussi vite pour ne pas l’écraser de son poids mort. Mais aussitôt,
celui-ci revint vers lui.
Echangeant dans un souffle un
dernier baiser embué d’amour et de salive, les deux hommes scellèrent un
nouveau pacte. Cette étape franchit, plus que jamais, ils se promettaient une
fidélité éternelle. Mais déjà Riff s’assoupissait, resserrant ses bras autour
de son amant. Un réflexe inné qui n’était pas pour déplaire au jeune Lord.
De nombreuses heures plus
tard, au plus noir de la nuit, Riff sentit Cain
remuer subrepticement. Blottit dans ses bras alors qu’ils étaient allongés dans
le bon sens du lit et recouverts des couvertures épaisses, l’adolescent ne
cessait de bouger. Une fois encore, il était la proie de cauchemar. A
l’évidence sa seule présence ne suffisait toujours pas à les faire disparaître.
Désemparé de ne savoir comment les faire fuir définitivement, Riff ne pouvait
se douter qu’en son absence, leur virulence n’en était que décuplée au
millième. Car sa présence, son odeur, ses bras rassurants, sa voix douce et
ensorcelante avaient bel et bien le don de faire fuir ceux qui s’attaquaient à
l’enfant que Cain restait toujours dans ce monde du
néant. Il était dans ses songes, le
chevalier servant qui accourait toujours à son secours.
Se fondant avec force dans
les bras de Riff, Cain n’avait aucune envie à cet
instant d’oublier son passé. Bien au contraire. Car de ces évènements
dramatiques, ressortaient tous les souvenirs bienheureux passés aux cotés de
cet étrange étudiant en médecine qui avait abandonné sa vie et ses espoirs pour
s’occuper de lui. Lui que personne avant Riff n’avait vu dans les couloirs du
manoir.
Oui, à jamais, il ne devait
perdre ces souvenirs précieux qui faisaient de sa vie présente un bonheur.
Tu ne peux pas t'enfermer dans
L'oubli
Définitivement réveillé par
le cauchemar passager de son jeune amant, Riff se mit à lui caresser
inconsciemment la nuque. Finalement,
sous l’insistance de son oncle, il avait accepté de se couper les cheveux
quelques jours plutôt. Bien avant toutes ces mésaventures qui lui avaient fait
tant de mal. Il ne pouvait donc plus jouer comme à l’accoutumer avec ses mèches
longues qui reposaient habituellement si insolemment sur son cou fin et pâle.
Cajolant avec amour le corps
endormi, Riff repensa à la question posée par Cain
quelques heures plus tôt. Qu’allait-il devenir à présent ? C’était si dur
et si facile de répondre à une telle question.
- Vous deviendrez le comte
Hargreaves. Vous serez plus fort que votre père. Plus fort que dans vos rêves.
Et le jour venu, vous les affronterez tous pour les vaincre.
Semblant avoir entendu à
travers son sommeil ces paroles murmurées dans un souffle, Cain
eut pour seule réponse de se blottir un peu plus encore dans les bras aimés.
N’en désirant pas moins, Riff conserva avec autorité le corps d’albâtre étendu
sur lui. A jamais, il s’assurerait que Cain n’ait plus à souffrir de ces fous qui lui voulaient
tant de mal. Oui, à jamais.
Pour que jamais tu ne supplies
Fin
[1] Je sous-entend l’arrivé
de la petite sœur off course ^_- Mais aussi du fait que Riff cherchera à savoir
qui dans la famille de Cain est digne de confiance
(comme l’oncle) ou pas (les autres lol ^-^’’)
[2] Heu… des fois que vous ne
l’auriez toujours pas compris, les paroles de la chanson sont les mots que Riff
murmures à chaque fois qu’il berce Cain ou le
rassure. Et heu…. non, non je ne vous prend pas pour des idiots ^_^’’ C’est
juste que je suis pas sûre que ce soit toujours très clair, vu comme je suis à
l’aise avec les songfics -_-
[3] Je dis bien trois
pour : Marie, l’oncle et Riff ^_-
Bon, ca
vaut ce que ca vaut. Je sais que Cain
semble un peu « fragile » et « faible » dans cette fic. Mais à mon sens, il n’en est rien. Simplement
s’il est quelqu’un de psychologiquement fort face aux étrangers et dans ses
enquêtes, j’aime à croire que c’est parce qu’il peut montrer ses faiblesses et
rester lui-même avec Riff. Envie de dire : Chacun sa vision des persos ^_-
J’espère que vous avez aimé
un tit peu au moins ^_^’’
mimi yuy