Auteur
: Mimi Yuy
Email
: mimimuffins@yahoo.fr
Site perso : http://www.mimimuffins.com
Origine
: Banana Fish
Disclamer :
Aucun des personnages ne m’appartient ^_^,,
Genre :
Romance
Couples
: Ash x Eiji ^__^x
Cette histoire se situe au niveau du volume 11. Plus exactement entre le moment où Ash s’évadent de l’hôpital faisant des expériences sur la drogue et le moment où étant avec Eiji sur un ferry, il sent une présence les suivre.
Happy Birthday
Eiji regardait inlassablement à la fenêtre, attendant
patiemment qu’un nouvel homme passe sur le trottoir pour entrer dans l’immeuble
d’en face. Alors il prenait un cliché de son visage pour compléter la longue
collection de photo qu’il possédait déjà.
Un travail des plus affligeants aux vues de ce que faisait tous les
autres. Depuis qu’il avait rencontré Ash, tout son
entourage ne cessait de lutter contre une organisation criminelle tenue par Dino Golzine, un mafiosi qui semblait posséder une bonne part de la ville de New-York. Impliqué dans un trafic de drogue, ayant mené à
la mort du frère d’Ash, ce dernier ne cessait plus de
combattre cet homme qui l’avait, fut un temps, éduqué dans le but de faire de
lui son bras droit. Quelle déception « Papa Dino »
avait du avoir en découvrant que sa progéniture ne suivrait pas sa « voie
de la sagesse ». Impliqué dans toute cette affaire sans trop vraiment
savoir comment, Eiji, lui, restait encore et
toujours, le seul à ne prendre aucun risque… contrairement aux autres. Ibé, son ami photographe et Max Lobo
le reporter essayaient sans relâche de mettre à jour toute l’affaire dans les
plus grands journaux du pays. Même Charlie de la brigade criminelle de NY
prenait des risques pour venir en aide au jeune homme recherché par toutes les
polices. Sans parler de tous ces gamins et ados des rues qui formaient la bande
d’Ash et qui étaient prêts à mourir pour leur leader.
Et lui. Que faisait-il ?
Rien.
Il était absolument inutile.
Tout du moins le croyait-il au début. Car avec le temps, il avait compris qu’il
y avait une autre guerre dans laquelle Ash combattait.
Et dans cette lutte sans merci, il pensait réellement être le seul à pouvoir
lui venir en aide. Tout du moins, espérait-il avoir en main suffisamment
d’armes pour y faire face à ses cotés, ainsi qu’assez de patience pour ne pas
brusquer les choses, plus que nécessaire.
En attendant, il acceptait
sans se plaindre de rester dans l’appartement. Enfin tant qu’Ash, de nouveau « libre » y revenait chaque jour.
Car malgré toute sa bonne volonté, il avait lui aussi quelque peu voyagé de
lieu en lieu pendant que le blond se trouvait enfermé dans cet hôpital
expérimental construit par les sbires de Dino afin
d’y tester leur nouvelle drogue. Ceci étant, il s’ennuyait entre ces murs. Bien
sur l’appartement était de grand luxe, spacieux comme seuls les grands
propriétaires au japon pouvaient en posséder. Mais cela ne remplaçait pas sa
liberté entravée. La seule sortie qu’il lui était permise se trouvait être la
visite quotidienne du supermarché situé au rez-de-chaussée de l’immeuble. Une boutique de luxe qui n’était accessible que
par les propriétaires et locataires du lieu. Il s’y rendait chaque matin pour
acheter de quoi préparer les repas qu’il partageait ensuite avec Ash. Depuis leur arrivée, toutes les femmes du bâtiment le
prenaient pour le gentil majordome assujetti à ce beau jeune étudiant, fils de
banquier, qui logeait dans cet appartement. Si seulement ces bourgeoises
savaient qu’il s’agissait d’un ex prostitué devenu caïd des rues de New York,
aux mains tachée de sang, elles ne seraient plus si accueillantes.
Mais Ash
avait-il seulement eu le choix de cette vie ?
Lui avait-on laissé une seule
chance de vivre comme tout à chacun ?
- Ash…
Le destin avait été bien
cruel avec lui. Car à peine avait-il été en age de découvrir le monde, que des
hommes l’agressaient de la pire manière qui soit. Comment pourrait-il jamais
soigner toutes ces blessures de l’enfance ? Comment, lui Eiji, pouvait-il avoir une chance de réparer tout le mal
qui avait été fait à cet être si sensible ? Comment réussirait-il à faire
fuir toute cette douleur qui imprégnait le cœur de l’américain ?
Soupirant devant la tache
qu’il se jurait d’accomplir, Eiji prit quelques
clichés des passages ayant lieu devant leur fenêtre. Habituellement, les
derniers hommes partis, plus personne ne bougeait dans le quartier. Il pouvait
donc revenir à son occupation première. Car une fois n’est pas coutume, il y
avait beaucoup à faire ce jour-là. Déjà satisfait que l’appartement soit rangé
et étincelant de propreté, Eiji, se mit au travail.
Il ignorait totalement l’heure à laquelle allait rentrer Ash.
Ces derniers temps, il n’était pas de retour avant la tombée de la nuit. Ceci
étant, il ne devait pas traîner. Qui sait. Peut-être qu’aujourd’hui, il
rentrerait un peu plus tôt et moins épuisé qu’à l’habitude.
Trois heures plus tard, le
japonais était satisfait. Son repas terminé, il avait même pu installer ce
qu’il voulait mettre en place dans la chambre qu’il partageait avec
l’américain. Ne restait plus qu’à l’attendre. N’ayant rien d’autre à faire, Eiji décida alors de mettre à profit ce temps d’attente
pour développer les dernières photos. N’y voyant toujours que les mêmes
visages, il ne doutait pas que ce développement de plus n’aurait aucun intérêt.
Mais c’était le seul moyen pour lui de se donner l’illusion d’une quelconque
utilité.
Ce soir-là, il avait réussi à
convaincre ses « anges gardiens » de le laisser seul avec l’assurance
qu’il ne s’échapperait pas. Aussi pouvait-il avant tout, en profiter pour
développer l’un des négatifs qu’il conservait précieusement depuis quelques
jours. Il avait risqué sa vie en réalisant ce cliché interdit. Une photo qui ne
devait tomber entre aucune main.
Cela datait du jour où Ash leur était revenu vivant. Alors que toute la ville le
croyait mort, il était réapparu habillé de vêtements trop grands au bar
habituel où se trouvait le QG de sa bande. C’était le jour où le japonais avait
de nouveau entendu son cœur battre dans sa poitrine. Le jour où Ash avait accepté son étreinte avant qu’ils ne rentrent
enfin à cet appartement pour se reposer.
S’occupant avec beaucoup
d’attention de la photo dont il était question, Eiji
l’observa se révéler progressivement tout en repensant à l’instant où il
l’avait prise.
-- Trois jours plus tôt---
Il venait de terminer de
préparer le dîner. Un repas simple mais assez consistant pour nourrir Ash, tout en étant assez léger pour que cela ne le rende
pas malade. Le jeune homme venait de subir une succession de mésaventures qui
avait mis son corps à rude épreuve. Après son combat contre Arthur, il avait
subit une lourde opération, puis échappé à plusieurs tentatives de meurtre
avant de se faire enlever par les hommes de Dino pour
servir de cobaye humain. S’il s’était de nouveau évadé sans plus craindre de
poursuite de la police étant à présent officiellement mort, il n’en était pas
moins revenu épuisé et fiévreux.
Pourtant, ce n’était pas sans
mal que le japonais avait réussi à le convaincre de dormir dés leur retour. Ils
étaient alors en début d’après midi et le garçon souhaitait aussitôt lire les
dernières nouvelles, travailler un peu et prévoir, Dieu seul sait, quelque
nouveau plan d’action. Après une douche bienfaitrice, Ash
s’était finalement plié à son ton autoritaire d’aîné et laissé soigner avant de
s’endormir dans la chambre plongée dans une douce pénombre grâce aux rideaux
tirés. Depuis lors, Eiji prenait garde de ne pas
faire trop de bruit. Une attention bien inutile puisqu’il le vit, en sortant de
la cuisine, de nouveau debout et habillé devant l’une des fenêtres du salon.
De leur étage, ils pouvaient
apercevoir en plus de la façade de l’immeuble appartenant à Golzine,
toute l’étendu de Centrale Parc ainsi qu’une vue panoramique de tout New York.
Un mélange de grandiose et de déchéance. Un amas de constructions hétéroclites
qui faisant de l’ensemble une création unique et envoûtante.
- Ash
- ….
- Tu es déjà debout ?
- J’ai bien assez dormi. Je
regarde le soleil se coucher
- Ce n’est pas sérieux.
Non ce n’était vraiment pas sérieux.
Il s’était habillé, comme s’il allait sortir à nouveau. Mais pour quoi
faire ? Il n’avait plus à agir. Pour lui c’était fini les cavales. On le
croyait mort, Ibé et Max allaient révéler au grand
public l’affaire de Banana fish alors pourquoi se sentait-il
obligé d’en faire plus ?
Après que le blond lui ait
parlé de l’inquiétude d’Ibé à son égard, Eiji avait alors ressentit un sentiment de joie
indescriptible l’envahir. Ash venait enfin d’admettre
qu’il appréciait sa présence. Mieux, qu’il préférait le voir rester à ses cotés
plutôt qu’il ne retourne au japon. Heureux de cet aveu, le japonais l’avait
alors étreint une seconde fois de très longue minutes avant de le conduire
jusqu’à leur dîner. Ayant glissé quelques calmants dans ses portions, il espérait
ainsi pouvoir s’assurer qu’il se repose une journée entière. 24h de sommeil ne
serait décemment pas de trop pour que l’américain se remette enfin de ses
blessures.
Son plan ayant parfaitement
fonctionné, quand Ash s’était vu incapable de garder
les yeux ouverts sans lutter, Eiji l’avait pris par
la main pour l’entraîner sans geste brusque jusqu’à leur chambre. Là, il
l’avait aidé à se déshabiller avant de l’enfouir sous les couvertures.
Aussitôt, Ash
s’était à nouveau endormi. A cet instant, il semblait si jeune. Si innocent,
ainsi perdu dans son sommeil. A chaque fois qu’Eiji
le voyait ainsi, il ne cessait de sentir son corps se broyer d’une douleur
insinue qui prenait forme dans son estomac. Il avait peur pour lui. Peur qu’il
meurt, qu’il soit blessé dans cette jungle urbaine où il devait vivre. Mais
aussi peur que ses cauchemars si récurant ne finissent un jour par le détruire
de l’intérieur.
Ce soir-là, il l’avait veillé
avec attention. Ayant assez vite aperçu l’un des appareils photo qu’il utilisait
pour espionner les allers et venus des hommes de Dino.
Ce fut finalement sans y prendre garde, comme mu d’une volonté inconsciente,
qu’il l’avait saisi pour conserver cet instant sur la pellicule.
Garder à jamais, l’image de
cet ange endormi qui venait d’échapper miraculeusement à la mort.
---fin du flash back------
Ayant finalement terminé le
développement de tous les portraits pris dans la journée, Eiji
les déposa avec les autres avant d’admirer une énième fois l’unique photo qu’il
conserverait pour lui seul. Le visage endormi et aux traits détendus d’Ash. Ne voulant pas se faire prendre à la contempler, le
jeune homme alla la ranger dans ses affaires personnelles, avant de s’asseoir
sur l’un des fauteuils du salon. Il était déjà 21h et Ash
n’était toujours pas là.
Ce fut une heure plus tard
que le bruit étouffé d’une clef dans la serrure se fit entendre. Prenant garde
de ne réveiller personne, Ash rentrait enfin à
l’appartement. Il était fatigué mais satisfait des derniers évènements. Il se
prenait à penser que tout aurait pu s’arrêter là, si seulement Dino n’avait pas juré de le retrouver pour le tuer. L’homme
le lui avait dit. Il voulait sa mort et l’obtiendrait coûte que coûte, non sans
l’avoir dépecé vivant au préalable pour ensuite l’empailler pour sa prospérité.
Une excentricité que ce porc était bien capable de mettre en œuvre. Soupirant
devant cette perspective peu réjouissante, le garçon prit alors seulement
conscience que la lumière du salon venait de s’allumer toute seule.
- Eiji ?
Tu n’es pas encore couché ?
- Non. Je t’attendais pour
dîner.
- Il ne fallait pas. Je n’ai
pas très faim et…
- Attend de savoir se qu’il y
a au menu avant de dire ça…
N’ayant sincèrement aucune
force pour rejeter son ami, Ash acquiesça. Un signe de
tête pour lui promettre de faire un effort. Après tout, c’était bien la moindre
des choses quand le japonais l’avait une fois encore attendu malgré l’heure
tardive. Un comportement qu’il avait toujours autant de mal à comprendre
d’ailleurs. Après tout, ignorant toujours l’heure de son retour, n’importe qui
d’autre ne l’aurait pas ainsi attendu chaque soir. Une preuve de plus de
l’exceptionnelle gentillesse et patience du jeune homme.
- Bien. Alors, allons manger.
- tttt.
- Qu’est-ce qu’il y a Eiji ?
- Tu as l’air épuisé et gelé.
Va prendre un bain avant.
- Mais…
- J’ai attendu jusqu’ici, je
ne suis plus à une heure prêt.
- Mais…
- Aller !
Le poussant un peu contre son
gré, Ash se retrouva soudain dénué de son manteau
d’hiver au milieu d’une salle de bain éclatante de propreté, et où l’eau chaude
coulait déjà à flot dans la baignoire créant par la pression et la présence du
savon des milliers de bulles savonneuses et vaporeuses. Il aurait pu se
contenter de prendre une douche. Mais avec Eiji et
les habitudes séculaires de son peuple, il avait droit au moins une fois tous
les trois jours à un bain, en bonne et du forme. N’y
résistant pas, le jeune homme se dévêtit très vite pour se laisser glisser dans
l’eau tiède et parfumée. Finalement, ce genre d’habitude avait aussi du bon.
Nul doute qu’il s’y détendait bien mieux que sous ses douches glacées.
S’assoupissant par cette
subite chaleur, Ash se réveilla quelques temps plus
tard en sursaut. L’eau ayant refroidit, il se rinça vite avant de sortir enfin
de la pièce carrelée. Alors seulement habillé d’un simple peignoir en éponge
blanc, il retrouva Eiji dans la cuisine.
- Pas la peine de venir là.
On ne mange pas dans la cuisine.
- Ah.
Se dirigeant peu contraignant
vers le salon, il n’y vit pas plus de table dressée, ni de plat servit. D’un
autre coté, de quel droit s’attendait-il toujours à ce que Eiji
s’occupe ainsi de lui. Il n’était pas son domestique. Retournant finalement
dans la cuisine à la recherche de la vaisselle, il y surpris le japonais
l’observant avec un air étrange. Mélange d’amusement et de lubricité.
- Je viens de te dire qu’il
était inutile de venir dans cette pièce.
- Qu’est-ce que tu fais avec
ce pack de bière Eiji ?
- Je vais les porter auprès
du dîner.
- Qui se trouve ?
- Dans la chambre voyons !
Ce n’était pas si logique.
Mais pourquoi pas. Le japonais trop fatigué espérait peut-être qu’ils mangent
tout simplement un sandwich sur leur lit avant d’éteindre les lumières. Cette
perspective lui convenant, Ash le suivit sans
protester. Mais ce qu’il vit au milieu de la chambre n’était pas totalement ce
à quoi, il s’attendait.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Un tipi !
Bien évidemment un tipi…..
Pourquoi avait-il posé la
question déjà ?
- Je … je sais que tu t’ennuis
quand tu restes ici des jours entiers mais quel est son utilité ?
- Arrête de te poser des
questions et rejoins-moi à l’intérieur.
Le tipi en question était un
mot très « usuel » pour définir ce à quoi il faisait face.
Eiji avait placé au sol et entre les lits, leurs deux
matelas accolés l’un à l’autre par un grand drap. Sur cette base, se trouvait
fixées des baguettes de bois de toutes tailles et de toutes origines - parfois
cadre de tableau, parfois manche à balais - qui soutenaient d’une manière très
archaïque un second drap ainsi dressé en guise de toit de fortune. Le tissu
retombant sur les cotés, l’ensemble faisait figure d’une sorte de tente mise en
place par un gamin de six ans à l’occasion d’une pyjama party.
Tout du moins, c’était ce à quoi tout cela faisait penser à Ash,
bien qu’il n’ait jamais connu pareille expérience dans sa vie.
Rejoignant finalement Eiji qui s’impatientait, Ash
découvrit un monticule de denrée alimentaire de tout type. A mille lieux des
repas sains et calculés que lui procuraient Eiji en
temps normal. Depuis un an, entre ses diverses courses contre la mort et
l’alimentation saine imposée par le japonais, il avait trouvé un poids de forme
faisant de son corps une véritable œuvre d’art. Ce n’était pas de l’insuffisance.
Il était juste réaliste. Depuis qu’ils se connaissaient, il possédait à nouveau
ce corps tant désiré par les autres que lui haïssait pour cette unique raison.
Quand il avait quitté la
prostitution pour jouer les chefs de bande dans les rues de New-York,
il avait inconsciemment consommé le maximum de produits caloriques pour
s’éloigner le plus rapidement possible de ce corps svelte et attirant. Mais
finalement même ça, il ne pouvait pas le contrôler.
- Quelque chose ne va pas Ash ?
- Si tout va bien.
Revenant au temps présent, le
blond regarda à nouveau ce qui lui était proposé pour son dîner. Dans
l’amoncellements de plats et produits qu’il aimait particulièrement, se
trouvait entre autre chose : une salade d’avocat crevettes, des lasagnes
encore fumante, un paquet de chips au paprika. Sans compter ces bonbons qu’Eiji lui interdisait habituellement de consommer. En fait,
s’il réfléchissait bien, il voyait réuni devant lui tout ce qui avait sa
préférence, que cela vienne de son enfance ou de son adolescence passé dans les
rues.
- Eiji ?
- hum ?
- Pourquoi tout ça ?
S’observant un court instant
dans les yeux, le japonais n’eut pas la force d’attendre d’avantage pour lui
avouer l’explication de son comportement étrange.
- C’est pour fêter ton
anniversaire.
- Mon anniversaire ?
C’est plein de bonnes intentions mais tu as 350 jours d’avance.
- Je suis en retard c’est
vrai. Mais avoue que nous n’étions pas dans de bonnes conditions pour te le
souhaiter.
Effectivement, les conditions
n’avaient pas été les meilleurs pour une petite fête de ce genre. Eiji se trouvait en garde à vue dans un commissariat de
quartier tandis que lui, luttait pour rester en vie dans une chambre d’hôpital.
C’était le lendemain de son combat avec Arthur. Il n’avait pas repris
conscience de la journée ce jour-là, trop marqué par
l’opération qu’il avait subit la veille.
- Comme nous n’avons pas eu
l’occasion de te fêter tes dix huit ans, je le fais ce soir.
- A quoi bon ?
- C’est important. C’est un
age qu’il faut marquer.
Soulevant les épaules
d’indifférence, Ash accepta toutefois de s’installer
là où devait être sa place. Assis donc sur les matelas et adossé au mur par
l’intermédiaire d’un coussin, il pu à loisir consommer tout ce qui lui faisait
plaisir. Lui qui n’avait initialement pas faim, il devait bien avouer que le
léger somme dans la baignoire associée à l’effet de surprise avaient renouvelé
son appétit.
- Et les bières ? C’est
indispensable d’en avoir apporté autant.
- Tout à fait. Fêter ses dix
huit ans c’est aussi, le jour où tu peux enfin boire de l’alcool, apprendre à
découvrir son goût.
- Eiji.
J’en bois depuis que j’ai 12 ans.
- Sois gentil et
tais-toi !
Pour l’y inciter le brun lui
enfila un grand nombre de chips dans la bouche.
Amusé de le voir toujours
vexé pour si peu Ash prit finalement plaisir à
partager ce moment d’insouciance à ses cotés. Il n’y avait vraiment que lui
pour trouver de telles idées. Jouant le jeu jusqu'à bout, le blond fut malgré tout déconcerté en
voyant à la fin du dîner un magnifique gâteau nappé de chocolat venir à lui. Il
était recouvert de 18 bougies patiemment allumées.
- Joyeux anniversaire Ash.
- …
- La tradition veut que tu
fasses un vœu en soufflant tes bougies.
- Un vœu ?
- Oui, celui de ton choix. Si
tu les souffles toutes sans reprendre ta respiration, il aura lieu dans l’année
qui s’écoulera.
Ecoutant religieusement les
paroles d’Eiji, Ash se
concentra un instant avant de souffler les petites flammes avec sérieux. Nul
doute que le japonais était soulagé de les voir toutes s’éteindre en un
instant.
- A présent c’est à toi de le
couper.
Alors Ash
découpa deux parts avec attention pour conserver au gâteau toute sa tenue. Bien
que parfait, on voyait très bien qu’il avait été réalisé à la main. Tendant la
première part à Eiji, il tenta de savoir si cela
pouvait être possible que…
- C’est toi qui l’as
fait ?
- Oui. Il y a en avait bien
de très beau et sûrement très bon en bas. Mais dans ma famille nous avons pour
tradition de faire les gâteaux d’anniversaire. Ils doivent venir du cœur.
- Du cœur.
- Désolé, s’il n’est pas très
réussi.
- Tu rigoles. Il est
délicieux.
Désabusé par sa réponse, Eiji ne pu s’empêcher de lui faire sa remarque.
- Tu ne l’as pas encore goûté
Ash
- Je n’en ai pas besoin. Un
gâteau venant du cœur ne peut être que réussit.
Souriant devant cette phrase
dite une fois encore avec tant de sérieux, Eiji, se
laissa aller à rêver qu’il avait peut-être trouvé cette porte dérobée qu’il
cherchait depuis tant de mois. Sans compter qu’il était heureux d’avoir reçu la
première part. Ce n’était pas grand chose, mais dans
son pays, on offrait toujours cette dernière à la personne à laquelle on tenait
le plus. C’était donc d’autant plus ridicule d’être heureux pour cet acte qui
aux vues de leur nombre ne pouvait pas, ne pas avoir lieu.
- Eiji ?
- Alors qu’en
penses-tu ?
- Aussi bon que beau.
Voyant effectivement Ash dévorer sa part avec appétit, l’apprenti pâtissier en
fut plus que satisfait.
Terminant lui-même sa part,
le japonais vit amusé le blond en dévorer une seconde alors que lui ne cessait
plus de boire cannette sur cannette. Ce n’était guère raisonnable mais il avait
besoin de cette douce chaleur que lui procurait l’alcool.
- Eiji,
tu ne crois pas que tu as assez bu ?
- hum ?
- Regardes-toi. Tu vas
souffrir demain matin.
- Peu importe.
- Il est aussi dit dans ton
pays qu’un des invités d’un anniversaire doit finir saoul, à cuver dans un
coin.
- Baka !
C’est pour me donner du courage !
Surpris que le jeune homme
soit soudainement passé à sa langue maternelle un court instant, Ash l’observa avec attention. Qu’est-ce qu’il avait voulu
dire.
- Eiji,
tu me caches quelque chose ?
- Pas vraiment non.
- Si tu as une annonce à
faire, tu peux en parler sans crainte, tu sais.
Finalement, ce repas
d’anniversaire avait subitement le goût acre d’un « au revoir ». Eiji, lassé de devoir se cacher dans ces quatre murs
avait-il finalement décidé de rentrer chez lui…. ? De repartir au
japon ?
- Je…
Observant avec découragement
les yeux subitement inquiets du blond, Eiji su q’il
ne pouvait plus reculer. Alors pris dans son élan, il repoussa les derniers
vestiges de leur repas en dehors de la zone délimitée par les matelas et le
drap suspendu pour s’approcher de son ami.
Ami.
Si seulement, il ne
ressentait réellement que de l’amitié pour Ash.
Depuis ce jour où au parloir de la prison, il l’avait embrassé, il n’avait plus
cessé d’y penser. Sans parler de cet autre jour où l’américain, épuisé
nerveusement, s’était écroulé dans ses bras en pleurant, exprimant de manière
si inattendue toute sa douleur de vivre. Ash était un
garçon qui méritait de connaître l’amour. Il n’avait que trop souffert qu’on
l’utilise. Mais que penserait-il de son geste ? De son désir, de son envie
de s’offrir à lui ?
- Ash…
Ne se posant plus de
questions, le japonais s’approcha finalement des lèvres à demi ouvertes du
blond pour y déposer les siennes. Sans insinuer sa langue, ni approfondir le
baiser, Eiji se contenta d’un simple contact. Doux,
léger, presque chaste.
Alors qu’il se reculait, il
pouvait voir à nouveau de la peine dans les yeux verts. Aucune joie, aucune
tendresse. Finalement, il s’était trompé. Ash n’était
pas encore prêt pour ouvrir totalement la porte close de son cœur déchiré.
- Alors toi aussi Eiji ?
Sentant une douleur infinie
percer dans ces quelques mots, Eiji n’eut aucune
difficulté à deviner à quoi Ash faisait référence.
Quel idiot ! Pourquoi n’y avait-il pas pensé avant ? Jusqu’alors
quiconque ayant approché Ash d’aussi prêt avait fini
par le tromper ou le violer.
- Non Ash.
Ne te méprend pas. Je ne veux rien de toi. Libre à toi de prendre sans donner.
- Prendre ?
- Je m’offre à toi Ash. Je veux t’offrir de la tendresse, de la douceur et mes
caresses. Je veux t’offrir mon amour, mon corps et mon âme. Je suis à toi. Fais
de moi ce qui te plait.
- ….
- Laisse-moi te prouver que
l’on peut t’offrir de l’amour sans te faire l’amour.
Pour confirmer ses dires, Eiji caressa du dos de sa main et avec une douceur
inégalée, le contour de son visage. Un geste banal entre deux amants qui
semblaient pourtant procurer de nouvelles sensations sur cette peau sans cesse
brutalisée et torturée.
Devant toute absence de
rejet, Eiji approcha à nouveau son visage pour
déposer ses lèvres douces sur la tempe du blond. Simple effleurement aussi
léger qu’un battement d’aile de papillon. Avant qu’il ne murmure à ses oreilles
des paroles vouées à le rassurer.
- Ash,
je…Sincèrement, j’ai beau être ton aîné, je n’ai encore jamais eu d’expérience
d’aucune sorte. Tu ne crains donc rien de moi. Je ne te toucherais p…
Il voulait le convaincre de
lui faire confiance. Mais semble-t-il lassé de l’entendre Ash
venait de poser ses doigts sur ses lèvres dans une volonté évidente de le faire
taire.
- Je te guiderais s’il le
faut.
A ces mots, Eiji ne pu réprimer un sourire de joie, de soulagement et
de bonheur mêlés. Il le laisser essayer. Lui donnait une chance de lui prouver
qu’il n’était pas comme tous ces hommes qui l’avait possédé par le passé.
Alors sans plus attendre le
japonais repoussa son compagnon dans le moelleux des coussins pour poursuivre
la découverte de son visage. Toujours aussi lentement, il parsema toute sa peau
de légers baisers, mouvant avec habileté ses mains sur sa taille pour le faire
s’allonger.
Entrouvrant progressivement
le peignoir de bain de l’américain, Eiji n’en cessa
jamais ses caresses. Il n’avait peut-être aucune pratique. Mais il savait se qu’était
l’amour et comptait bien exprimer ce sentiment à travers chacun de ses gestes,
aussi timides et maladroits soient-ils.
Revenant toujours aux lèvres
douces et rosées de l’américain, leurs baisers s’intensifièrent
progressivement. D’abords délicats, superficiels et enfantins, ils devenaient
de plus en plus profonds, veloutés et passionnés ? Eiji
apprenait et cela se sentait. Mais Ash n’en éprouvait
que plus d’émotion.
Etait-il seulement possible
qu’il veuille réellement s’offrir ainsi à lui ? Qu’un être aussi pur que
ce garçon souhaite être marqué à jamais par son corps avili par tant de
pédophiles et autres pédérastes qui avaient acheté son corps ? Dino lui-même, l’avait fait sien de si nombreuses fois
qu’il en avait oublié le compte exact.
Ash se sentait perdu.
Pourtant, malgré tous ces
souvenirs malsains qui lui revenaient ainsi en mémoire, il appréciait
réellement cet instant. Il était si loin de la violence d’antan. Il n’y avait
pas de précipitation. Uniquement cette douceur et cette tendresse qui ne
quittait jamais les caresses offertes par le japonais.
Quelque peu désinhibé par
l’absorption d’alcool, Eiji s’écarta finalement d’Ash, à la grande surprise de celui-ci. Son peignoir recouvrant
à peine son entrejambe, le garçon pu alors voir un spectacle qu’il catalogua
d’unique. Enfiévré par l’alcool, Eiji enlevait de
lui-même ses vêtements. D’abord sa chemise, qu’il déboutonnait avec un tel
empressement qu’il ne faisait qu’arracher les boutons. Puis son pantalon dont
chaque jambe lui valu de grandes peines. Son attitude était en partie comique.
Mais devant tant de volonté à vouloir bien faire, Ash
était en complète hypnose. Les yeux ébahis, il sentait la fièvre s’intensifier
dans tout son corps.
Ash n’y croyait pas.
Non seulement Eiji ne cessait de lui donner du plaisir l’empêchant à
chaque instant de lui rendre la pareille, mais il réussissait, malgré son
inexpérience, à attiser ses sens avec sensualité. Lui qui était si « naif » et « en dehors du coup » habituellement l’électrisait d’un seul geste,
d’un seul mouvement. Revenant alors enfin à lui, entièrement nu, Eiji se mouva totalement contre
son corps.
A cet instant encore, le
japonais le laissait le toucher pour affermir un contact, l’aider à trouver une
meilleure position. Mais il continuait à refuser qu’il ne s’offre à son tour à
lui. Frottant, volontairement ou non, sa croupe contre son sexe tendu, il le
rendait fou. Cette lueur de sueur qui recouvrait leur corps l’attisait tout
autant que les soupirs qu’Eiji laissait échapper en
trouvant à son tour une excitation indéniable au rapprochement de leurs deux
êtres.
N’en pouvant plus. Se sentant
près à exploser, Ash retourna subitement leur
situation respective. Placé alors au dessus du corps d’Eiji,
celui-ci l’observait avec surprise. A croire que ce geste inattendu avait
réussi en une seconde à le dégriser. Voyant finalement de la crainte et de la
peur au fond des yeux bridés, Ash n’en revit que plus
ses souvenirs d’enfant apeuré à chaque fois que ces hommes le pilonnaient de
toute leur force jouissant toujours plus de sa douleur.
- N’ais pas peur Eiji. Je ne te ferais jamais de mal.
Disant cela, Ash embrasa enfin de sa propre volonté le corps ambré et
tendu qu’il dominait de par sa position. Mais alors qu’il s’attardait à rester
à distance raisonnable, Eiji l’attira à lui, pour acoller leur peau l’une à l’autre, avant d’écarter les
jambes sans complexe. Les liant autour de sa taille fine, il signifiait par ce
geste qu’il était prêt.
- J’ai confiance en toi.
Viens.
Un baiser échangé
- Prend-moi Ash. Prend tout de moi. Je veux t’appartenir.
Alors sans précipitation, le blond continua de recouvrir
le corps de son compagnon de caresses et baisers. Faisant tomber dans un geste
mal assuré l’un des bâtons retenant le drap servant de toit à leur tente
improvisée, ce dernier les recouvrit à l’instant même où il le pénétra. Alors
cachés du reste du monde par ce voile blanc, ils s’aimèrent doucement,
lascivement. Une première fois pour les deux hommes.
Ce fut finalement dans une
dernière poussée, atteignant à son tour un plaisir subitement incontrôlable,
qu’Ash s’effondra dans les bras de son amant.
Revenant enfin à lui après
quelques minutes d’absence, Eiji réussit à repousser
le drap tombé un peu plus tôt, de sorte à ce qu’ils puissent à nouveau respirer
tranquillement. Il allait murmurer quelques douces paroles à son compagnon.
Mais il venait de prendre conscience qu’il s’était endormit reposant sur sa
poitrine. Sur ses joues, la trace de larmes s’écoulant encore de ses yeux clos.
Etait-ce des larmes de peine,
de douleur ou de soulagement ?
Il n’en savait rien mais
priait pour qu’il n’ait pas fait plus de mal à cet ange déchu qu’était le
blond.
Attendri par son visage
finalement apaisé, Eiji le sentit trembler, sa peau
frissonnant subitement contre la sienne. La montée de chaleur s’étant échappée
suite à leur étreinte passionnée, le corps fatigué et en sueur était à présent,
la proie du moindre courant d’air. Aussitôt,
il tira donc avec beaucoup de précaution, pour ne pas le réveiller, les
draps et couvertures restées sur l’un des lits pour les en recouvrir. Alors
chaudement enveloppés dans leur cocon, le japonais observa, sans se lasser, le
visage serein de son compagnon. Bien qu’il soit endormi, Eiji
laissait à nouveau ses mains renouveler quelques caresses sur sa nuque, son
dos, ses fesses musclées, la courbure de ses jambes. Tout son corps était une
tentation à vouloir donner toujours plus de douceur. Il ne s’en lasserait
jamais. D’autant plus, quand à chacune de ces caresses, il sentait Ash se blottir un peu plus contre lui. A croire qu’il
voulait se fondre en lui.
Ce fut bien plus tard qu’Ash se réveilla tout doucement.
Il était bien.
Où qu’il soit et quoiqu’il
ait fait, il se sentait en paix. Un sentiment oublié depuis tant d’année.
L’avait-il seulement connu d’ailleurs ? Sentant une main glisser avec
douceur le long d’une de ses jambes, Ash se pressa un
peu plus contre la surface tendre où il reposait. Il en ronronnait presque.
Alors seulement, il prit conscience qu’il était couché sur un homme. Et pour la
première fois de sa vie, cette évidence ne lui procura aucune crainte. Aucun
dégoût, ni honte. Bien au contraire. C’était comme si son corps avait trouvé sa
place. Un lieu créé pour lui seul.
- Eiji ?
- Tu es réveillé.
Apercevant le visage souriant
de son ange, Ash ne pu que lui rendre la pareille
avant de se pelotonner dans les bras de son aîné. A cet instant, il n’avait pas
envie d’être fort ou mature. Juste qu’on le berce, qu’on lui procure encore de
cet amour corporelle qui était si bon à ressentir.
- Tout va bien ?
Murmures d’inquiétude
exprimer à son égard.
- Oui. Je crois que je ne me
suis jamais sentit aussi bien de toute ma vie.
Loin de se moquer ou de rire
de sa réponse, Eiji n’en renouvela que plus
l’intensité de son étreinte. Avait-il donc compris si facilement ses
attentes ?
- J’ai dormi longtemps ?
- Deux heures et demi
environ. Il est 3h du matin.
- Et toi ?
- Non, je ne crois pas. Je ne
voulais pas perdre la moindre seconde.
Devant le silence du blond, Eiji su qu’il pouvait minimiser une partie de leur gène
mutuelle en lui offrant enfin son cadeau. Une manière de changer le sujet de la
conversation.
- Ash,
j’aimerais te donner ton cadeau maintenant. Mais tu préfères peut-être attendre
demain.
- Mon cadeau ?
- Ben oui. Un anniversaire
sans cadeau, ce n’est plus un anniversaire.
- Mais…
Ayant placé l’objet sous le
lit, Eiji n’eut qu’à tendre le bras pour le trouver.
Ce fut donc dans les bras de son amant qu’Ash déballa
soigneusement le présent offert si gentiment par le jeune homme. Découvrant
tout d’abord une boite en bois sobre, il y trouva à l’intérieur un couteau de
belle facture. S’y connaissant en arme blanche, il reconnu aussitôt la griffe
d’une marque célèbre pour sa très bonne qualité.
Quel étrange présent.
- Un couteau ?
- Oui. J’ai cru comprendre
que c’était une arme qui pouvait s’avérer utile parfois. Je sais aussi qu’elle
est la seule à être accepté lors de vos duels entre chef de bande. Mais ne te
trompe pas sur mes intentions. Si je te l’offre, ce n’est pas pour tuer sans
pitié tes ennemis. Je te l’offre pour que cette lame te défende. Je suis
incapable de t’être d’un quelconque secours. J’ai beau être l’aîné, c’est toi
qui ne cesses de me venir en aide et de veiller sur moi. Alors comme je suis si
inutile, j’ai pensé que le meilleur moyen de te protéger était encore de
t’offrir une arme qui ne se retournerait jamais contre toi.
Effectivement, les crans
d’arrêt pouvaient parfois avoir des défauts. Mais celui offert était sublime.
Une lame aiguisée, un manche de nacre. Léger et maniable tout en étant solide
et redoutable. L’arme parfaite sans aucun doute possible. Reposant le couteau
dans son écrin, Ash, s’installa à nouveau tout contre
le torse imberbe du japonais. Les recouvrant à nouveau au mieux des
couvertures, il resta ainsi entouré des bras délicats qui avaient repris leur
office en renouvelant leurs caresses légères et pourtant si douces.
Comment Eiji
pouvait-il accepter d’aimer un tueur tel que lui ?
Sentant les larmes revenir à
lui, Ash se camoufla le visage sous les draps. Mais Eiji ne le laissa pas faire. L’embrasant délicatement dans
le cou, il lui murmura à nouveau ses paroles de fidélité et d’amour.
- Même si le monde entier est
contre toi, je resterais à tes cotés.
- Tu m’as dis ces mots, il y
a quelques temps déjà
- Et je les dirais encore et
encore…
- ..
- Jamais je ne te trahirais Ash. Quoique tu fasses, c’est une promesse que je tiendrais
jusqu’au jour de ta mort.
- Eiji…
L’empêchant de lui répondre,
le japonais termina.
- Je ne te demanderais qu’une
seule chose en échange. Pas de fidélité, ni même ton amour si tu ne peux me
l’offrir. Juste une promesse. Que jamais tu ne te laisses tuer sans te battre
de toutes tes forces. Je veux que tu vives aussi longtemps qu’il t’est possible
de vivre.
- Je n’ai jamais voulu
mourir. Même dans les pires moments. Quand ces hommes me prenaient avec
violence, qu’on me battait, qu’on me droguait. Je n’ai jamais voulu mourir.
- Alors que cela ne change
pas et je serais heureux.
Définitivement déstabilisé
par cette requête et le fait qu’on puisse lui donner tant sans attendre plus en
retour, Ash se laissa bercer par les bras aimant. Il avait
besoin de réfléchir à tout cela. Mais pour l’instant, il voulait juste accepter
cet amour sans limite qui lui était offert de connaître…. enfin.
- Merci.
Souriant devant ce simple mot
murmuré dans un dernier soupir, Eiji continua de
bercer et cajoler le corps endormit dans ses bras.
-*-*-*-
Au petit matin, le jeune
homme avait mal à la tête. Une migraine monumentale qui lui vrillait les
tempes.
Entendant un bruit
monumental, Eiji, râla comme il savait si bien le
faire. Couché sur le ventre, le visage enfoncé dans son oreiller, il était
allongé sur son lit et recouvert de ses draps. A cet instant rien ne pouvait
laissé croire qu’il avait bu plus que nécessaire la veille et en payait le prix
à cet instant.
Sentant une douce caresse sur
ses cheveux, le japonais fut pris d’un doute. Soulevant non sans mal une
paupière, il aperçu alors une main blanche et délicate tenir une tasse de café.
Se redressent finalement, il
réussit à voir enfin qui était assis sur le bord de son lit.
- Ash ?
- Enfin réveillé.
- Ce serait difficile de
dormir plus longtemps avec le boucan que tu fais.
Amusé, car ayant bien prit
garde à ne pas faire le moindre bruit, Ash lui tendit
sa tasse.
- Prend ça. J’ai mis une
aspirine à l’intérieur. Ca devrait faire passer ta gueule de bois.
- hummmmm.
Ignorant le rire réprimé par
le blond, Eiji s’adossa au mur pour boire quelques
gorgés de cette mixture brûlante.
- Comment se fait-il que je
n’ais pas le souvenir d’avoir bu autant ?
Ayant dit ces mots sans même
y penser, Eiji pu voir comme un instant d’arrêt dans
les traits du visage de son compagnon jusqu’alors si ouvert. Imperceptible pour
le commun des mortels, mais indéniable pour qui savait le décoder.
Allons bon que lui
arrivait-il encore ?
- Ash ?
- Je te conseille de rester
couché ce matin et de ne pas bouger trop violement avant que la migraine ne
passe.
Voyant qu’il s’apprêtait à
fuir, Eiji le retint par le bras.
- Où tu vas ?
- Je sors.
- Tu ne devais pas sortir
aujourd’hui. Tu m’en avais parlé.
- Tu te souviens de ça mais
pas de ta beuverie d’hier soir ?
- Quoi ?
Devant le regard empli de
colère qui ne camouflait qu’une tristesse évidente, le japonais comprit enfin
de quoi il était question.
- Anta
baka !
- Hein !?
- Crétin, si tu
préfères !
N’en disant pas plus, Eiji poussa Ash, de sorte à ce
qu’il s’allonge à ses cotés sur le lit. Habillé de son jeans troué aux genoux
avec l’un de ces tee-shirts arborant un poissons décharné, Eiji
se plaça alors sur lui pour venir se nicher dans ses bras et déposer avec gourmandise
un suçon de taille respectable au creux de son cou
- Eiji..
- …
- Arrête …
- ….
- Tu….
Incapable d’en dire
d’avantage, Ash tenta sa dernière carte.
- Tu as conscience d’être nu
au-dessus de moi, affichant à qui veut le voir ton postérieur.
- Aucune importance si tu
t’égalises avec moi en enlevant tout cela.
A l’évidence, il restait
encore un peu d’alcool dans le sang de l’asiatique.
Désabusé et charmé par cet
état d’ébriété, se fut sans plus attendre qu’Ash
laissa Eiji soulever son tee-shirt. Lui qui avait
prévu une petite sortie touristique pour changer les idées du jeune homme
toujours enfermé, cette dernière devrait encore attendre quelques heures….
Fin.